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EAN : 9782742762644
167 pages
Éditeur : Actes Sud (07/08/2006)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 14 notes)
Résumé :
180pages. in8. broché. Louis est un jeune soldat dans les tranchées de la guerre de 14. Il écrit des lettres à ceux qu'il aime et à ceux qui lui manquent, pour ne pas mourir. Lorette vit à Saint-Germain-des-Prés dans les années 1950. Elle aussi écrit des lettres. Pour les petites dames du quartier, pour son père absent, pour elle-même. Une nuit, Louis entend les notes du célèbre Quatuor de Schubert s'élever de la tranchée allemande. On vient le chercher. On vient le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
fanfanouche24
  29 août 2020

Une auteure dont j'apprécie et le style et les thématiques diversifiées qu'elle traite, avec élégance et finesse psychologique !
Une belle harmonie entre l'intellectuel et une sensibilité, une compréhension , une empathie communicatives… Découvert ce roman épistolaire, en fouinant à ma médiathèque… Fiction qui met en scène deux personnages à des époques décalées : l'un, Louis, soldat perdu dans cette première guerre, qui écrit à sa mère, sa petite soeur, son instituteur admiré, pour les rassurer et lutter contre la peur de la mort. Louis écrit aussi pour ceux qui ne savent pas, dont son ami, Jean. L'Ecriture de ces Lettres pour affirmer la force de la Vie… l'autre,Lorette, toute jeune femme, fille unique, malade de la tuberculose, écrit à ses proches, dont son père adoré, montant à Paris dans les années 50, pour suivre des cours de secrétariat…
Deux destins à plus de 30 années d'écart, la solitude, la peur, le chagrin que l'on tient à distance, en écrivant à ses proches, à ceux qu'on aime, qu'on a peur de ne pas revoir…que cela soit à cause de la guerre ou de la maladie

«La Voie sacrée, le 13 mars 1916-
Ferdinand, (...)
Demain, je vais attendre le courrier.Je recevrai peut-être une lettre. Ce sont les lettres qui nous sauvent tous de la folie. Parfois, on donne le courrier des morts aux gars qui restent et qui sont complètement désespérés de n'avoir rien reçu. (p. 76)”
« le 1er mars 1916
Marcel, (...)
Les feux de cheminée. les châtaignes qui craquent. Les braises qui durent toute la nuit. le savon noir et son odeur partout dans la maison. Les tricots de maman dans l'osier des malles. La soupe qui parfume l'espace et se mélange à l'air savonneux. La vie me manque tellement . Envoie-moi de la vie, c'est urgent.-- Louis, affamé (p. 70)”
Voilà…les mots-clefs : « Envoie-moi de la Vie »…
les lettres de Louis comme celles de Lorette sont là pour envoyer à travers les mots, de la vie, de l'espoir d'être attendu, d'être aimé… de pouvoir à travers ces lettres se projeter dans un petit carré d'Avenir et réciproquement, en attendant les courriers des êtres aimés…!!
Un ouvrage bouleversant qui exprime à travers les lettres de ce soldat et de cette jeune tuberculeuse , à plusieurs décennies d'écart, la colère, la révolte , le refus de toute guerre et de toute souffrance, qui tuent, abîment les humains…L'espoir reste vivace grâce aux mots que l'on choisit pour l'Autre, les Autres, pour nourrir les échanges, les liens que l'on construit grâce à la magie des mots…
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MBR
  02 avril 2014
Louis est soldat dans les tranchées de la guerre de 14. Lorette, tuberculeuse, est apprentie dactylo à Saint-Germain-des-Prés dans les années 1950. Tous deux correspondent avec des êtres aimés ou imaginaires pour conjurer le mauvais sort. Et comme dans une composition à quatre mains, les vies parallèles de ces deux inconnus que plus de 30 ans séparent finissent par se croiser quelques secondes...
"Il fait froid. Il fait peur ici." Cette phrase de Louis à son ancien maître d'école dit tout, avec sobriété. A noter que Louis est un soldat fort érudit, contrairement à Lorette, plus naïve dans son écriture, au demeurant magnifique elle aussi!
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UneVieDesLivres
  19 septembre 2018
Face à la mort, ils écrivent… À leurs proches, leurs amis, parfois même à des gens qu'ils ne connaissent pas. Ils écrivent pour vivre, pour, peut-être, tenter de conjurer le sort. Louis constate l'horreur de la guerre ; Lorette, celle de la maladie. Est-ce le seul lien qui les unit ?
J'ai trouvé cette histoire plutôt touchante, j'ai aimé les deux protagonistes autant l'un que l'autre. J'ai trouvé leurs personnalités convaincantes, réalistes ; tous deux ont, par exemple, cette propension à l'exagération, qui semble relativement normale étant donné les situations qu'ils vivent.
Les mots sont précis, poétiques, parfois durs cependant. le style est le même dans les deux cas (à noter qu'on ne lit que les lettres écrites par Louis et Lorette, jamais celles qu'ils reçoivent), ce qui semble parfois poser problème à certains lecteurs. Cela étant, c'est dans leur personnalités et dans les liens qui les unit à ceux à qui ils écrivent qu'il faut chercher – et s'attarder sur – les différences.
Difficile de parler de ce court roman épistolaire. Sans avoir eu un coup de coeur, j'ai trouvé l'(les) histoire(s) belle(s) et les mots harmonieux, laissant croire au lecteur qu'il se trouve aux côtés des protagonistes, avec pour question de fond « que ferais-je si j'étais à leur place ? »
Une jolie découverte, parfois dure à cause des thèmes traités (la mort, la guerre, la maladie, notamment), mais néanmoins agréable, que je vous conseille, si le coeur vous en dit !
Lien : https://uneviedeslivres.word..
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PhilDire
  08 novembre 2020
Un livre très original bâti sur une succession de lettres. Ce qui fait la force de ce livre, et ce que j'ai apprécié, ce sont d'une part la justesse et la beauté d'écriture, et d'autre part l'enchaînement des lettres qui finit par raconter une belle histoire.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
domisylzendomisylzen   07 juillet 2015
Montmirail, vendredi 10 novembre 1915

Ma chère maman,

Tu vas être contente. Ce matin, le sergent-chef a annoncé que nous aurions une permission pour Noël. Je sais ce qu'il t'en coûtera de t'avoir fait espérer pour rien au cas où la décision serait annulée, mais je ne résiste pas au plaisir de faire un trou d'espoir dans ton coeur. C'est le pouvoir de si peu d'hommes aujourd'hui. Et j'ai ce pouvoir. Alors réjouis-toi, ma douce, je serai bientôt de retour.
Le sapin que Clémence et moi avions planté l'an passé au fond du jardin doit avoir bien grandi. Ayez soin de le déraciner. Ne le fauchez pas : il faudra penser à le rempoter à la fin des fêtes pour l'année suivante. L'ombre épineuse de notre bonheur me fait mal.
Dans la tranchée, on a arrangé un petit pupitre en bois. C'est de là que je t'écris. Les camarades attendent, papier dans une main, tabac dans l'autre. Vous écrire c'est du bonheur. Jean n'avait plus d'encre pour sa mère et les gars ici sont avares. (Tu peux comprendre.) Alors il a trempé l'acier de sa plume dans les flaques de boue. Et l'on s'est rendu compte que la terre avait de très jolies couleurs pour une mère. Cela nous a fait peur sur le coup. (Le ciel était gris aussi.) Puis on a regardé en direction des arbres et au-delà d'eux encore et Jean m'a dicté sa lettre parce qu'il ne sait pas écrire. Jean et sa mère vivent à deux pas de chez nous, derrière l'église du père Martin. C'est en inscrivant l'adresse sur l'enveloppe que l'évidence s'est imposée. Te rends-tu compte ? Il a fallu la sale guerre pour que l'on se croise, ici, au fond d'un trou boueux.

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fanfanouche24fanfanouche24   29 août 2020
Verdun, le 20 mai 1916

Monsieur Cendre,

J’ai un ami. Il s’appelle Jean. Comme je vous l’ai déjà dit, il ne sait pas écrire. En fait , il écrit si mal que cela revient au même. Alors je rédige son courrier à sa place. C’est curieux et presque douloureux de prendre ainsi la place d’un autre. Pour un autre. Dans les deux cas, on est face à des inconnus. Etant déjà très étranger à soi-même, l’exercice est violent, presque mortel. Mais je m’y adonne régulièrement.

Jean graphie : sela fé lontan ke la plui ple sur moi et den mon keur, petite maman.
Cette langue magique ne m’a cependant jamais arraché un sourire. Parfois, j’ai presque honte de la corriger. Elle me semble parfaite, originelle. C’est moi l’illettré. La langue de Jean dit tout, l’eau du ciel, la détresse, la mère, même si elle n’est pas orthodoxe. Et l’orthodoxie, quand on ne sait pas si l’on va vivre, n’a pas beaucoup de réalité, hormis celle du poteau d’exécution ou celles des lignes de barbelés qui écorchent l’horizon. (p. 130)
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fanfanouche24fanfanouche24   28 août 2020
Marre, le 1er mars 1916

Marcel, (...)

Les feux de cheminée. les châtaignes qui craquent. Les braises qui durent toute la nuit. Le savon noir et son odeur partout dans la maison. Les tricots de maman dans l'osier des malles. La soupe qui parfume l'espace et se mélange à l'air savonneux. La vie me manque tellement . Envoie-moi de la vie, c'est urgent.

Louis, affamé
(p. 70)
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fanfanouche24fanfanouche24   27 août 2020
Mort-Homme, le 13 février 1916

(...)La sciure de mes souvenirs me pique les yeux. Comme je voudrais vous atteindre monsieur Cendre et vous donner la main ! Ai-je appris à lire pour mourir ? Les enfants vont-ils à l'école pour rougir l'eau des ruisseaux quand ils tombent ? Je ne peux pas me faire à l'idée. Un être qui sait écrire ne devrait jamais être happé. (p. 64)
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fanfanouche24fanfanouche24   22 août 2020
Froiseterre, le 22 novembre 1915

Monsieur Cendre, cher maître, (...)

Monsieur Cendre, votre salle de classe me manque tout comme vos yeux sévères. Les heures de retenue, le laboratoire de chimie et son affreuse odeur de soufre, les grenouilles disséquées, la cacaphonie du réfectoire, les grands chênes dans la cour me somment de me souvenir de la vie. (p. 17)
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Vidéo de Cécile Ladjali
Cécile Ladjali est enseignante et écrivaine, deux métiers qui se nourrissent l'un l'autre. Dans son travail, par les mots et le langage, elle questionne la notion de transmission, celle des origines, des identités et de la création
Dans cette rencontre virtuelle, autour du dernier roman de Cécile Ladjali, "La Fille de personne" publié aux éditions Actes Sud, on parle de Luce Notte, Kafka et Hedayat et du pouvoir extrêmement puissant, voire inégalable, de la littérature...
Pour retrouver son livre, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/livre/16461672-la-fille-de-personne-cecile-ladjali-actes-sud
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairiedialogues/ FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
À bientôt !
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