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EAN : 9782283022313
208 pages
Éditeur : Buchet-Chastel (10/01/2008)
3.74/5   108 notes
Résumé :
"Les Santoire vivaient sur une île, ils étaient les derniers Indiens, la mère le disait chaque fois que l'on passait en voiture devant les panneaux d'information touristique du Parc régional des volcans d'Auvergne, on est les derniers Indiens."
Les Santoire, le frère et la sœur, sont la quatrième génération. Ils ne se sont pas mariés, n'ont pas eu d'enfants. En face de chez eux, de l'autre côté de la route, prolifère la tribu des voisins qui ont le goût de de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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marina53
  03 septembre 2020
Jean et Marie se retrouvent seuls dans la maison de leur enfance. Des années après le décès de leur frère, puis leur père et, plus récemment, leur mère. Issus d'une illustre famille de paysans, frère et soeur sont célibataires et sans enfant. Aujourd'hui à la retraite, dans une demeure trop grande pour eux, ils vivent la plupart du temps reclus, ne sortant que rarement, ne côtoyant personne. En face habitent les Lavigne, une grande famille où grand-parents, parents et enfants vivent ensemble. Agrandissant la maison, en construisant une à côté. Les Lavigne ont réussi quand les Santoire, embourbés dans la tradition, ont dépéri. D'eux, il ne restera rien, une fois que Marie et Jean ne seront plus là. de sa fenêtre, cette dernière les observe souvent. Immobile devant tant de vie, de joie et de rires d'enfants...
Jean et Marie, deux taiseux qui vivent ensemble. Par habitude sûrement. Enracinés dans le passé. Enracinés dans une vie qu'ils ne semblent pas avoir choisie. Et tandis qu'en face, ça bouge, ça vit, ça s'agite, ça fleurit, ça fait fortune, chez eux, tout ternit, tout dépérit, tout s'attriste. Parce que frère et soeur savent qu'après eux, il n'y aura plus rien. À travers le regard de Marie, l'on regarde la vie autour, l'on se replonge dans le passé, dans les souvenirs, les bons et les moins bons. Marie-Hélène Lafon décrit, avec beaucoup d'intensité, la banalité de la vie de ces deux handicapés de la vie qui vivent la leur par procuration mais aussi encore sous le diktat de leur mère, pourtant décédée. Émouvantes et poignantes ces pensées de Marie, engoncée dans une vie étroite et inconfortable. Transparent, ce frère qui habite sous le même toit. Désespérant et triste, ce quotidien vide de tout. D'une grande justesse, sobre, économe, la plume de Marie-Hélène Lafon donne pourtant une grande profondeur à ce roman intimiste, presque figé dans un autre temps...
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5Arabella
  17 mai 2021
Un roman court, ramassé, comme sait si bien les faire Marie-Hélène Lafon, et qui une fois encore explore un monde rural en train de disparaître dans son Auvergne natale. Ou plus exactement un monde rural en pleine mutation, une ancienne manière de vivre, de penser, une certaine identité, en train de s'éteindre, de mourir presque de mort naturelle, alors que quelque chose d'autre, une autre vitalité, la remplace.
L'ancien monde, ce sont les Santoire, une famille paysanne de quatre générations. La figure dominante est celle de la mère, morte maintenant mais tellement présente pourtant. Comme si elle décidait toujours de la vie de ses deux enfants survivants, Marie et Jean. Ils ne sont pas mariés, n'ont jamais quitté la ferme familiale, et maintenant, à la retraite, ils leur reste le souvenir, et une tradition à perpétuer, vidée en grande partie de sa substance, qui est plus une répétition, une habitude, une incapacité à faire autrement, qu'une glorieuse affirmation et un véritable choix. A côté, il y a les voisins jadis méprisés, les Lavigne, qui font à leur manière, peu soigneuse, ne respectant aucune tradition ; les Lavigne adeptes du confort moderne, capables de prendre des initiatives, portés par une vitalité qui semble ne jamais vouloir s'arrêter, et qui leur fait développer leurs activités, donner naissance à des nombreux enfants. Qui vont sans doute absorber après la mort du frère et de la soeur l'ancestrale ferme des Santoire, dont ils louent déjà les terres.
A son habitude, Marie-Hélène Lafon nous donne à voir, à sentir, ces vies, ces petites vies de paysans. Elle crée des personnages, qui même si soumis à un même moule, nés dans la même culture, ont chacun leur individualité, leur spécificité, qui leur donnent au final leur destin. Les vies racornies du frère et de la soeur, qui ne se sont jamais affirmé, questionné, désiré, autre chose qui ce leur a été imposé, se découvrent progressivement dans un tragique dont la banalité apparente et quotidienne cache la souffrance et la violence. Jusqu'à la révélation finale, qui remet les choses dans une autre perspective.
Encore une très grande réussite de Marie-Hélène Lafon.
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mollymon
  14 août 2019
Marie est une vielle femme. Elle vit avec son frère, célibataire lui aussi, dans la ferme familiale. Enfin, vivre est peut-être un bien grand mot, disons qu'elle vivote dans une douce monotonie en laissant le temps passer.
Bridée par une mère autoritaire à l'excès, elle n'a jamais rien fait en dehors de la ferme, même pas le moindre petit voyage. Sa vie sociale se réduit à observer les voisins et sa vie intérieure n'est guère plus brillante. A part penser aux disparus, elle se contente de fantasmer sur des catalogues en imaginant changer les meubles. Autant dire, un vide abyssal. Mais ce vide, loin d'être angoissant, parait presque lénifiant. Marie existe simplement, loin de toute passion et quasiment dans le silence car le frère et la soeur ne se parlent guère. Ils sont de la race des taiseux.
C'est le roman de Marie-hélène Lafon que j'ai préféré ! Habituellement je suis un peu dérangée par son écriture si particulière qui ne me parait pas naturelle mais cette fois ci je suis tombée sous le charme. Ici ses mots coulent avec la limpidité de l'eau d'un ruisseau. Quel talent pour raconter si bien le presque rien !
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carre
  15 février 2012
Ce roman de Marie-Hélène Lafon parle d'un frère et d'une soeur enfermés dans leur silence de vieux paysans regardant par la fenêtre un monde qu'ils ne connaisse pas et qui représente l'avenir (des enfants qui jouent, qui rient, des couples qui vivent). Eux, n'ont rien connu de tout ça, leur vie n'est qu'une longue suite de journées ou rien ne se passe, si ce n'est le temps. Des taiseux, des paysans enracinés dans le passé, la fin d'une époque. Pas d'espoir, pas d'envie, un monde qui se terminera avec leur disparition.Dans un style très sec, qui décrit le quotidien dans ce qu'il a de plus banal, Marie-Hélène Lafon rend hommage à ce monde rural d'un autre temps avec un grand respect et une écriture subtile et juste. A découvrir.
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ay_guadalquivir
  23 mars 2015
Conseil amical, quelqu'un qui me connaît assez pour viser juste (ce que j'aime dans la transmission des livres), Les derniers indiens constituaient mon premier contact avec Marie-Hélène Lafon. Je l'avais écoutée dans une émission littéraire, avais été touché par sa poésie du réel. La lecture des derniers indiens confirme cette impression. Littérature sans artifice, cohérente avec ce que renvoie l'auteure. Marie-Hélène Lafon décrit le quotidien d'un vieux couple (frère et soeur), dans une maison du Cantal. Leur vie, mais aussi le regard qu'ils portent sur leurs voisins, si différents. Leur vie en creux. Des regrets, des nostalgies. Leurs voisins si vivants, agiles et rapides, tandis qu'ils deviennent immobiles, lents. D'un autre temps? Un monde qui change sans eux. Des histoires ombres aussi, non-dits, personnages taiseux. L'écriture est fluide, de mots simples, mais sonne infiniment juste, outil précis (comme un artisan coutelier du centre de la France) au service des personnages.
A la lecture des derniers indiens, je pense aux Vies minuscules de Pierre Michon.
Joseph sur ma table, prochain livre de Marie-Helene Lafon...
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   18 mars 2020
Ne pas croire en Dieu séparait Marie des gens, parce qu'elle ne pouvait pas se consoler avec l'Eglise et les prières. Elle sentait que la messe était un endroit pour se consoler, se faire du bien, même si on n'y pensait pas. Les gens n'y pensaient pas, ils répétaient les gestes et les mots, debout, assis, à genoux (...) (p. 39)
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   10 février 2015
Longtemps avant la mort de la mère, quand elle ne choisissait rien, elle avait compris que personne ne pouvait l’empêcher de suivre ses pensées. A condition de se taire, tout était possible : on pouvait écarter ce qui ne faisait pas plaisir, ou qui donnait envie de pleurer, ou qui coupait le goût et la force pour le travail. Quand elle était occupée, quand la mère parlait sans poser de questions, elle pouvait décider, ça ne se voyait pas sur sa figure, de penser à ceci ou cela, aux colchiques, au fils de la tante Léontine, aux voisins, à l’affaire de l’Alice, ou à Jeanne cette fille du pensionnat.
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5Arabella5Arabella   17 mai 2021
Après l'enterrement, pendant l'automne et l'hiver qui avait suivi, alors que tout le pays bruissait de l'Alice, de cette affaire grasse et lourde, aux silences de la mère aux brèves paroles qu'elle leur jetait, à sa nuque raide à la ligne noire de tout son corps sanglé, Marie avait senti que l'ordre ancien était restauré, et que la mère, par la mort éclatante du fils prodigue et vaincu, avait recouvré son trône et son royaume.
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marina53marina53   03 septembre 2020
Le temps passait pour eux. Elle se sentait à côté d’eux comme un insecte. Elle ne leur disait pas bonjour, elle n’en avait pas envie, et elle ne se cachait pas pour les regarder, ils servaient à ça, au spectacle.
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marina53marina53   03 septembre 2020
Il n'aime pas le nouveau, il ne veut rien changer, rien ajouter, il veut que tout reste comme avant, avant quoi, avant toute la vie, avant.
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Videos de Marie-Hélène Lafon (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie-Hélène Lafon
Rencontre avec Marie-Hélène Lafon, Prix Renaudot 2020 Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils @Editions Buchet/Chastel 2020 sonde le coeur d'une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences. Avec ce nouveau roman, Marie-Hélène Lafon confirme la place si particulière qu'elle occupe aujourd'hui dans le paysage littéraire français.
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