AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782846810005
Les Solitaires Intempestifs (17/05/2001)
3.67/5   6 notes
Résumé :
Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes - vingt ou trente années ? trente années...- La Fille jouera sa petite histoire, prendra des mines, habile à prendre des mines, fredonnera chansonnette et esquissera pas de danse. Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes, elle racontera la journée terrible qui s'achève, la journée pénible qui s'achève, récit des diverses humiliations et aléas divers.>Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
5Arabella
  27 décembre 2021
Ecrite en 1988 et jouée pour la première fois la même année dans une mise en scène de l'auteur, au moment même où il apprend sa séropositivité, qui à l'époque était une condamnation à mort, Music-hall est une des oeuvres emblématique de Jean-Luc Lagarce, et elle a connu depuis sa création, des dizaines de mises en scène, en France comme à l'étranger.
La Fille et ses deux Boys évoquent leur spectacle. Surtout l'entrée en scène, minutieusement pensée, ce premier moment du contact avec le public, dans lequel les choses se mettent en place, se décident, où le lien se noue ou pas. Mais les choses ne sont pas toujours faciles à maîtriser : dans les théâtres de second ordre où le trio semble avoir l'habitude de jouer, les moyens ne sont pas toujours à disposition, et les exigences de la Fille provoquent moquerie et désinvolture de la part des équipes techniques. Elle, elle a toujours été là, dès l'origine du spectacle, les Boys quand à eux se sont succédé, les uns après les autres, et ils portent un regard plus distancié sur le spectacle. Dans un long ressassement, ils évoquent la répétition des représentations, des tournées, des gestes…
Evidemment l'auteur célèbre le spectacle, l'aventure fragile et magique de jouer devant un public, de se mettre en danger, se rendre vulnérable aux regards, jugements, réactions. Tout le rituel, les répétitions, la maîtrise illusoire des gestes, de l'espace, sont là pour tenter de se protéger, de mettre à distance, pour tenter d'être le démiurge tout puissant. Mais la vanité de tout cela suinte à chaque instant, l'imprévisible spectateur a finalement toujours le dernier mot, et déjà le pouvoir de ne pas venir et laisser l'artiste seul en scène, face à lui-même et à ses peurs. Bien sûr qu'au-delà du spectacle de théâtre, Lagarce pense au spectacle que chacun donne ou tente de donner aux autres dans sa vie, la mise en scène permanente des existences humaines, aussi vaine qu'inévitable.
Je dois toutefois avouer que j'ai trouvé le texte un tant soit peu démonstratif, et les ressassements très répétitifs par moments. Mais la pièce a une efficacité certaine, et peut donner l'occasion, à l'actrice jouant la Fille, si elle a beaucoup de talent, à un beau numéro d'actrice.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          135
paolinna
  07 août 2016
Je ne lis que très rarement de pièces de théâtre, pourtant je dois admettre que j'accroche plutôt bien à ce genre. D'autant plus lorsqu'elles sont aussi bien écrites que celle-ci. Même si l'histoire en soit n'est peut-être pas des plus intéressantes, l'écriture de Jean-Luc Lagarce rend la lecture vraiment agréable. La poésie de ses textes, les jeux de mots, les répétitions, le choix des expressions, tout est très bien ajusté. Il en ressort une vraie musicalité qui devait rendre vraiment bien lorsque la pièce était jouée sur scène.
En ce qui concerne l'histoire, comme je l'expliquais plus haut, il n'y a pas de réels rebondissements, rien de particulier qui s'y passe. Il y a juste trois personnages, sans noms, qui reviennent sur leur pièce, sur leur arrivée sur scène, sur leur présence au sein de ce trio. Il y a de nombreux questionnements qui remettent en question le théâtre, le succès, l'importance des divers accessoires et costumes, jusqu'à l'histoire même de cette pièce et sa véritable formation.
Plus on avance, plus l'histoire en devient dérisoire et légèrement grotesque. On en vient à se demander si tout ce qui est dit a vraiment eu lieu, si ces personnages ont vraiment rencontré le succès un jour. Pourtant, ils continuent et c'est probablement une façon de montrer la nécessité, ce besoin qu'ont les artistes de monter sur scène pour vivre leur passion, voire pour vivre tout simplement. Bien qu'assez mélancolique parfois, il reste une touche d'espoir, de rêve qui motive ces trois acteurs à rester sur scène et nous à lire.
Lien : http://mangeonsleslivres.blo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
theaudu57theaudu57   03 novembre 2021
La Fille‚ elle venait comme ça‚ du fond‚
là-bas‚
elle entrait‚
elle marchait lentement‚
du fond de la scène vers le public‚
et elle s’asseyait.
Parfois‚ c’est arrivé plusieurs fois‚ parfois‚
parce qu’il n’y avait pas la possibilité d’entrer par le fond‚
ou parce que la scène n’était pas assez profonde
ou d’autres fois encore‚ parce que la lumière avait dû être réglée autrement‚
la Fille‚ alors‚
c’était une habitude qui avait été prise pour faire face à ce genre d’incidents‚
la Fille entrait sur le côté dans le fond de la scène et alors‚ assez habilement je dois dire‚ elle effectuait un léger demi-cercle et gagnait ainsi la ligne centrale pour avancer‚
« comme si de rien n’était »‚
vers le public‚
et s’asseoir‚ au même endroit‚ de la même manière‚
lente et désinvolte.

Parfois encore‚ une ou deux fois‚
et pas plus tard qu’il y a un an‚
parfois encore‚ au fond de la scène‚ il n’y avait aucune porte‚
et dans ces cas extrêmes‚
mais il était bon de les prévoir au cas où‚
puisque pas plus tard que l’an dernier‚ et d’autres fois encore‚
et dans des circonstances qui ne le laissaient pas prévoir‚
une telle situation pouvait se révéler possible‚
il avait été prévu que la Fille‚
mais ce devait être exceptionnel‚
la Fille serait déjà là‚
elle attendait au fond‚ et lorsque cela commençait
– mais c’est elle toujours qui décida du début –
lorsque cela commençait‚ elle avançait en ligne droite vers le public et elle s’asseyait‚
de la toujours même manière lente et désinvolte.
Comme ça‚ « l’air de rien ».

Parfois encore‚ une fois‚
deux‚
je ne sais plus‚
et il serait bon‚ franchement‚
c’est ce que je pense‚
parfois‚ une ou deux fois‚
trois‚
admettons quatre‚
je compte‚ je réfléchis et je compte‚
mettons quatre fois‚
parfois‚ non seulement il n’y eut pas de porte‚
où que ce soit‚ ni au fond‚ ni sur le côté‚
et d’autre part
– c’est là que je veux en venir –
et il faut reconnaître que ce n’était pas rien‚
– quand j’ai vu ça‚ j’en aurais pleuré‚ et bien que cette éventualité-là fût prévue‚
je n’aurais jamais imaginé devoir un jour m’en servir‚
y recourir –
d’autre part‚
la scène était si petite‚ vraiment‚ de là à là‚ pas plus‚
que rien ne permettait de marcher‚ très lentement‚ et d’une manière désinvolte‚ rien‚
franchement‚ il fallait l’admettre
– j’en aurais pleuré‚ c’est vrai‚ on ne me croit pas‚ j’ai l’air comme ça‚ mais j’en aurais pleuré –
si petite‚ oui‚ qu’il fallut que la Fille‚
c’était la solution‚
que la Fille soit déjà là‚ assise‚ l’air de rien‚ déjà‚ oui‚ déjà‚
toute coincée entre le fond et le public‚ si proches l’un de l’autre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Jean-Luc Lagarce (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Luc Lagarce
C'est aujourd'hui une de nos plus fortes, plus puissantes et audacieuses comédiennes, une de nos plus actives et fécondes metteuses en scène, aussi. Au Petit Saint-Martin, à Paris, Catherine Hiegel se retrouve pour la première fois de sa carrière seule en scène dans un monologue signé du défunt Jean-Luc Lagarce et monté par Marcial di Fonzo Bo, Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne. Elle y excelle de distance ironique et mélancolique à la fois. L'ex-doyenne de la Comédie-Française – dont elle fut violemment et injustement remerciée après quarante ans d'admirables services – incarne à merveille les mille nuances et détours d'un texte, d'un auteur. Si elle reste une des plus subtiles interprètes (et metteuse en scène) de Molière et Goldoni, elle sut encore s'embarquer, après l'éviction du Français, chez les meilleurs dramaturges contemporains, de Bernhardt à Minyana, de Noren à Koltès, via Zeller. Et elle y rayonne comme personne de son énergie blessée, de sa vitalité insubmersible. Elle nous dit ici un peu de ses secrets de fabrication, de ses passions théâtrales, de son enfance merveilleuse, de la Comédie-Française qui la façonna et la fit souffrir, de la misogynie au théâtre, de sa fille qui accuse d'inceste son père Richard Berry, son ex-compagnon. de ses forces et de ses faiblesses. Elle est magnifique.
Vous avez aimé cette vidéo ? Abonnez-vous à notre chaîne YouTube : https://www.youtube.com/channel/¤££¤28De Bernhardt16¤££¤4fHZHvJdM38HA?sub_confirmation=1
Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux ! Facebook : https://www.facebook.com/Telerama Instagram : https://www.instagram.com/telerama Twitter : https://twitter.com/Telerama
+ Lire la suite
autres livres classés : minesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Pièces de théâtre, poèmes et romans français du XIXième siècle !

Laquelle de ces pièces ne s'inscrit pas dans ce qu'on appelle vers la fin du XIXième comme "drame romantique" ?

Ruy Blas, Victor Hugo
La Dame aux Camélias, A. Dumas fils
Lorenzaccio, Musset
Ubu Roi, Alfred Jarry

10 questions
182 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature française , xix-xxè , romantismeCréer un quiz sur ce livre