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EAN : 9782354280734
33 pages
Éditeur : Créaphis (24/05/2013)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Réédition d'un texte de Marie-Hélène Lafon publié en 2013 dans le cadre de la collection Paysages écrits de la Facim.

"La géographie est au sens premier du terme une écriture de la terre, on ne saurait mieux dire, ça m’écrase d’évidence ; l’immuable géographie de mes livres dessine un pays archaïque, un pays haut, pelu, bourru, violemment doux, ardemment rogue, perdu et retrouvé toujours, quitté et lancinant."
Texte poétique et singulier au sei... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  10 octobre 2014
Chapeau bas, madame pour cette « Traversée » composée de textes courts, taillés avec la sûreté et la précision d’un diamantaire.
De la haute couture aussi que ces pages où vous nous invitez à vous suivre par « des chemins ombreux ou troués de lumière qui s’enfoncent dans la terre des origines et partent dans le monde »
Amoureuse de la rivière Santoire qui fend ce pays de vos origines au point d’avoir songé à en faire votre nom de plume, nous sentons que la géographie de ce pays fait partie de votre intimité profonde, que ce pays vous habite, vous embrasse autant que vous l’embrassez, même si vous en êtes partie ou en raison de cet éloignement même.

J’aime admirer et je voulais dire un grand merci pour l’offrande que sont vos textes courts, accomplissement de ce désir que vous énoncez en conclusion de ce beau petit recueil à la couverture d’un rouge profond qui habille à merveille la sensualité de votre écriture : « Il s’agirait de restituer un monde, de le donner à voir, mais aussi à entendre, écouter, deviner, humer, flairer, sentir, goûter, toucher, embrasser, à pleins bras, de toute sa peau, page à page, pas à pas, comme on marche, et ma place serait là, enfoncée dans les pays et dans la rumination lente du verbe. »
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cicou45
  22 octobre 2015
Roman ? Essai ? Je ne sais pas trop quelle étiquette attribuer à cet ouvrage un peu particulier de Marie-Hélène Lafon mais peu importe. Qu'a-t-il de particulier ? C'est un livre qui a été écrit sur commande de la fondation Facim, qui a pour but de promouvoir l'action culturelle internationale en montagne. Cette dernière oeuvre particulièrement pour la valorisation du pays de Savoie et c'est sur la demande de cette dernière, alors qu'elle était l'invitée d'honneur lors des rencontres de 2013 que Marie-Hélène Lafon a écrit ce texte. Certes, elle y parle d'un pays qu'elle ne connaît peut-être pas très bien mais elle a su trouver les mots justes, étant elle-même issue d'une famille de paysans (tout comme je le suis d'ailleurs). Elle a su trouver le bon ton pour décrire cet environnement de campagne et de montagne, qui peut parfois être rude en hiver et pourtant, dans lequel il fait bon vivre. En lisant cet ouvrage, le lecteur a presque l'impression d'entendre le doux bruit que fait la rivière (ici La Santoire) ou encore entendre le doux carillon du clocher lorsque les clochent sonnent. C'est un ouvrage dans lequel il ne se passe rien mais au cours duquel, notre narratrice, au cours de ses promenades dominicales, s'émerveille tout simplement de la beauté de la nature. Plus fort encore, Marie-Hélène Lafon rapprochera ce pays de celui qu'elle connaît et qu'elle continue à découvrir de jour en jour, celui de l'écriture !
Aussi, lorsque nature et écriture se confondent, cela donne ce doux moment de lecture ! A découvrir !
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Jolap
  19 mars 2017
"C'est une fantaisie de rivière de disparaître sous une croûte épaisse de terre et de résurger ensuite, mine de rien, l'air dégagé, garnie de truites, bourrée de cailloux, ardemment vive et basillarde, enjuponnée de noisetiers drus."
Marie-Hélène Lafon a l'Auvergne chevillée au corps et l'amour de la langue française dans les tripes! J'imagine qu'elle travaille ses textes avec lenteur, sensualité et détermination un peu comme un peintre qui souffrirait devant sa toile.
C'est le texte avant tout. Elle a un style qui n'appartient qu'à elle. C'est beau. C'est généreux. Elle s'applique à rendre la nature encore plus luxuriante. Elle écrit ses longues phrases, longues comme la rivière qui coule, longue comme les journées des paysans attachés à leur terre.
L'Auvergne, elle y est née et n'aura de cesse de lui rendre hommage. "Les belles lettres" elle en a fait sa vocation un peu comme on entre en religion. Les deux font bon ménage. L'une nourrit l'autre et l'autre se prête au jeu avec souplesse.
C'est un plaisir.
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mireille.lefustec
  18 août 2015
Un tout petit ouvrage destiné à la collection "Paysages écrits".
Enfin une femme qui assume son appartenance à sa terre, qui la revendique.
Enfin une femme qui a quitté son pays sans le renier, sans avoir honte de ses origines.
Ses parents étaient paysans et elle, elle enseigne les lettres classiques à Paris.
Sa terre continue de vivre en elle.
" le corps immuable du pays s'inscrit dans ma mémoire et dans mon corps qui grandit et devient, entre dix ans et dix-huit ans; c'est un corps à corps."
Beaucoup de sensibilité, de poésie, d'amour des choses et des êtres.
Un bonheur de lecture.
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claraetlesmots
  22 juillet 2015
Publié à l'initiative de la Fondation Facim à l'occasion des 13e rencontres en pays de Savoie dont Marie-Hélène Lafon était l'invitée d'honneur, ce court texte est un bijou. L'auteure y parle de la géographie de son pays si intimement lié à ceux qui le travaillent "comme une borne en terre le paysan est fiché dans le paysage et chevillé au pays, l'un l'autre se travaillent mutuellement au corps, entre tension et passion, vocation et résignation, patience et vaillance"."Le travail est un rapport au corps du pays et ses gestes habitent le paysage, l'animent de façon nécessaire parce qu'utile, ou inversement." Fille de paysans d'une région où coule la rivière La Santoire, ses origines l'ont nourrie. Certains les bâillonnent, tentent de les oublier, chez Marie-Hélène Lafon elles sont présentes tout comme son pays dans chacun de ses livres : "L'immuable géographie de mes livres dessine un pays archaïque, un pays haut, pelu, bourru, violemment doux, ardemment rogue, perdu et retrouvé toujours, quitté et lancinant. Des hommes et des femmes, et quelques enfants, y vivent, y travaillent, ils habitent dans des maisons qui font corps autour d'eux, les bêtes sont nombreuses et vivaces, les apprivoisées et les autres." Elle connaît la rivière, la vallée, chaque pré tout comme le travail de ses parents "Les enfants, dont je suis, participent à ces travaux, portent les outils, les piquets, le rouleau de fil et voit comment donner à la clôture la bonne tension. Aujourd'hui encore, cette métaphore du fil tendu et du piquet me vient naturellement quand il s'agit de dire le travail de la phrase, et le juste équilibre à trouver entre majuscule initiale et point final". Son pays est incrusté sous sa peau, il coule dans ses veines et dans ses mots " Je sais seulement que la regardeuse d'enfance est devenue une travailleuse du verbe, assise à l'établi pour tout donner en noir et blanc sur les pages des livres". Son pays et Marie-Hélène Lafon sont indissociables. L'humilité qui s'en dégage, la puissance et cette simplicité si belle de ce qu'elle nous transmet avec amour et sincérité m'ont prises à la gorge. Un texte qui m'a touchée-coulée.
Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   08 octobre 2014
Au commencement le monde est fendu. Au commencement il y a la fente, la Santoire et sa mouillure vive au fond de la vallée qu'elle a creusée. La Santoire est une rivière, la rivière.
(...) la rivière feule dans le noir, elle bouge dans les plis de la nuit. Je connais la rivière par les cailloux ronds qui lui font double cortège et tapissent son lit, on s'y tord les pieds, les cailloux sont bleus, ils sont gris, ils inventent des gris et la voûte des frênes trouée de lumière chatoie sur eux au long des après-midi de tous les étés dans le présent qui n'en finit pas de l'enfance immobile.
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PiatkaPiatka   25 septembre 2015
Le latin pagus désigne d'abord une borne fichée en terre pour marquer des limites et ensuite l'espace enclos dans ces limites ; il donnera en français païen, celui qui habite cet espace mesuré et domestiqué, et pays, l'espace lui-même, le canton ; de pays, procédent paysage et paysan ; c'est une famille de mots et un clan d'enracinés. Comme borne en terre le paysan est fiché dans le paysage et chevillé au pays, l'un et l'autre se travaillant mutuellement au corps, entre tension et passion, vocation et résignation, patience et vaillance.
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PiatkaPiatka   01 octobre 2015
La géographie est au sens premier du terme une écriture de la terre.
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JolapJolap   19 mars 2017
C'est évidemment à l'école que je contracte l'apprentissage du rudiment, le goût des mots et des histoires. Ecrire et partir c'est le même mouvement vital, ça ne se sépare pas........ et quand je commencerai à écrire, ce sera comme lire en braille et déchiffrer du bout des doigts une géographie intérieure, très archaïque. Tout sera là, tout se lèvera et remontera du fond des âges.
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JolapJolap   19 mars 2017
J'ai des acolytes, les chiens me font escorte, alertes, desservants, deux ou trois, et toujours un favori parmi les trois. Les chiens patrouillent, apparaissent, disparaissent, suivent des pistes secrètes, font la pause à mon côté, la truffe dans l'herbe et l'œil faussement clos, les côtes frémissantes sous le poil tiède.
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Vidéo de Marie-Hélène Lafon
Rencontre dédicace avec Marie-Hélène Lafon
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