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ISBN : 2330002289
Éditeur : Actes Sud (31/12/2011)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 54 notes)
Résumé :
En 1960 au Kazakhstan, la mer d’Aral commence à disparaître et laisse place au désert qui confronte la population à une catastrophe écologique sans précédent. Au loin, sur l’île de Vozrozhdeniya, les usines russes fabriquent des armes bactériologiques qui polluent l’eau, engendrent malformations et épidémies dans la petite ville kazakhe. Alexeï, un jeune violoncelliste de cette région désolée, sombre dans la surdité à mesure que son pays devient de sable. Confronté ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  25 février 2012
Hymne à la création, lutte avec l'ange, confrontation de l'eau et du feu, ce roman est celui d'Alexeï, né en 1960, année où le gouvernement russe décidait de détourner l'eau des fleuves Syr-Daria et Amou-Daria qui alimentent la mer d'Aral pour intensifier l'irrigation des champs de coton. «C'est à cette date précisément que la mer a commencé à se vider comme une baignoire.», avec toute la tragédie que cela va entraîner.
Le 3  mars 1971 Alexeï a onze ans. Il se rend alors compte qu'il devient sourd.
Au début il se sent prisonnier enfermé dans sa surdité comme dans une cellule qui le coupe du monde, il est déchiré par une lutte intérieure qui lui fera perdre Zena celle qu'il aime depuis l'enfance, celle qui le relie au monde extérieur. Il frôlera, par moment, la folie.
"Parce que la mer a commencé à s'effacer quand je suis devenu sourd, tout mon rapport au monde et à l'effroi a changé le jour où j'ai dû me dire que si je ne voulais pas mourir de peur, il fallait que je brave l'absence et que je la remplace par quelque chose d'autre. Depuis, ce quelque chose (la musique ? l'amour ? la folie ?) marche à mes côtés."
Le monde aquatique auquel appartient Zena est dévoré par le monde minéral où le sel et le soleil brûle.
p119 "Le jaune soufré du désert qui a remplacé la mer a redoublé d'intensité depuis quelques jours. Seul le vide laisse une trace. Il n'y a rien de pire que l'absence sans limite. A cause d'elle, on s'approche trop près du feu, on se grille la rétine et après on n'a plus que des souvenirs de soleil. Avec Zena, le désert était moins vide. Quand j'y marchais avec elle, je parvenais même à confondre l'ombre des dunes avec celle des vagues."
Alexeï tente de combler, d'apprivoiser l'Absence, absence de l'ouïe qui l'isole, de Zena son amour, de la mer disparue avalée par les sables, en composant un opéra où jaillira la huitième note, cette note née du fond de son silence, du manque. Comment faire entendre cette huitième note, celle de sa musique intérieure qui est aussi celle de Zena enfuie, celle de la mer d'Aral asséchée à ceux dont l'audition est polluée par la multitude de sons qui viennent les heurter, qui les environnent ?
Cécile Ladjali nous fait partager par la poésie, la force et la sensualité de son écriture, le bouleversement intérieur, la souffrance de la création qui isole, qui peut rendre monstrueux celui qu'elle saisit tout en le menant vers une plus grande liberté et une transfiguration. Au même titre qu'elle sait nous faire sentir et goûter la brûlure du sel, du soleil et assister à la décomposition ambiante.
p21 (L'île de Vozrozhdeniya = Résurrection en russe) "un point mauve sur l'eau morte, Kantubek capitale de l'île bouton de chair malin abandonné au corps chancreux de la région. La mer n'est parvenue qu'à produire cette tumeur qui déjà menace de métastaser et la géopolitique régionale ne joue pas en faveur d'une rémission."
Son roman tout en partant d'une réalité tragique, ressemble souvent à un conte oriental qui, comme la mer d'Aral, prend "la couleur du bronze flammé". 

Désespérant et douloureux, par moments oui, mais pas totalement ni définitivement. 
Une note d'espoir parvient à se faire entendre. le lieu où habite Alexeï ne s'appelle-t-il pas Nadezhda qui signifie espérance en Russe ?
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Commenter  J’apprécie          310
moustafette
  20 février 2012
Du Turkménistan au Kazakhstan, il n'y a qu'un pas, enfin tout est relatif étant donné l'immensité de ces contrées...
Au sud-ouest du Kazakhstan s'étend la mer d'Aral qui forme en son milieu une frontière naturelle avec l'Ouzbékistan situé au sud. Je devrais écrire à l'imparfait vu ce qu'il en reste...
Alexeï et Zena sont deux jeunes Kazakhes nés en 1960 à Nadezhda, sur les bords de la mer d'Aral. Au fur et à mesure qu'ils grandissent, la mer, elle, diminue. Et plus elle se rétrécit comme peau de chagrin, plus leur amour s'accroît. A l'école, Zena est douée en mathémathiques, elle deviendra scientifique dans un laboratoire de recherche, Alexeï n'est doué en rien si ce n'est en musique, deviendra-t-il musicien malgré la surdité qui commence à le frapper à l'âge de dix ans ? Oui, et ce handicap ne l'empêchera pas non plus d'épouser Zena en 1982. Mais pendant que Zena, de par son travail, se tourne de plus en plus vers l'extérieur, Alexeï s'enferme sur lui-même, se recentre davantage sur son violoncelle et sur sa musique intérieure à la recherche de la huitième note. Il reçoit un jour une proposition de l'opéra d'Almaty. le départ de Zena pour l'étranger et son propre projet d'opéra font prendre à sa vie un nouveau tournant.
Zena et Alexeï ne font qu'un avec leur terre, terre qui n'a jamais si bien porté ce nom puisque l'eau découvre un peu plus chaque jour des étendues sableuses salines, stériles, empoisonnées. Même les recoins les plus pollués leur sont chers et c'est avec horreur qu'on découvre au fils des pages le sort réservé à cette population de pêcheurs qui paye un lourd tribut au nom de la grandeur de la patrie qu'est encore l'URSS. Zena mettra à profit son travail pour lutter contre la catastrophe, Alexeï aura plus de difficultés à résister à cet anéantissement.
J'ai beaucoup aimé toute la partie qui concerne la triste réalité de cette région et les relations que les deux personnages entretiennent avec cette immensité désolée qui s'ouvre devant eux. L'écriture de l'auteur, que je lis pour la première fois, compose avec finesse une bien jolie dentelle avec les sentiments et les éléments, et l'on ressent qu'intrinsèquement la terre façonne les hommes et les caractères. J'ai eu plus de difficultés à suivre l'évolution intérieure d'Alexeï, son enfermement, ses suspicions, ses revirements sont parfois assez incompréhensibles même s'ils sont inévitablement inhérents à son handicap. Par contre, ce roman nous offre de très belles réflexions sur la musique, sur le ressenti qu'en a ce musicien sourd et les ressources qu'il y puise. Il fallait oser cette approche et elle est plutôt réussie.
Une très originale digression sur le vide d'un paysage qui renvoie au vide d'une vie.
Pour info, la mer d'Aral est bientôt scindée en trois. La petite mer d'Aral, au nord côté Kazakhstan est en train de renaître, le niveau est remonté, différentes espèces de poissons réintroduites, les petits ports revivent. Plus au sud, notamment en Ouzbékistan, la mer continue à s'assécher, le pays refusant de réduire la culture du coton qui est une des principales industries du pays. La seule heureuse surprise de cette catastrophe est venue des archéologues qui ont mis à jour sous les fonds découverts des vestiges de civilisations anciennes et florissantes, notamment au niveau des cultures (céréales diverses), ce qui tend à prouver qu'au cours des millénaires passés la mer d'Aral s'est retirée déjà à plusieurs reprises. Son assèchement actuel ne serait donc pas uniquement dû au détournement des fleuves qui l'alimentaient mais pourrait avoir aussi des causes géologiques, notamment des mouvements des sols qui empêcheraient la porosité des roches et l'alimentation via la mer Caspienne toute proche (la mer d'Aral est un lac salé). Il n'en reste pas moins que l'île de Vozrozhdeniya, où Zena et Alexeï s'aventurent, fut une des bases secrètes soviétiques où se retrouvèrent stockées des armes bactériologiques et chimiques. Tous les déchets n'ont pas été évacués et sont conservés dans des conditions lamentables d'où la contamination des populations et des sols évoquée dans le roman.
Quelques photos sur le blog.
Lien : http://moustafette.canalblog..
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Seraphita
  10 juillet 2012
Alexeï et Zena sont deux enfants de la mer d'Aral, nés en 1960, l'année où le gouvernement russe a fomenté sa disparition progressive pour des raisons économiques. Deux enfants qui vont unir leur destinée et leurs fragilités. Alexeï devient sourd à l'âge de 10 ans, et se voit condamné au silence et au repli sur soi. Alors, il s'efforce de retrouver les sons qui lentement s'effacent et compose sur son violoncelle des partitions inédites jusqu'à créer une huitième note, la somme originale des 7 autres. Il aimerait tant continuer à vibrer au diapason du monde et de son épouse qu'il aime à la folie, d'une passion qui les étouffe tous deux. Tandis que la mer d'Aral s'amenuise, Zena s'éloigne sous la voûte nocturne d'un silence qui s'installe.
C'est un conte étrange qu'a écrit Cécile Ladjali, l'ode à un pays dévasté, à un homme condamné au silence perpétuel qui compose pour éviter de sombrer dans une folie qu'il sent proche. Composer, c'est particulariser, rendre unique : « Inventer le sens, tourner le dos à la folie, c'est établir des distinctions. Prendre conscience que la différence existe et construire l'oeuvre sur elle » (p. 231). le style est poétique, fleuri de métaphores abstraites, exigeantes, souvent déroutantes, car le sens échappe, glisse sans toujours trouver prise : l'oeuvre entière est bâtie sur le paradoxe d'un homme singulier, un musicien sourd qui compose pour entendre le chant du monde ou pour se fermer à son mutisme.
A travers cet homme qui se meut dans des paysages aussi sublimes qu'inquiétants, à la lisière de la raison, l'auteure dénonce la folie du gouvernement russe : l'oeuvre se conclut en avril 1986. Une description ultime du paysage résume la tonalité de l'ensemble :
« Immergée jusqu'aux hanches, elle regarde le large où s'épanouit la corolle orange d'un nuage magnifique. Une sorte de champignon ou de méduse stellaire, sans doute le fait d'un orage chez nos amis russes » (p. 251).
Etrange, énigmatique, virtuose et menaçant.
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Madamedub
  30 janvier 2012
Les romans de Cécile Ladjali ont un don, celui de nous pousser toujours plus loin dans la culture, dans les ruelles de mondes lointains ou dans les pensées d'artistes brillants. Il est rare de refermer un de ses livres sans pousser la lecture autour de recherches annexes. Si « La Chapelle Ajax » reprenaient le mythe du célèbre et tragique héros grec en le mêlant au destin non moins dramatique de Mark Rothko, « Ordalie » revenait sur la passion de Bergman et de Celan, son dernier livre « Aral » mêle l'opéra à la disparition de la mer d'Aral.
Au Kazakhstan, Alexeï et Zena grandissent comme deux enfants curieux et talentueux. Elle la scientifique, lui l'artiste. Leur vie auraient pu être une histoire d'amour simple et forte comme en vivent ceux qui grandissent et vieillissent ensemble. Mais au bord d'une mer absente, désertique, rien n'est si aisé.
Alexeï sombre dans la surdité à mesure que s'élabore sa passion pour la musique et l'harmonie des sons, dont il cherche à élaborer une huitième note. Zena, volontaire et intrépide, vit sur sur le son d'une autre onde, et le silence, l'absence, sépare peu à peu les amoureux. La mer d'Aral est centrale dans ce beau récit, quintessence de l'absence, du doute et du paradoxe. Quand la mer est un désert, quand le musicien est sourd, comment déceler le vrai, le son, la présence? Alexeï sombre dans le mutisme et la paranoïa, et se hasarde dans des suppositions, des doutes, des intuitions pour parer à cette réalité biaisée, brisée.
Cécile Ladjali nous plonge dans ce Kazakstan lointain, dévasté par des conflits avec l'Union Sovétique, le détournement de fleuves qui assèchent la mer d' Aral, et des expérimentations de produits toxiques sur des îles proches, sujet encore mystérieux de cette région.
Le ton du roman est doux et poétique, dans un univers résolument dévasté. Il effleure diverses réalités différentes, jusqu'à ce que le héros finisse par affronter l'essence de son doute et de son manque, et se réconcilie avec. Seul bémol de ce récit, la conceptualisation trop sophistiquée, trop pesante, d'Alexeï en tant qu'artiste sourd, qui produit un dédoublement dans son appréhension de sa propre identité quelque peu ennuyeux, une redondance narcissique qui sied peu à l'élaboration du personnage.
Mais au delà de cela, la maîtrise du langage de Cécile Ladjali est appréciable, tant du point de vue littéraire que de la sensibilité du texte. On pourra noter que l'auteur enseigne dans une école pour enfant sourd à Paris.
Un texte intéressant, précis et subtil.
Lien : http://madamedub.com/WordPre..
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JimmyCz
  23 août 2014
J'ai aimé. Beaucoup. Je dois avouer ce n'est pas le genre de littérature que je lis habituellement, et cela m'a fait du bien du coup de changer d'univers.
L'émotion est omniprésente, elle fait mal, elle réconforte, elle tranche avec l'univers floconneux de cette mer disparue. Disparue comme un passé qu'on recompose au long du récit.
Si le passé est par bribes l'avenir est incertain, presque maudit et les sentiments si forts des deux protagonistes disparaissent comme la mer disparut auparavant, Alexeï devient sec, vidé dans un silence assourdissant au propre comme au figuré.
Le style est agréable, il est poétique mais laisse la place à notre imagination, il est aussi rigoureux qu'il est esthétique, on ressent un vrai travail fait autour de chaque phrase, une très grande rigueur pour préserver un rythme continu.
Ce récit a la qualité rare désormais de savoir lier et de mettre en parallèle, les descriptions des paysages ainsi que les descriptions des personnalités.
Le seul petit bémol mais vraiment pour faire l'exigeant, le changement de personne ( passage de la 1ère à la 2e et de la 2e à la 3e) avec des fois un décalage, cela aide à bien ressentir la surdité d'Alexeï mais cela peut désarçonner au début. Une belle découverte et une belle réussite littéraire assurément qui m'a en plus appris des choses sur cette région que je connaissais mal.
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critiques presse (2)
Lexpress   12 avril 2012
L'écrivaine signe un roman ardent, habité par l'esprit des rivages désolés d'Aral asséchée.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lhumanite   13 février 2012
Cécile Ladjali retrouve avec Aral une inspiration brûlante, servie par une prose qui retrouve les envolées de ses premiers textes.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
moustafettemoustafette   20 février 2012
Toutes les névroses, toutes les peurs, toutes les angoisses viennent de l'attente, de l'épuisement de ce travail de titan qui consiste à émettre des sons dans la béance des vides, à colorer les trous noirs de la mémoire, à inventer des dialogues, des causeries magnifiques, des chuchotements aimants, là où, à l'origine, il y a l'absence de tout.
Commenter  J’apprécie          220
michelekastnermichelekastner   07 novembre 2013
L'archet glisse sur les cordes. Mes doigts pincent le silence qui vibre. Je ferme les yeux. La mer est loin. J'ai pourtant l'impression de l'entendre. Cela fait un moment que le phénomène se produit quand je joue. Je tiens pour très exacte la certitude que la mer, le songe aquatique qu'elle engendre ont de plus en plus à voir avec le silence. Dans ce tableau liquide et aphone, je perçois le sens premier de tout. Il n'appartient qu'à moi d'appeler ce monde ténu et de le faire vivre. Sans ma volonté, je crois qu'il disparaîtrait complètement. Le Tchink qui s'émiette, la mer qui fond, le désert salé qui engloutit tout ont fait de moi un homme libre. Je n'entends pas donc je n'obéis pas. Je fais ce que je veux de moi et des autres. La musique crée le monde et le musicien avec lui. Mon corps sort du ventre de bois, l'instrument m'accouche, me rend à la vie. Avant, dans le silence, j'étais mort. A présent, sur la portée, je vibre et je sens. J'ai chaud, puis froid. J'ai mal, puis j'aime cette petite douleur au ventre, parce que c'est bon d'être envahi, investi par des myriades d'ondes magiques. Des kyrielles de trilles s'extirpent du crin raide de l'archet qui cingle ma chair.
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jalibertjalibert   21 mai 2012
Dans la cabane, c'est pire encore que sous la neige. Nos coeurs sont deux chambres froides. Un jour en miettes passe par la fenêtre. La pénombre est lente.Oui lente. Il fait si peu clair que c'est comme si le contour des choses se diluait non dans l'espace mais dans le temps. Un temps blême. Sans profondeur. Mes émotions n'ont plus aucune épaisseur. Notre sortie dans la ville infectée m'a rendu gourd. L'impression d'avoir respiré de l'ether. Froid dans les narines. Oubli du reste. Je vacille. Assis sur les bords du lit, nous nous observons, Zena et moi. On guette les plaques rouges qui seraient apparues sur notre peau, on cherche une buée suspecte installée sur le cristallin de nos yeux. Les traces de la maladie. Les prémices de l'agonie. Mais rien.
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jalibertjalibert   21 mai 2012
Jusqu'à quatorze ans, je parvenais à entendre certaines des paroles prononcées par Zena. Les plus basses seulement. Puis j'ai fini par lui en vouloir car j'ai cru qu'elle avait compris ma tactique et qu'elle s'était mise à parler plus haut pour me faire de la peine. Commencer à m'oublier. En fait, je me trompais. C'est moi qui n'entendais plus rien. Je voyais le mal partout et je devenais fou en regardant la jolie bouche me parler sans que n'en sorte aucun son. Le visage splendide de Zena crachait du silence et semblait mourir derrière une vitre. J'avais l'impression qu'elle se noyait alors que c'était moi qui m'asphyxiais.
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SeraphitaSeraphita   10 juillet 2012
Immergée jusqu’aux hanches, elle regarde le large où s’épanouit la corolle orange d’un nuage magnifique. Une sorte de champignon ou de méduse stellaire, sans doute le fait d’un orage chez nos amis russes. Je la rejoins et vois ses épaules, tout son dos qui reste dans l’ombre du contre-jour que son propre corps crée par sa rencontre avec le soleil. Fission.
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Videos de Cécile Ladjali (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cécile Ladjali
Maison de la poésie (10 nov 2017) - Texte et Lecture de Jean-Philippe Domecq, extrait du Dictionnaire des mots en trop (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution novembre 2017).
Le Dictionnaire des mots en trop :
Comment ? s?entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt.
Et pourtant. Ame, artiste, coach, communauté? ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu?ils charrient d?affects, d?idéologie, de pseudo-concepts ? notre résistance mais pas celle du voisin ! ? Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d?un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps.
Une expérience littéraire qui vient compléter, en l?inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants.
Auteurs : Malek Abbou, Jacques Abeille, Mohamed Aïssaoui, Jacques Ancet, Marie-Louise Audiberti, Michèle Audin, Olivier Barbarant, Marcel Bénabou, Jean Blot, Jean-Claude Bologne, François Bordes, Lucile Bordes, Mathieu Brosseau, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Thibault Ulysse Comte, Seyhmus Dagtekin, Louis-Philippe Dalembert, Remi David, Erwan Desplanques, Jean-Philippe Domecq, Christian Doumet, Renaud Ego, Eric Faye, Caryl Férey, Michaël Ferrier, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Cécile Guilbert, Hubert Haddad, Isabelle Jarry, Cécile Ladjali, , Marie-Hélène Lafon, Sylvie Lainé, Frank Lanot, Fabrice Lardreau, Mathieu Larnaudie, Linda Lê, Guy le Gaufey, Jérôme Meizoz, Christine Montalbetti, Christophe Pradeau, Marlène Soreda, Abdourahman A. Waberi.
http://www.editions-marchaisse.fr/catalogue-dictionnaire-des-mots-en-trop
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