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EAN : 9782330081782
Éditeur : Actes Sud (16/08/2017)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 300 notes)
Résumé :
En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée par un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à épouser la cause, à la stupéfaction générale de l'établishment qui s'empresse de conclure au lavage de cerveau.
Professeure invitée pour un an dans une petite ville des Landes, l'Américaine Gene Nevena se voit chargée
de rédiger un rapport pour l'avocat de Patricia Hearst, don... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  18 octobre 2017
Gene Neveva, professeure, américaine engagée (contre la guerre au Vietnam entre autres) est chargée de faire un rapport qui défende Patricia Hearst qui a rejoint la cause de ses ravisseurs. Elle a été contactée par un des avocats de la famille Hearst prête à tout pour sortir leur fille de prison. Gene engage à son tour une assistante, Violaine.
Pour adhérer à la cause de ses ravisseurs, transformée en révolutionnaire en moins de deux mois, Patricia Hearst a-t-elle pris conscience de certaines choses, a-t-elle été manipulée ou subi un lavage de cerveau ? Dans cette hypothèse elle ne peut être tenue pour responsable d'avoir participé à un hold-up avec ses ravisseurs. C'est ce que Gene doit démontrer, voilà l'enjeu de ses recherches. Mais pas seulement. Gene se sent aussi investie d'une autre mission.
Ainsi, son assistante, Violaine, qui ne connaît pas la finalité du rapport commandé à Gene, va découvrir pour sa plus grande joie que Gene est en train de l'éduquer. Gene qui lui apprend à réfléchir par elle-même, à ne pas se fier aux apparences, que l'Amérique n'est pas celle qu'elle s'est imaginée - qu'avec Patricia Hearst, les Etats-Unis ébrèchent l'Amérique racontée par ses parents.
Patricia, Gene, Violaine, trois femmes éprises de liberté, des femmes qui s'engagent, refusant les injustices et l'ordre établi. À travers leurs histoires - réelle ou fictives - sans jamais porter de jugement, avec beaucoup d'intelligence (et d’originalité), Lola Lafon dessine une Amérique loin du rêve tant vanté, une Amérique aux prises avec la guerre du Vietnam, le racisme et l'inégalité sociale. Remarquable.
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nameless
  27 janvier 2019
Patricia Hearst a fait trembler l'Amérique lorsqu'en 1974, victime d'un kidnapping, elle est atteinte d'un tout récent syndrome venu du froid et épouse les idées politiques de ses ravisseurs, marxistes auto-proclamés. Dans un pays où le communisme est l'ennemi idéologique à abattre, où la révolte gronde de plus en plus fort contre l'absurde guerre du Vietnam ou la vétusté des prisons, il est évident que le Pouvoir doit absolument éviter toute contagion et que le procès de Patty doit servir d'exemple à tous ceux qui seraient tentés par des chemins politiques de traverse, en faisant d'elle la victime d'un lavage de cerveau qui a agi sous contrainte.

En revenant sur ces événements qu'elle romance, Lola Lafon utilise son talent d'écriture et ses convictions pour inciter le lecteur à exercer son sens critique, et pose des questions auxquelles elle ne fournit pas de réponses. Qui est Patricia Hearst que les plus grands journaux américains ont immortalisée à la une, dans une pose douteusement romantique, les jambes écartées, brandissant son M16 avec son petit béret posé de biais sur sa tête, lui donnant un faux air de la Bonnie de Clyde ? Cette jeune fille qui semble tenir l'Amérique en respect dans son viseur est-elle une authentique révolutionnaire, qui au terme d'un lent processus de développement, de maturation, a renoncé à ses privilèges de classe jusqu'à une conversion radicale ou n'est-elle qu'une pauvre petite fille riche, héritière à la dérive, étudiante paumée qui a épousé une cause au hasard, un zombie manipulé ?

Plusieurs points m'ont laissée perplexe. D'une part, l'objet du roman se suffisait à lui-même. Pourquoi Lola Lafon a-t-elle opté pour un style et une construction tarabiscotés qui, à mon sens, sont inutiles et alourdissent, freinent et emberlificotent la lecture ? Je n'ai pas compris l'intention de l'auteure. D'autre part, l'histoire de Patty est à replacer dans le contexte des années 70, bien avant que de nombreux pays subissent des vagues d'attentats sanglants qui donnent à la radicalisation une portée fort différente. Enfin, si seule Patty connaît la vérité, on est obligés de noter que sa conscience politique n'a été qu'un feu de paille vite éteint avant qu'elle rentre dans le rang de ses origines, définitivement graciée par Carter puis réhabilitée par Clinton. Le titre français de sa biographie, Mon voyage en enfer traduit mal son adhésion sincère et définitive au marxisme. L'histoire ne dit pas si ses droits d'auteur ont servi à offrir des repas aux démunis américains, mais là je persifle, sans preuves.

Au final, un bilan de lecture ambivalent. Les propos de Lola Lafon sont justes, politiquement nécessaires à l'émancipation des femmes. L'héroïne qu'elle a choisie dans Mercy Mary Patty ne sert pas la sincérité ou la force de ses engagements. C'est mon avis !
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michfred
  03 décembre 2017
Le syndrome de Stockholm, tout le monde connaît : la victime d'un enlèvement, généralement féminine – encore que, le baron Empain, de son propre aveu, était à…un doigt de l'éprouver lui aussi !- s'entiche de son ravisseur, adopte ses idées et se met même à les professer avec force, reniant un passé de nanti , une vie de bourge, un confort de nabab…
On appelle cela aussi un lavage de cerveau. Ou un processus de radicalisation, dans une perspective plus actualisée..
Au cinéma, Cassavetes dirait- puisqu'il s'agit de femmes- « Femme(s) sous influence »
Femmes sous influence….ce serait la meilleure façon de résumer le livre de Lola Lafon construit autour du procès de Patricia Hearst, fille de milliardaire enlevée en 1972 par le groupe d'extrême gauche S.L.A. , qui épousa si bien la cause de ses ravisseurs qu'elle participa-dirigea ?- un braquage de banque avec eux.
Tous furent massacrés – et brûlés vifs- par le FBI à l'exception de deux d'entre eux, dont Patty dont le procès défraya la chronique. Elle avait pour la circonstance retrouvé son collier de perle et sa coiffure à barrettes, trainaillait élégamment sur les syllabes façon gentry, bref on ne retrouvait plus la pétulante chef de bande au verbe haut qui accusait les siens d'être des affameurs du peuple.
Mais où était le lavage de cerveau ? Avant, après ou pendant son enlèvement ? Où était la vraie Patty ?
Chargée par la famille de préparer un rapport sur la presse et l'abondante littérature portant sur le sujet, Gene Neveva, prof de fac américaine en congé sabbatique sur la côte landaise, embauche pour l'aider une petite gourde anorexique de bonne famille dont le regard neuf sur cette affaire américaine et l'évidente envie de bien faire lui seront d'un grand secours. Elle s'appelle Violette mais elle n'aime pas son nom : qu'on l'appelle Violaine, comme l'héroïne claudélienne, ce sera parfait. Tiens, tiens...Patty Hearst non plus n'aimait pas son nom et s'était rebaptisée Tania…
Gene comme Violaine vont se prendre au jeu de cette enquête et devenir les…otages de leur sujet. La petite gourde va rompre les amarres familiales, la prof de fac prendra elle aussi ses distances avec la famille Hearst et le système de défense qu'ils ont choisi…

Une troisième femme entre dans la danse, 40 ans après, qui se passionne pour le cas Patty : c'est la narratrice (Lola Lafon ou son alias) .
De Gene à Violaine, de Violaine à Lola, femmes en quête d'une vérité sur l'influence négative , le lavage de cerveau, l'embrigadement, la radicalisation …qui, sous un autre angle, peuvent aussi devenir l'influence positive : la formation, l'émancipation, la prise de conscience, la révolte…
Femmes en mouvement, femmes en voie d'émancipation, femmes d'influence sous influence...
Vaste problème, enquête nourrie, débat d'une brûlante actualité.
Mais, mais, mais….
Mais ….à trop embrasser, on étreint mal. J'ai peiné, souffert même sur un début où les pronoms narratifs – le vous, à Gene, le elle, pour Violaine, le je pour la narratrice - m'ont pris la tête au point d'avoir envie de lâcher un livre pourtant passionnant. Puis soudain, le sujet prenant son envol j'ai cessé de me crisper sur ces afféteries formelles, et dévoré d'un coup le reste du bouquin.
Mais… le titre est trompeur : Mercy, Mary sont de jeunes colons ( colones ?) américaines enlevées par les Indiens au XVIII siècle et ayant refusé de réintégrer leur famille…Elles viennent plomber encore le sujet et embrouiller la trame… mais Lola Lafon - sans doute bien occupée à gérer ses pronoms personnels et sa chaîne de femmes en voie d'émancipation- n'a pas trop insisté sur ces visages pâles qui ont choisi de rester squaws , archétypes emplumées du syndrome de Stockholm. Heureusement, sinon je crois que j'aurais rendu mon calumet !
Restent un joli titre , Mercy, Mary, Patty, une documentation très fouillée sur une affaire passionnante, et une furieuse envie de débattre la question. Ce n'est déjà pas si mal !

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Ziliz
  27 janvier 2018
Encore une histoire d'enlèvement et de séquestration, mais totalement différente de celles que je trouve dans mes polars et thrillers.
Il s'agit ici de l'affaire Patricia Hearst, la 'milliardaire des guérilleros'. A dix-neuf ans, cette héritière promise à un avenir doré a été enlevée par le SLA (Symbionese Liberation Army), un mouvement d'extrême gauche américain. En guise de rançon, les ravisseurs ont exigé que son père distribue pour 70 dollars de vivres à tous les individus 'économiquement faibles' de Californie (soit au total 6 millions de dollars).
L'affaire a été très médiatisée, il faut dire que le père était un magnat de la presse américaine. La police était évidement sur le pied de guerre, en cette époque agitée de rébellion contre l'engagement au Vietnam (début des 70's).
A travers les messages que la jeune femme envoyait à ses proches, il est rapidement apparu qu'elle s'était ralliée à la cause de ses ravisseurs. D'ailleurs, de Patricia, elle a choisi de devenir Tania.
Lavage de cerveau ? Syndrome de Stockholm ? Ou prise de conscience de la vacuité de la vie à laquelle elle était promise, et rejet en parallèle du monde pourri des 'dominants' ?
Lecture pénible de cet ouvrage à cause de sa construction : imbrication de parcours de trois femmes (et même quatre avec l'auteur), d'autant plus confuse que la narration est à la deuxième personne du pluriel.
Le propos est pourtant passionnant, ce fait divers illustrant à merveille des sujets d'actualité : injustices et revendications sociales, situation socio-politique explosive, terrorisme, médias, police...
En fil conducteur, se posent les questions de l'identité à cet âge charnière, et de la liberté.
« Laquelle est la vraie ? Tania, Patricia ? Et s'il n'y en avait aucune de vraie ? »
Quand cette jeune fille était-elle libre ? Avec ses parents, dans sa cage dorée, dans le carcan des conventions ? Ou après, avec ses amis 'terroristes' ? : « [Mon avocat] dit qu'il va réussir à me libérer mais j'ai peur... d'être prisonnière à perpète si on me libère. Dans la maison de mes parents. »
A la fois roman et documentaire, cet ouvrage est très riche... ou pourrait l'être s'il était plus accessible.
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enjie77
  20 janvier 2018
J'ai eu la surprise, pendant la lecture de Mercy, Mary, Patty, de découvrir les premières intentions de Michel Berger en regardant une émission sur la genèse de STARMANIA qui rendait aussi un hommage à France Gall.
Le projet initial de Michel Berger s'intitulait Angelina Dumas. Il s'inspirait de l'enlèvement de Patricia Hearst et se voulait une réflexion sur le syndrome de Stockholm. Il a délaissé ce projet au profit de STARMANIA. Néanmoins, il conservera ce personnage pour Crystal qu'interprétera France Gall. Cette synchronicité entre l'émission et le livre m'est apparue comme un petit clin d'oeil nostalgique à toute une génération qui s'est enthousiasmée pour l'opéra rock STARMANIA. J'ai trouvé cela très joli et je voulais partager cette anecdote avec vous.
Lola Lafon s'empare de l'enlèvement de la jeune Patricia Hearst, en 1974, petite fille du milliardaire américain William Randolph Hearst, par un groupuscule révolutionnaire, le SLAM, afin de poser la question « Patricia a-t-elle subi un lavage de cerveau ou a-t-elle adopté de son plein gré la cause de ses ravisseurs ».
L'auteure, pour cette enquête fiction, va imaginer la collaboration de deux personnages : une enseignante, sociologue, Gene Neveva, en poste dans les Landes, elle-même issue des partis contestataires américains, et une petite jeune fille française, Violaine, qui lui servira d'assistante et portera un regard innocent sur l'affaire Patricia Hearst. Elles devront rédiger un rapport et tenter de déterminer les motivations de Patricia Hearst.
Le style de ce livre est assez embrouillé et porte préjudice à sa compréhension et à son message. Dommage car ce récit aurait pu être plus captivant. J'ai vu passer quelques observations sur Babelio de lecteur qui ont fini par abandonner le livre.
Il m'a fallu dépasser la forme pour ne m'intéresser qu'au fond qui a fini par revêtir un intérêt personnel philosophique et m'a renvoyée à mes propres questionnements de jeune adulte, époque lointaine, concernant la Liberté et le déterminisme.
L'individu est le fruit de son éducation, de son milieu social, s'il se construit en opposition radicale à ce qui l'a façonné, ne risque-t-il pas de tomber sous d'autres influences ? Avec le temps et un esprit critique affuté, peut-on tendre vers une certaine liberté ? le libre arbitre existe-t-il réellement ou bien est ce juste une hypothèse ?
Patricia Hearst est-elle vraiment devenue ce qu'elle était en prenant conscience du monde qui l'entourait : Tania. Ou bien est ce simplement un syndrome de Stockholm ?
Lola Lafon interroge, dérange mais ne donne aucune réponse. Beaucoup de zones d'ombre subsistent d'autant que la version de Patricia Hearst changera souvent au fil du temps.
Personnellement, Violaine a plus retenu toute mon attention. le travail qu'elle entreprend avec Gene et la manière dont cette dernière l'oblige à réfléchir, à poser un regard sur le monde qui l'entoure, a affiner ses arguments, va lui permettre d'accéder à sa liberté de pensée. Mais Violaine subit aussi un enfermement : elle est anorexique ! Sa rencontre avec Gene va déterminer le reste de sa vie. Elle deviendra une courroie de transmission.
Bien que Lola Lafon n'exprime aucune opinion, qu'elle laisse le doute, l'incertitude, planer sur le changement de Patricia Hearst, j'ai eu du mal à croire au personnage de Patricia Hearst, Il y a comme un je ne sais quoi d'inauthentique chez cette jeune femme qui prend conscience à 19 ans du monde qui l'entoure. Confortablement installée dans sa vie de jeune femme privilégiée, elle ne peut pas ignorer les évènements qui secouent les Etats-Unis à cette époque. Ce n'est pas une rebelle, elle ne s'est jamais engagée pour une cause après son enlèvement. Alors, syndrome ou pas ?
Ce récit porte le nom de trois femmes qui ont pris un chemin de vie différent de celui que la société leur avait assigné : Mercy pour Mercy Short, accusée de sorcellerie en 1690, à Salem, Mary pour Mary Jemison enlevée par la tribu amérindienne des Sénécas en 1753 et Patty pour Patricia Hearst. Trois femmes qui peut-être ont décidé d'exister selon leur désir en choisissant de donner un sens à leur existence suivant leur choix.
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critiques presse (10)
Liberation   15 juillet 2019
Tentant de comprendre comment on peut dévier d’un chemin de vie qui semblait tout tracé. Pas toujours pour le meilleur, pas forcément pour le pire.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaLibreBelgique   06 décembre 2017
Dans son dernier roman, Lola Lafon évoque Patty Hearst et toutes ces femmes qui osent quitter les routes « obligatoires ».
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   21 septembre 2017
La romancière – et musicienne – voit son intérêt s’éveiller quand elle se sent mal à l’aise, dans l’incertitude ou le doute. C’est là, et c’est à ce propos, qu’elle écrit, comme en témoigne « Mercy, Mary, Patty ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   20 septembre 2017
En s’emparant de ce fait divers, Lola Lafon ne cherche pas à donner une réponse au mystère Patricia/Tania. Au contraire, elle questionne, elle remet en cause, elle dérange notre petit quotidien embourgeoisé qui nous empêche trop souvent d’ouvrir les yeux.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeJournaldeQuebec   18 septembre 2017
Lola Lafon propose pour la rentrée littéraire Mercy, Mary, Patty. Le kidnapping de Patricia Hearst, petite-fille du magnat de la presse W.R. Hearst, est en toile de fond.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   07 septembre 2017
Un texte brillant par l'auteure de La petite communiste qui ne souriait jamais (l'histoire imaginée de Nadia Comaneci).
Lire la critique sur le site : LaPresse
Culturebox   06 septembre 2017
Un roman qui ausculte avec finesse les non-dits béants d'une Amérique opulente.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeDevoir   01 septembre 2017
«Mercy, Mary, Patty» raconte comment une jeune fille peut devenir toxique.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LaLibreBelgique   23 août 2017
Lola Lafon s’empare de l’enlèvement de Patty Hearst pour questionner notre logiciel de pensée.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse   21 août 2017
Lola Lafon nous entraîne cette fois en Californie, en marge du procès de Patty Hearst, petite-fille du magnat William Randolph Hearst, kidnappée par l'Armée de libération symbionaise (ALS) en 1974.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   07 octobre 2017
Cet après-midi-là, ... des étudiants de Kent State University dans l’Ohio qui manifestaient le lundi 4 mai 1970 ... : on sortait de cours, on venait d’apprendre que Nixon avait annoncé à la télévision une “invasion nécessaire du Cambodge” mais les bombes seraient “propres”, ... Tout le monde chantait we shall overcome we won’t go, nobody goes, à la guerre nous n’irons pas et personne n’ira, les bras levés en signe de paix. ... Quatorze secondes, le temps pour la garde nationale de tirer soixante-sept fois. Vous dites que les premiers coups de feu, les gamins les ont pris pour des feux d’artifice, des pétards. Vous esquissez des silhouettes. Celle d’une jeune fille tombée à genoux comme si elle priait, stupéfaite d’être en train de mourir d’une balle dans la tête. Celle d’un adolescent retrouvé caché derrière sa Volkswagen rose garée sur le campus, des traînées de son sang maculent les autocollants bariolés qui ornent la portière. Vous dites les chaussures abandonnées parmi les débris d’os et de chair qui jonchent la pelouse, des chaussures de gamins, tongs, sabots, tennis. Les gémissements des vivants qui tendent la main pour qu’on les secoure. 
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HardivillerHardiviller   16 décembre 2017

Faire un pas de côté et laisser à l'actualité ses conclusions , s'en remettre à la fiction , aux lignes droites préférer le motif du pointillé , ces traces laissées par Mercy Short , Mary Jamison et Patricia Hearst que je découvre lors d'une résidence à Smith College ( Massachusetts )

Elles ont 17 ans en 1690 , 15 ans en 1753 et 19 ans en 1974 . Leur point commun : elles choisissent de fausser compagnie au futur étroit qu'on leur concoctait et désertent leur identité pour en embrasser une nouvelle , celle des " ennemies de la civilisation " de leur époque , les natifs américains pour les deux premières , un groupuscule révolutionnaire pour la troisième .

La rencontre est au centre de Mercy , Mary , Patty , la mienne et celle de mes personnages , Violaine et Gene Neveva , avec celle qui , en 1975 , tourna brièvement le dos au capitalisme pour se rallier à la cause de ses ravisseurs marxistes : Patricia Hearst .

Sa voix rythme le récit , défait les territoires idéologiques et dévoile l'envers de l'Amérique , elle porte en elle une question qui se transmet de personnage en personnage , question-virus qui se transforme en fonction du corps qui l’accueille : que menacent-elles , ces converties , pour qu'on leur envoie polices , armées , prêtres et psychiatres , quelle contagion craint-on ?

Patricia Hearst met à mal toute possibilité de narration omnisciente , à son épopée ne conviennent que des narrations multiples .

Si mon précédent roman interrogeait la façon dont les systèmes politiques s'affairent autour des corps de jeunes filles , Mercy , Mary , Patty s'attache à l'instant du chavirement , du choix radical et au procès qu'on fait subir à celles qui désertent la route pour la rocaille , des procès similaires sur trois siècles , au parfum d'exorcisme

Mercy , Mary , Patty est semé du sable des Landes où se déroule le récit , ses grains minuscules enrayent la fiction d'un monde " civilisé " , auquel on se devrait de prêter allégeance .
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ZilizZiliz   28 janvier 2018
• Bande 4, diffusée le 3 avril 1974.
J'aimerais commencer par préciser que c'est moi qui ai écrit ce que je vais dire. C'est ce que je ressens. On ne m'a jamais obligée à dire quoi que ce soit sur les bandes. Je n'ai pas subi de lavage de cerveau, n'ai été ni droguée, ni torturée ou hypnotisée. [...] J'ai appris que la classe dominante ne recule devant rien pour étendre son pouvoir sur les autres, même si cela inclut de sacrifier un des leurs. [...]
Papa, tu dis que tu t'inquiètes pour moi ainsi que pour les vies des opprimés de ce pays mais tu mens et, en tant que membre de la classe dominante, je sais que tes intérêts et ceux de maman n'ont jamais servi les intérêts du peuple. [...] Si tu as tant d'empathie pour le peuple, dis-leur ce qu'est réellement la crise énergétique, dis-leur que ce n'est qu'une stratégie habile qui permet de cacher les véritables intentions de l'industrie. Dis-leur que la crise pétrolière n'est rien d'autre qu'une façon de leur faire accepter la construction de centrales nucléaires dans tout le pays ; dis aux gens que le gouvernement s'apprête à automatiser l'ensemble de l'industrie et que bientôt, oh, dans cinq ans au plus tard, on n'aura plus besoin que de quelques presse-boutons. [...]
- Tania Hearst
(p. 110-112)
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ZilizZiliz   26 janvier 2018
[...] l'incapacité du FBI à retrouver l'héritière [retenue en otage] est une indication de l'humeur américaine en 1974 : ils ont beau frapper aux portes, les policiers, faire imprimer des flyers qu'ils distribuent aux étudiants de Berkeley, aux musiciens de Haight Ashbury, à ceux qui dérivent sur Valencia Street, ce mélange de vétérans estropiés de dix-huit ans et de gamins des beaux quartiers sur les traces de Kerouac, les portes, en 1974, on les claque au nez des agents. Personne ne veut aider la police. Aujourd'hui [...], la langue des forces de l'ordre a gagné jusqu'aux journalistes qui mentionnent sans qu'on s'en émeuve « une cible abattue, un suspect neutralisé ». Aujourd'hui, on la retrouverait [cette otage], par le biais d'une émission de téléréalité invitant les téléspectateurs à mener l'enquête eux-mêmes.
(p. 60-61)
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HardivillerHardiviller   21 décembre 2017
Enregistrement de Patricia Hearst diffusé le 3 avril 1974 :

" J'aimerais préciser que c'est moi qui ai écrit ce que je vais dire .... je n'ai pas subi de lavage de cerveau ....... j'aimerais commencer par vos pseudo-efforts ..... vos dons étaient une imposture . Vous avez essayé de tromper les gens , vous avez cherché à gagner du temps ........ Vous avez prétendu avoir fait tout ce qui était en votre pouvoir afin que je sois libérée ...... Vos trahisons m'ont beaucoup appris , J'ai changé ; J'ai grandi ....... je ne pourrai retourner à ma vie d'avant ......... J'ai appris que la classe dominante ne recule devant rien pour étendre son pouvoir sur les autres , même si cela implique de sacrifier un des leurs . Il devrait être évident que des gens qui se fichent de leur propre enfant n'en ont rien à faire des enfants des autres .......J'ai choisi de rejoindre la SLA et de lutter pour la liberté de tous les opprimés . Personne ne devrait s'humilier à faire la queue afin d'être nourri ......... Papa a dit qu'il offrirait plus d'emplois ; Mais pourquoi cache-t-il aux gens ce qui va leur arriver : leur emploi leur sera enlevé , qu'il dise aux opprimés de ce pays ce que le gouvernement s’apprête à faire . Qu'il dise aux noirs et aux vulnérables qu'ils seront tués jusqu'au dernier femmes et enfants compris , ce qu'est réellement la crise énergétique qui permet habilement de cacher les réelles intentions de l'industrie . La crise pétrolière n'est qu'une façon de faire accepter la construction de centrales nucléaires . Le gouvernement s'apprête à automatiser l'ensemble de l'industrie et bientôt tous les vulnérables seront au chômage et que leur élimination et celle de la classe moyenne a déjà commencé ......... Ça prendra combien de temps aux blancs de ce pays pour comprendre que ce qu'on fait aux enfants noirs arrivera tôt ou tard aux enfants blancs ?
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Videos de Lola Lafon (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lola Lafon
Mercredi dans Mediapart Live : l'Aquarius, les écrivains solidaires et Bernard Petit .Dès 19h ce mercredi, notre émission revient sur la tragédie de l'Aquarius et l'impasse des politiques migratoires en Europe. Nous recevrons également des artistes témoignant de leur rapport aux mouvements sociaux, parmi lesquels Didier Daeninckx et Lola Lafon. Enfin, l'ex-patron de la PJ Bernard Petit partagera ses «secrets de flics» avec Edwy Plenel.
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