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ISBN : 2709649373
Éditeur : J.-C. Lattès (24/08/2016)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 21 notes)
Résumé :
« J’étais jeune et je découvrais à quel point l’Histoire qu’on maintient vivante est modulable et subjective. Le Sud-Ouest africain a été une répétition avant le grand bal. La modernité avant l’heure. Mais personne ne voulait m’écouter. »

1889. Jakob Ackermann et une vingtaine de soldats allemands débarquent dans le Sud-Ouest africain. Ils ont pour mission de créer une colonie de peuplement. Ils s’imaginent être des bâtisseurs, l’étendard de la modern... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  02 septembre 2017
En 1889, ils ne sont qu'une vingtaine de soldats allemands à débarquer en Namibie, avec pour mission de développer une colonie. Ce qu'ils ignorent c'est qu'ils vont devoir tuer, et qu'ils vont le faire sans se poser de questions ou presque, parce que ce sont des soldats qui obéissent. D'autres suivront afin de poursuivre l'asservissement de la population indigène avec toujours plus de violence et de cruauté - il faut faire de la place pour les colons, et l'homme noir considéré comme un animal est traité comme tel.
Avec ce sujet difficile, Niels Labuzan a réussi un remarquable roman historique qui est aussi un roman sur la mémoire et l'oubli. Lire Cartographie de l'oubli c'est ne pas oublier qu'en Namibie des hommes ont perpétré un génocide. Le pire d'entre eux étant probablement le général Lothar von Trotha qui décida, purement et simplement, l'éradication d'un peuple - tous les Hereros devaient quitter le pays, leur pays, ou mourir. Un peu plus tard, Guillaume Il décidera qu'il est plus utile de les réduire à l'état d'esclaves dans des camps de concentration.
Un ordre d'extermination et un ordre d'asservissement qui, quarante ans après, seront les mêmes pour des Blancs en Europe, sous prétexte qu'ils sont Juifs, tziganes, handicapés mentaux ou homosexuels. Une sorte de continuité historique du génocide entre la colonisation du Sud-Ouest africain et le IIIe Reich.
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tynn
  05 avril 2017
Namibie ou le génocide oublié du II Reich.
La Grande Histoire est plus aisément racontée quand on y introduit les destins des hommes qui l'ont faite, la subissant ou y participant. Mêlant ici personnages réels et fictifs, Niels Labuzan construit un roman historique passionnant sur un crime à grande échelle au début du XXème siècle.
Par des allers et retours temporels, le roman s'attache à reconstituer la conquête du territoire en 1890, par le quotidien de quelques militaires: vie rude, disciplinée et solitaire du soldat, conflits armés avec les tribus, ségrégation et regroupements des populations (déjà...bien qu'on parle alors de "réserves").
La vie des civils de la colonie atteste de l'extrême condescendance de la société allemande envers un peuple de "sous-hommes", la rigueur et la suffisance d'un Empire germanique qui ouvre la voie aux atrocités du siècle à venir.
Le chaudron est en ébullition!
Les révoltes des Hereros et Namas seront enrayées par un génocide à grande échelle et des camps de concentrations. C'est à cette commémoration en 2004 que participe un descendant métis en recherche de ses propres racines namibienne et allemande.
Je ne connaissais pas l'empire colonial allemand, concrétisation de la volonté d'expansion d'un empereur mégalomane, désirant rivaliser avec les autres puissances européennes du moment par des conquêtes sur le sol africain. Voici un livre à la fois attachant et instructif, ouvrant à la compréhension des mentalités de l'époque coloniale accompagnées de théories raciales effrayantes. Une belle réflexion sur l'éveil à la conscience de la légitimité des peuples indigènes sur leur propre sol.
Je recommande vivement.
Belle image de la 4ème de couverture: "L'un pense écrire l'Histoire, l'autre la questionne."'
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bina
  17 septembre 2016
« ça n'a pas commencé en 1933, c'est ce que je sais », comprend le narrateur, de père allemand et de mère namibienne. le jeune homme qui parle ainsi est arrivé sur les lieux le premier à Okahandja, pour la commémoration du centenaire, en présence de l'ambassadeur. « Tu, caché, enterré, il explose aux yeux de tous ». Quoi ? le génocide, enfin reconnu, de la population Herero. Et c'est ce qui intéresse notre narrateur, sur les traces de son passé de métis, de ses racines namibiennes. Qui était sa grand-mère, avec laquelle le métissage commence ?
Nous plongeons alors en 1889, date de l'arrivée de Jackob Ackermann dans un petit port de l'Afrique du Sud-Ouest. Jackob, soldat allemand, l'un des pionniers chargé d'assurer la sécurité de l'empire. Jackob est le fil conducteur, celui par les yeux duquel nous allons voir évoluer l'occupation allemande sur ses terres africaines. Colonie de peuplement, contrat avec les ethnies, rapport de force, violence. le ton se durcit, les rapports sont de plus en plus inégaux jusqu'à se mettent en place la première politique raciale de l'Allemagne,…..en Namibie…en 1904-1905. Oui, c'est vrai, « ça n'a pas commencé en 1933 ».
Tout ce qui est alors mis en place par l'Allemagne éclaire d'un jour nouveau ce qui s'est passé après l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Lois raciales, camps de prisonniers, travail forcé, extermination…Tout était neuf sous les tropiques, et se reproduira trente ans plus tard.
Mais ce n'est pas un essai, ni un livre d'histoire. C'est bien un roman, avec une double trame narrative, l'une suivant le personnage contemporain en 2004, l'autre suivant Ackermann le temps de son séjour en Afrique du sud-ouest, sur une trentaine d'années. Et c'est la fiction qui éclaire l'histoire et qui donne la force à ce roman. C'est donc un roman éclairant sur un aspect terrifiant de l’histoire que j’ignorais totalement.
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TRIEB
  16 novembre 2016
Que sait-on de l'action des Allemands en Afrique ? Et plus particulièrement dans le Sud-ouest africain, région sur laquelle l'Empire allemand avait réussir à établir son protectorat dans les années 80 du XIXe siècle ? Peu de choses, à vrai dire, et le roman de Niels Labuzan vient à point combler cette lacune et répondre à nos interrogations légitimes,
En 1889, un groupe de soldats allemands débarquent dans le Sud-ouest africain .Jacob Ackermann en fait partie, il est jeune, âgé de dix-neuf ans .C'est un lieutenant discipliné, patriote , qui pressent que sa vie sera bien plus utile, bien plus passionnante ici qu'en Allemagne .Au milieu de ce décor, de ces déserts, ces étendues infinies, tout lui semble possible .En 2004, un jeune Namibien, métis d'Allemands et d'Africain, assiste à une cérémonie commémorant le massacre des Hereros, une tribu composant autrefois la population du Sud-ouest africain .Les deux personnages vont dialoguer durant tout le roman, à plus d'un siècle de distance.
Dès le débarquement, Jacob pressent que les missions civilisatrices qui justifient cette présence des Européens sont en réalité grosses de menaces, porteuses des pires crimes : « Pavlov avait dit vrai .C'est un combat qui avait débuté .Le Sud-ouest africain leur apparut soudain comme un endroit terrible. Cette terre allait être le théâtre d'atrocités. »
Pourtant , cette intuition tarde à être confirmer, mais elle se précise , inexorablement .Jacob, qui est tombé amoureux d'une certaine Brunhilde, songe à quitter la vie militaire pour la rejoindre un jour mais sans savoir comment .Il est au contact de Leutwein, qui pense pouvoir se ménager les faveurs des indigènes par des accords, des traités de protection .Jacob entre aussi en contact avec von Trotha, un officier qui lui fait très clairement comprendre que le but réel du Reich ( le deuxième) est bien d'éliminer les indigènes .Le sommet de l'horreur est atteint lors de la rencontre du Dr Fischer, fervent adepte de l'eugénisme et adhérent à la théorie de l'inégalité des races humaines . de son côté, le jeune métis des années 2000 s'interroge sur l'ale tat moral et psychologique de ces hommes qui ont permis cela, ou l'ont provoqué sciemment .Ses origines allemandes-on apprend qu'il est apparenté à l'officier Pavlov- le perturbent, au point de s'en distancer sensiblement .Mais la question est posée par Niels Labuzan et elle est effrayante : cette colonisation du Sud-ouest africain, marquée par des massacres, qui correspondent aux critères du génocide, par la création de camps de concentration destinés aux indigènes, guidée par une idéologie de la supériorité de l'homme occidental sur les « sauvages et primitifs » ne renvoient-elle pas à un autre Reich : celui des nazis ?
Les personnages s'interrogent sur ce que l'on leur fait faire, ils doutent parfois, comme Jacob Ackermann, ou sont certains de la justesse de leur cause, comme von Trotha .Le jeune métis, se définit comme « un européen d'adoption », comme pour exorciser ses interrogations sur son ascendance .Ce roman, premier de l'auteur, aura le mérite d'évoquer cette question des sources du nazisme, et du XXe siècle : a-t-il commencé en Afrique au siècle précédent ?
Le récit est bien mené, il maintient l'intérêt du lecteur au cours d ces cinq cents pages, Un bémol toutefois : l'utilisation d'un vocabulaire crû et argotique dans certaine répliques, là où un emploi lexical plus soutenu aurait été plus adéquat.
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LeaTouchBook
  08 septembre 2016
Cartographie de l'oubli est un premier roman touchant à une thématique controversée et contemporaine : celle de l'oubli, l'oubli des massacres et des génocides tabous...
Entre deux époques, entre le XIXème siècle et le XXIème siècle, Niels Labuzan nous livre deux récits, deux histoires extrêmement bien ficelées avec pour chacune un style et un rythme très différents. Je suis passionnée par L Histoire, par le passé et surtout sur les périodes que l'on cherche à cacher, à effacer de nos mémoires. La question de la reconnaissance d'un génocide est au coeur de tous les débats actuellement. Ici il est question de ce qui est considéré comme le premier du siècle dernier. L'auteur nous amène en Afrique, en Namibie plus exactement...
Dans chaque histoire, dans chaque être se cache une part de la grande Histoire, l'ensemble de nos vies, de nos témoignages forge le conglomérat de notre passé. Ainsi le récit nous est conté du point de vue de Jakob, un jeune soldat allemand débarquant dans une colonie. Un homme naïf, obéissant, ne remettant pas en cause les ordres et dont la première mission se terminera dans un bain de sang... A côté de cet être vivant au XIXe, nous retrouvons un narrateur interne en 2004 qui va remettre en cause toutes ses certitudes inhérentes à l'Histoire de son peuple.
Deux chemins qui se croisent dans la roue du Temps, un acteur et un observateur du passé qui vont chacun devoir faire face à leur interrogations. J'ai trouvé que ce premier roman était réussi d'une part parce que l'écrivain ne va pas dans la facilité : son style est unique car il change selon l'époque, les ellipses temporelles engendrent du rythme pour l'un, les questionnements incessants à notre époque font revenir le calme. Il y a une véritable réflexion sur être dans L Histoire et réfléchir, enquêter sur L Histoire.
En définitive, un premier roman que j'ai beaucoup aimé et qui me change de mes lectures habituelles. J'ai hâte de lire le prochain livre de Niels Labuzan !
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   29 août 2017
Il s'imagina les petits-bourgeois, après le déjeuner du dimanche, buvant un cognac de France et devisant sur la race humaine, leurs femmes coincées dans un corset, plaignant les soldats obligés de se confronter à ces " nègres ". Et leurs enfants, qui, dès leur plus jeune âge, entendaient ces théories, qui n'avaient rien vu de la vie mais qui savaient mépriser ce qui était différent.

(Extrait chapitre 10 : Windhuk [Namibie], 2 janvier 1894)
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palamedepalamede   30 août 2017
À dix-neuf ans, il ne savait pas s'il aurait accepté cette mutation dans le Sud-Ouest africain s'il avait su qu'aujourd'hui il serait là, marchant au beau milieu de ce désastre. Il ne savait même pas s'il aurait accepté de venir au monde. Seulement, on ne lui avait jamais posé la question. Jamais. Des ordres, encore des ordres. Il y était soumis depuis l'enfance.
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chrisjovchrisjov   01 novembre 2016
Posé sur l'arête de la dune, Arthur était stable, mais Jakob bascula en arrière. Il se releva et vint s'asseoir à côté de son ami, couvert de sable. "On l'a fait", dit-il en enroulant les bras autour de ses jambes. Le soleil, au loin, éclairait la figure d'Arthur. Quelle sensation, après avoir été enfermé des mois à l'infirmerie. Sur le sable, des ombres s'allongeaient à l'infini.
Des touffes d'herbes éparses, vertes, jaunes.
La respiration d'Arthur semblait normale.
Des kilomètres de dunes rouges s'éveillaient à la lueur du matin et dévoilaient leurs charmes colorés. Dans des couvettes, le sol était de sel tandis que des arbres millénaires pourrisaient ici. Pas loin, un troupeau d'oryx passait. Arthur fut ému de ce paysage. Tant de formes à imaginer, d'histoires à inventer. Il voulut remercier Jakob, mais les mots qui se formaient dans son esprit étaient trop pathétiques, alors il garda le silence.
Il posa la paume sur le sable, qui était encore frais, y enfouit sa main.
La nature rappelait ses droits. Un endroit vierge de trace humaine, un paysage si accidenté que l'homme dût s'avouer vaincu. Dernier bastion avant la modernité, Éden coincé entre Windhuk et Swakopmund.
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palamedepalamede   31 août 2017
... l'Afrique n'appartenait plus aux Africains, elle était aux Européens, qui avaient gagné le droit de vie et de mort en ce début de siècle [XXe].
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palamedepalamede   28 août 2017
Les hommes normaux ne savent pas que tout est possible.

David Rousset
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Videos de Niels Labuzan (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Niels Labuzan
Foire du livre 2016 – L’Histoire en toutes lettres L’Histoire, une passion que partagent les écrivains avec nombre de leurs lecteurs. Du Mozambique aux heures sombres de la France, nos invités conjuguent le passé au présent et offrent trois passionnants romans historiques.
Cette émission s’intitule « Une rencontre », présentée par Pierre Krause qui reçoit : - Niels Labuzan pour son livre « Cartographie de l’oubli », aux éditions JC Lattès - Romain Slocombe pour son ouvrage « L’affaire Léon Sadorski », aux éditions Robert Laffont - Antoine Rault pour sa publication « La danse des vivants », aux éditions Albin Michel
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