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EAN : 9782213642949
440 pages
Éditeur : Fayard (05/05/2010)
4.5/5   4 notes
Résumé :

La forte présence en France de ressortissants d’anciennes colonies est le principal paradoxe de ce que l’on appelle désormais la question post-coloniale. Dans le cas de l’Algérie en particulier, on aurait pu penser que les combattants d’une longue et douloureuse guerre d’indépendance ne voudraient plus avoir de liens avec l’ancienne métropole. Or de nombreux patriotes sont venus, aprè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
YvesParis
  31 juillet 2012
Un simple tiret peut changer bien des choses
La question post-coloniale dont parle Yves Lacoste, le célèbre géographe, père de la revue de géopolitique Hérodote qu'il a fondée en 1976, n'a pas grand-chose à voir avec le riche mouvement des postcolonial studies qui pénètre non sans difficultés le monde universitaire français. Pour Gayatri Chakravorty Spivak et ses émules de ce côté-ci de l'Atlantique, le postcolonial n'est pas seulement chronologique ; il ne se réduit pas à ce qui a succédé à la colonie, mais caractérise une « démarche critique qui s'intéresse aux conditions de la production culturelle des savoirs sur Soi et sur l'Autre » grâce aux apports des théories de la domination (gender studies, cultural studies…).
On sait avec quelle virulence Jean-François Bayart a dénoncé ce mouvement
de pensée, dont il critique tout à la fois l'absence d'originalité, l'ignorance des réalités historiques et l'engagement politique partisan (« Les Études postcoloniales. Un carnaval académique » Karthala, 2010). Sans entrer dans une dispute aussi homérique, Yves Lacoste adresse aux importateurs français des postcolonial studies les mêmes reproches. Il dénonce leur « niveau poussé d'abstraction » (p. 405), leur « tendance à uniformiser les situations
coloniales » (p. 404), en un mot, leur refus d'historiciser le fait colonial. Et
c'est à une entreprise de ré-historicisation, de re-contextualisation qu'il
se livre dans un ouvrage qui prolonge le numéro spécial que la revue Hérodote
avait déjà consacré à la question post- coloniale (avec un tiret) en janvier 2006 (n° 120).
Le résultat est assez déroutant. Il se présente sous la forme d'un livre qui, malgré son volume, affiche un objectif de vulgarisation. Partant des émeutes de novembre 2005, qui auraient, selon lui, révélé l'existence d'une question post-coloniale en France, Yves Lacoste entend en eff et expliquer aux « jeunes » d'origine étrangère qui « se demandent pourquoi ils sont nés en France les raisons pour lesquelles leurs grands-pères ont dû venir dans ce pays » (p. 119). Cette « Histoire-de-la-colonisation-racontée-aux-enfants-d'immigrés » n'est pas dénuée d'un soupçon de paternalisme. Sa description des « grands ensembles » et des populations qui les peuplent – tels ces « jeunes » qui « passent une grande partie de leurs journées au pied des immeubles et dans les escaliers » et qui « aiment parler avec un accent caractéristique » (p. 32) – cède parfois à des généralisations hâtives qui prêtent à sourire.
Son ouvrage hésite constamment entre deux partis. Il est trop long pour un essai percutant sur les troubles d'identité des « immigrés de la troisième génération ». Il est trop court pour une magistrale Histoire de la colonisation et de la décolonisation que l'auteur semble avoir eu la tentation d'écrire. Ainsi, les développements qu'il consacre, par exemple à la conquête du Mexique par Cortès ou à la révolte des Cipayes en Inde, pour intéressants qu'ils soient, n'auraient pas dû trouver leur place dans cette entreprise. Mais l'écueil principal auquel se heurte cette leçon de géopolitique – expression à laquelle on sait combien Yves Lacoste est attaché mais dont la répétition ad nauseam
finit par lasser – est qu'elle n'atteint pas le but qu'elle s'était fixée. On peut certes avec lui discuter les thèses des Indigènes de la République – dont il reproduit l'appel de janvier 2005 pour « les assises de l'anticolonialisme post-colonial » – et des auteurs de « La fracture coloniale » qui affirment que la situation actuelle des banlieues reproduit un schéma de domination coloniale. Mais il n'est pas certain que la narration de la colonisation et de la décolonisation de l'Algérie convainque les Français d'origine algérienne que leur situation actuelle ne résulte pas d'une profonde imprégnation colonialiste de la société française.
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Birhacheim
  24 mars 2011
Un nouvel ouvrage d'Yves Lacoste est toujours un événement. Dans celui-ci, il aborde, ce qu'il appelle, la question post-coloniale.
Une forte population immigrée des anciennes colonies existe désormais sur le territoire français souvent concentrée dans les banlieues, citées et autres grands ensembles. Périodiquement, on constate des points de friction allant de l'incivilité aux émeutes. Comment en est-on arriver là ? Que sait-on des origines de ce problème ? C'est l'objet de ce livre.
Yves Lacoste nous propose de découvrir et réfléchir à la question post-coloniale au travers de ses grilles d'analyse géopolitique ainsi qu'au moyen d'un récit historique complet des phases de colonisation et de décolonisation.
J'ai toujours plaisir à lire les ouvrages d'Yves Lacoste car ses angles de vue, souvent novateurs, me permettent de voir les choses sous d'autres prismes que ceux que j'utilise habituellement. Bref, une lecture toujours vivifiante.
J'ai particulièrement apprécié, dans cet opus, son approche originale. Au lieu de partir du récit historique de la colonisation à la décolonisation et de la décolonisation à la situation présente, il prend le sujet et ses lecteurs à rebrousse-poil !
Il part des difficultés d'une population sur le territoire (sa grille géopolitique) pour nous expliquer les phases d'immigration, avec leurs paradoxes, pour nous livrer ensuite son analyse des décolonisations (teintée pour moi de quelques erreurs dues à ses antécédents militants...) pour enfin finir sur une réflexion historique de la colonisation que j'ai trouvée brillante.
Bref, Lacoste sort des poncifs habituels de colonisation/décolonisation et de l'approche marxiste pour aider tout à chacun, à partir du présent, à comprendre, je dirai, de manière scientifique et rigoureuse, le chemin qui nous a mené jusqu'ici.
En cela, il dépassionne le débat, il repositionne intelligemment, sans à-priori les événements dans leur contexte. Bref, il domine brillamment son sujet.
Cet ouvrage est certainement l'un de ceux qui m'aura le plus marqué en la fin 2010.
Lien : http://www.bir-hacheim.com/l..
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Yves Lacoste - La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre .Yves Lacoste vous présente son ouvrage "La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre" aux éditions La Découverte. http://www.mollat.com/livres/lacoste-yves-geographie-sert-abord-faire-guerre-9782707174727.html Notes de Musique : 7 Beethoven/ Piano Concerto #1 In C, Op. 15 - 1. Allegro Con Brio
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