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ISBN : 2283022312
Éditeur : Buchet-Chastel (10/01/2008)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 64 notes)
Résumé :
« Les Santoire vivaient sur une île, ils étaient les derniers Indiens, la mère le disait chaque fois que l'on passait en voiture devant les panneaux d'information touristique du Parc régional des volcans d'Auvergne, on est les derniers Indiens. »
Les Santoire, le frère et la sœur, sont la quatrième génération. Ils ne se sont pas mariés, n'ont pas eu d'enfants. En face de chez eux, de l'autre côté de la route, prolifère la tribu des voisins qui ont le goût de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
carre
15 février 2012
Ce roman de Marie-Hélène Lafon parle d'un frère et d'une soeur enfermés dans leur silence de vieux paysans regardant par la fenêtre un monde qu'ils ne connaisse pas et qui représente l'avenir (des enfants qui jouent, qui rient, des couples qui vivent). Eux, n'ont rien connu de tout ça, leur vie n'est qu'une longue suite de journées ou rien ne se passe, si ce n'est le temps. Des taiseux, des paysans enracinés dans le passé, la fin d'une époque. Pas d'espoir, pas d'envie, un monde qui se terminera avec leur disparition.Dans un style très sec, qui décrit le quotidien dans ce qu'il a de plus banal, Marie-Hélène Lafon rend hommage à ce monde rural d'un autre temps avec un grand respect et une écriture subtile et juste. A découvrir.
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charlottelit
13 septembre 2012
écrit intimiste : nous entrons dans la vie et les pensées de paysans qui résistent à l'effervescence de la modernité.
Poignant, humaniste, ressenti de l'intérieur : du vécu.
j'apprécie le style de Marie Hélène Lafon.
à lire !
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ay_guadalquivir
23 mars 2015
Conseil amical, quelqu'un qui me connaît assez pour viser juste (ce que j'aime dans la transmission des livres), Les derniers indiens constituaient mon premier contact avec Marie-Hélène Lafon. Je l'avais écoutée dans une émission littéraire, avais été touché par sa poésie du réel. La lecture des derniers indiens confirme cette impression. Littérature sans artifice, cohérente avec ce que renvoie l'auteure. Marie-Hélène Lafon décrit le quotidien d'un vieux couple (frère et soeur), dans une maison du Cantal. Leur vie, mais aussi le regard qu'ils portent sur leurs voisins, si différents. Leur vie en creux. Des regrets, des nostalgies. Leurs voisins si vivants, agiles et rapides, tandis qu'ils deviennent immobiles, lents. D'un autre temps? Un monde qui change sans eux. Des histoires ombres aussi, non-dits, personnages taiseux. L'écriture est fluide, de mots simples, mais sonne infiniment juste, outil précis (comme un artisan coutelier du centre de la France) au service des personnages.
A la lecture des derniers indiens, je pense aux Vies minuscules de Pierre Michon.
Joseph sur ma table, prochain livre de Marie-Helene Lafon...
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denisarnoud
13 décembre 2014
Les derniers indiens ce sont les Santoire. La mère, le père, Pierre, Marie et Jean. de cette famille ne restent plus que les deux derniers tous les autres sont morts les uns après les autres mais leur présence les hante. Marie et Jean sont à la retraite, la soeur et le frère vivent ensemble dans la maison familiale ou rien n'a changé depuis la mort de la mère. Dans cette famille de paysans auvergnats on a des principes, on vit comme il faut selon des règles ancestrales, on tient son rang. Pas comme ces voisins descendants d'ouvriers journaliers qui croissent et se multiplient, qui s'étendent sous leurs fenêtres. Marie à travers des yeux de laquelle nous revivons l'histoire de la famille passe son temps à les regarder vivre. Car chez les Santoire on ne vit pas, on se contente de travailler et de se conformer au règles édictées par la mère.

La mère, personnage despotique, vivant dans l'ombre d'un père qui restera à jamais le seul homme de sa vie, ne s'est mariée que pour assurer la descendance, pour asseoir la dynastie. Fière de son rang, elle ne veut être appelée que Madame Santoire, n'acceptant pas le nom de son mari qu'elle considère juste comme un ouvrier, et un géniteur. C'est elle qui possède tout. Elle a trois enfants mais seul Pierre, l'héritier reçoit son amour. La mère dirige son petit monde d'une main de fer. Elle aime que les choses et les gens restent à leur place, pas comme c
es voisins qui sont sortis du rang. Elle crée ainsi un vase clos ou ce qui se passe à l'extérieur n'a pas sa place. La modernité on ne fait que l'observer chez ces voisins qui ont su s'adapter au monde actuel, mais l'adopter serait déchoir.

Ce roman est la chronique d'une mort annoncée. La mort d'une famille, la mort d'un monde vivant dans le passé, replié sur lui même et sur son histoire, hanté par ses morts. Ce roman est un huis-clos étouffant, nous ne quittons pas la pièce principale de la ferme des Santoire. Nous ne quittons pas les souvenirs de Marie, cette femme qui ne vit que dans le passé, dont la vie s'est arrêtée à la mort de la mère. Cette mère toute puissante qui l'a empêchée de vivre. Sa vie se passe dans la contemplation du monde qui change, ce monde représenté par ces voisins honnis. Un roman intimiste passionnant servi par la plume envoûtante de Marie-Hélène Lafon.
"Les expressions faisaient le tour du monde et le mettaient en ordre, elles donnaient les règles, elles prévoyaient tout ; la mère avait régné par leur puissance qui coulait avec son sang, qui était son héritage à l'égal des terres des bâtiments , de la maison et du nom."
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djathi
11 mars 2017
Lorsque je pénètre le monde de Marie-Hélène Lafon , ou dans une veine similaire celui de Ramuz , se pose à moi la question, immanquablement, à quel registre appartient ce genre de littérature . La réponse m'échappe une fois de plus . A croire que ces gens de la terre ne se laisse pas enfermer dans des étiquettes ....
Si ce roman fait fidèlement écho à l'ensemble de l'oeuvre de Marie Hélène Lafon , il se dégage malgré tout une douleur sourde et criante , que je n'ai pas rencontrée jusqu'alors .
Toujours dans la description de ce monde , le rural , celui qui est le sien et dont elle parle avec ses tripes , sa mémoire transgénérationnelle , son souffle sec et retenu et son talent d'écriture unique , la griffe Lafon .
Mais la douleur de ce récit s'inscrit autant dans l'aspect social et économique que l'individualité .
Quand la modernité fait front aux traditions séculaires avec insouciance autant qu'avidité , c'est déjà les prémisses d'une mort annoncée , celui des derniers Indiens , les authentiques , les gardiens de la terre et du savoir , scrupuleusement attachés aux gestes ataviques et à la connaissance de terrain , aux croyances inscrites dans la culture des dictons .
Alors oui , la mère , la nourricière , celle qui observe dédaigneusement ces nouveaux paysans voisins ,dans l'émergence d'une approche révolutionnaire de la terre , s'agrippe à ses ancêtres , sa légitimité à elle de vivre la tête haute , irréductible .
Les piles de linge immaculées soigneusement enfermées dans l'armoire orgueilleuse , chaque objet à sa place et chaque place dans son objet , sacralisés par leur témoignage du labeur , labour , sillon du temps , elle règne en son domaine , la mère .
Mais régner ne suffit pas pour la mère ,pour la soulager de la peur , celle du vide , du néant et de l'incapacité à affronter celle-ci, dans l'ignorance de son moi profond et de ses blessures intimes .
Dans ce huit-clos , oppressant , à travers le monologue de Marie , liée viscéralement , physiquement , incestueusement presque à son petit frère , le Jean , Marie Hélène Lafon fait affleurer les inconsciences , les mutilations et frustrations de ces êtres statiques , derniers survivants d'un monde englouti par la mécanisation et l'industrie chimique , prisonniers de l'omnipotence d'une mère castratrice . Un paysage humain désolé , ravagé de l'intérieur , dans l'attente d'être englouti par la machine infernale du temps mécanisé .
L'écriture toujours aussi poétiquement blanche de Marie-Hélène Lafon , violente , rugueuse , rabotée pour chercher la profondeur de l'être enraciné dans la terre ...(enracinéplus pour bien longtemps ), hurle silencieusement .Parce que , chez ces gens là , on ne s'étale pas en larmoiements , ça fait désordre et ça montre . L'intime , c'est sacré . Sacré comme le tilleul centenaire dans la cour , majestueux mais mutique , gardien des secrets de famille .
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ay_guadalquiviray_guadalquivir10 février 2015
Longtemps avant la mort de la mère, quand elle ne choisissait rien, elle avait compris que personne ne pouvait l’empêcher de suivre ses pensées. A condition de se taire, tout était possible : on pouvait écarter ce qui ne faisait pas plaisir, ou qui donnait envie de pleurer, ou qui coupait le goût et la force pour le travail. Quand elle était occupée, quand la mère parlait sans poser de questions, elle pouvait décider, ça ne se voyait pas sur sa figure, de penser à ceci ou cela, aux colchiques, au fils de la tante Léontine, aux voisins, à l’affaire de l’Alice, ou à Jeanne cette fille du pensionnat.
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carrecarre15 septembre 2012
L’Alice bramait étrangement, la bouche ouverte, rose, le visage enduit de larmes luisantes. La mère avait dit, elle pleure ça connaît pas le vrai malheur, ça pleure pour un chien la vie lui apprendra.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir13 mars 2015
Elle comprenait que les voisins ne les voyaient pas, eux, le frère et la sœur, parce qu'ils étaient vieux, lents et minuscules. Les voisins allaient vite, ils savaient qu'ils auraient des terres, en fermage d'abord, ensuite elles se vendraient, ils les achèteraient, et la maison aussi [...]. (P91)
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ay_guadalquiviray_guadalquivir22 août 2014
Elle avait compris que ses prières étaient vides parce qu'elle ne croyait plus. Voilà. C'était tombé d'elle. Comme un fruit, elle avait pensé, et les fruits ne remontent pas sur les arbres. C'est pour toujours. Pas de Dieu pour elle. Vide.
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fanfanouche24fanfanouche2428 janvier 2014
....Il ne parle pas, la télévision dit les mots en quantité, il prononce seulement des paroles utiles, il est posé dans la cuisine, ramassé et rangé à la place qui avait été celle du père, une place d'homme au bout haut de la table, du côté du tiroir à pain...(p.13)
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