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ISBN : 2020827069
Éditeur : Seuil (08/11/2007)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 7 notes)
Résumé :
" J'ai appris bien des choses de Claude Lévi-Strauss " dit Lacan. C'est d'abord que la structure symbolique domine. Quoi ? Le social, les relations de parenté, l'idéologie, mais aussi, pour chacun, son rapport au monde, ses relations sensibles, son complexe familial. C'est ensuite que des scénarios imaginaires, à savoir les mythes, et les rites qu'ils fondent, sont nécessaires à voiler les contradictions de la réalité économique et sociale. Troisième leçon : ces for... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
colimasson
10 février 2016
On n'a pas forcément envie de connaître la vie de son voisin de table. La psychanalyse a malheureusement légitimé tous les étalages de fonds de placards. Bavardez plus de dix minutes avec quelqu'un, dans la moitié des cas il vous aura servi de son imbuvable soupe existentielle. Certains êtres humains ont besoin de parler, en effet. Qu'on les laisse donc. A condition de se mettre des boules quiès dans les oreilles, ils ne feront rien de mal à leurs semblables. Un jour peut-être se rendront-ils compte qu'on ne doit pas dilapider son secret à tout bout de champ, à n'importe qui et pour justifier n'importe quoi.

Là n'est pas la question du « Mythe individuel du névrosé », prononcé par Jacques Lacan en 1953. Cette leçon est surtout connue pour être la première qui introduit la notion de nom-du-père. Or, nous savons qu'il s'agit là d'un apport essentiel du mec. Venant de se taper le best-of de Claude Lévi-Strauss, encore bien vivant comme moi à cette époque, il se fourre le concept de mythe et de mythème dans la structure pour reprendre le bon vieux « Roman familial des névrosés » de Freud et lui détruire son mythe ternaire à base d'Oedipe. Jacques Lacan, pour se distinguer, comme un majeur gentiment placé sous le menton pour gratter le cou du père, fit prévaloir la plus grande justesse d'une vision quaternaire du mythe, avec dédoublement des figures, cf. le stade du miroir. Dans Oedipe, il y avait moi, la meuf et l'autre mec ; avec Lacan il y a toujours moi, l'autre mec et la meuf réelle, dédoublée encore dans une version fantasmée [mythe d'Oedipe analysé d'après le référentiel mâle hétérosexuel]. N'allons pas trop vite en besogne : Lacan n'avait pas encore institué son système RSI et quand je parle de meuf réelle, j'utilise le mot « réel » dans son acception courante (car les mots courants, avec Jacques, ne sont jamais vraiment ce qu'ils croient être).

A part ça, pas grand-chose d'exceptionnel dans cette leçon. Papa Freud avait déjà dit le plus important : le névrosé est un mec qui se raconte des histoires pourries pour entretenir sa névrose. Lacan rajoute en outre que le système dans lequel va se développer le mythe est nécessaire et que le névrosé ne pourra plus décemment réclamer de copyright. Alors que ses parents achetaient le berceau et les habits bleus ou roses, ils préparaient déjà implicitement, par leurs paroles, leurs pensées et leurs histoires, tout l'environnement qui allait formater leur gosse à devenir un vieux relou. C'est la vie.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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didpot
29 décembre 2016
idem
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson13 février 2016
L’assomption de la fonction du père suppose une relation symbolique simple, où le symbolique recouvrirait pleinement le réel. Il faudrait que le père ne soit pas seulement le nom-du-père, mais qu’il représente dans toute sa plénitude la valeur symbolique cristallisée dans sa fonction. Or, il est clair que ce recouvrement du symbolique et du réel est absolument insaisissable. Au moins dans une structure sociale telle que la nôtre, le père est toujours, par quelque côté, un père discordant par rapport à sa fonction, un père carent, un père humilié, comme dirait M. Claudel. Il y a toujours une discordance extrêmement nette entre ce qui est perçu par le sujet sur le plan du réel et la fonction symbolique. C’est dans cet écart que gît ce qui fait que le complexe d’Œdipe a sa valeur – non pas du tout normativante, mais le plus souvent pathogène.
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colimassoncolimasson11 février 2016
On s’aperçoit […] par toutes sortes de formes substitutives […] que [l]es craintes [de Goethe] ont été toujours croissantes à l’égard de la réalisation de cet amour [avec Frédérique]. Toutes les raisons qu’on a pu en donner – désir de ne pas se lier, de préserver le destin sacré du poète, voire même différence de niveau social – ne sont que formes rationalisées, habillement, surface du courant infiniment plus profond qui est celui de la fuite devant l’objet désiré.
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colimassoncolimasson02 mars 2016
Quand l’homme oublie qu’il est le porteur de la parole, il ne parle plus. C’est bien en effet ce qui se passe : la plupart des gens ne parlent pas, ils répètent, ce n’est pas tout à fait la même chose. Quand l’homme ne parle plus, il est parlé.
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colimassoncolimasson17 février 2016
Qu’est-ce que le moi, sinon quelque chose que le sujet éprouve d’abord comme à lui-même étranger à l’intérieur de lui ? C’est d’abord dans un autre, plus avancé, plus parfait que lui, que le sujet se voit. En particulier, il voit sa propre image dans le miroir à une époque où il est capable de l’apercevoir comme un tout, alors que lui-même ne s’éprouve pas comme tel, mais vit dans le désarroi originel de toutes les fonctions motrices et affectives qui est celui des six premiers mois après la naissance. Le sujet a toujours ainsi une relation anticipée à sa propre réalisation, qui le rejette lui-même sur le plan d’une profonde insuffisance, et témoigne chez lui d’une fêlure, d’un déchirement originel, d’une déréliction, pour reprendre le terme heideggérien. C’est en quoi dans toutes ses relations imaginaires c’est une expérience de la mort qui se manifeste. Expérience sans doute constitutive de toutes les manifestations de la condition humaine, mais qui apparaît tout spécialement dans le vécu du névrosé.
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colimassoncolimasson23 février 2016
Je défie qu’on me dise que ce que ça veut dire, l’inconscient collectif. Quant à moi, je n’en sais absolument rien, si ce n’est à le définir comme le discours sans signification, le flatus vocis, le bruit et la fureur des paroles humaines, le discours insensé pour autant qu’il relie dans sa vibration générale ceux qui en sont les supports. Dans l’ensemble, la collectivité ne sait pas ce qu’elle dit, et, à la vérité, on s’en passe fort bien.
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>Philosophie et théorie>Systèmes, écoles>Systèmes psychanalitiques (329)
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