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EAN : 9782070387755
224 pages
Gallimard (04/11/1993)
3.67/5   15 notes
Résumé :

" D'un tempérament doux, Vincent Artus n'avait jamais tué que sa femme. Elle était restée un moment en suspens au bord du sentier, les yeux fixés sur Vincent. La surprise imprimait sur sa peau des taches lilas, et elle battait des bras comme pour s'envoler. Elle ne s'envola pas. Son corps rebondit le long de la pente avec la lourdeur d'un reproche, dans le bruit de crécelle des cailloux qui accompagnaient sa chute. "
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
" Les mots des livres sont doux, paisibles, désamorcés. Ils pansent, ils éclairent, ils sont la vie. Artus, voudrait n'avoir pas d'autre vie que celle-là. Ceux qui sortent de la bouche de Béatrice ont des épines, ils lui ravagent l'intérieur, ils se plantent en lui profondément, pour le déchirer dès qu'il voudra bouger."

Béatrice est morte !

Pumb fait la gueule à Vincent ,
Avez-vous déjà vu un perroquet qui fait la gueule ?

Vincent Artus et Bruno Sémione sont amis à la vie à la mort !
Tous deux "installés dans leur abnégation, ils observaient leur train de vie rouler au pas sur une ligne à voie étroite". (p.25)

Artus et sa cage roulante avec le perroquet Pumblechook, vont avoir à faire avec le clone d'une revenante.

Histoire d'une femme aux multiples visages, noyau glacial dur et persistant,
et Camille raconte ....

* Les nuages coulaient sous la lune, la brise faisait geindre les arbres, un murmure plaintif montait des troncs* (p.174)

Camille a voulu jouer au chat et à la souris,
Mais, ici, tout est malsain et de rebondissements en rebondissements, la vie suspend son vol entre terre et ciel et se recouvre de pierres ....

Quelle chute !!!

Détonnant !

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Le personnage de Vincent vit l'E-norme comme la norme, l'extraordinaire comme ordinaire. La « catastrophe » est ainsi vécue comme un simple incident domestique.
Nulle place dans son livre pour le questionnement. Pour reprendre la banalité chère à Emil Cioran, (philosophe-écrivain roumain) « c'est comme ça » : que les choses soient agréables ou déplaisantes, tout ceci constitue la trame d'une existence dont il serait vain de vouloir dégager une « leçon » ou un « sens ».
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Vincent Artus a tué sa femme Béatrice lors d'une randonnée à Hayra. Depuis, il mène une vie bien réglée dans sa caravane auprès du perroquet Pumblechook et de son ami le docteur Bruno Semione, son patron, jusqu'à l'arrivée de Camille, la fille si ressemblante de la disparue, qui recherche sa mère.
C'est un résumé très factuel et très réducteur pour un livre qui raconte vraiment une histoire avec du style et de l'humour. Les personnages sont décalés comme le ton de l'auteur qui sait les rendre attachants et finalement surprenants. Un ouvrage sans prétention à la lecture agréable et divertissante avec une petite dose de suspense.
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Tuer sa femme, garder et vivre avec son perroquet que le regard culpabilisant ne laisse pas en paix, voir sa vie monotone chamboulée par l'arrivée de la fille d'une première union...
Les bases de ce roman noir sont posées, l'imagination du romancier nous donne assez de plaisir pour ne pas lâcher l'histoire.
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Une histoire qui s'annonce prenante et dans laquelle tout est lent, sans rythme, sans grand intérêt.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Cependant, on ne raconte pas une enfance. C'est elle qui se raconte, non dans le brouillard des mots, mais dans la forme du visage, dans le mouvement des mains, dans le regard qui fuit ou qui cherche, dans chacun de ces innombrables et précieux faux pas de l'enfant devenu adulte, laissant entrevoir une vérité qui rechigne à l'oubli : cet enfant que nous avons été, que nous sommes, que nous serons, que nous passons notre vie à regretter ou à espérer, et que nous habitons.
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Cependant, on ne raconte pas une enfance. C'est elle qui se raconte, non dans le brouillard des mots, mais dans la forme du visage, dans le mouvement des mains, dans le regard qui fuit ou qui cherche, dans chacun des innombrables et précieux faux pas de l'enfant devenu adulte, laissant entrevoir une vérité qu rechigne à l'oubli : cet enfant que nous avons été, que nous sommes, que nous serons, que nous passons notre vie à regretter ou à espérer, et que nous habitons.
Artus est un professionnel de la chair, de la peau. II coute Camille parler, mais le corps de la jeune fille lui apprend davantage que ses mots. Comme tous les patients qui défilent ici, Camille parle d'une maladie qu'elle ne connaît pas.
Artus laisse parler. Il écoute les corps.
Il a l'habitude. La voix éraillée ou sans souffle, la peau jaune ou ivoire, lâche ou tendue, le regard mouillé, les veines s'entortillant le long des avant-bras comme des lianes ou déroulant dans une chair de lait leur fine chevelure bleue, les mains impatientes ou résignées, les odeurs aussi, aigres, sucrées, odeurs tristes ou inquiètes des corps en panne, avec parfois un sourire furtif de citron ou de musc - tout est signe, tout est message, de la coiffure jusqu'aux souliers. Artus décrypte les corps comme des énigmes, les corps laissés sans surveillance derrière l'écran des phrases.

pp. 34-35
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Elle prend les livres sur les étagères, un à un, déchire les pages, les jette sur le sol ou par la fenêtre. Elle sait que les livres sont, dans la maison, les seuls endroits où il puisse encore trouver refuge, encore lui échapper.
Vincent tremble, il est pâle, il cherche des mots.
-Arrête, Beatrice. Je me fais peur.
Beatrice reste une seconde bouche bée.
-Tu te fais peur ! Il n'y a qu'à toi. Tu te crois capable d'un acte ?
-Ne touche plus à mes livres.
-Tes livres. Il est bien temps de t'occuper de tes livres. C'est de moi que tu aurais dû te soucier. Comme tu les regardes ! Comme tu les caresses... Comme ils t'aident à ne pas vivre avec moi, à ne pas vivre avec toi-même, à ne pas vivre ! Si seulement tu me touchais comme tu touches ton Flaubert, ton Tchekhov.
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Car le printemps s'installait, et rien pour Artus n'était plus triste que le brasillement des jeunes bourgeons sur les tilleuls de la rue Bobillot; rien plus déchirant que cette renaissance universelle, dont cha-que regard lui apportait les signes, et dont il se sentait exclu.

Lui, Artus, ne renaissait pas. Aucune sève ne le faisait frétiller dans l'air acide. Aucune force ne le pousserait jamais à remonter des rivières, à traverser des continents en direction du nord. Ni à s'accoupler furieusement dans les buissons du square Blumenthal, derrière l'église Sainte-Jeanne-d'Arc ou dans les terrains vagues bordant le quai de la Gare, comme tous les animaux de l'arrondissement s'apprêtaient à le faire. Artus glissait sur une pente monotone où le printemps n'avait pas cours, s'enfonçant dans un brouillard de plus en plus dense, de plus en plus gris, et le pépiement redoublé des oiseaux le blessait, chaque année, comme une moquerie.

p.52
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- J'ai un ami.
- Ah oui. Le bon docteur Sémione.
- Pas d'ironie, je t'en prie. Sais tu ce que c'est, avoir un ami ? Quelqu'un à qui on peut non pas tout dire, mais ne rien dire. Quelqu'un avec qui se taire. Comme un repos toujours possible. Eh bien j'ai ça. Plus solide, plus précieux que tout. J'ai ça moi.
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Vidéo de Jean-Marie Laclavetine
Carte Blanche à Sciences Humaines
Intervenants: Vinciane DESPRET, philosophe, professeure à l'université de Liège, Jean-Marie LACLAVETINE, éditeur et écrivain, Héloïse LHÉRÉTÉ, directrice générale du magazine Sciences Humaines, Adèle VAN REETH, directrice de France Inter Les morts hantent les vivants. Ils leur parlent, les inspirent, s'installent en douceur dans leur vie intérieure et travaillent leur existence. Les trois auteurs que nous proposons de rassembler ont enquêté, chacun à leur manière, sur "la vie des morts". A mille lieues des théories du deuil, qui enjoignent à l'oubli et à la reconstruction, Jean-Marie Laclavetine (écrivain et éditeur), Adèle van Reth (journaliste, philosophe et écrivaine) et Vinciane Déprêt (anthropologue) racontent cette conversation secrète et quotidienne que beaucoup d'entre nous entretenons avec nos chers disparus. Ces hommes, femmes, enfants que nous avons aimés ne laissent pas seulement un manque. Ils sont aussi une présence, réelle, à la fois triste et réconfortante. Ils imprègnent en profondeur les vivants et guident leurs pas.
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