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Jacques-Alain Miller (Éditeur scientifique)
ISBN : 2020027615
Éditeur : Seuil (01/02/1973)

Note moyenne : 4.72/5 (sur 9 notes)
Résumé :
À la suite de son "excommunication" de la Société psychanalytique internationale, Jacques Lacan est accueilli en 1963 à l'École normale supérieure pour son onzième séminaire. Son thème : les fondements de la psychanalyse. L'heure est en effet aux refondations ! Lacan retient de Freud quatre notions importantes qu'il présente comme les piliers du savoir analytique : l'inconscient, la répétitio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
colimasson
  20 février 2016
Qu'est-ce qu'il est bon ce Lacan, ouais, en voilà un à qui on ne la lui joue pas, de sa trique mal cachée, et direct vous posez le cul dans un siège de la salle de conférence, tout peinard avec vos binocles sérieuses, et il vous sort : « pour l'instant je ne baise pas, je vous parle, eh bien ! je peux avoir exactement la même satisfaction que si je baisais ». Ouais, ouais. C'est ça la sublimation.

Quel malheur aux apéros de devoir se taper les crises identitaires des invités. Y en a un qui enchaîne des concerts, qui se gagne des tunes et se fait plein d'amis ; un autre qui lance son vernissage demain pour vendre ses croûtes ; d'autres qui écrivent des poèmes, des sérénades, des scénarios et d'autres déchets –tout ceci comme si on prononçait la messe, à qui admirera le plus son voisin dans l'espoir d'être quand même le préféré de ses dames. Eh bien là, Lacan devrait surgir dans un halo de paillettes pour leur rappeler qu'en fait d'activité civilisée, la moins hypocrite c'est peut-être de faire son nom dans le milieu de la pornographie.

On comprend pourquoi ses conférences devaient être sympas. Pas dupe de l'intérêt proprement masturbatoire que ses auditeurs vouaient à ses lectures, il s'amuse. On ne comprend pas toujours tout et même souvent pas grand-chose mais comme le dit Lacan lui-même, si vous ne comprenez pas encore : «Tant mieux, ce vous sera raison de l'expliquer. Et si ça reste en plan, vous en serez quitte pour l'embarras. Voyez, pour ce qui m'en reste, moi j'y survis ». Il faut connaître un peu les petits concepts de base du jargon lacanien pour piger le minimum et pour le reste, comprendrez ce qui fusera hors de l'expérience, le reste devant encore vous être dissimulé jusqu'à ce que la comprenette vous soit offerte sur le plat sacrificiel. Pas trop vite la musique.

Récemment, je me rendis –sur invitation dois-je préciser- à un séminaire de causettes psychanalytiques à Montpellier. Ma décrépitude fut progressive. Ma prise de notes se fit élusive, mon attention de plus en plus flottante, je tournai les yeux du côté des autres auditeurs dans l'espoir d'inverser le processus de sublimation intellectuelle qui m'avait amenée là vers de plus prosaïques besoins reproductifs mais, aucune face ne faisant l'affaire, je sombrai bientôt dans une furieuse rage. Je bâillai. Puis encore. Fait-on de la psychanalyse pour apprendre à pécho ? Ne serais-je l'exception qui infirme la règle, les visages terrassés qui m'entouraient me l'auraient confirmé. le conférencier, tas de gras porcin à la chemise bleue claire, s'échinait à parler désir et jouissance sans que je ne sente la moindre chaleur nuptiale. Et les informations transmises ne témoignaient pas non plus d'une grande vigueur intellectuelle.

Lacan a expliqué comment devait se transmettre l'enseignement psychanalytique, si tant est qu'il y en ait un. Soyons précis lorsque les cerveaux fondus se mettent hors-circuit, comme c'est votre cas souvent. Pleurnichards à ne pas comprendre une notion aussi triviale que le Trieb freudien, par exemple, ferme ta gueule et écoute ce que ça veut te dire : « le Trieb vous pousse au cul, mes petits amis, c'est toute la différence avec l'instinct, soi-disant ». C'est pathologique le discours universitaire, Lacan l'a dit, qui lui-même n'en était pas sorti, ben non, mais on s'en accommode vite fait en disant que la vérité « c'est ce qui court après la vérité », et qui est en tête dans cette débandade furieuse ? le bon vieux Lacan bien sûr ! « c'est là où je cours, où je vous emmène, tels les chiens d'Actéon, après moi. Quand j'aurai trouvé le gîte de la déesse, je me changerai sans doute en cerf, et vous pourrez me dévorer », mais bon, ce n'est pas pour tout de suite. Au cours de ces présentes causeries, Lacan parle surtout du rôle du transfert, donc du discours entre sujet supposé savoir (le toubib) et celui qui fait la demande (le pigeon). « Je me donne à toi, dit encore le patient, mais ce don de ma personne –comme dit l'autre- mystère ! se change inexplicablement en cadeau d'une merde […] ». Sans doute peut-on en dire autant du discours du conférencier à l'auditeur. Voilà pourquoi on ressort toujours avec les oreilles puantes de ce genre de sauteries. Tous ces mecs-là en sont restés au niveau anal parce que c'est là le lieu de la métaphore, prendre un objet pour un autre, donner des fèces au lieu du phallus et, comme l'ajoute le facétieux Lacan, histoire de vous impliquer dans toute cette histoire : « Vous saisissez là pourquoi la pulsion anale est le domaine de l'oblativité, du don et du cadeau ». Pensez à la quantité de marchandises manufacturées que vous avez offertes à Noël pour vous évaluer sur cette échelle.

Pas besoin de ce genre d'élucubrations pour réaliser que les conférenciers là, devant moi, laissaient couler leurs gros étrons sur des tapis de science soyeux. On peut vite devenir fou comme ça. Mais papa Lacan comprend tout. N'apparaissant que pour moi, en lumineuse fée clochette au-dessus de ma tête, il me susurre à l'oreille : « Au niveau de la pulsion anale –un peu de détente ici- ça ne semble plus aller du tout. Et pourtant, se faire chier ça a un sens ! » Ah bon ? lui demandais-je. Ben oui, « Quand on dit ici, on se fait rudement chier, on a rapport à l'emmerdeur éternel ». Certes. Qui m'avait filé la mauvaise information à l'origine ? Suivez mon regard vers le ciel.

Si j'étais née cinquante ans plus tôt, j'aurais peut-être pu assister aux conférences de dady Lacan, écouter sa théorie de la lamelle qui nous explique que « chaque fois que se rompent les membranes de l'oeuf d'où va sortir le foetus en passe de devenir un nouveau-né, […] quelque chose s'en envole, […] à savoir l'hommelette, ou la lamelle » plutôt que de me voir rabâcher que l'histoire de la communauté en psychanalyse se rattache au mythe de la horde primordiale du totem et tabou freudien. Ce que n'importe quel enfant de cinq ans peut désormais savoir grâce à Michel Onfray.

J'aimerais les voir défigurer ces bonshommes qui se revalorisent de leur activité culturelle. Ils savent tous que le savoir est le bon prétexte qu'ils ont réussi à s'accaparer par le talent de leurs fesses ou de leurs biftons mais ceux qui le maîtrisent temporairement, du fait d'une position sociale qui leur est échue miraculeusement, le mystifient ou l'émiettent pour garder les autres sous leur contrôle. Pourtant, le savoir comme le désir, ce n'est pas grand-chose dans l'absolu et tout mec qui a grande gueule, l'assurance plein-pot, devrait se souvenir et rappeler à tous les larbins qu'il ne s'est constitué que dans sa « rencontre avec la saloperie qui peut le supporter », le genre d'objet a qui aurait pu le rendre fou si l'emmerdeur éternel l'avait voulu. Moi j'ai bien failli y passer ce jour-là.

[Et l'encart intello pour ceux qui veulent avoir l'air de pas avoir l'air con :]
Séminaire marquant une année charnière de Jacques Lacan puisqu'il instaure un changement dans son enseignement. Renversement de sa théorie : la répétition n'est plus causée par l'autonomie du symbolique mais par le réel, celui-ci drainant avec lui le hiatus structural entre tuché et automaton, trauma du réel et réseau de signifiants mobilisé pour en éponger le hors-sens. Nouvel objectif : rendre compte du réel de l'expérience analytique en opérant une submersion radicale qui ne porte plus vraiment sur le savoir mais sur le sujet en lui-même. Se pose également le problème de la sublimation. Si parler c'est presque comme baiser, que fait-on du presque ? Finit-on un jour par violer ses filles parce qu'on a trop parlé au lieu de baiser ? Ce presque qu'on oublie, c'est peut-être le sacrifice avec lequel on essaie de trouver le témoignage de la présence du désir d'un Dieu obscur dans l'objet de nos désirs. Cette opération s'opposerait à l'amour véritable, qui ne se pose que dans l'au-delà où il renonce d'abord à son objet. Etc.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Fx1
  14 avril 2014
L'on pense souvent que Freud est celui de qui part toute la psychologie. A tort. Lacan a eu une importance beaucoup plus grande au final et cela se confirme de plus en plus. Ici c'est à une mise en abyme de la psychologie que l'on consulte , en tachant de comprendre pour avancer en méme temps que ce grand esprit détaille ce qui conduit la psychologie à la psychanalyse ... le tout est d'une complexité extréme , et dans le méme temps la puissance fondamentale de cette ouvrage s'avére réelement indéniable . L'on voit bien au vu de ce texte l'importance capitale de la psychanalyse au sein du monde contemporain , et pourquoi ce domaine parait si peu accessible au commun des mortels . Fondamentale mais extrémement complexe .
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den04
  30 janvier 2014
extrèmement complexe -
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didpot
  29 décembre 2016
idem
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   20 novembre 2017
Regardez ces danses […], elles sont toujours ponctuées par une série de temps d’arrêt où les acteurs s’arrêtent dans une attitude bloquée. Qu’est-ce que c’est que cette butée, ce temps d’arrêt du mouvement ? Ce n’est rien d’autre que l’effet fascinatoire, en ceci qu’il s’agit de déposséder le mauvais œil du regard, pour le conjurer.
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colimassoncolimasson   16 novembre 2017
L’authenticité de ce qui vient au jour dans la peinture est amoindrie chez nous, êtres humains, du fait que nos couleurs, il faut bien que nous allions les chercher là où elles sont, c’est-à-dire dans la merde.
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colimassoncolimasson   14 novembre 2017
Invidia vient de videre. L'invidia la plus exemplaire (...) est celle (...) relevée dans Augustin (...), à savoir celle du petit enfant regardant son frère pendu au sein de sa mère.
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colimassoncolimasson   10 novembre 2017
L'œuvre, ça les apaise, les gens, ça les réconforte, en leur montrant qu'il peut y en avoir quelques-uns qui vivent de l'exploitation de leur désir. […] Quelque chose ici s'indique de cette fonction que j'ai appelée du dompte-regard.
[…] Je dirai que c'est d'une sorte de désir à l'Autre qu'il s'agit, au bout duquel est le donner-à-voir.
En quoi ce donner à voir apaise-t-il quelque chose ? sinon en ceci qu'il y a un appétit de l'œil chez celui qui regarde. Cet appétit de l'œil qu'il s'agit de nourrir fait la valeur de charme de la peinture. Celle-ci est, pour nous, à chercher sur un plan beaucoup moins élevé qu'on ne le suppose, dans ce qu'il en est de la vraie fonction de l'organe de l'œil, l'œil plein de voracité, qui est le mauvais œil. Il est frappant (...) qu'il n'y ait trace nulle part d'un bon œil, d'un œil qui bénit. Qu'est-ce à dire ? -sinon que l'œil porte avec lui la fonction mortelle d'être en lui-même doué (...) d'un pouvoir séparatif.
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colimassoncolimasson   08 novembre 2017
[Dans le rapport du regard à ce qu’on veut voir], le sujet se présente comme autre qu’il n’est, et ce qu’on lui donne à voir n’est pas ce qu’il veut voir. C’est par là que l’œil peut fonctionner comme objet a, c’est-à-dire au niveau du manque.
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Videos de Jacques Lacan (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Lacan
Cet ouvrage est une invitation à lire Lacan à partir des figures féminines empruntées à la mythologie, à la philosophie, à la littérature, au théâtre et à la clinique analytique, qui ont jalonné son ?uvre et l?ont enseigné sur l?amour et la jouissance et, par-delà, sur l?énigme du féminin.
En suivant les chemins empruntés par Lacan, l?auteure s?est intéressée aux rencontres avec les figures féminines pour lesquelles celui-ci éprouvait de l?admiration, de l?enthousiasme, de l?émotion aussi. Qu?elles soient issues de sa pratique, ou rencontrées dans la littérature, elles l?ont précédé et enseigné sur les voies de la jouissance et de l?amour. Elles ont pour nom Aimée, Antigone, Diotime, Sygne de Coûfontaine, Marguerite de Navarre, Thérèse d?Avila, etc. Lacan s?est mis à leur école.
Dans un style clair et au plus près du texte du séminaire, l?auteure reprend une par une ces figures féminines en dévoilant ce qu?elles esquissent d?un ternaire inédit Jouissance/Amour/Femme en contrepoint du ternaire Désir/Phallus/Nom du père, longuement déplié par Lacan.
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>Philosophie et théorie>Systèmes, écoles>Systèmes psychanalitiques (329)
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