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ISBN : 2742773924
Éditeur : Actes Sud (27/02/2008)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Dans un manoir anglais, à la fin du XIXe siècle, Emily Pearl a trouvé une place comme préceptrice du fils d'un lord. Le petit maître est attachant, son père est un veuf d'une séduction puissante. Emily entame avec ardeur cette existence prometteuse. Mais la réalité resterait fade sans les mots dont elle la colore, et sans les lettres de sa mystérieuse sœur Virginia, partie vivre en Amérique. A son journal, Emily confie son espérance de la rejoindre, ses bonheurs et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
19 juin 2016
Depuis le dernier salon du livre à Paris où j'ai assisté à une intervention intéressante de Cécile Ladjali, j'avais l'intention de découvrir une de ses oeuvres.
Au hasard : Les vies d'Emily Pearl, édité en 2008 chez Actes Sud.
Résultat : bonne pioche ! Emballée par ce court roman, prenant et plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord, je ne l'ai quasiment pas lâché une fois entamé.
Tout, de la couverture à la quatrième laisse penser à un roman de facture classique se déroulant dans un manoir anglais à la fin du XIXème siècle. On découvre rapidement qu'il s'agit du journal d'Emily, préceptrice du jeune fils malade d'un lord, séduisant veuf…évidemment. Elle s'y confie bien sûr, mais toute l'originalité ici vient d'un permanent chassé-croisé entre le quotidien confiné de la narratrice au coeur de la campagne anglaise et la vie de sa soeur Virginia, partie vivre en Amérique, relatée ( ou fantasmée, who knows ? ) grâce à des bribes de sa correspondance.
Emily rêve de liberté et de reconnaissance à une époque et dans un cadre qui ne sont pas précisément les plus propices pour une jeune femme de sa condition. Alors, progressivement, pour donner consistance à ses rêves et aider un peu le destin, elle devient manipulatrice, utilisant entre autre le pouvoir de son journal, intentionnellement laissé à la lecture de son amant…le veuf séduisant, évidemment. Les conséquences prennent une tournure de plus en plus tragiques, jusqu'à l'impardonnable.
Cécile Ladjali a selon moi un réel talent de conteuse, un style à la fois efficace et poétique, alternant phrases courtes et ciselées avec des descriptions plus fouillées, délicatement évocatrices.
La double construction de l'intrigue entre réalité et aspirations fantasmées d'une jeune anglaise et entre Angleterre et Amérique me semble être le point fort et particulièrement réussi de ce récit. Elle permet de pointer à la fois les entraves et convenances qui verrouillent alors la société anglaise, et tout particulièrement la condition des femmes en cette fin de XIXème et d'apercevoir les prémisses d'un nouveau monde en mouvement, tout en surfant en permanence entre "les vies d'Emily Pearl".
Je ne suis pas sûre finalement d'avoir réellement démêlé le vrai du faux dans cette pure fiction qui captive presque comme… une histoire vraie. Qu'importe, j'ai passé un très bon moment de lecture.
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juliette2a
20 août 2013
Voilà un bon bout de temps que je possédais Les Vies d'Emily Pearl, j'ai donc profité de cet été pour le lire (enfin) !
Je dois dire que l'intrigue du roman m'a immédiatement plu, puisqu'elle raconte le destin de la jeune Emily Pearl, de 1897 à 1899, engagée comme gouvernante dans un manoir Anglais appartenant à Lord Auskin, un veuf séduisant et intimidant. Dès le début, le lien avec Jane Eyre était évident ; pourtant, au fur et à mesure du récit, je me suis rendue compte qu'Emily Pearl était une personne bien singulière et différente de l'héroïne de Charlotte Brontë. En effet, dans son "journal intime", la jeune gouvernante nous décrit son quotidien, ses amours avec le maître de maison, sa complicité avec son élève Terrence, brillant et attachant, mais malheureusement condamné à une mort précoce ; bref, les évènements s'enchaînent et donnent beaucoup de rythme au récit, ce que j'ai beaucoup apprécié.
Ainsi, entre des parents superficiels et égoïstes, un fiancé niais et ragoûtant, et une soeur adorée, Virginia, partie en Amérique, Emily ne sait plus quoi faire de sa vie...Elle rêve de rejoindre sa soeur tout en restant profondément attachée aux êtres qui l'entourent en Angleterre. La fin est vraiment inattendue et vient, d'après moi, sublimer cette héroïne exceptionnelle, qui, jusqu'au bout de ses efforts, reste digne et courageuse...
Bref, j'ai beaucoup aimé cette histoire documentée, constituant une réflexion sur la condition de la femme au XIXème siècle, et qui, en l'espace de 200 pages, m'a fait rêver et m'a chagrinée à la fois...
A lire !!
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spleen
28 septembre 2013
Cela pourrait ressembler à un roman de l'ère victorienne mais si l'époque , le lieu et le fond de l'histoire correspondent à la littérature de cette époque, la forme n'a rien à voir avec le style de Jane Austen pour ne citer que la plus connue ou Charlotte Brontë pour la similitude du contexte de son roman Jane Eyre : une jeune fille de condition modeste , gouvernante dans un manoir habité par un Lord veuf et séduisant et son jeune fils .
L'histoire est racontée sous la forme d'un journal intime qu'Emily laisse volontairement sous les yeux de Lord Askin et dans lequel elle raconte sa vie, ses échanges épistolaires avec cette soeur ainée Victoria qui a eu le courage de quitter sa condition d'ouvrière pour partir aux Etats Unis mais aussi elle y insinue des malversations des autres membres du personnel du manoir , allégations souvent mensongères mais qui entrainent le renvoi de la personne soupçonnée.
Ce journal est souvent décousu, il est difficile de différentier la réalité des nombreuses affabulations avec par moment un dédoublement de personnalité lorsqu'elle laisse la parole à sa soeur.
Car Emily n'est pas une héroïne agréable , elle est calculatrice, froide, et mythomane.
Aucun des personnages de ce roman n'est sympathique , en dehors de Terrence, le fils de Lord Askin mais pour lequel on ressent plutôt de la compassion pour son infirmité, c'est une victime.
Manquent pour moi le romantisme qui fait le charme de la littérature du XIX eme siècle anglais, ainsi que l'acuité particulière de ces femmes écrivains qui avec une grande liberté et un une modernité étonnante ont décrit les moeurs de leur époque.
Il y a des terres qu'il est difficile de fouler pour un écrivain de notre siècle.
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KRISS45
27 décembre 2013
"les vies d'Emily Pearl" est un roman contemporain qui se déroule à l'époque victorienne mais qui ne peut être classé dans ce genre parce que écrit au 21e siècle et plus audacieux dans les moeurs qu'il révèle (les modèles du genre évoquaient sans les exprimer les situations shocking). Ce n'est pas non plus un roman féministe car il n'est pas vindicatif quant à la situation de la femme.
Si le début du récit s'apparente au célèbre "Jane Eyre", l'auteure se démarque bien vite de cette héroïne et dresse le portrait d'une femme humiliée par sa condition sociale, en pleine crise d'identification, fascinée par une soeur enviée et vénérée. Elle est incapable d'assumer ses choix, ses amours, ses élans.
Mon point de vue est assez mitigé sur cette personnalité constamment en équilibre instable entre petits bonheurs et frustrations.
C'était mon premier contact avec l'oeuvre de Cécile Ladjali à qui je reconnais un beau style, une écriture poétique qui, dans ce récit est parfois en décalage avec l'âpreté des individus.
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bds
19 juillet 2013
Grande-Bretagne, fin XIXe, époque victorienne : le décor est planté. Par sa place de préceptrice dans une riche famille, Emily Pearl cherche à s'extraire de son milieu familial et veut échapper à l'ennui d'une destinée tracée d'avance. Personnage d'abord fragile, Emily va se révéler d'une personnalité complexe, à la limite de la perversité parfois. Car certains de ses actes auront de graves conséquences. Ce récit prend à la fois le ton du journal et de l'échange épistolaire, sans en prendre vraiment la forme. Ainsi, Emily se confie tour à tour à son cahier puis à sa soeur, si éloignée qui a eu le cran, elle, de partir pour Londres puis en Amérique. Mais où est la part de Vérité dans ce qu'écrit Emily et même dans ce qu'elle vit ?
Cécile Ladjali nous raconte les contradictions de son héroïne, sa soif de liberté et son désir de sécurité, de revanche aussi sur une société cloisonnée qui emprisonne les individus dans des rôles qu'ils n'ont pas d'autre choix que de jouer. Un roman extrêmement bien construit et qui vous transporte dans l'univers mental d'une femme prisonnière de son époque.
(Florence)
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
PiatkaPiatka20 juin 2016
Le nom est-il l'identité, Emily ? Il l'est. Votre nom, votre titre décident de tout. Ils décrètent un monde entre vous et moi. Vous le savez bien. Chère Emily, je ne vous suis pas. Quand nous faisons l'amour, il n'y a plus qu'Emily et Alec...Oui. Il n'y a plus qu'eux, Lord Auskin. Mais vous conviendrez que les circonstances font qu'il nous est difficile de provoquer quotidiennement un tel contexte, afin que nos deux gentils prénoms triomphent des codes et des empêchements !
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PiatkaPiatka21 juin 2016
Souvent je pense aux vagues. Je les associe à ma soeur. C'est à cause de leur façon de caresser la plage, avec leur grands bras qui se replient et laissent sur le sable un film brillant.
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WictorianeWictoriane11 décembre 2008
On saisit alors les fleurs, on pince les pétales entre nos ongles et, quand on obtient un nombre suffisant de confettis, on les lance par poignées dans l'air froid. Ils retombent comme une neige douce. Comme la pluie d'un mariage. On ne dira rien à papa, hein ? On ne dira rien à ton père. Allez, on file ! On a une promenade à cheval à faire, si je me souviens bien. Terence membrasse. Nous ne regardons pas en arrière. La tombe sans fleurs nous remercie peut-être déjà de ne pas avoir cru à sa réalité.
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LillyLilly14 février 2009
" J'enviai alors cet homme et sa capacité à sélectionner les détails de la vie susceptibles de ne lui apporter que du bonheur et à jeter dans les douves de l'amnésie ceux qui auraient pu le conduire au désespoir. Je n'avais pas cette force. "

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LunaireLunaire29 mars 2017
La ville produisait un bruit sourd derrière les fenêtres. Un bruit qui appelait la paresse.
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