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Gigi Bergamin (Auteur de la postface, du colophon, etc.)Frantz Rey (Illustrateur)
ISBN : 2910233308
Éditeur : 1001 Nuits (30/09/2000)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 201 notes)
Résumé :
Et si j'entame du texte de Lafargue était le secret du succès jamais démenti mais ambigu de ce Droit à la paresse ?

«Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie est l'amour du travail.

Et si Le Droit à la paresse était beaucoup plus qu'un pamphlet superbement écrit ? S'il contenait une compréhension essentielle de la transformation nécessaire et actuelle de nos sociétés à... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
MarianneL
  08 juin 2013
Éloge de la valeur paresse.
L’homme politique, journaliste et écrivain Paul Lafargue (1842-1911) rédigea cet essai qui le rendit célèbre, tandis qu’il était incarcéré à Paris pour propagande révolutionnaire, en réponse aux paroles de Thiers qui appelait l’homme à souffrir au travail et à ne pas jouir de la vie, et en réfutation du droit au travail de 1848 (sous-titre de l’essai).
«Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture.»
Initialement publié en feuilleton en 1881, puis en 1883 en un volume, réédité aux éditions Mille et une nuits en 1994, chez Allia en 1999 et au Passager clandestin en 2009, ce texte classique reste passionnant et plus que jamais d’actualité. Paul Lafargue s’y étonne et s’insurge contre la sacralisation de la valeur travail en particulier dans une classe ouvrière alors soumise à des conditions de travail quasiment inhumaines.
La suite sur mon blog ici :
Lien : https://charybde2.wordpress...
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colimasson
  29 juillet 2012
Il faut choisir le bon moment pour se lancer dans cette lecture…
Entamée pour ma part à la fin de la période des examens, elle m'a semblée totalement adaptée à la situation. Elle le paraîtra encore davantage à celui qui déciderait d'ouvrir ce livre au début de ses congés payés car Lafargue s'attaque moins au travail intellectuel d'apprentissage qu'au travail répétitif et abrutissant qui est avant tout motivé par l'acquisition de son gagne-pain.
En revanche, lecture à éviter peut-être pour celui pour qui les congés payés ne sont encore qu'un vague mirage : se faire comparer à un lourd bovin des prairies auvergnates et se faire rappeler l'abrutissement sévère qui est le sien ne saurait certainement pas remonter le moral après une longue journée à assembler des vis et des boulons, à rédiger des compte-rendu de réunion, ou à apporter des cafés à son supérieur et à ses collègues.
Aucune caste socio-professionnelle n'est épargnée par le constat de Lafargue : les politiciens, économistes et religieux sont les vecteurs de doctrines aptes à asservir les ouvriers, qui s'imaginent travailler pour leur bien et leur indépendance alors qu'ils ne servent qu'à enrichir le patron ou les bourgeois. Là où Lafargue surprend, c'est qu'il ne fustige pas entièrement ces vilains riches pleins de sous. Non, eux aussi sont victimes de la morale et des valeurs d'une société dédiée au labeur : contraints de s'enrichir toujours plus pour permettre aux ouvriers sans cesse plus nombreux d'avoir du travail, ils finissent par se morfondre d'une vie trop facile et ennuyeuse. C'est pour eux qu'on détourne une grande partie de la population active pour former cette caste qu'on nomme aujourd'hui le secteur tertiaire –celui des services. Des gens inutiles, qui n'ont d'autre mission que celle de distraire les bourgeois devenus malheureusement riches à cause des ouvriers qui se tuent malheureusement à la tâche, parce qu'ils croient aux discours faussement émancipateurs qu'on leur inflige.
Lafargue expose ce point de vue original avec une dérision souvent drôle. Il arrive à transformer cette agitation des sociétés capitalistes en une scène de théâtre absurde, uniquement dirigée par une poignée d'orateurs à l'esprit tordu. Où sont passés les philosophes de la Grèce Antique ? Eux, au moins, comme bon nombre d'autres peuples sauvages que Lafargue n'hésite pas à rappeler, avaient compris la nature aliénante du travail. Ces civilisations sont brandies comme des modèles, souvent comparées d'une manière caricaturale –mais drôle- à notre pauvre société qui s'est créée son propre malheur.
Lafargue a toutefois beau forcer le trait –procédé auquel on le sent obligé de recourir s'il se veut efficace, eut égard à la brièveté de son manifeste- jamais il ne paraît réducteur. L'enfermement dans lequel nous vivons ne provient que d'une chose : l'erreur qui est la nôtre lorsque nous pensons nous émanciper par le biais du travail acharné. Etant donnés les progrès techniques et technologiques qui caractérisaient la société du 19e siècle, 3 heures de travail quotidien auraient suffi à assurer son bon fonctionnement. Mieux que cela, tout le monde aurait enfin pu occuper une fonction et aurait disposé de suffisamment de temps pour se consacrer à ce que tout bon employé rêve de faire lorsqu'il s'image en vacances, mais qu'il ne fait jamais lorsqu'il l'est enfin –effrayé par la perspective de tout ce temps d'oisiveté qui se présente face à lui- : se prélasser, passer du temps en bonne compagnie, faire ripaille, se promener, instruire son esprit…
Heureusement que Lafargue n'exclut pas l'activité intellectuelle –modérée et motivée par le plaisir- de son Droit à la paresse : on se sentirait presque coupable de ne pas occuper notre temps libre à faire plutôt une petite sieste…Mais, au fait, pourquoi prendre de son temps libre pour effectuer cette lecture ? L'idéal reste certainement de lire ce manifeste pendant ses heures de travail, détournant ainsi la productivité de ses quotas de rendement exigés, et effectuant un bel hommage à la pensée de Lafargue… !

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Apoapo
  06 février 2016
Ah, que c'est bon, ce style pamphlétaire fin XIXème ! Plein d'hyperboles, de caricatures grivoises d'illustres politiques et capitaines d'industrie aujourd'hui totalement oubliés, ça sent encore la poudre de 48 et déjà tellement la Première Internationale... L'athée cite la Bible pour "confondre les jésuites", et le révolutionnaire, contre les moralistes, Platon, Cicéron, Hérodote, Xénophon, et j'en passe. Et puis, quel personnage tragique, que ce gendre de Marx !
Vous voulez en goûter, de l'hyperbole ? Tenez :
"La France capitaliste, énorme femelle, velue de la face et chauve du crâne, avachie, aux chairs flasques, bouffies, blafardes, aux yeux éteints, ensommeillée et bâillant, s'allonge sur un canapé de velours ; à ses pieds, le Capitalisme industriel, gigantesque organisme de fer, masque simiesque, dévore mécaniquement des hommes, des femmes, des enfants, dont les cris lugubres et déchirants emplissent l'air ; la Banque à museau de fouine [tiens tiens, déjà !], à corps d'hyène et mains de harpie, lui dérobe prestement les pièces de cent sous de la poche." (p. 80)
Une gourmandise littéraire que ce style, donc, qui valut à l'auteur d'être d'autant moins pris au sérieux qu'il a été souvent cité.
Et si, comme le suggère le préfacier (Paul Allies), ce petit opuscule avait mis le doigt sur la plaie que le communisme ne sut pas comprendre, à savoir le lien entre travail-croissance, surproduction et appauvrissement des classes laborieuses (cessons de parler de prolétariat !), avec une appendice non moins néfaste pour les "capitalistes" ? Eh oui ! dans ce cas, il s'agirait bel et bien d'une prémonition quasi prophétique, qui devrait avoir résisté à l'épreuve du temps, qui devrait valoir plus que la "nécessité historique" marxienne, en fait qui serait toujours d'actualité (même si la plupart des idées secondaires sont amplement périmées)...
Personnellement, je me suis fait ma petite idée là-dessus : jugez-en pour vous-mêmes si ça vous intéresse :
"Travaillez, travaillez nuit et jour ; en travaillant, vous faites croître votre misère, et votre misère nous dispense de vous imposer le travail par la force de la loi. L'imposition légale du travail donne trop de peine, exige trop de violence et fait trop de bruit ; la faim, au contraire, est non seulement une pression paisible, silencieuse, incessante, mais comme le mobile le plus naturel du travail et de l'industrie, elle provoque aussi les effets les plus puissants." (cité p. 39)
"... le grand problème de la production capitaliste n'est plus de trouver des producteurs et de décupler leurs forces, mais de découvrir des consommateurs, d'exciter leurs appétits et de leur créer des besoins factices." (p. 62)
"Tous nos produits sont adultérés pour en faciliter l'écoulement et en abréger l'existence. Notre époque sera appelée "l'âge de la falsification", comme les premières époques de l'humanité ont reçu les noms "âge de la pierre", d'"âge de bronze", du caractère de leur production." (p. 64).
Eh bien, pour être daté 1880, chapeau bas !
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Luniver
  20 juillet 2013
« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. »
L'introduction donne tout de suite le ton de l'ouvrage : Lafargue s'indigne avec vigueur contre le « droit au travail » que réclament les ouvriers, et milite pour qu'au contraire, ils travaillent un peu moins et s'occupent un peu plus de leur loisir.
Il me manque peut-être des éléments pour comprendre vraiment le but de l'auteur, mais je reste très sceptique. Comme disait Coluche : « A la télé ils disent tous les jours : “Y a trois millions de personnes qui veulent du travail.” C'est pas vrai : de l'argent leur suffirait.  » Et ça me semble le noeud du problème : la plupart des gens qui réclament du travail ne le fond probablement pas pour avoir le plaisir de passer des heures de plus dans l'entreprise, mais plutôt pour arrêter de compter les centimes en fin de mois, rajouter un peu plus de viande au menu, moins craindre les ordonnances du médecin ou savoir offrir des études à leurs enfants.
Ce pamphlet me semble donc ne concerner qu'une petite partie des travailleurs, ceux qui peuvent facilement se permettre de sacrifier une part de salaire pour le consacrer aux loisirs. Ou alors, il faut expliquer dans un autre livre comment instaurer une société purement égalitaire, qui songerait avant tout à combler les besoins de tous, avant de penser au luxe. le livre sera sûrement beaucoup plus épais, parce que de nombreuses solutions ont déjà été proposées, mais avec bien peu de réussite.
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Floyd2408
  10 mai 2018
Le droit à la paresse est un manifeste de Paul Lafargue publié en feuilleton dans le quotidien L'égalité de Jules Guesde en 1881, puis lors de son emprisonnement à Sainte-Pélagie, il le travaille pour une édition brochet avec une préface, publié en 1883, il y aura beaucoup de réédition de ce texte fort engagé.
Paul Lafargue d'origine Cubaine, s'installe en France en 1951, il a 9 ans, puis tente de faire médecine, pour se consacrer à la politique et à l'écriture dans divers quotidien l'Avenir, l'Internationale, La Marseillaise, La Tribune, La défense Nationale, L'Émancipation, le cri du peuple et L'Égalité. Il épousera la fille de Karl Marx sa fille Laura Marx à son grand regret, disant de lui, l'ennuyant dans ses idées surtout son Proudhonisme. Il publiera différents textes, le Matérialisme de Karl Marx en 1884, La religion du capital en 1893, plusieurs essais de critique littéraire, sur Châteaubriant, Émile Zola et Victor Hugo, des textes d'économie comme Cours d'économie sociale en 1884 et beaucoup de textes polémiques, sociétales de circonstances. Se suicide avec sa femme en 1911 à l'âge de 69 ans, laissant une lettre pour expliquer ce geste absurde selon Albert Camus.
« Sain de corps et d'esprit, je me tue avant que l'impitoyable vieillesse qui m'enlève un à un les plaisirs et les joies de l'existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. »
Ce pamphlet sur le monde du travail de cette époque et du basculement de la société vers la sacralité religieuse du roi Travail, cette critique historique étayée par des exemples forts et d'une recherche intellectuelle fort impressionnante. Cette atmosphère sociale se retrouve aux prises à un engrenage vicieux, où les classes dominantes au venin vénale et à la perversion castratrice oblige la société à rendre le travail obligatoire, cette valeur nouvelle fissure et tremble la misère pour la rendre plus profonde, cette prédation vicieuse entraine la société vers le monde pernicieux actuel, un monde capitaliste où l'argent est roi et l'être humain devenant juste une pièce de l'échiquier de l'économie. Ce qui me frappe dans cet écrit, c'est le silence certain, des érudits, de l'éducation, du monde actuel sur, non pas la révolution industrielle, mais sur l'impact sociale désastreux et esclavagiste sur ces hommes, femmes et enfants, prisonniers dans ces usines pendant 12-13 heures à produire et produire pour engraisser ces hommes nouveaux, ces bourgeois capitalistes….
Paul Lafargue débute son texte en citant Adolphe Thiers, stigmatisant le rôle prépondérant du clergé, des aristocrates, des économistes, des moralistes de la jouissance du travail, étant les vecteurs de ce fléau
. « Je veux rendre toute puissante l'influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l'homme qu'il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l'homme : "Jouis". »
Paul Lafargue dans le chapitre Un dogme désastreux, introduit la notion de travail comme une maladie infectieuse, citant Poeppig et George Campbell, l'un dit de notre société sur les peuplades,

« le souffle empoisonné de la civilisation », l'autre « D'une race supérieur à la nôtre »
En outre le travail, pour les philosophes antiques semblait être une hérésie et prenait l'oisiveté comme Virgile, ils avaient le mépris du travail.
Puis la suite dans Bénédiction du travail, Paul Lafargue constate les conditions esclavagistes des ouvriers, travaillant plus de 12 heures par jour, femmes et enfants, l'appauvrissement de cette classe ouvrière, le statut aussi rendant obligatoire le travail, cet adage stupide, travailler plus pour gagner plus, les ouvriers ont ce culte asservissants du plaisir de travailler. Étayant par des exemples précis de l'époque L.-R. Villermé, Tableau de l'état physique et moral des ouvriers dans les fabriques de coton, de laine et de soie, 1848, le Discours prononcé à la Société internationale d'études pratiques 'économie sociale de Paris, en mai 1863, et publié dans L'Économiste français de la même époque. Les ouvriers se perdent le travail, le mensonge, la dépravation, les vices pour mieux se rendre asservit par le monde cruel du travail, les vampirisant, les saignant…. Encouragés par des économistes inhumains, d'un discours trop capitaliste « Travaillez pour augmenter la fortune sociale », mais Destut de Tracy et son disciple Cherbuliez dénonce cette vision l'un disant
« Les nations pauvres, c'est là où le peuple est à son aise ; les nations riches, c'est là où il est ordinairement pauvre. »
Puis l'autre,
« Les travailleurs eux-mêmes, en coopérant à l'accumulation des capitaux productifs, contribuent à l'événement qui, tôt ou tard, doit les priver d'une partie de leur salaire. »
Dans le chapitre sur Ce qui suit la superproduction, Paul Lafargue exprime le tissage économique qui se trame, la futur carte du monde économique, le capitalisme commence lentement à venir dévorer les terres sauvages lointaines, au prix de guerre et souffrance, il faut vendre la production exponentielle européenne, ce trop-plein de productivité, le gouvernement anglais force la production de pavot au pays indiens souvent dans la famine, au dépend du riz et du blé. Paul Lafargue s'étonne de l'avancé de l'Angleterre, misant sur la diminution du temps de travail, et la productivité plus grande, pour un bien être de la classe ouvrière. Les machines de plus en plus performantes doivent aider les ouvriers, les soulager, comme les agriculteurs américains se moquant des français, se tuant au labeur…. Les jours de congés payés s'effritent, comme de nos jours grâce à la joute bourgeoise et industriel imposant la semaine de 10 jours, et prône cet adage trompeur,
« Qui ne travaille pas, ne mange pas »
Encensé par le prolétariat.
La dernière partie À nouvel air, chanson nouvelle, Paul Lafargue propose des idées, constate aussi la situation où les ouvriers, face à la démesure de productivité, seront obligés de consommer leurs produits, Paul Lafargue voudrait donner plus de temps aux ouvriers pour leur loisir.
Ce texte est d'une force incroyable, d'une richesse historique, philosophiquement aborde l'idée du bien fait de l'oisiveté, la naturalité de la paresse contre l'abrutissement du travail et de ces conséquences. Il cite Aristote, pour conclure son plaidoyer.
« …si chaque outil pouvait exécuter sans sommation, ou bien de lui-même, sa fonction propre, comme les chefs-d'oeuvre de Dédale se mouvaient d'eux-mêmes, ou comme les trépieds de Vulcain se mettaient spontanément à leur travail sacré ; si, par exemple, les navettes des tisserands tissaient d'elles-mêmes, le chef d'atelier n'aurait plus besoin d'aides, ni le maître d'esclaves ».
Pour Paul Lafargue la machine est l'avenir de l'homme, s'il l'utilise comme il se doit, ainsi l'homme paressera sa propre vie.
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Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   04 juin 2019
Sous l'Ancien Régime, les lois de l’Église garantissaient au travailleur 90 jours de repos (52 dimanches et 38 jours fériés) pendant lesquels il était strictement défendu de travailler. C'était le principal crime du catholicisme, la cause principale de l'irréligion de la bourgeoisie industrielle et commerçante. Sous la révolution, dès qu'elle fut maîtresse, elle abolit les jours fériés et remplaça la semaine de sept jours par celle de dix. Elle affranchit les ouvriers du joug de l’Église pour mieux les soumettre au joug du travail.
Note page 135 (Édition Maspero 1976)
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FaeruneFaerune   17 février 2015
Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traine à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifiés le travail. Hommes aveugles et bornés, ils ont voulu être plus sages que leur Dieu ; hommes faibles et méprisables, ils ont voulus réhabiliter ce que leur Dieu avait maudit. Moi, qui ne professe d'être chrétien, économe, et moral, j'en appelle de leur jugement à celui de leur Dieu.
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colimassoncolimasson   18 août 2012
Notre époque sera appelée l’âge de la falsification, comme les premières époques de l’humanité ont reçu les noms d’âge de pierre, d’âge de bronze, du caractère de leur production. Des ignorants accusent de fraude nos pieux industriels, tandis qu’en réalité la pensée qui les anime est de fournir du travail aux ouvriers, qui ne peuvent se résigner à vivre les bras croisés. Ces falsifications, qui ont pour unique mobile un sentiment humanitaire, mais qui rapportent de superbes profits aux fabricants qui les pratiquent, si elles sont désastreuses pour la qualité des marchandises, si elles sont une source intarissable de gaspillage du travail humain, prouvent la philanthropique ingéniosité des bourgeois et l’horrible perversion des ouvriers qui, pour assouvir leur vice de travail, obligent les industriels à étouffer les cris de leur conscience et à violer même les lois de l’honnêteté commerciale.
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LuniverLuniver   06 juin 2013
Ce qui est vrai pour l’industrie du tricotage est plus ou moins vrai pour toutes les industries renouvelées par la mécanique moderne. Mais que voyons-nous ? À mesure que la machine se perfectionne et abat le travail de l’homme avec une rapidité et une précision sans cesse croissantes, l’ouvrier, au lieu de prolonger son repos d’autant, redouble d’ardeur, comme s’il voulait rivaliser avec la machine. Ô concurrence absurde et meurtrière !
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SamASamA   05 novembre 2010
Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes ont sacro-sanctifié le travail.
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Le 5.07.18, Thomas Baumgartner évoquait ?Le Droit à la paresse? de Paul Lafargue dans ?Un été à ne rien faire? sur Radio Nova.
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