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EAN : 9782742725281
207 pages
Actes Sud (01/01/2000)
3.54/5   148 notes
Résumé :
Dans les années soixante-dix à Paris, une famille allemande vit dans l'amnésie, le refus total de ses origines. Les Wommel ont trente-cinq ans, ils sont installés en France depuis près de dix ans. Leur fils, Ernst, va entrer en sixième et, contrairement à son frère aîné, il ne peut accepter le silence qui entoure leur histoire, cette mémoire refusée qui ferait de lui un éternel étranger. Ernst décide d'apprendre l'allemand, la langue de ses parents, celle qu'ils ne ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Sylvere
  26 juillet 2021
Denis Lachaud nous fait entrer dans la vie de la famille Wommel, une famille parisienne, mais une famille allemande. L'auteur suit particulièrement le dernier de la famille Ernst de son enfance à sa vie de jeune adulte.
Avec des parents nés en plein régime nazi, ayant fuis l'Allemagne, refusant de parler la langue et visiblement sans aucune famille outre-Rhin, Ernst s'interroge et ses interrogations vont grandir avec lui. Quel mystère entoure sa famille ?
Son premier pas, dans cette quête de réponses et d'identité, sera de choisir de faire de l'allemand, un choix fort dans cette famille, puis de partir régulièrement en Allemagne chez un correspondant Rolf. Et puis de chercher, chercher à comprendre, chercher ses origines, chercher à remplir les trous d'une histoire familiale qu'il ne comprend pas, lui le « boche », « Rommel », « Hitler » comme on l'appelle dans la cour de récréation de cette France d'après-guerre qui a bien vite oublié la face sombre de sa guerre.
C'est un livre étonnant, avec plusieurs formes au fil du récit, une seule constante des chapitres très courts. La lecture fut agréable, cette quête de soit et du passé de cet enfant en construction. Je ne suis pas certain que les passages sur sa sexualité étaient nécessaires à ce livre, mais ils permettent peut-être un peu plus de « légèreté » et de ne pas tomber dans la traque de nazis d'un jeune homme face à la génération précédente.
On quitte Ernst après son bac, il a trouvé les réponses à une partie de ses questions, mais il cherche encore des choses, il se cherche encore lui...
Très belle découverte dans les rayonnages de la médiathèque de Saint Gilles Croix de Vie.
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Ziliz
  26 novembre 2011
- - - Redécouverte de ce roman qui m'avait tant plu à la première lecture (en 2000 ?) sans que je parvienne à me souvenir pourquoi quelques années plus tard.

Dès son plus jeune âge, Ernst a de graves problèmes à un oeil. Cela nécessite des soins et une rééducation sollicitant l'accompagnement et la patience de l'entourage. A l'image de cette vision imparfaite, le passé familial d'Ernst lui reste en grande partie opaque : s'il vit à Paris avec ses parents et sait qu'ils sont tous deux d'origine allemande, il ne connaît rien en revanche de ses grands-parents, jeunes adultes pendant la seconde guerre mondiale. Un échange linguistique avec un collégien de Sarrebruck de son âge va lui donner l'occasion et l'envie de briser le tabou.

On retrouve des thèmes récurrents chez Denis Lachaud : la mésentente entre frères (J'apprends l'Hébreu), les crash d'avions (Prenez l'avion), une forme de schizophrénie chez le personnage central (le lecteur est bousculé entre une narration et un récit à la 3e personne), le mal-être d'un jeune et son inconfort dans une famille asphyxiée par les non-dits...

Le côté 'petit français' dans une famille allemande m'a évoqué mon propre séjour près de Heidelberg en troisième, celui de mon fils récemment, et l'accueil de sa correspondante à la maison. Denis Lachaud exprime parfaitement le subtil mélange d'émerveillement, d'étrangeté et de malaise qu'on peut ressentir dans un autre pays et/ou chez des inconnus, a fortiori si la langue et les coutumes sont différents des siens. La quête du passé allemand menée par le narrateur nous immerge dans l'horreur de la Shoah, de manière plutôt brève et subtile, et repose la question insoluble du degré de culpabilité de ceux qui en furent témoins, complices, activement ou par inertie.

Un constat humble m'intéresse dans tous ces livres où l'on apprend le passé "honteux" d'un ancien nazi ou combattant de la guerre d'Algérie, et je l'adopte : "Moi je ne sais pas si j'aurais fait mieux qu'eux à leur place. On ne sait pas." (p. 156) -> cf. dans le combat ordinaire (Manu Larcenet), Des hommes (Laurent Mauvignier), Sobibor (Jean Molla), L'origine de la violence (Humbert), le Liseur (Schlink)...

PS : Un aspect du récit m'a gênée cette fois, éveillant une sensation désagréable de voyeurisme, en tant que mère d'ado : la description d'une sexualité vécue à deux dès 13 ans... Mais je ne renie pas l'importance et l'utilité qu'elle revêt dans cet ouvrage.
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zorazur
  28 novembre 2011
C'est une lecture un peu ancienne, déjà pour moi. Je l'avais fait lire à l'un de mes enfants, un peu trop jeune alors, et j'ai regretté ensuite, en me replongeant dans le livre, tant les scènes où l'auteur décrit la découverte de la sexualité et surtout de son homosexualité, sont précises.
Mais alors j'ai compris que c'est l'Allemagne qui le libère. Découverte du secret, du passé de sa famille (qui n'est pas une surprise, car le choc de cette découverte, on le voit arriver depuis le début), mais aussi découverte de sa sexualité et surtout acceptation de son orientation sexuelle, ce qui n'était pas forcément gagné. Tout ceci, grâce à l'Allemagne. En acceptant ce lourd passé, il s'accepte aussi lui-même, et c'est parce qu'il a fait le voyage en Allemagne, et c'est pour cela que ces scènes sont nécessaires.
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MurielT
  09 juin 2017
J'apprends l'allemand - Denis Lachaud
Premier roman de Denis Lachaud sorti en 1998.
C'est l'histoire de Ernst un petit garçon qui est né en France mais dont les parents sont allemands et ils refusent catégoriquement de parler allemand ou de s'exprimer sur leurs origines. C'est pour cela que lors de son entrée en sixième Ernst choisi l'allemand comme langue vivante.
A travers cette histoire on voit Ernst grandir et apprendre peu à peu, l'histoire de sa famille et de ses origines.
La découverte des secrets de famille, des problèmes de l'adolescence, de la tolérance, de l'autre, de la différence sont les thèmes abordés dans ce livre.
Le style peut dérouter un peu, parfois c'est Ernst qui parle et d‘autre fois c'est un narrateur. Mais au fil des pages on s'y fait.
J'ai apprécié ce roman qui est très émouvant, les protagonistes sont attachants et bien que cela soit une histoire sérieuse l'atmosphère n'est ni lourde, ni pesante.
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Vadaeme
  09 avril 2013
Je ne sais que penser de ce récit dans lequel nous suivons le petit Ernst. Au delà de la recherche du secret de cette famille franco-allemande, il est surtout question d'une quête d'identité. Mais...
Mais tout m'aura paru étrange, pour ne pas dire hors de toute logique. Tout d'abord, cette écriture qui, d'un paragraphe à l'autre parle de Ernst à la 1ère ou à la 3ème personne, sans aucune raison. Peut-être pour admettre un détachement de la part du héros sur ce qu'il nous raconte? Et du détachement, il en est question dans ce livre... à croire que Ernst a décidé de voir (vivre?) ses découvertes en observateur; rien ne semble vraiment le toucher. J'ai lu ce roman, je l'ai apprécié, mais sans doute qu'a cause de ce parti prit de l'auteur, je n'ai pas pu entrer véritablement dans ce récit. Dommage...
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   24 novembre 2011
Ces derniers temps, mon corps a poussé dans tous les sens, mon visage est devenu un tableau de bord de supersonique, tous les matins je découvre de nouveaux boutons.
Je suis repoussant, un spécimen au bestiaire de l'horreur.
Où mes contemporains trouvent-ils la force de jouer la séduction, de se faire la bise le matin, de rire trop souvent et trop fort, de souffrir publiquement, de jouer les satellistes faussement détendus autour d'un noyau de super-copains-à-la-vie-à-la-mort, de croire à leurs soudaines et violentes déprimes, d'attendre pendant des heurres assis en grape sur un banc que la grâce leur tombe dessus, de jeter en larmes à la face de leurs parents qu'ils sont vieux et ne comprennent rien à rien ?
J'ai seize ans, je suis seul entre deux portes et tout m'emmerde.
Rien d'original. (p. 112-113)
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ZilizZiliz   24 novembre 2011
"Le début des années... trente... c'était terrible... il y avait des millions... de chômeurs en Allemagne... on était très très pauvres... le Führer nous a redonné du travail... il représentait l'espoir... il disait qu'il allait s'occuper... de nous, qu'il ne nous... abandonnerait pas... que nous méritions un meilleur avenir... il n'a pas fait... que des horreurs en tout cas... pas au début."
La vieille femme hérissée de tuyaux s'exprime au moyen de son respirateur artificiel. [...]
"Il y a probablement eu un moment... où c'est devenu possible... de s'apercevoir qu'Hitler allait... comment dire... prenait la mauvaise route... je me souviens que des intellecuels sont... partis, ont quitté l'Allemagne... je ne sais plus... leur nom... des écrivains un... musicien qui a fait des opéras... avec Brecht... et d'autres... nous on n'était pas très intéressés... par la politique... on s'est juste sentis... un peu plus respectés... on n'a rien vu venir..." (p 149-150)
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ZilizZiliz   24 novembre 2011
Demandez à un Français ce que faisait sa famille pendant la guerre, au pire il vous trouvera un oncle ou un cousin résistant.
Les Français, un peuple de résistants, longue tradition, faut pas les prendre pour des cons. (p. 89)
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ZilizZiliz   24 novembre 2011
"J'étais soldat dans la Wehrmacht, l'armée allemande, j'ai été faire la guerre aux Russes. C'était très dur. Ensuite, j'ai été muté à Dachau, près de Munich. Là au moins, j'étais à l'abri, je ne risquais pas de me faire trouer la peau par un bolchevik. Et puis on ne pouvait pas refuser une mutation. Bien sûr, ce qui s'y passait était horribe, j'étais très choqué au début. Alors je me suis efforcé d'être le plus humain possible. Tu comprends ?" (p. 69-70)
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ZilizZiliz   24 novembre 2011
"Et qu'est-ce que vous auriez fait de plus si maman nous avait tout raconté ? [le passé nazi du grand-père]
- Je ne sais pas, on aurait su, au moins, on aurait pu se faire une opinion.
- T'es encore qu'un petit branleur haut comme trois pommes et tu voudrais t'autoriser à juger l'histoire ? (...)
- Mais qui es-tu, toi, pour nous donner des leçons ? Tu crois qu'il faut avoir quel âge pour être autorisé à juger les nazis ?" (p. 72)
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Videos de Denis Lachaud (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Denis Lachaud
Teaser de l'émission "Dans le Texte" présentée par Judith Bernard, sur le site Hors-Série. Invité : Denis Lachaud, à propos de son livre "Ah ! ça ira…". http://www.hors-serie.net/Dans-le-Texte/2016-05-14/De-la-violence-politique-id181
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