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EAN : 9782246815570
209 pages
Éditeur : Grasset (07/03/2018)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 10 notes)
Résumé :
A l'aube, dans un paysage désert et envoûtant, une femme court. Elle vient d'échapper de justesse à un coup de fusil.Isolée volontaire dans une des régions les plus reculées de France, Phyllis Marie Mervil, afro-américaine, est l'auteur de polars à succès. Solitaire jusqu'à la sauvagerie, prête à tout pour préserver son anonymat, elle a quitté l'Amérique en 1975, emportant avec elle un mystère qui, depuis, n'a cessé de la hanter. Phyllis sait qu'elle est poursuivie ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
AudreyT
  21 avril 2018
***
Phyllis Marie Mervil est celle qui s'enfuit... A soixante ans, elle vit isolée dans une ferme du Causse, sans ami, avec un amant de passage auprès de qui elle ne veut pas s'attacher. Seule l'écriture la sauve et l'emporte dans un monde sans violence et sans peur. Elle est une auteur de polar à succès.
Mais que fuit-elle ? Son pays, sa vie et son passé, ou bien plus encore...
Philippe Lafitte, dont ce roman est le premier que je lis, possède une très belle écriture. Tout en finesse, avec des mots choisis, il nous offre ici un très beau portrait de femme rongée par la culpabilité et poursuivit pas son passé. Il dépeint parfaitement la solitude de cette femme, son attachement viscérale aux règles qu'elle s'est fixée et à l'écriture qui la sauve...
J'ai cependant été un peu dérangée par les fréquents va et vient entre le passé et le présent, pas toujours très bien définis... C'est mon petit bémol concernant ce roman.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset pour le partage de ce roman.
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monromannoir
  10 juillet 2018
C'est toujours agréable de découvrir un auteur par l'entremise d'une nouvelle ou d'un micro roman qui reste un exercice difficile permettant de mesurer la capacité du romancier à concilier l'intrigue et le style dans un format court, présentant également la particularité, dans le cadre de la littérature noire, d'offrir fréquemment une chute singulière afin de surprendre le lecteur. Loin d'être un néophyte dans le genre, j'ai eu l'occasion d'appréhender le travail de Philippe Lafitte avec Eaux Troubles(BSN Press/Collection Uppercut 2017), un bref huis clos troublant et anxiogène se déroulant dans l'atmosphère moite d'une piscine municipale en intégrant quelques éléments de suspense que l'on retrouve d'ailleurs dans son dernier roman Celle Qui S'enfuyaitqui présente tous les aspects du thriller psychologique.
Quelle que soit les circonstances Phyllis Marie Mervil n'a jamais cessé de courir que ce soit pour entretenir sa forme ou pour prendre la fuite dès que le danger survient. Après avoir quitté New-York en 1975, cette afro-américaine s'est retirée dans une région reculée du sud-ouest de la France et connaît un certain succès avec les romans policiers qu'elle écrit en empruntant un pseudonyme. La course à pieds et l'écriture pour une vie de recluse qui lui convient parfaitement en cultivant le goût du mystère et du secret auprès des rares personnes composant son entourage. Mais qu'elles sont les événements de son passé qui l'ont poussée à s'enfuir et à se cacher ? L'homme qui rôde autour de la maison de Phyllis en l'observant au travers de la lunette de son fusil détient sûrement la réponse.
Une vengeance, une traque et des secrets enfouis dans le passé, pas de doute, Philippe Lafitte emploie bien quelques codes du thriller pour mieux les détourner. Cela se ressent tout d'abord avec cette écriture soignée et subtile qui permet d'appréhender de manière posée les ressorts qui animent l'intrigue et dont on découvre très rapidement les contours puisque l'auteur n'encombre pas son récit d'artifices narratifs destinés à leurrer le lecteur. Bien loin des brefs chapitres et des petites phrases courtes, c'est également au niveau du rythme que l'on sera agréablement surpris avec un texte posé et intelligemment construit distillant une belle atmosphère emprunte d'une tension latente afin de mettre en scène une confrontation finale à la fois réussie et surprenante où tout reste ouvert.
Mais au-delà de l'aspect thriller, Celle Qui S'enfuyaitnous permet d'appréhender quelques réflexions sur l'errance dans cette fuite qui prend la forme d'une espèce de prison tandis que l'écriture devient l'échappatoire indispensable pour Phyllis Marie Mervil qui tente ainsi de se soustraire à son passé. Un équilibre fragile, ponctué par cette tension permanente d'être découverte, Phyllis s'éloigne ainsi du monde qui l'entoure, même si parfois la tentation est grande de nouer quelques relations plus durables que ce soit avec Paul, son amant ou avec Laurence, l'institutrice du village qui lui propose un emploi d'auxiliaire d'éducation. Mais au gré des retours dans la passé évoquant, sans être lénifiant, tout l'aspect de la lutte armée pour les droits civiques avec des groupuscules révolutionnaires faisant référence notamment au Weather Underground, Philippe Laffite aborde également les thèmes de la résilience et du pardon qui semblent des notions totalement abstraites aussi bien pour Phyllis que son poursuivant dont la détermination apparaît bien plus fragile qu'il n'y paraît. Lâcheté ou mode de vie désormais incontournable, chacun appréciera le parcours de Phyllis qui nous rappelle ce qu'aurait pu être le destin d'Angela Davis, auquel l'auteur fait d'ailleurs référence, si elle n'avait pas été appréhendée au terme d'une cavale de deux semaines.
Philippe Lafitte dresse avec Celle Qui S'enfuyait, le magnifique portrait nuancé d'une femme afro-américaine soixantenaire, forte dans sa détermination mais également vulnérable dans le contexte de cette fuite permanente dont on suivra la destinée au gré d'un roman habile et plaisant.

Philippe Lafitte : Celle Qui S'enfuyait. Editions Grasset 2018.
A lire en écoutant : My World de Lee Field. Album : My World. Truth & Soul Records 2009.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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coquinnette1974
  15 mai 2018
Celle qui s'enfuyait de Philippe Lafitte m'a été envoyé par net galley et les éditions Grasset, que je remercie ; même si cette fois ci je n'ai pas été transportée par ma lecture.
Celle qui s'enfuyait, c'est l'histoire de Phyllis Marie Mervil, afro-américaine, et auteur de polars à succès.
Elle fuit depuis des années et l'écriture l'a toujours sauvée, l'emportant loin de la violence et de la peur...
Ce roman est intéressant, et surtout il est très bien écrit. J'ai découvert l'auteur avec ce livre, et je trouve sa plume très agréable.
Malheureusement, il y a beaucoup trop d'allers et retours à mon goût. Quand ils sont bien définis, pas de soucis, mais là, ce n'est pas le cas ! du coup je me suis fréquemment perdue et j'ai parfois décrochée.
J'ai bien aimé ce livre, dans l'ensemble il est intéressant mais je ne suis pas sure d'en garder un grand souvenir, et ça sous peu.
D'où le seulement deux étoiles et demie, pile la moyenne.
Petite déception donc, que cette lecture, mais ça arrive ;)
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Julitlesmots
  17 juillet 2018
Rien ne sert de fuir… le passé te rattrape un jour ou l'autre…
Un thriller psychologique, empreint de vérité historique, l'ancrant dans une réalité encore plus frappante.
Sur fond de combat pour les droits des Afro-Américains, la vie de Phyllis Marie Mervil va basculer… Ici point de meurtre au sens premier du terme, ni de sang. Tout est dans l'atmosphère oppressante que l'auteur, arrive à rendre palpable grâce à une montée lente de l'intrigue… Une pression qui prend son temps
Le 22 octobre 1975, des vies basculent… Tout change pour Phyllis, elle qui voulait changer les choses, va devoir fuir et changer de vie… Quarante ans de fuite, de traque… Et pourtant, elle ne pourra éviter la confrontation…
Le temps n'a pas de prise sur la mémoire…
Pour conjurer ses démons, elle va écrire, coucher ses mots… Aussi bien que ses maux, pour tenter de conjurer le sort… Elle est devenue écrivain, se cachant derrière des pseudonymes… Pourtant, le succès elle fait tout pour le gagner, mais veut rester dans l'ombre… Pour fuir ce passé… Qui va la rattraper…
Une introspection, une course contre la montre, contre la vie… Une femme, trompée, manipulée et qui s'isole pour garder sa liberté.
Un livre avec très peu de dialogue, dont l'atmosphère, sans être légère, n'est pas pesante, tellement la plume rend palpable, l'acceptation de cette femme. Une acceptation, qui va peu à peu révéler, son origine.
L'auteur prend le temps de décrire la solitude de Phyllis, sa compagne… Cette solitude, transpire dans chaque mot, chaque phrase… Donnant parfois un sentiment d'oppression, mais qu'il arrive à faire retomber, sans jamais tomber dans la facilité ou faire ressentir de la tristesse.
Les allers retours entre passé et présent, même s'ils peuvent sembler répétitifs, permettent de faire monter la pression et de faire ressentir le point culminant de cette intrigue, avec une fin, qui déroute.
La narration se fait à travers la voix des personnages, donnant un rythme dense, haletant tout en étant dans une fuite en avant. Plus on avance dans la lecture, plus l'histoire leur donne vie, plus les personnages font progresser cette intrigue. Philippe Lafitte, arrive à leur insuffler la vie, grâce à une construction psychologique fine et travaillée.
La mise en place, de l'ambiance, du décor, est quasi scénarisé, tellement la plume est visuelle et sensorielle dans les descriptions. Sans pour autant en faire trop, pour ne pas perdre son lecteur. Il fournit ce qu'il faut pour que l'imagination soit bercée par sa plume, tout en nuance…
Lien : https://julitlesmots.wordpre..
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elleaimelire
  16 mai 2018
Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions Grasset et Netgalley pour l'envoi de cet ebook.
Celle qui s'enfuit, c'est Phyllis Marie Mervil. Elle a une soixantaine d'années, est afro-américaine. Elle vit, seule, dans une ferme isolée de la campagne du sud de la France. Par choix, elle n'a que très peu de contact avec les gens des environs, elle se méfie de ce qui l'entoure. Elle a aussi un amant, qu'elle ne voit que rarement, seulement quand elle en ressent le besoin. Mais surtout Phyllis est auteure à succès de polars. Elle se lève toutes les nuits très tôt pour écrire, avant d'aller courir avec son chien, chaque jour. Toujours sur ses gardes.
"Comme chaque nuit elle était réveillée dès trois heures du matin, le temps des vrais insomniaques. Chaque nuit elle quittait le territoires des rêves d'un claquement de porte derrière la nuque, et c'était toujours le même arrachement, les yeux rivés au plafond, une tache indéfinie d'ombre mouvante, point d'appui nécessaire à travers les eaux refluantes du sommeil."
Le roman s'ouvre un matin. Phyllis court avec son chien, quand celui-ci est soudain abattu. On l'a retrouvée. Sa planque a été découverte. Phyllis va-t-elle continuer à fuir ? ou enfin affronter son passé ?
"Elle comprenait, maintenant. Elle comprenait que ça allait recommencer."
Philippe Laffite nous transporte du passé au présent de Phyllis, sans aucune explication. C'est au lecteur d'imaginer, de remettre les évènements dans l'ordre, de reconstituer le puzzle de la vie de Phyllis, pour tenter de comprendre ce qu'elle s'efforce de fuir.
"Elle n'avait qu'une envie : fuir sans se retourner. Comme elle l'avait toujours fait."
L'écriture a un rôle très important dans le quotidien et la survie de Phyllis. C'est ce qui rythme ses jours et ses nuits. Elle s'inflige un emploi du temps drastique, indispensable pour tenir et continuer d'avancer dans cette fuite à la culpabilité et à la violence qu'elle espère avoir laissé de l'autre côté de l'Atlantique. Ainsi, on comprend qu'elle ne s'octroie que peu de liberté dans cette vie réglée comme du papier à musique pour ne jamais baisser son attention.
"A mesure qu'elle avançait dans la description de la scène, la femme écrivain s'était recroquevillée, courbée sur son cahier, repliée en elle-même, se battant ligne après ligne pour trouver les mots qui exprimeraient au plus juste le dilemme du personnage : maîtriser sa peur pour se jeter dans un inconnu plus terrifiant encore, symbolisé par ce passage sordide où l'inspectrice n'avait pas d'autre choix que de se précipiter."
Si le sujet de ce livre est intéressant, et le style de l'auteur agréable à lire, le rythme du roman est quant à lui lent, très lent, trop lent. Peut-être et sûrement à l'instar de cette longue fuite qu'a entrepris l'héroïne une quarantaine d'années plus tôt. L'auteur prend son temps pour nous livrer la vie de Phyllis, et surtout insister sur cette lourde et infinie solitude qui fonde sa vie. Chaque mot est choisi avec soin, chaque longue phrase, chaque paragraphe, chaque chapitre contribuent à cette impression d'ambiance très pesante et de fuite qui dure, qui ne s'arrêtera jamais.
"Elle revoyait la scène de la femme flic pénétrant dans le tunnel sordide. Par réflexe professionnel elle s'exerçait à ressentir le corps tendu par la peur – aux antipodes de son propre corps relâché -, image du tueur se jetant sur elle mêlée à celle de Paul la renversant sur le sofa, poigne du meurtrier sur sa gorge et celle de l'amant enserrant sa nuque, deux âmes enlacées qui se débattaient dans les râles et les cris, le visage de l'assassin hors de lui et celui de Paul jouissant en elle, leurs pupilles dilatées face à face, explosion de violence et spasmes de plaisir, chair à l'agonie sur le sol et pantins désarticulés sur le carré de tissu froissé."
Mais finalement, cette atmosphère pesante, où Phyllis n'est jamais sereine, n'aura pas su conserver mon attention. Je me suis perdue dans ce rythme lent, dans ces fréquents allers-retours du passé vers le présent. Et c'est bien dommage, car le style de Philippe Lafitte est vraiment très plaisant et original dans les tournures de phrases.
En bref, Celle qui s'enfuyait est un roman qui n'a pas su me convaincre mais qui je pense plaira aux amateurs de romans lents, de romans dans lesquels on prend le temps mais aussi aux amateurs de jolis mots et de belles phrases.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
JulitlesmotsJulitlesmots   05 juin 2018
Deux cents kilomètres, trois heures de route. C’était la distance, le mur invisible qui la protégeait de tout. Elle se regarda dans le rétroviseur central avant de démarrer. Son front perlé de sueur. Une virgule d’or dans son œil droit.
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elleaimelireelleaimelire   16 mai 2018
Elle revoyait la scène de la femme flic pénétrant dans le tunnel sordide. Par réflexe professionnel elle s’exerçait à ressentir le corps tendu par la peur – aux antipodes de son propre corps relâché -, image du tueur se jetant sur elle mêlée à celle de Paul la renversant sur le sofa, poigne du meurtrier sur sa gorge et celle de l’amant enserrant sa nuque, deux âmes enlacées qui se débattaient dans les râles et les cris, le visage de l’assassin hors de lui et celui de Paul jouissant en elle, leurs pupilles dilatées face à face, explosion de violence et spasmes de plaisir, chair à l’agonie sur le sol et pantins désarticulés sur le carré de tissu froissé.
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elleaimelireelleaimelire   09 avril 2018
Comme chaque nuit elle était réveillée dès trois heures du matin, le temps des vrais insomniaques. Chaque nuit elle quittait le territoires des rêves d'un claquement de porte derrière la nuque, et c'était toujours le même arrachement, les yeux rivés au plafond, une tache indéfinie d'ombre mouvante, point d'appui nécessaire à travers les eaux refluantes du sommeil.
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JulitlesmotsJulitlesmots   05 juin 2018
« Il était couché contre une souche, corps beige dans l’humus noir, le flanc déchiqueté de viande rouge, mâchoire encore haletante. Elle ne regarda pas ses yeux quand elle le souleva avec difficulté, refusant de les croiser pour rester concentrée – pour ne pas s’effondrer aux côtés de Douze -, le serrant dans ses bras tout en rejoignant la combe. Un corps lourd, relâché et chaud.
Elle avançait à grandes enjambées, arc-boutée sur ses forces, coupa à travers la lande pour réduire la distance, tentant de courir mais le poids mort asphyxiait ses cuisses, l’effort continu tétanisait ses muscles. Elle passa au large de la ferme voisine – elle crut percevoir un voilage qui frémissait – , portant Douze sur l’épaule, changeant de position de plus en plus souvent. Les mains, les bras, le dos couverts d’une matière visqueuse qu’elle ne voulait pas nommer. »
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JulitlesmotsJulitlesmots   05 juin 2018
« Mais elle était bien placée pour savoir que si les mots écrits permettent d’exorciser la peur, ils gravent aussi pour longtemps les doutes et les fardeaux que nous portons en nous, les erreurs et les blessures à jamais douloureuses, sensibles comme des cicatrices. »
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