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ISBN : 2283029031
Éditeur : Buchet-Chastel (08/10/2015)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Le présent volume rassemble la totalité des nouvelles de l'auteur publiées chez Buchet/Chastel (deux recueils : Liturgie 2002, et Organes 2006). Opus suivi de : Bon en émotion, et La Maison Santoire (nouvelles publiées par ailleurs et épuisées). Un livre à offrir pour découvrir, ou redécouvrir, un autre aspect de l'œuvre de Marie-Hélène Lafon. (Les deux recueils publiés chez Buchet n'existent pas au format poche.)
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  09 novembre 2017
Vingt histoires dans ce recueil de nouvelles tout simplement appelé "Histoires". Tout autant de personnages, sinon plus, qui les peuplent.
Tout débute en ce dimanche matin, une liturgie laïque mais privée. Un père et ses trois filles qui l'attendent.
L'on termine dans l'enfance de Marie-Hélène Lafon, son apprentissage à la lecture, le rapport qu'elle entretient avec les mots.
Entre les deux, des histoires. D'hommes et de femmes à la vie rude, de gens du pays d'en bas et du pays d'en haut. Innocents, délaissés, taiseux, amers, fragiles, secs. Des histoires de campagne, de terre et de terroir, de vie à la dure dans un Cantal âpre. Des histoires de solitude, de désespoir, d'amour déchu.
Des histoires de robe, de taupes, de baguettes, de mazagrans, de rouge à lèvres, de corset, de tirelire, de télé.
Des histoires noires, rurales, parfois mélancoliques, désenchantées, rugueuses, intenses. À la fois dures et belles pour la plupart. Et ancrées dans cette terre si rude au coeur d'une région austère. Des histoires sépias au doux parfumé suranné...
Des histoires servies par une écriture ciselée, tenue, rêche.
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Bazart
  13 octobre 2015
Des nouvelles ou bien des histoires, des nouvelles belles et tristes à la fois, des histoires de vies minuscules qui font notre histoire. Histoires d'hommes, de femmes et d'une région. Une région âpre, dure et austère qui fabrique des hommes et des femmes à son image et malheur aux hommes et aux femmes fragiles et délicats à qui la vie ne fera pas souvent de cadeaux. Longtemps après, ces héros de peu hanteront votre mémoire.
Marie-Hélène Lafon écrit simple, direct et en peu de mots délicatement choisis. Elle écrit les hommes et les femmes et l'Auvergne, cette région qui a forgé des hommes et des femmes durs à la peine, durs à eux-mêmes et durs aux autres. C'est reconnu plus un auteur se régionalise, plus il atteint l'universel.
Photographe littéraire d'une époque, d'un lieu, d'une ruralité, l'écrivaine creuse les âmes et les corps pour nous restituer de formidables portraits. Comme Robert Bresson, cinéaste de l'essentielle : « Mouchette », « Au hasard Balthazar », « Pickpocket »…Marie-Hélène Lafon va droit à l'épure et touche le lecteur droit au coeur. Un très grand moment de littérature à partager. Avant de découvrir « Les Pays » et « Joseph » deux de ses plus beaux romans.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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5Arabella
  26 septembre 2018
Ce livre est composé de 19 courts récits, et d'une sorte de postface dans laquelle Marie-Hélène Lafon explique un peu comment elle conçoit l'écriture, les histoires et personnages qui se mettent en place, comment elle navigue entre nouvelle et roman, comment une nouvelle peut se transformer en roman, parce que le personnage n'a d'une certaine façon pas dit son dernier mot.
Nous sommes essentiellement dans l'univers rural, sans doute en grande partie disparu maintenant, et surtout dans le vécu des personnes qui l'ont habité. Avec des mentalités, un rapport à l'espace, aux autres, au groupe social, qui doit avoir existé depuis des siècles et des siècles. Et dont on voit par certains aspects le délitement, le remplacement par une autre chose que l'on ne fait qu'entrapercevoir, par exemple dans ces figures de tantes qui après des études s'installent à Paris et mènent une autre vie, même si cette dernière reste mystérieuse.
Mais les personnages de Marie-Hélène Lafon sont toujours dans l'espace rural ancestral, dans lequel les rôles des hommes et des femmes sont clairement définis, où la faiblesse ou la différence n'ont pas leur place, dans lequel la lutte pour la survie la plus élémentaire n'est pas oubliée, même si un semblant de confort et de progrès matériel s'est un peu installé. C'est un monde dur, voire impitoyable, l'expression des émotions et sentiments est rare et difficile.
Les récits captent des moments forts, ou des personnages dans leurs destins. Tout est dit en peu de pages. C'est dense, peut-être trop. J'avoue préférer les romans de Marie-Hélène Lafon qui laissent la place aux personnages de s'installer davantage, à l'auteur de ciseler plus leurs figures, dans le quotidien, dans le temps. La condensation de la nouvelle a un côté un peu brutal, impitoyable, car ce ne sont pas des vies heureuses pour la plupart. Mais c'est prenant, et la magnifique écriture de l'auteur donne une dignité, une existence à des personnes qui semblent être le contraire de personnages de roman.
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claraetlesmots
  30 mai 2016
Vingt nouvelles où l'on retrouve des gens de la campagne pas forcément des gens de la ferme, des villages, la ruralité, des gens du Cantal et ce « pays » avec sa rigueur hivernale mais également sa beauté. Des couples mariés, des personnes seules, des jeunes, des familles : les relations sont décrites avec le mot juste, calibré comme toujours chez Marie-Hélène Lafon. Des vies dures où l'on travaille sans rechigner, où l'on n'a pas le temps de s'apitoyer sur soi, les non-dits également. Apreté des vies où viennent se glisser quelquefois des rêveries, des souvenirs mais aussi quelquefois de la compassion. le quotidien est raconté avec une richesse de la langue.
Le corps également a son importance. Comme dans le première nouvelle Liturgie qui raconte la toilette du père et de ses filles qui à tour de de rôle lui lavent le le dos avec un gant. Pas de dialogues tout est dans les gestes, les regards. Ou encore dans un pensionnat, une religieuse surveille depuis des années les douches des adolescentes, "L'hygiène de la chair n'est rien quand le Verbe est soudé, sali, piétiné". Dans cette nouvelle L'hygiène, les deux dernières pages se lisent presque dans un souffle sur un rythme scandé par les mots de la prière.
Des nouvelles m'ont vrillée le coeur : le suicide de Roland " Peu importe qu'il ait ou non connu l'ardeur des corps, à la sortie d'un bal, sur un chantier, dans une ferme isolée, ou dans son atelier ; peu importe puisqu'il reste de lui qu'une trace de solitude, lisse et infime, à la surface de nos mémoires. ", l'histoire d'Alphonse le simple d'esprit.
D'autres derrière une certaine innocence en apparence comme La communiante révèlent une forme de cruauté. Jeanne l'institutrice, amante d'un prêtre, est d'une beauté à double tranchant.
Une ponctuation qui quelquefois se fait rare pour donner une densité supplémentaire. Et quand l'ironie s'invite, elle précède la noirceur.
La dernière nouvelle Histoires serait à citer entièrement. Marie-Hélène Lafon revient sur son enfance avec l'apprentissage de l'écriture et de la lecture. Mais aussi son rapport à l'écriture : " Il n'est pas plus facile, n'est plus difficile, je le crois aujourd'hui, décrire des nouvelles que des romans ; c'est seulement une autre affaire, en terme de distance et de souffle, d'élan et de tension. (..) Il y a moins de matière, de pâte textuelle à malaxer, à pétrir, à travailler sur un chantier de nouvelles à établi du roman, mais la question de la tension du récit s'y pose en des termes cuisants et cruciaux. En trois pages en dix ou trente, il faut, il faudrait tout donner à voir, à voir et à entendre, à entendre et à attendre, à deviner, humer, sentir, flairer, supposer, espérer, redouter.. Il faut, il faudrait tout ramasser, tout, et tout cracher ; il faut que ça fasse monde, ni plus ni moins qu‘un roman de 1322 pages, que les corps y soient, que la douleur y soit, la couleur, et le temps qui passe, ou ne passe pas, et la joie, et les saisons, et les gestes, le travail, les silences, les cris, la mort, l'amour, et la jubilation d'être, et tous les vertiges, et les arbres, le ciel, le vent. Il faudrait. »"
Un recueil magnifique et l'écriture de Marie-Hélène Lafon est de l'orfèvrerie !

Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
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thisou08
  20 juillet 2018
Ma première rencontre avec Marie Hélène Lafon a eu lieu en mars 2017 avec " Joseph " et " Liturgie ".
Je m'étais alors promis de lire d'autres écrits car j'aime son écriture.
Son stylo glisse sur le papier et y laisse des mots qui frappent au coeur, direct, sans fioriture. ( oui, je sais, le stylo ne sert plus, mais j'aime l'image )
Simple, efficace, des petits riens qui font un tout : une histoire, des histoires.
Des histoires émouvantes de gens simples.
Magnifique, magique.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   11 novembre 2017
Les filles surtout sont désagréables, tout leur est dû il faudrait tout commander sur la catalogue acheter sans fin des tenues nouvelles pour les mettre deux ou trois fois parce que ci parce que ça et elles font les princesses et ça voudrait rester au lit le matin et des heures dans la baignoire et elles sont trop grosses c'est de famille c'est la nourriture et elles veulent s'épiler et ça se maquillerait ça fumerait si on laissait faire ça répond ça vous parle mal elles sont tranquilles pourtant on s'occupe de tout pour elles dans la maison le linge le ménage tout elles aident à peine c'est rare elles ont du travail elles doivent étudier mais ça claque les portes on comprend rien on y connaît rien on a jamais rien vu elles écoutent des musiques en anglais elles lisent des revues de chanteurs elles collent des posters de groupes sur le papier peint neuf qu'elles ont choisi dans les études comment les suivre elles auront le bac. Elles auront des métiers.
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MahaDeeMahaDee   26 août 2017
Les cadeaux sont là , posés sur la table du couloir. Elle les regarde. Le boîtier long de la montre est blanc, [...]. Les autres cadeaux sont un poste de radio gris et rouge, un appareil photo, un album pour ranger les photos, une gourmette en argent avec son prénom double et long gravé en lettres penchées [...]. Les gens lui demande si elle est contente, disent qu'elle est gâtée, que les enfants d'aujourd'hui sont gâtés, elle répond que oui, qu'elle est contente. Elle reçoit aussi un stylo-plume, un livre de messe en veau et un cadre rectangulaire où la Vierge Marie est représentée sans l'Enfant sur un fond de velours bordeaux la tête petite et penchée le coup ployé les yeux mi-clos. Elle dispose les cadeaux les uns à côté des autres sur cette table qui est dans le couloir, tout le monde les verra en montant à l'étage dans la chambre vide où le couvert a été dressé. Les cadeaux doivent être vus. Elle sort la montre du boîtier, elle est ovale et plate, avec des anneaux qui font bracelet, c'est un bijou de femme, froid et lourd au poignet, on lui demande de faire voir, on veut voir, elle soulève la manche longue de sa chemise rouge et blanc, on lui dit que la montre est jolie, très féminine, qu'il ne faudra pas la perdre. Elle répond que oui. Oui.
La communion
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marina53marina53   09 novembre 2017
Elles ont parlé des enfants, ils grandissent, ils ne sont plus gentils, ils réclament toujours ce que les autres ont, autour d'eux, dans les écoles où ils vont, où ils voient de tout, et ils ne regardent que ceux qui ont plus, pas ceux qui ont moins, ils n'en parlent pas de ceux-là, il doit bien y en avoir pourtant, on n'est pas les derniers, les enfants ont ce qu'il faut, toujours, on fait le nécessaire, mais ils ne se rendent pas compte, ils ne sont pas contents, ils ne se contentent pas, c'est la maladie des enfants d'aujourd'hui, et ils le disent, et ils rabattent les oreilles des mères, les pères ne s'occupent pas de ça, c'est l'affaire des femmes.
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marina53marina53   10 novembre 2017
Le pays d'enfance était vieux, rond, rugueux, bosselé de reliefs insensés, inlassablement sollicités cependant parce qu'il faut vivre, il faut s'agripper aux choses qui ne vous veulent pas mais finissent par céder, à force d'insistance obtuse et retorse, cèdent enfin et s'ouvrent, s'écartent, se donnent dans la forte odeur des saisons, des feux de feuilles, des longs soirs de juin.
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marina53marina53   09 novembre 2017
Il avait trop aimé le vin qui arrondit les contours des choses, les fait dociles comme jamais le monde ne lui avait été, et encore moins sa femme.
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Videos de Marie-Hélène Lafon (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie-Hélène Lafon
La Fête du Livre de Bron propose chaque année une journée de réflexion sur des enjeux majeurs de la littérature contemporaine. le vendredi 8 mars 2019, nous proposions un focus sur les liens entre littérature, nature sauvage, grands espaces, sciences humaines et environnement. Lors de cette 33ème édition, nous avions la chance d'accueillir Pierre Schoentjes, professeur à l'Université de Gand, spécialiste du « nature writing » en langue française pour un grand entretien exceptionnel, animé par Thierry Guichard, à revivre ici en intégralité.
Dans Ecopoétique, Pierre Schoentjes étudie les spécificités du « nature writing » en langue française – le terroir plus que la terre, le lieu plutôt que le paysage, l'esthétique plutôt que l'éthique – en délimitant un corpus littéraire constitué d'écrivains comme Jean-Loup Trassard, Pierre Gascar, Charles-Ferdinand Ramuz ou Philippe Jaccottet. Mais il explore aussi les oeuvres d'écrivains très contemporains comme Emmanuelle Pagano, Belinda Cannone ou Marie-Hélène Lafon. En partenariat avec l'Université Lyon 2, la Médiathèque Départementale du Rhône et Médiat Rhône-Alpes.
©Garage Productions.
Un grand merci à Stéphane Cayrol, Julien Prudent et David Mamousse.
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