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EAN : 9782915018233
179 pages
Éditeur : Quidam (11/09/2007)

Note moyenne : 4/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Johan est requis sur les lieux de la disparition de son frère jumeau, Timon. Ce dernier est un auteur qui a fui les sirènes du succès dans une ville étrange et lumineuse où il sait qu'Ilanda, sa femme gravement malade, trouvera le repos avant de s'éteindre. Pour oublier le malheur qui les frappe, il écrit des biographies d'écrivains imaginaires jusqu'au jour où un homme se présente à lui, affirmant se... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
MarianneL
  01 mars 2015
Après la disparition inexpliquée de son frère jumeau Timon et de son épouse Ilanda gravement malade, Johan Lunoilis se rend dans la petite ville isolée de Riemech, où ils s'étaient retirés suite à la découverte de ce cancer incurable. L'atmosphère de plénitude de Riemech, havre de paix aux maisons de vieilles pierres resplendissantes entourées d'une végétation magnifique, semble cependant étrange, comme si cette ville quasiment parfaite montrait un visage factice, recelant une autre dimension incomprise et effrayante, en écho aux villes mystérieuses de Georges-Olivier Châteaureynaud.
Johan part sur les traces de son frère, auteur de romans historiques à la gloire précoce interrompue par cette retraite, en s'enfermant dans son bureau. Il tente d'y déchiffrer l'énigme de sa disparition en lisant son journal et des biographies d'écrivains imaginaires, une «entreprise d'auto-psychanalyse littéraire» entreprise par Timon qui a perdu tout goût pour le roman à cause de cette maladie qui ronge la vie d'Ilanda.
Suivant son instinct et sa proximité avec Timon son double, malgré la brouille qui les tenait à l'écart l'un de l'autre depuis des mois, Johan s'immerge dans les textes de son frère, dans ces portraits d'écrivains fictifs aux destins foudroyants ou tragiques, et la lecture prend la forme d'une enquête policière où le fantasme et l'imaginaire envahissent peu à peu le réel.
Dès ce premier roman publié en 2007 chez Quidam éditeur, Jérôme Lafargue montre avec éclat son talent de conteur-magicien, son goût pour les jeux de langage et le surnaturel, son habileté pour varier les registres, pour dépeindre sans caricature des personnalités radicales et rebelles, et pour célébrer la puissance de l'imagination créatrice de fiction.
«Ricardo Rekarte était persuadé que notre vie n'avait aucun sens véritable, et que tout y était gouverné par le hasard le plus absolu. Dans cet univers privé selon lui d'utilité, la seule échappatoire restait la littérature. Son projet était de montrer que seule la littérature, pourtant masse prodigieuse d'irrationalité et d'imaginaire échevelé, pouvait résister au hasard. Comment se pouvait-il que les actions des êtres humains fussent aussi piètres et destructrices alors que simultanément ils étaient capables d'écrire des textes magnifiques ? N'était-ce pas dans les livres qu'on trouvait en réalité l'âme humaine ? Pour Ricardo, les ouvrages de la terre entière se répondaient les uns les autres.»
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Apoapo
  06 février 2016
Un premier roman extrêmement bien bâti, que ce jeu de miroirs entre niveaux narratifs. Certains ingrédients sont relativement habituels, ou au moins connus dans le fantastique : une enquête sur la disparition d'un écrivain, personnage initialement mystérieux, par un proche (son jumeau) qui ne se dévoile lui aussi que très progressivement (ainsi que leurs étranges rapports) ; l'incarnation de personnages narratifs de deuxième degré (apparemment créés par l'auteur disparu) entraînant peut-être la désincarnation des premiers. Ce qui l'est moins, c'est le surgissement du narratif (l'intrigue, le style, les références littéraires surtout anglo-américaines de la première moitié du XXe siècle, jusqu'aux nombreuses anagrammes) comme un personnage à part entière que l'on pourrait définir personnage de troisième degré... le fantastique se transforme donc en une sorte de métaphysique du discours narratif (réel ? fictif ? méta-narration ? intrigue ouverte ?...).
Le résultat de cet enchevêtrement, qui tient en haleine surtout par le nombre de références croisées, ressemble à une véritable ode à la littérature et à l'imagination (dont l'insuffisance est d'ailleurs sanctionnée symboliquement par la disparition - Johan). Quelques petites notes sur des procédés (possibles) de l'écriture et de la création littéraire (ex. Rekarte) sont agréables et fraîches. La typographie aide à distinguer les textes, et à ne pas se perdre entre les niveaux. La progression de la trame est fort habile.
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liberliber
  07 janvier 2013
Johan est à la recherche de son frère jumeau, un écrivain qui a fui le succès pour mieux s'occuper de sa femme, gravement malade.
Délaissant le roman, Timon s'adonne alors à l'écriture de biographies d'écrivains imaginaires. Or, un jour, apparaît Butler, le héros de l'un de ses livres.
Ce roman à suspense, à la limite du fantastique, est une sorte de puzzle savant sur le pouvoir de la littérature.
On attend avec impatience le second livre de Jérôme Lafargue, un écrivain prometteur.
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LaLo
  21 août 2011
J'ai découvert cet auteur avec son deuxième roman "Dans les ombres sylvestres" qui m'avait déjà profondément touchée. Ce premier roman prend la même direction. Un histoire toujours à la limite entre la réalité et le fantastique. Des émotions dignes d'une explosion. Des personnages en quête d'une identité, d'une autre vie. Jérôme Lafargue maîtrise parfaitement la langue et ces livres sont de réelles perles à savourer sans attendre !
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Losange83
  05 juin 2018
labyrinthe où se croisent les aspirations de l'écrivain, parfois sa mégalomanie et des personnages sortis de roman ... alors que le personnage principal recherche son jumeau perdu quelque part au delà d'un curieux village et après avoir veillé son épouse d'une maladie dévorante... Qui est qui ? l'auteur perdra ou trouvera-t-il son identité réelle ?
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   05 février 2020
L’itinéraire labyrinthique intrigua Johan, qui se posait des questions sur l’équilibre mental du préposé à la signalisation. Sens uniques ou interdits se succédaient sans faiblir, au point que Reuleville, un instant agacé, finit par s’isoler dans une impasse. Le panneau qui la signalait était à moitié recouvert par les feuilles d’une glycine indomptée, qui débordait d’une murette de clôture. Un sourire contrit servit d’excuse à l’officier de gendarmerie. Au cours de ce trajet pour le moins sinueux, ils ne croisèrent que peu de véhicules. L’espace paraissait plutôt dévolu aux piétons, qui eux ne manquaient pas, emmitouflés et encapuchonnés pour se protéger du froid et du vent qui gagnaient sur les hauteurs. Une fois le véhicule garé aux abords d’une grande place, dont l’esplanade semblait faite d’un marbre doré, à peine taché par les intempéries et les oiseaux, ils firent route vers le cœur de la vieille ville. Johan admira en s’éloignant les magnifiques bâtisses collées les unes aux autres qui bordaient la place, toutes installées avec autorité sur d’antiques arcades. Il releva l’épaisseur considérable de ces dernières : leurs assises dépassaient le mètre en certains endroits. Certaines maisons se penchaient de façon croquignolette, comme si elles étaient prises d’une ivresse passagère et sans incidence, sachant pouvoir compter sur la solidité des galeries. Une force sourdait de cet endroit, qui partait du tréfonds de la terre pour rejoindre le dôme du ciel.
Ils s’engagèrent dans une venelle que Johan n’aurait pas remarquée sans Reuleville. Elle grimpait un peu, et il trébucha sur un pavé bosselé ; une faute due à la curiosité : la rue étroite recelait de petits trésors d’architecture figurative. Alors que Johan s’attendait aux représentations classiques de goules, de stryges et autres démons ancestraux dans un tel sanctuaire médiéval, il ne vit aux frontispices des portes, aux bords des fenêtres ou au bout des faîtières que d’élégantes statuettes, visages épanouis d’enfants ou de femmes jeunes, comme nettoyés et brossés de la veille, débarrassés des mouchetures noirâtres du temps. Quelques commerces s’égaillaient dans le passage, un pharmacien, un bouquiniste, une crêperie, un serrurier. Des choses banales dans un endroit paisible. Reuleville marchait assez vite ; quelques mètres les séparaient. Johan pressa le pas pour le rejoindre quand il tourna sur sa gauche. Le gendarme, sans se tourner, lui montra du doigt le panonceau indiquant le nom de la ruelle qu’ils empruntaient à présent : la rue des Paillons.
– On arrive, dit-il simplement.
Johan ne répondit rien. Cette fois, la rue, dallée de lourds pavés à l’instar de toutes les autres, descendait franchement. Aucune maison ne paraissait avoir la même hauteur : certaines, petites et fines, se blottissaient au milieu d’opulentes dont les toits pointus et à multiples déclivités dessinaient des arabesques dans le jour mourant. Les réverbères anciens, bien que disposés à des intervalles peu réguliers, éclairaient avec netteté la rue pentue et la plaque étrange devant laquelle Johan et le capitaine Reuleville s’arrêtèrent.
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egnasolegnasol   30 janvier 2016
M'a laissée à bout de souffle, perdue entre réalité et fiction dans un univers où l'imagination est reine et impératrice. Merci pour ce récit qui nous initie, ou , nous replonge pour les plus chanceux, dans un univers onirique peuplés de héros et d'Auteurs que l'on a aimés ; univers qui nous confirme que le présent est fait d'entrelacs du passé-futur qu'on appelle parfois présent... un vrai cadeau que nous offre la plume de Jérôme LAFARGUE.
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Charybde2Charybde2   05 février 2020
Les nuages devaient la prendre pour une vieille loutre à la fourrure fanée, se dandinant sans grâce, loin de ses rivières, sur un sol encombré de cailloux : mais ce n’était qu’une locomotive avec un ou deux wagons à la traîne qui cahotaient à travers des plaines grisées par la lumière de l’hiver. Une uniformité étrange régnait, comme si chaque pré ployait sous le fer de la froidure et de la désolation. Les quelques habitations qui parsemaient l’espace semblaient elles aussi se rabougrir, tassées par des forces atmosphériques irrépressibles. Les arbres étiques qui les côtoyaient de loin en loin tentaient de se projeter au plus haut, leurs branches presque collées au tronc pour davantage de fluidité, mais sans succès : chaque faîte se courbait, tantôt sur la gauche, tantôt sur la droite, empêché par une main géante qui les éloignait avec négligence du ciel.
Johan se demandait ce qui avait pu conduire Timon dans un tel pays, si éloigné de la trépidation citadine et des soirées baroques qui rythmaient son existence jusqu’il y a peu. Johan n’avait pas connu la petite gloire de son frère, pas plus que les multiples tentations qui en découlaient. Mais les errances de sa propre vie le dispensaient d’être jaloux.
Ses pensées virevoltaient dans le presque désert de son wagon. Fébrile, il ne cessait de gigoter sur son siège, soupirait, sans que personne en fût gêné par ailleurs. Son seul compagnon de voyage était un vieux monsieur qui, installé près de la porte coulissante à plusieurs rangées de lui, n’avait cessé de lire un journal dont le froissement des pages, parfois désagréable, s’acoquinait avec le bruit traditionnel du train. Une fois, Johan se leva, pour se débarrasser d’une idée déplaisante. Il traversa le wagon à deux reprises, sans que le vieil homme ne tourne la tête en sa direction. Le patriarche était vêtu d’un costume gris perle, plutôt froissé, d’un gris comparable à celui des espaces désolés qu’ils traversaient. Son visage glabre s’affaissait par endroits ; il avait ôté ses chaussures, qui reposaient, impeccablement alignées, sur le siège vide à ses côtés. Des chaussures noires, couvertes de poussière grise. Johan s’était rassis, plus mélancolique que jamais.
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egnasolegnasol   30 janvier 2016
M'a laissée à bout de souffle, perdue entre réalité et fiction dans un univers où l'imagination est reine et impératrice. Merci pour ce récit qui nous initie, ou , nous replonge pour les plus chanceux, dans un univers onirique peuplés de héros et d'Auteurs que l'on a aimés ; univers qui nous confirme que le présent est fait d'entrelacs du passé-futur qu'on appelle parfois présent... un vrai cadeau que nous offre la plume de Jérôme LAFARGUE.
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Charybde2Charybde2   05 février 2020
À une ou deux reprises, Johan ne put s’empêcher de sourire devant le ton employé. Il retrouvait un peu du sens de la dérision de son jumeau. Il se souvenait très bien de Maria Sombrano. Une première publication ne s’oubliait pas, d’autant qu’il en avait lu plusieurs esquisses avant la version définitive. Le jour de la parution, les responsables de la revue avaient organisé une fête dans l’appartement de l’un d’eux. Aucun n’avait plus de vingt-cinq ans à l’époque et, s’ils avaient la sagesse de ne pas prétendre révolutionner le microcosme littéraire, ils ne dédaignaient pas à l’occasion y jeter un peu de soufre. Aux côtés de textes inédits de jeunes auteurs, on trouvait ainsi des critiques féroces et des cris de rage devant l’oubli dans lequel étaient relégués de vieux écrivains déchus. Johan participait aux illustrations, mais préférait les agapes d’après bouclage, comme la grande majorité de tous ceux qui firent un bout de chemin avec Hundépendant ! Il s’imagina les émotions que Timon avait dû ressentir lors de l’exhumation de ce texte fondateur.
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Jérôme Lafargue vous présente son ouvrage "L'année de l'hippocampe" aux éditions Quidam. http://www.mollat.com/livres/jerome-l... Notes de musique : Sonothèque - 1 Vagues
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