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ISBN : 2072843111
Éditeur : Gallimard (07/03/2019)
Résumé :
"Le 1er novembre 1968, alors que nous nous promenions sur les rochers qui surplombent la Chambre d'Amour à Biarritz, ma soeur aînée a été emportée par une vague. Elle avait vingt ans, moi quinze. Il aura fallu un demi-siècle pour que je parvienne à évoquer ce jour, et interroger le prodigieux silence qui a dès lors enseveli notre famille. Je suis parti à la recherche d'Annie. Je l'ai vue revenir intacte dans sa fougue, ses doutes, ses enthousiasmes, ses joies et ses... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
lucia-lilas
  15 juin 2019
Lettre ouverte à Jean-Marie Laclavetine
Monsieur Laclavetine,
Je n'avais jamais rien lu de vous. Je ne savais rien de vous non plus ou pas grand-chose.
Je vous ai entendu parler pour la première fois le samedi 8 juin 2019 dans le cadre du Festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Et ce que vous avez dit ce jour là m'a bouleversée.
Vous avez raconté l'histoire de votre soeur Anne-Marie, le long silence familial qui a suivi sa mort puis, après le décès de vos parents, votre désir, né d'un rêve, de la retrouver, de savoir qui était cette soeur que finalement vous n'aviez pas eu le temps de connaître vraiment. Vous avez parlé aussi de l'étrange fonctionnement de la mémoire, des fausses pistes sur lesquelles elle vous avait mené et de votre volonté de ne pas rectifier ce que vous aviez commencé à écrire et qui, un peu plus tard, s'était révélé faux.
Vos mots simples, sensibles, votre sincérité, votre émotion, votre retenue et, en même temps, cette nécessité devenue la vôtre de dire qui elle était m'ont beaucoup émue. J'aurais aimé vous le dire mais quand je suis allée sur le stand, l'heure de la dédicace était passée et vous étiez parti. Heureusement peut-être, car je me serais sentie bien incapable de vous dire à quel point vous m'aviez touchée.
Je viens, ce soir, de finir votre récit et mon émotion est telle que j'ai bien du mal à trouver mes mots. Car voyez-vous, j'ai fait de belles, très belles rencontres en lisant votre livre.
Bien entendu, j'ai fait la connaissance d'Anne-Marie... (Excusez-moi de ne pas l'appeler Annie comme vous le faites dans votre livre mais vous-même, à deux reprises, vous l'appelez Anne-Marie...) Quelle femme attachante et comme vous avez su nous la rendre vivante ! J'ai tellement aimé votre soeur, Monsieur Laclavetine, une femme entière, drôle, éprise de liberté, coincée dans une époque qui n'est pas la sienne, mal à l'aise avec les convenances, inventive, audacieuse, intelligente, indépendante, originale, franche, spontanée, sensible, inquiète, joyeuse... J'ai observé attentivement les photos que vous avez eu la très bonne idée de reproduire dans le livre. J'en aime deux particulièrement : celle de la page finale où Anne-Marie lève son verre en souriant. Elle a, je trouve, un air un peu malicieux et semble nous inviter à vivre, à profiter, à être heureux. Franchement, on a envie de trinquer avec elle « à la vie ».
Cette photo m'a fait pleurer.
Je retiens aussi la photo de la page 167 : Anne-Marie est très belle. Elle fait très jeune, a les joues un peu rondes et un air très doux. On a envie de la connaître, de l'approcher, de parler avec elle.
J'ai donc rencontré votre soeur et le portrait que vous en faites est tellement magnifique. Quel hommage superbe vous lui offrez là ! L'évocation de votre rencontre avec Gilles est bouleversante… Mais il ne faut pas que j'en dise trop.
J'ai aussi rencontré dans ce livre votre famille, et notamment vos parents. C'est toute une époque et un milieu que vous peignez admirablement… Les lettres que s'échangeaient vos parents et qui témoignent de l'amour qu'ils se portaient l'un à l'autre sont d'une beauté absolue (quelle magnifique écriture!) et tellement tellement émouvantes. le portrait que vous faites de votre père est très touchant : on le sent parfois désarçonné par cette fille, votre soeur, qu'il aime infiniment mais qu'il a parfois du mal à comprendre… Vous avez tellement bien exprimé la sensibilité de cet homme, sa souffrance d'être éloigné de sa famille, sa volonté de réussir dans son travail pour que les siens soient fiers de lui, et son courage aussi.
Et puis, c'est aussi vous-même que j'ai commencé à connaître. Moi qui savais si peu de choses de vous, j'ai l'impression d'avoir vécu les tourments que vous avez pu ressentir au moment de l'écriture, vos interrogations sur le projet même de ce livre et la lente approche de celle que vous souhaitiez retrouver, apprendre à connaître et à qui vous vouliez peut-être aussi rendre, grâce à la magie de l'écriture, un peu de la vie qu'elle avait perdue.
Je crois qu'elle aurait aimé lire ce livre, qu'elle vous aurait certainement disputé un peu d'avoir révélé quelques-uns de ses secrets mais que, vous voyant un brin ennuyé, elle aurait éclaté de rire car au fond, j'en suis certaine, elle aurait été très fière de ce magnifique portrait de femme moderne et libre que vous avez fait d'elle.
Merci, Monsieur Laclavetine, pour ce livre exceptionnel et ces êtres fabuleux que vous m'avez permis de rencontrer. Ils m'ont touchée au fond du coeur et je ne les oublierai jamais.
(J'ai bien conscience à la fois de me répéter et de sembler un peu bébête dans l'évocation de mon émotion mais tant pis, j'assume!)
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Verdure35
  03 avril 2019
Quelle belle lecture! Ce n'est pas un roman, mais un moment de littérature qui débute comme un puzzle plein de trous.
L'auteur, âgé de 13 ans à l'époque d'un drame familial, décide 50 ans après de lever la chape de silence qui a recouvert la mort de sa soeur Annie âgée de 18 ans à l'époque.
Drame enfoui à un point tel qu'à la question de "qui est sur cette photo? " les parents répondaient" une amie de la famille".
C'est la curiosité de la seconde génération qui pousse donc Jean Marie, ses 2 frères et le presque fiancé d'Annie à l'époque , Gilles à se retrouver et se souvenir de ce funeste 1 novembre 68 à Biarritz, où une vague scélérate les a engloutis, mais seule Annie n'a pu être sauvée.
Ce texte m'a laissée aussi groggy, quelle force! La quête méticuleuse du moindre souvenir est bouleversante, et explique également comme la mémoire est trompeuse. L'auteur revient parfois sur certains souvenirs et se trouve face à une vérité autre.
C'est un formidable travail de mémoire certes mais aussi un cri d'amour fraternel pour une soeur pas trop bien connue qui se dévoile à travers des photos, des lettres, la découverte aussi de l'amour qui unissait ses parents, eux qui ont capté la mort de leur fille et lui ont fait un tombeau de silence. Magnifique.
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Lune
  29 mai 2019
L'ambiguïté de la mer.
Parfois paisible parfois sauvage jusquà l'extrême.
Le 1er novembre 1968, à Biarritz, du côté de la « Chambre d'amour », elle happa de sa violence des jeunes qui se promenaient.
Ils étaient quatre.
L'auteur avait quinze ans, sa soeur vingt et la mer ne lui laissa aucune chance.
Cinquante ans après, Jean-Marie Laclavetine perce le mur de silence qui perdure depuis ce temps.
Secret d'une famille brisée par la douleur, les mots seront rares voire absents.
L'auteur remonte le temps. Il évoque avec ses frères, sa fille, une amie de la disparue, l'amoureux qui était présent, cette soeur dont on n'osait parler.
Peu à peu elle émerge de ce silence douloureux.
Une jeune fille pleine de questionnements, en proie à des douleurs et des doutes renaît sous la plume de son frère qui, les parents disparus, peut enfin la retrouver, la comprendre, lui donner la place qui lui revient parmi eux et ne plus être cet ectoplasme que l'on évite.
Il y a aussi toute la société, toute l'époque dans laquelle elle s'inscrit.
Des paroles, des écrits qui la disent dans toute la fougue de sa jeune vie que l'on sent douloureuse puis apaisée jusqu'au moment où…
Il y a les échanges épistolaires des parents, échanges très beaux, plein d'un amour solide comme on en rencontre de plus en plus rarement. Il y a la religion fortement présente et remise en cause.
Il y a l'auteur qui connut une seconde naissance, éclaboussé par le drame qu'il vécut et qui découvre le mécanisme jusqu'alors inimaginé de son écriture.
Cinquante ans de silence éclatent et nous parviennent, à nous inconnus.
Mais il y a tant de beautés, tant de sentiments universels, tant d'amour que ce récit n'a aucune impudeur et qu'il nous touche profondément.
Désormais Annie, son sourire que l'on perçoit sur les photos, sa soif de vivre que l'on lit, s'est installée en notre mémoire et sa vie comme sa mort ne sont plus ce silence que l'auteur a chassé.
Un récit sensible, émouvant qui se répercute en nous.
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Agathethebook
  16 juillet 2019
Les secrets de l'enfance sont les mieux gardés. Si la tendance actuelle va à la verbalisation des tabous familiaux, il était auparavant très malvenu de déballer ses états d'âme à ses proches.

« Qui est cette jeune fille sur la photo? demandait-on. — Oh!.. une amie de la famille» répondait pudiquement le petit frère Dominique, honteux à la fois de son mensonge et de son chagrin. La jeune fille, c'était leur grande soeur Annie.
Cinquante ans, c'est le temps qu'il aura fallu à l'auteur et éditeur Jean-Marie Laclavetine pour écrire sur le décès accidentel de sa soeur. 
Elle avait 20 ans quand une vague l'a emportée dans la baie de Bayonne. Les secours ont mis une heure pour arriver, Annie est morte d'épuisement.
À travers un récit photo très émouvant et grâce à nombreux compromis avec la mémoire —connue pour inventer et romancer à sa guise le passé et la douleur— le lecteur glane au fur et à mesure des pages quelques indices sur la vie de la jeune femme. Passionnée, excessive, amoureuse, poète, elle portait en elle le désir absolu d'aimer et le désespoir qui l'accompagne. D'une grande maturité, elle a marqué ses proches puis sa descendance, elle a même interféré dans l'inconscient de l'auteur et de quelques-unes de ses oeuvres. La mort d'Annie, le 1er novembre 1968 à 15h45, est pour lui une deuxième date de naissance, l'ayant conditionné à devenir l'homme qu'il est aujourd'hui.
Un magnifique roman sur l'enfance et le souvenir.
Lien : https://agathethebook.com/20..
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Melieetleslivres
  11 mai 2019
Ce livre est le récit d'une enquête, d'une levée du silence sur Annie, la grande soeur de l'auteur, morte noyée à l'âge de vingt ans sous les yeux de deux de ses frères, Bernard et Jean-Marie, et de son fiancé Gilles.
Depuis toujours, depuis ce moment-là, Jean-Marie Laclavetine sait qu'il va devoir parler de cette soeur dont absolument personne ne parle plus dans la famille. Ni ses grands-parents, ni ses parents, ni ses frères. Il y a bien une photo dans un cadre, qui montre les trois frères et Annie. Et lorsque des amis demandent à l'un des garçons "Mais qui est cette fille?"; le dernier de la famille, Dominique, répond "Une amie de la famille". Parce que le silence est tel que la femme de l'auteur ne saura qu'au bout de 6 ans qu'il avait une soeur. Quant à parler de sa mort, c'est même pas la peine. A tel point qu'une nièce de J.M Laclavetine, demandant à sa grand-mère "c'est qui la fille sur la photo?", prendra en guise de réponse une baffe magistrale.
Lorsqu'en 2018, après la mort de ses parents, l'auteur décide d'écrire sur sa soeur Annie, il se rend compte qu'il n'a que très peu de souvenirs. Il va devoir chercher. Et sa fille ainée, Lise, va l'aider, tant le silence autour de cette tante absente l'étouffe.
Ce livre est le récit pratiquement chronologique de son "enquête" pour faire enfin vivre le souvenir de sa soeur Annie en vie, en s'appuyant sur les témoignages qu'il ira chercher chez ses frères, pourtant silencieux depuis 1968 sur le sujet, chez la meilleure amie d'Annie, les efforts pour retrouver Gilles, le fiancé, les indices dans les lettres de ses parents car le père, cheminot, partait souvent ; et de souvenirs en souvenirs il apprend aussi de sa propre enfance.
C'est un livre tendre, si tendre et si rempli de clarté. On est pris par ce récit, et nous aussi, nous voulons connaître cette jeune fille, qui aura toujours vingt ans, entre 1948 et 1968. Une jeune fille avec ses peines, ses joies et ses colères. Une jeune fille à qui l'auteur (et toute sa famille) rend la vie.
Écriture fluide et franche, simple et surtout si pleine de tendresse familiale, sur quatre générations. À lire. C'est extrêmement émouvant.
Une amie de la famille - Jean-Marie Laclavetine, Gallimard, 188 pages, Avril 2019, 18€
Lien : https://melieetleslivres.wor..
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critiques presse (2)
LeMonde   06 mai 2019
L’écrivain (et éditeur chez Gallimard) observait le monde avec une distance amusée. Jusqu’à Une amie de la famille, son nouveau livre, qui met fin au silence entourant la mort accidentelle de sa sœur, il y a un demi-siècle. Un deuil impossible aux sources de sa vocation.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   29 mars 2019
Le narrateur tente d’écrire sur sa sœur morte en 1968. Une quête vertigineuse.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   06 juillet 2019
Les fessées et les gifles, à l’époque, sont loin d’être prohibées, elles font partie de la boîte à outils pédagogiques que les bons parents se doivent d’utiliser. J’étais paraît-il un enfant particulièrement turbulent, doté du joli surnom d’Attila, et il est arrivé à mes parents, lors d’un départ en vacances, de me donner une fessée préventive : ils étaient certains que je serais insupportable pendant le voyage, et avaient trouvé cet astucieux moyen d’assurer la tranquillité de tous en me donnant une raison de bouder pendant une ou deux heures. Mes jambes se souviennent que l’usage de la ceinture en cuir était courant pour punir les insolents, et toute bonne droguerie proposait à sa clientèle un assortiment de martinets. Bref, les parents d’hier faisaient ce qu’ils pouvaient, comme ceux d’aujourd’hui.
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AgathethebookAgathethebook   16 juillet 2019
Je suis né à 15 ans. Certains prétendent être nés bêtement dans une maternité, mais je n’y crois pas trop. Pour venir au monde, il faut tout de même autre chose que la dilatation d’un col et une paire de gants stériles dans un environnement vert d’eau éclairé par un scialytique, autre chose qu’une chambre fleurie peuplée d’adultes empotés, de peluches agréées bio, de gazouillis mièvres et de crèmes apaisantes. Il faut une bonne gifle, un coup de pied dans le ventre, une blessure bien sanglante, un événement irréfutable pour vous faire comprendre, soudain, que jusque-là vous n’avez pas vécu. 
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alainmartinezalainmartinez   07 juillet 2019
Je pense à cette histoire des Parisiens qui admirent, sur les quais d’un port breton, le travail des femmes en train de ravauder les filets. « Vos maris vont bientôt repartir ? » « Dame oui. Ils sont là depuis une semaine, ils repartent demain matin pour six mois. C’est toujours comme ça. » « Mon Dieu ! L’attente doit être interminable ! » « Mais non, pensez donc. Une semaine, c’est vite passé. »
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Verdure35Verdure35   03 avril 2019
La littérature a peut-être du moins ce pouvoir de réunir ce qui se disperse,d’assembler ce qui s’eparpille au vent des destinées singulières,de coudre ensemble les lambeaux épars que la mémoire accroche dans les recoins de nos consciences.
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michdesolmichdesol   16 juin 2019
Le silence, les secrets : voilà sur quoi se fondent les familles. Le nôtre n'a rien de honteux, rien de sordide, il se fonde sur une douleur simplement indicible. J'aime les secrets, pourvoyeurs de mystère, et j'aime le silence, souvent plus chargé de sens que les bavardages communs.
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Videos de Jean-Marie Laclavetine (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Marie Laclavetine
Jean-Marie Laclavetine vous présente son ouvrage "Une amie de la famille" aux éditions Gallimard. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2308778/jean-marie-laclavetine-une-amie-de-la-famille
Note de Musique : Free Musique Archive.
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