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Citations sur Histoire du fils (58)

marina53
marina53   05 novembre 2020
Il avait aussi appris ça, avec elle ; que les fastes affaires des corps et cette confiance muette qu'elles supposent n'empêchent pas d'être seuls.
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marina53
marina53   06 novembre 2020
Il ne parle à personne du pays d'en haut, de Chanterelle, des parents, de la tante ; c'est un royaume, ça ne se partage pas.
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hcdahlem
hcdahlem   16 octobre 2020
On était à l’étude. Il frottait ses pieds l’un contre l’autre sous le pupitre ; il avait toujours les pieds froids, même si sa mère glissait dans sa valise de courts chaussons de laine fine, gris ou noirs, qu’elle tricotait pour lui, là-haut, l’hiver, à Chanterelle. Le matin, au dortoir, il les enfilait discrètement sous ses chaussettes, ils étaient très ajustés, et doux sur la peau. On ne devait pas savoir, au lycée, que Paul Lachalme craignait le froid aux pieds et portait des chaussons tricotés par sa mère. Il avait un rang à tenir. Ils étaient une poignée, quatre ou cinq, à n’avoir pas cessé, toute l’année précédente, de clamer, proclamer et déclamer, avec lui, dans son sillage, leur hâte d’en être, d’avoir seize ans, enfin, pour s’engager, tenter au moins de le faire, et partir, quitter cette honte molle de l’arrière où les femmes, les enfants, les vieillards, les estropiés, les demi-portions et les planqués attendaient, poussant l’ordinaire des jours tranquilles avec leur ventre, tandis que les hommes vivaient ailleurs, et mouraient, au-dessus d’eux-mêmes. Paul était content de sa phrase et de ses formules ; il en avait le goût, d’aucuns disaient le don, et en usait volontiers au fil des discussions enflammées entre internes sur la cruciale question de cette guerre qui ne finissait pas. Ceux qui voulaient partir, et rejoindre, ou remplacer, ou venger les pères, les oncles, les frères, les cousins, les amis, en imposaient aux autres ; on osait à peine dire ou même penser que l’on avait peur, ou que cette guerre enterrée dans la boue depuis quatre ans n’avait plus vraiment de sens, ou que l’on ne savait pas comment infliger ça en plus, ce départ, à une mère, à une sœur déjà vouées au noir et aux larmes. L’Armistice avait tranché dans le vif et coupé court aux atermoiements et aux rodomontades. Deux mois plus tard, l’interminable janvier s’étirait dans le gris glacé des semaines à entasser les unes sur les autres jusqu’aux lointains congés de Pâques et Paul Lachalme avait froid aux pieds à l’étude du soir. On avait été rendu à son état d’enfance, on ne deviendrait pas un héros, on ne serait pas mort au champ d’honneur, il était trop tard pour tout ; on dépendait, on redevenait impuissant, on n’avait jamais cessé de l’être, on subissait et on se débattait avec tout ça, les semaines, les pieds froids, la première Bucolique et autres purges scolaires. Sub tegmine fagi, sous le couvert des hêtres ; vivement que l’on y soit, sous les hêtres, à Chanterelle, à Pâques, en avril, dans le printemps du monde ; encore une formule ; pas tout à fait. Paul secoue la tête. Il ne parle à personne du pays d’en haut, de Chanterelle, des parents, de la tante ; c’est un royaume, ça ne se partage pas, et il ne faut pas donner prise
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fbalestas
fbalestas   06 septembre 2020
Paul voulait le huit clos; l'heure était grave; sous l'uniforme blanc de Mademoiselle Léoty palpitait le Graal, ça ferait l'affaire. Il lui donnait la trentaine; le visage était austère et la bouche déjà pincée, mais les oreilles parfaites, les yeux clairs, le cou souple, la nuque fraîche, les cheveux bruns ramassés en un chignon que l'on devinait onctueux sous le mince calot réglementaire. Tout annonçait des félicités certaines. Il ne s'étonna pas de cet instinct très sûr qui lui épargnait le doute et les atermoiements des débuts.
Il se savait beau, il avait faim, il était jeune, et cette femme, qui ne l'était plus tout à fait, le voyait. Il le sentait, il l'avait senti, dès le jeudi; pendant la visite du soir, elle n'avait ni rougi ni détourné le regard au moment où, assis au bord du lit, guettant son approche, il s'était avancé vers elle, en pyjama bleu et en état de tumescence manifeste, sous le prétexte d'éprouver la fermeté retrouvée de son pas. Il chancelait, elle l'avait saisi aux épaules, ils étaient de même taille. Elle avait enfoncé en lui l'éclat cru de ses yeux clairs, elle avait dit d'une voix presque rieuse, recouchez-vous jeune homme on est presque toujours bancal sur trois jambes.
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marina53
marina53   05 novembre 2020
Gabrielle se méfie du passé, elle s'en défend ; à son âge, cinquante-huit, bientôt cinquante-neuf ans, une femme a tout à craindre de son passé, les regrets, les remords, la nostalgie, le goût de fer froid des occasions manquées et la marée montante des illusions perdues.
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Eve-Yeshe
Eve-Yeshe   28 août 2020
On se régalait surtout de la joie contagieuse qu’ils avaient toujours eue dans cette maison, c’était une bonne maladie quand on en connaissait tant de mauvaises, et cet André, né sans père, avait eu de la chance dans son malheur. Il avait transformé l’essai…
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fanfanouche24
fanfanouche24   04 octobre 2020
Léon parle comme ça, il a ses mots à lui qu'André aime bien; ce sont des mots qui arrangent les choses, font rire , ou sourire, et consolent le monde. (p. 59)
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fanfanouche24
fanfanouche24   04 octobre 2020
Paul était content de sa phrase et de ses formules; il en avait le goût, d'aucuns disaient le don, et en usait volontiers au fil des discussions enflammées entre internes sur la cruciale question de cette guerre qui n'en finissait pas. Ceux qui voulaient partir, et rejoindre, ou remplacer, ou venger les pères, les oncles, les frères, les cousins, les amis, en imposaient aux autres; on osait à peine dire ou même penser que l'on avait peur, ou que cette guerre enterrée dans la boue depuis quatre ans n'avait plus vraiment de sens, ou que l'on ne savait pas comment infliger ça en plus, ce départ, à une mère, à une soeur déjà vouées au noir et aux larmes. (p. 26)
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montmartin
montmartin   18 juin 2020
Gabrielle sait garder la bonne distance , avec les voisins et avec la famille ; avec les hommes, ce fut un autre affaire, qui se conjugue désormais au passé.
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Cath_perrin
Cath_perrin   31 juillet 2020
Léon et elle ont déjà sept petites filles qui grandissent entre Saint-Céré, Cahors et Bergerac. On les voit souvent, elles vont, viennent, restent, repartent, par grappes vives de deux, trois ou quatre ; c’est la manade des cousines, le mot est de Léon qui se pique de tauromachie.
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