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ISBN : 2290011924
Éditeur : J'ai Lu (09/02/2009)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 51 notes)
Résumé :

Emylina, depuis son enfance, n'oublie plus rien, pour être sûre de ne pas oublier quelque chose d'important. Ni son grand-oncle muet, survivant déporté, ni son oncle révolutionnaire assassiné par la police dans les années 1980, ni son enfance dans la Roumanie de Ceausescu, ni les mots qu'elle classe dans son cahier " A Ne Pas Oublier ". Son coup de foudre pour une jeune Italienne fait aussi partie des choses inoubliables... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Bequelune
  20 octobre 2014
Long poème en prose plutôt que véritable roman, de ça je me console est une vraie pépite de Lola Lafon. Daté de 2007, deuxième texte publiée de l'auteure, il prend pour point de départ la rencontre de la narratrice avec une jeune vagabonde italienne, leur coup de foudre réciproque, puis la disparition soudaine de cette dernière.
S'enchaîne une sorte de quête existentielle, organisée en chapitres très courts, dans laquelle l'héroïne prend à parti les autres personnages – et le lecteur – sur le sens de son époque, de sa génération (les « jeunes jeunes jeunes ») et sur cette guerre qui ne de dis pas son nom à l'oeuvre dans les rues occidentales.
Comme le dit si bien Virginie Despentes sur la 4e de couv, c'est « un roman poétique, léger et drole, mais les mots bien trempés dans le moteur à merde, ce qui fait qu'à part être poétique, ça reste une bonne claque dans la gueule ».
Une tentative de cartographie les horreurs quotidiennes, tout à fait acceptées, de notre monde, mais aussi ses résistances, ses poésies, ses refuges.
Car Lola Lafon est féministe et libertaire, on rapproche souvent ses idées de la mouvance dite autonome (une branche de l'anarchisme). Et ce roman est donc très politique, comme chacun de ses textes. Un appel vibrant à l'insoumission, à la mémoire aussi (« La mémoire est un sport de combat »).
Le genre de fille dont on dit qu'elle est « rebelle intelligente mais un peu extremiste ». Un vrai bijou.
Un livre génial. Qui fait du bien. Mettre des mots sur ces « accès de mort » quotidiens, du à ce monde. Et savoir qu'on n'est pas tout seul à vouloir y résister. Vivre vraiment.
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Commenter  J’apprécie          80
Isaac
  04 avril 2013
De ça, je me console est un roman écrit à la première personne du singulier. La narratrice, Emylina, est juive, roumaine et vit à Paris. En décalage social et émotionnel avec sa génération, elle essaye de trouver sa propre voie. Mais à Paris la jeune femme peine à s'adapter
Emylina écrit. Des phrases, des pensées fugaces, des souvenirs. Elle ne veut rien oublier. Ni son enfance, ni son grand-père muet après avoir vécu la guerre, ni son oncle accusé de meurtre et assassiné, non, rien. Alors elle note tout dans son carnet, objet qui semble la retenir à la vie, à la réalité. Et parfois, la vie l'aide à dépasser ses névroses alors de ça, elle se console.
Un jour Emylina est vagabonde. Un jour, mendiante. Et puis, un jour, il y a l'Italienne, celle pour qui ce roman s'écrit. C'est l'amitié, c'est l'amour. On l'appelle l'Italienne parce que son prénom n'est jamais divulgué, comme si au fond, elle n'était qu'un mirage, qu'une illusion du bonheur. Avec elle, Emylina décide de partir et commence alors un voyage fait d'errances et de rencontres. Leurs pas les mènent jusqu'en Toscane où elles passent plusieurs semaines dans un squat avec une bande de jeunes gens idéalistes, anarchistes et en inadéquation avec le monde qui les entoure.
Mais de retour à Paris, tout s'effondre
L'Italienne disparait sans laisser de trace. La jeune roumaine consacre alors des semaines à sa recherche, retourne à chaque endroit où elles sont allées, marche dans les mêmes rues, parlent aux mêmes personnes. En vain. Jusqu'au jour où Emylina apprend le meurtre de l'ancien patron tant haï de l'Italienne. La jeune femme reprend alors ses recherches, imagine l'inimaginable et goûte l'espoir de retrouver l'être aimé.
De ça, je me console, est, je pense, un roman d'une intensité rare dont on ne ressort pas indemne. le style de l'auteure me percute, me touche. En quelques mots, elle bouleverse les préjugés et questionne sur le sens de la vie. Autour de la narratrice, tout un tas de fantômes : son grand-père, son oncle, sa mère. Grâce à ces personnages effacés, l'auteure peint avec virtuosité le visage de la nostalgie. Tous les sentiments, la joie, le manque, l'amour, sont décrits avec une finesse rare. Les mots sont justes, sans fioriture. Tourner la dernière page, de ça, je ne me console pas.
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topocl
  12 janvier 2015
« Pour lui, apparemment, tuer n'était qu'un geste presque inévitable, rien qu'une réponse à la violence diffuse qu'on nous imposait tous les jours, la vraie responsable, elle. La serveuse fantôme, les milliers de fantômes qui balayaient les déchets français, ceux qu'on soustrayait des statistiques qui comptaient, ces corps assis sur les quais de métro, pas pressés parce qu'ils y resteraient la semaine, tous étaient des symptômes, des preuves de guerre sourde. »
Comme Lola Lafon, j'exècre le marchandisage des femmes, le tout-apparence et superficialité, l'exclusion des pauvres, la mise à l'écart des étrangers…Seulement, moi, je me console : je fais partie de ces Presque Morts qui s'attristent de tout cela en faisant passer le plat de lasagne à leur voisin avec un grand sourire, puis enchaînent sur autre chose...
Emilyatine, l'héroïne-miroir de Lola Lafon, elle, ne se console pas.
« On dit sois un peu ouverte.
En général, on m' enjoint d'être ouvert au moment même où passent dans les conversations des choses acérées qui forcent leur chemin vers mon cerveau pour y trouver une place que je ne veux pas leur donner.
(…)
Ont dit avoir les idées larges, je commence à mieux entendre, j'entends idées larges comme des idées obèses de compromis ».
Elle comprend qu'« On ne naît pas vivant on le devient. »
Quelle solution au-delà de la chaleur de l'amitié et de la solidarité ? La violence, les mots adressés à soi-même ou vers les autres, ou le refus ?
« Depuis des années, le monde tel qu'on me le présente ressemble à une histoire inspirée de faits réels à laquelle je n'arrive pas à croire, ni à participer. Et on est quelques-uns à ne pas croire à cette histoire vraie. »
De la mort de son père, non plus, elle ne se console pas…et c'est extrêmement touchant et fort beau.
Malgré de petits moments de sur-place dans la deuxième partie, cela donne un livre qui pourrait être prêchi-prêcha, où on ne peut pas adhérer à tout , mais qui est joyeux et déchirant à la fois, ébouriffant d' inventivité et d 'émotion, d'une vivacité chaleureuse. Une claque salutaire.
C'est un livre qui remue dans ces temps de violence terrifiante.
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marieleenne
  24 avril 2016
Ce livre a fait écho à quelque chose de particulièrement sensible chez moi : comment passer du statut de spectateur à celui d'acteur de sa vie, de sa société ; du statut d'allié silencieux d'une société qui écrase ceux qui ne sont pas du bon côté de la barrière au profit de ceux qui y sont à celui d'opposant, d'ennemi.
Le livre commence de manière assez accusatrice, la narratrice nous met face à la conscience de sa différence fondamentale face à ceux qui courent après le travail, les factures, la consommation, comme une accusation. Puis son image d'elle se délite face à un acte radical, incompréhensible, et elle va devoir se retrouver, sentimentalement, sociétalement, famillalement, au fil des rencontres, des séparations, des conversations, des silences.
Ce livre est la trajectoire d'une vie dans tous ses aspects, mais où la politique est primordiale, car c'est elle, et surtout notre position face à elle, qui décidera de ce qu'elle deviendra.
On peut formuler des critiques (il y a quelques longueurs, par exemple), mais j'ai trouvé cette lecture salutaire, pas forcément agréable, car renvoyant le lecteur à ses propres choix.
Je le recommande fortement.
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kikoapo
  07 août 2014
Nous entrons dans une description de la vie, presque vu de l'extérieur, la vie vue par une jeune femme, Emylina qui veut vivre et qui est stoppée dans son élan par des "Presque morts effrayés d'être encore en vie".
De ça je me console est un jeu qu'elle faisait avec son père. Elle le mystifie énormément, son père... Elle fait la connaissance d'une jeune femme italienne qui vient d'arriver à Paris, elle parle mal français et un lien se crée entre elles jusqu'au jour où elle disparaît... La police la suspecte coupable d'un crime...
Emylina essaye tant bien que mal de se reconstruire face à cet abandon, on la sent imploser pour essayer de se construire une vie, une vie après...
Elle est une figure anarchique et mélancolique qui ne veut qu'une chose vivre... Ne pas être une "jeune jeune jeune", mais elle ne sait pas comment y arriver.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
BequeluneBequelune   20 octobre 2014
Ce roman était-il un roman ? Ces endroits libres dont je parlais, ces gens, est-ce qu’ils existaient ? […] Ce roman est vrai parce qu’il contient des personnes vivantes. Mais je ne suis pas l’auteur des acte que je décris. Pas plus qu’on est tout à fait l’auteur de ce qu’on pense.

Les livres se vantent de ne plus raconter d’histoires, on m’affirme que ce qui est écrit est vrai et inspiré de faits réels semble être devenu une caution de qualité plus importante qu’une histoire. […]

Depuis des années, le monde tel qu’on me le présente ressemble à une histoire inspirée de faits réels à laquelle je n’arrive pas à croire, ni à participer.
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YzouYzou   04 décembre 2012
J'étais entourée de Presque Morts affolés d'être encore vivants et ils s'employaient à amenuiser cette sensation qui les tenaillaient. Tous avaient les yeux bandés fonction OFF, la farandole me donnait la nausée, j'essayais de me dégager je reculais pour m'éloigner, aller plus loin, mais jusqu'où il faudrait aller, pour enfin aller trop loin. Je n'allais quand même pas vieillir avec eux. J'étais en train de vieillir avec eux.
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BequeluneBequelune   20 octobre 2014
Je suis déterminée à ne plus être définie. Je suis une ligne de fuite, insaisissable, je déborde la case on ne peut pas m'en-cadrer.
Je ne cherche pas le nom qu'on me donne.
Je ne cherche pas les droits que me donnerait mon nom.
En renonçant aux droits et devoirs, je prends de la distance avec Ceux-Là qui les accordent.
Je ne leur demande rien, pas même qu'ils m'accordent une identité.
Puisque je me passe d'identité je peux évidemment les avoir toutes, ou en tout cas passer dans chaque, elles n'ont pas plus de sens ni de réalité l'une que l'autre.
Je renonce (mais je ne me résigne pas je ne tombe pas à genoux) à prouver mon existence.
Je refuse de prouver que j'existe je refuse de prouver que j'ai droit à :
— manger
— dormir



Parce que ça va de soi. Je vais de soi. Je suis une agglomération d'atomes à qui on ne peut pas dire comment s'organiser.
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mandarine43mandarine43   14 juin 2016
De toi à moi, comment le dire, c'est une chose posée dans le temps qu'on a passé ensemble. Il y a eu toute une vie, le temps d'une respiration superbe. Un de ces soulagements d'une joie féroce. J'ai trouvé quelqu'une qui répond à ma vie, à mon existence. Je me rends compte aussi qu'en lui parlant, très souvent, j'apaise chez elle en même temps qu'en moi ces choses auxquelles on ne se fait pas. On répare ce qui était solitaire en chacune d'entre nous.
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YzouYzou   04 décembre 2012
Un père pareil qui m'encourage à inventer la vie, qui décrète que le rêve est un travail, un père très bricoleur, avec son jeu qui annule les peines et les tristesses rien qu'en les posant dans les carreaux d'une feuille, en lignes.
De ça, je me console.
De ça, non.
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