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EAN : 9782843047510
315 pages
Éditeur : Zulma (18/09/2015)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Dixième roman de Dany Laferrière, Le Cri des oiseaux fous est aussi l'ultime récit de sa vaste " autobiographie américaine ". Le narrateur apprend que les tontons macoutes ont tué son ami, que lui-même est sur la liste, que cette nuit sera sa dernière nuit en Haïti, celle du départ. Tout le récit coule des yeux et des pensées, des peurs et des méditations de ce jeune homme de vingt-trois ans confronté au crime et forcé à l'exil. Ses paroles sont parfois naïves, parf... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
SeriallectriceSV
  15 mai 2020
Une nuit à déambuler dans les pas de Marcus rongé par le doute, la tristesse et la colère, dans les rues de Port-au-Prince, alors qu'il vient d'apprendre la mort de son ami Gasner, un jeune journaliste, un peu trop fougueux peut-être et que les dangers peuvent venir de partout dans cette ville. Dans cette dictature ubuesque, la mort est souvent le prix à payer pour vouloir que les gens soient bien informés de ce qui se passe dans leur pays.
Marcus est un rêveur dans un pays où l'on n'aime pas les rêveurs. Il refuse la fatalité, refuse de se limiter à discuter de la dictature et du pouvoir qui ne s'intéresse qu'à sa survie, ne veut pas attendre la fin du régime pour vivre. « Je m'agenouillerai devant aucun dieu. Je suis un prince sans terre ni couronne. Ma vie se passe maintenant. » Marcus est certainement sur la liste des hommes à abattre, alors il lui reste une dernière nuit avant la fuite, avant l'exil incontournable. Papa Doc avait chassé son père, Baby Doc le chasse à son tour.
Une nuit pour nous délivrer ses pensées, ses frustrations, il nous confie ses envies, ses idées, ses lubies ; nous sommes dans sa tête, dans ses émotions, dans son coeur, dans ses rêves. Au fur et à mesure que la nuit avance, ce sentiment d'injustice qui ronge Marcus nous gagne, nous happe, nous emprisonne. Les bassesses du pouvoir, l'absence de libertés, de droits, d'humanité nous sautent au visage, et une envie de révolte nous saisit.
Merci Monsieur Laferrière. Comme j'ai aimé le paragraphe sur les mots ! Votre livre est riche d'enseignement. Puisse la situation en Haïti devenir moins chaotique. Il serait temps que l'état d'Haïti devienne un état de Droit. Droit aux libertés fondamentales et à la justice sociale. Droit de vivre sereinement et librement.
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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CraboBonn
  14 décembre 2012
C'est avec ce cri des oiseaux fous que je fais mon entree dans les romans de Dany Laferriere. Laferriere est un auteur Haitien exile a Montreal, qui avec ce « cri des oiseaux fous » signe (au dire du 4eme de couverture) le 10eme titre de son autobiographie. Ce « cri » nous raconte la derniere journee de Laferriere, alias « Vieux Os », a Haiti, avant son depart pour Montreal. Au travers des quelques trois cents pages de ce roman (en edition poche), Laferriere nous donne a decouvrir Haiti dans les annees 70, sous la dictature de Jean-Claude Duvalier, alias « Baby Doc » et fils de son dictateur de pere, Francois Duvalier (Papa Doc). le roman s'ouvre sur la mort du meilleur ami de Laferriere, un journaliste de 23 ans – comme lui- nomme Gasner dont le meurtre a ete organise par le gouvernement, et tue sans doute par les tontons macoutes. S'en suit une « visite » de Haiti, et en particulier de Port-au-Prince ou l'on voyage en « tap-tap » et ou on ecoute le peuple discuter du prix de la vie et de la politique, ou les plus riches « sertissent » la montagne noire de leurs villas comme si il s'agissaient de diamants, et ou la bourgeoisie et les escrocs de tous poils resident dans le cossus quartier de Petionville. le livre melange le portrait de Haiti au travers des yeux de « Vieux Os » et l'autoportrait de Vieux Os. Un melange entre photographies, introspection et critique (pas uniquement destructive) de la societe Haitienne et surtout de son pouvoir sanguinaire. le livre n'est pas uniquement un temoignage romance des horreurs qui ont secoues Haiti, mais aussi un voyage dans les pensees d'un jeune homme, conduit comme son pere qu'il n'a pas connu, a l'exil. Vieux Os livre aussi une part de ses sentiments et de l'urgence d'exprimer ceux-ci (declarer sa flamme a Lisa … son veritable amour) a l'aube de l'inconnu.
Malgre quelques longueurs, le sentiment que le timing ne fonctionne pas trop (mais est-ce vraiment un probleme … que tous ces evenements se deroulent en 1 jour ou en 5, il n'y a que peu de difference … sauf sur la question des sentiments), l'inutilite de certains passages pour l'action du recit (mais pas pour le temoignage !!), j'ai trouve ce livre tres reussi !
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kathel
  06 novembre 2018
Dans un taxi se tient Vieux Os, surnom original pour un jeune homme de vingt-trois ans, assommé par l'annonce du fait que son meilleur ami, journaliste libre-penseur comme lui, figure très connue à Port-au-Prince, vient d'être assassiné. La dizaine de passagers de ce taxi collectif partage son abattement à cette nouvelle. En réaction, la mère du jeune homme fait tout ce qu'elle peut pour lui obtenir un passeport, afin que, comme son père dix-huit ans auparavant, il prenne la route de l'exil. Il a vingt-quatre heures pour choisir de rester ou se préparer au départ, mais il est vital qu'il n'en parle à personne. Vieux os entame une tournée de ses lieux préférés pour voir ses amis.
Les premières pages donnent le ton du roman, avançant avec quelques digressions vers une annonce très forte, une nouvelle qui terrasse le narrateur, qui vient de perdre son ami très cher, tué sur une plage par une bande de tontons macoutes. le texte semble accuser alors une petite baisse de rythme, en revenant vers des événements plus anciens, mais ce sera en fait le même mode de narration tout au long, des sortes d'intermèdes entre des moments plus dramatiques.
Si à faire alterner les moments forts et les passages plus légers, à mélanger temps présent et souvenirs, l'auteur soulage le lecteur, évite le pathos, il court aussi le risque de le perdre un peu.
Toutefois, le tout se tient bien et réalise même le tour de force de faire durer le roman moins de vingt-quatre heures, pendant lesquelles il déroule les pensées de Vieux Os. Ce laps de temps correspond au temps passé entre le moment où il apprend la mort de Gasner, et le moment de son possible départ en exil. Il n'y a évidemment pas à proprement parler de suspense pour qui connaît Dany Laferrière, et devine les éléments autobiographiques nombreux qui se nichent dans ce roman, mais une tension certaine parcourt le texte.
Je ne dirais pas que ce monologue intérieur ponctué de rencontres et de dialogues ne possède pas quelques petites longueurs, j'avoue avoir faibli parfois, car il faut admettre que c'est une lecture assez exigeante. Ce texte est également un peu redondant par rapport à L'énigme du retour que j'ai lu il y a quelques mois, et dont j'ai préféré le style et la construction.
Toutefois les réflexions du narrateur sonnent juste, et ne manquent pas de profondeur, tout en traduisant parfaitement son jeune âge. J'ai beaucoup aimé son analyse de la culture, de la religion en Haïti, et même de l'importance de la grammaire sur fond de dictature, j'ai été très touchée par ses relations avec sa mère et sa grand-mère, par les liens d'amitié profonds qu'il a avec plusieurs camarades, un peu moins par ses amours juvéniles.
Je conseillerais ce roman à qui est intéressé par le thème, et qui voudrait découvrir Dany Laferrière, mais cet auteur est prolixe, et donc le choix très large.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Thyuig
  03 juillet 2010
Pour beaucoup de raisons un roman essentiel pour moi, un livre qui parle de l'exode avant la fuite, de la faim, du danger permanent, des tontons macoutes et de la capacité de l'homme à refuser d'être subordonné à une dictature. Ecrit avec le verbe haut qui fait les grands livres, Dany Laferrière est définitivement rentré dans mon panthéon personnel avec le Cri des Oiseaux Fous.
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sylire
  22 novembre 2012
Trois cent quarante pages pour raconter une nuit, celle du départ d'un pays que le narrateur chérit depuis l'enfance. Vieux Os (c'est son curieux surnom) est un jeune homme de vingt-trois ans. Son meilleur ami, journaliste comme lui, vient de se faire assassiner à Port-Au-Prince parce qu'il avait des convictions opposées à celles du pouvoir dictatorial en place, celui de Baby Doc (Duvalier fils). Vieux Os se sait en danger et accepte, sous les supplications de sa mère, de quitter le pays. Sa dernière nuit, il la veut forte en émotions, il veut s'en souvenir toute sa vie. Derrière lui, il laisse sa mère, bien-sûr, mais aussi des amis qui lui sont chers ainsi que de jolies filles qui l'attirent physiquement et occupent ses pensées. Il quitte aussi Lisa, si différentes des autres filles. Il n'a jamais osé lui avouer son amour. le fera t'il cette nuit ?
J'ai beaucoup aimé ce roman autobiographique qui nous plonge dans la nuit de Port-Au-Prince en compagnie d'un jeune homme qui parle de son pays avec beaucoup d'émotion et d'amour. le jeune homme n'est autre que Dany Laferrière. Comme son père au même âge, il va devoir s'exiler loin de son pays natal. En dépit de la dictature qui opprime la population, de la grande pauvreté qui y règne (les deux étant liés), il aime son pays et se trouve déchiré de devoir le quitter. de la dictature qui règne dans son pays, il parle ici longuement. Je dois dire que j'ai mieux compris, en lisant ces lignes, toute la complexité que recouvre ce mal qui ronge beaucoup de pays pauvres.
J'ai bien envie maintenant de découvrir ce qui s'est passé après cette nuit qui marque un tournant dans la vie de Dany Lafferière. Je souhaite aussi en savoir plus sur son enfance, évoquée plusieurs fois dans le récit. Il est question notamment de l'époque où il vivait avec sa grand-mère à Petit-Goâve, une période retracée dans « le charme des après-midi sans fin », qui était à l'honneur du blogoclub le 1er juillet dernier.
Une plume sensuelle et colorée pour peindre un pays tout en contrastes et attachant.

Lien : http://sylire.over-blog.com/..
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   15 mai 2020
Ce que j'aime, c'est écrire. Rendre une ambiance avec des mots. Faire vivre une situation avec des phrases. Je suis fou de mot. J'ai un cahier plein de mots rutilants (mais les plus beaux sont les plus simples). Leur sens se trouve caché dans leur musique. Des mots comme lune, mer, ciel, jaune ou coeur. J'aime le mot étincelle, qui me fait penser à une pluie d'étoiles. Et tout de suite mon enfance m'éclate à la tête. [...] Certains mots, même quand on ne les emploie plus, aiment rester dans l'air à flotter, attendant qu'un facétieux les attrape. J'aime surtout les mots simples que les gens emploient souvent. Des mots qui aiment se retrouver dans une bouche pour se faire manger, broyer, dévorer, mastiquer. Des mots bien domestiqués.Il m'arrive de prendre un de ces mots, un mot constamment utilisé par tout le monde, un mot qui a roulé sa bosse dans toutes les bouches ( des bouches édentées de vieux grincheux, des bouches parfumées d'enfants, des bouches affamées de pauvres ou arrogantes de riches) et de me concentrer dessus jusqu'à ce qu'il devienne tout neuf. Comme un sou. Tiens, le mot sou par exemple. Trois lettres seulement et tu achètes ce que tu veux avec, enfin ce qui est achetable, car rien de ce qui a une vraie valeur n'est achetable (la mer, le ciel, la lune, la couleur jaune ou le coeur). Faut quand même pas cracher sur le mot sou. Ce mot j'aime l'avoir dans ma poche. Je garde secrètement mon cahier noir parce que les gens que je côtoie ne comprendraient pas la passion naturelle que j'ai pour les mots. Un tel luxe pourrait les effrayer. Ils comprennent bien la passion du pouvoir, de la politique ou de l'argent. [...] J'allais oublier le mot café. Le mot fondamental de mon enfance. Son odeur m'habite. Tous mes amis se battent, avec raison, contre le pouvoir, tandis que moi (un chasseur de mots), j'ai l'impression de flotter comme une feuille légère et étourdie sur une mer de sang et de boue.
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michelekastnermichelekastner   30 septembre 2016
Cela fait vingt ans que mon père a pris le chemin de l'exil. Tantôt ce sera mon tour. Les Duvalier sont toujours là. Les femmes aussi. Elles dureront plus longtemps que la dictature. Duvalier le sait. Les hommes d'ici ont l'habitude de se présenter, la poitrine en avant, face au danger le plus certain. Ils tombent tout de suite, cassés en deux sous la première rafale. Pendant ce temps, les femmes veillent à l'éducation des enfants, à la santé des vieillards, aux trois repas quotidiens, à la maison qu'il faut tenir propre quoi qu'il arrive, aux hommes qu'on doit sortir de prison, aux funérailles des fils, à entretenir le désir des maris comme un feu qui s'éteint dès qu'on ne l'évente pas, à trouver l'argent qu'il faut par tous les moyens à la disposition d'une femme, car, quand votre mari est en exil et que l'Etat vous a révoquée, il n'est pas facile de trouver quelqu'un pour prendre le risque de vous employer, et le désespoir qui s'installe au fond de votre coeur et qu'il faut chasser fermement pour ne pas donner aux enfants l'image d'une mère triste.
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claudeparisclaudeparis   08 juin 2016
Je m'apprête à faire face au plus terrifiant des monstres : l'inconnu. Que va-t-il m'arriver ? Je suis né en 1953, Papa Doc prend le pouvoir en 1957, je n'ai donc connu qu'un seul système politique : la dictature. La faim, la peur, l'urgence m'ont formé. Que vais-je devenir à présent que je quitte cette constante agitation ? Le confort ! cette idée m'a obsédé toute la nuit dernière.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   15 mai 2020
Les gens causent, comme toujours, des mêmes problèmes dans tous les taxis de Port-au-Prince. Le prix exorbitant du riz, le prix élevé des médicaments périmés, le prix incroyable du loyer, le prix absurde de l'électricité. Prix, prix,prix,prix. L'argent, l'argent, l'argent, l'argent. Le chômage, le chômage, le chômage. Quelle vie ! Personne ne dit un mot à propos de la grève de Ciment d'Haïti. Ce serait dangereux d'en parler avec des inconnus. La presse en parle très peu, d'ailleurs. Marcus le fait régulièrement dans son journal de treize heures. Et Gasner, qui couvrait jusqu'à ce matin la grève pour notre hebdomadaire. La semaine dernière, il s'était fait photographier avec les grévistes devant la grille d'entrée de l'usine, ce qui avait provoqué la colère de Marcus. « Ce n'est pas du journalisme, c'est du militantisme », lui avait lancé Marcus. Ce à quoi Gasner avait répondu qu'il n'a jamais prétendu faire du journalisme dans un pays où les gens crèvent de faim et de peur.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   15 mai 2020
Ma dernière image de Port-au-Prince, avant d'arriver à l'aéroport, est l'essence de cette ville, capitale du faux-semblant et de l'apparence trompeuse : un pseudo-tonton macoute, qui est peut-être un vrai, faisant la cour à une pseudo-collégienne, qui est en fait une vraie prostituée.
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