AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782204075985
205 pages
Éditeur : Le Cerf (05/11/2004)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Un patriotisme constitutionnel pour l'Europe ? Chimère, nous disent les souverainistes. Pour eux, l'appel à l'universel ne permet pas de cimenter une communauté de citoyens. les gens, estiment-ils, n'adhèrent pas à des principes abstraits ; l'intégration politique doit plutôt s'alimenter aux ressources inscrites dans le coeur des homes ; et cela suppose d'abord l'intériorisation d'une tradition nationale et d'une culture communes. Un argument de bon sens, dirait-on... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Enroute
  23 mai 2016
Les partisans du national-souverainisme soutiennent que l'Etat-nation est le niveau d'abstraction le plus élevé auquel l'être humain puisse encore exprimer un sentiment de solidarité envers les autres communautaires et de maintenir avec eux un niveau de communication suffisant pour se penser comme membre d'une communauté où puisse s'exercer la démocratie. Pour cette raison, ils associent intimement démocratie et nation et refusent l'idée d'un dépassement de l'un part l'autre. Pourtant, leurs arguments révèlent une absence de liens aussi bien formels qu'empiriques entre les notions de démocratie et de nation. Ce n'est que sous l'effet des circonstances que la démocratie s'est réalisée dans la nation et non par formalisme intellectuel. de même, les auteurs éminents auxquels se réfèrent souvent les nationaux souverainistes n'ont pas su eux-mêmes être si catégoriques dans leur association des deux concepts. Il faut encore souligner les nombreux exemples de l'Histoire qui justifient l'exercice de la violence par un appel à la nation, démontrant définitivement que celle-ci est loin de garantir, seule, la liberté. A ces auteurs qui nient la possibilité d'abstraction supérieure de l'individu, Justine Lacroix répond qu'il est pourtant nécessaire de l'atteindre pour concevoir des notions aussi transcendantes que celles de liberté ou de droits de l'homme ou bien encore pour engager des populations nombreuses à manifester, comme cela se produit régulièrement, contre l'oppression ou la violence perpétrée à l'encontre de populations étrangères et non directement liées à leurs intérêts nationaux. En outre, les arguments qui consistent à nier la possibilité d'une solidarité supranationale reposent sur l'absence d'histoire et de traditions communes aux peuples européens, ce qui, aux yeux des nationaux souverainistes, invalide la notion de patriotisme constitutionnel, expression vide de sens, sans valeur historique et sans consistance concrète. Selon Justine Lacroix, le patriotisme constitutionnel est au contraire une notion historique très cohésive et dont l'existence est démontrée. Né en Allemagne au cours de la querelle des historiens pour affirmer le refus d'un révisionnisme valorisant de l'histoire de l'Allemagne mais au contraire prôner la nécessité de faire face à son passé pour construire une identité juste et sincère plutôt qu'artificielle et chimérique, le patriotisme constitutionnel convoque des valeurs universelles, c'est-à-dire qui dépassent aussi bien la recherche d'une valorisation historique (patriotisme historique) ou selon des critères de jugement conformes aux lois en vigueur (patriotisme juridique) comme outils de jugement de son Histoire et de son identité. le patriotisme constitutionnel permet donc une fidélité de l'individu à des valeurs qu'il situe bien au-delà de la contingence du présent et de son histoire propre, des valeurs supérieures qui replacent son identité parmi une communauté humaine universelle. Mais cette notion n'a pas de valeur d'utilité qu'en Allemagne. Tout peuple, au contraire, se trouve dans la nécessité de juger son passé selon ces valeurs supérieures s'il ne veut se créer une identité communautaire spéculative. Ce serait donc l'évaluation de leur identité à la lumière de valeurs universelles pour assumer leur passé qui aurait fait naître le patriotisme constitutionnel auprès des peuples qui ont connu avec la Seconde Guerre Mondiale des événements eux-même universels puisque remettant en danger l'existence même de l'humanité. Contrairement à ce que prétendent ses contempteurs, la notion de patriotisme constitutionnel est donc très ancrée dans l'histoire et fortement cohésive, et semble plus convaincante pour préparer l'avenir des peuples européens que l'illusion de la nation, concept historique qui, parce qu'il a réalisé la démocratie au sein de nations contre les nations, a prouvé qu'il avait d'une part atteint son but et de fait perdu son utilité, et d'autre part, qu'il n'était capable de garantir ni la liberté, ni la stabilité des peuples qu'il prétend libérer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60

Citations et extraits (3) Ajouter une citation
EnrouteEnroute   23 mai 2016
Un tel changement de perspective [est] en phase avec les progrès de la discipline historique, où le faillibilisme de la connaissance et le conflit d'interprétation promeuvent désormais davantage la problématisation de la conscience historique que la formation d'une identité et la création du sens.
Commenter  J’apprécie          50
EnrouteEnroute   23 mai 2016
La nationalité ne serait plus la forme historique dans laquelle se construisent une liberté et une égalité collectives, mais l'essence même de la citoyenneté, la communauté absolue que les autres doivent refléter.
Commenter  J’apprécie          40
EnrouteEnroute   23 mai 2016
"La construction européenne ne sonne pas le glas de l'Etat souverain, mais la fin d'un âge de l'Etat caractérisé par la méfiance réciproque, l'exclusivité et les rapports de force bruts."

Pierre Magnette
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Justine Lacroix (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Justine Lacroix
Le nombre de pays membre de l'ONU, et signataires de la déclaration des droits de l'homme, n'ont jamais été aussi important. Mais leur violation dans de divers pays et la critique de Macron sur le "droit-de-l'hommisme" interrogent. Serait-ce devenu une critique ? Et que signifie cette formulation ? Pour en parler, Emmanuel Laurentin reçoit Justine Lacroix (professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles), François Croquette (ambassadeur de France pour les droits de l'homme) et Pierre Manent (philosophe, historien et directeur d'études à l'EHESS).
Le Temps du débat d'Emmanuel Laurentin – émission du 6 janvier 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/temps-du-debat
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/¤££¤22Abonnez-vous8¤££¤6khzewww2g/?sub_confirmation=1
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
+ Lire la suite
autres livres classés : politiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox