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ISBN : 2330060734
Éditeur : Actes Sud (30/03/2016)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Angleterre, 1954. La paranoïa engendrée par la guerre froide se généralise, en Europe comme ailleurs. Deux employés du bureau des Affaires étrangères, Burgess et Maclean, ont été démasqués comme étant des espions soviétiques et aux États-Unis la chasse aux sorcières de Joseph McCarthy contre les communistes et les homosexuels bat son plein. Un matin pluvieux de juin, le corps sans vie du mathématicien Alan Turing est découvert à son domicile de Wilmslow. À côté de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
alainmartinez
  26 juillet 2016
Depuis la sortie du film « Imitation Game » du réalisateur Morten Tyldun en 2014 tout le monde connait Alan Turing. Véritable héros de la Seconde Guerre Mondiale, Turing et son équipe ont réussi à décrypter les communications secrètes de l'état-major allemand, grâce à une machine mise au point par Alan. Obligé de tenir secret son rôle et ses travaux durant cette période, il aura fallu attendre 2009 pour qu'un Premier ministre Anglais présente ses excuses pour la manière dont Turing fut traité.
Roman ? Polar historique ? Biographie ? « Indécence Manifeste » de David Lagercrantz est un peu tout cela.
Le 7 juin 1954, Alan Turing est retrouvé mort sur son lit, à coté de lui une pomme croquée empoisonnée au cyanure. L'explication d'un suicide semble satisfaire tout le monde. Leonard Corell, jeune inspecteur chargé de l'enquête, ressent la nécessité d'investiguer plus à fond sur sa mort. Il reconstitue sa vie et découvre que Turing était homosexuel, ce qui était interdit à l'époque, et a été condamné à la castration chimique. En interrogeant son entourage, ses amis, ses collègues, il fait le portrait d'un homme seul, renfermé qui a du mal à se faire comprendre. Il découvre que Alan Turing était un génie en mathématiques et qu'il a joué un rôle essentiel - et très secret - pour les services secrets durant la guerre en fabriquant une machine qui permettait de casser les codes allemands. En reconstituant le mystère qui entoure Alan, c'est sur sa propre vie que Corell s'interroge.
Ce roman sans action ou suspense où se côtoient des personnages réels (Alan Turng, Robin Gandy, Ludwig Wittgenstein) et fictifs (Leonard Corell) arrive à nous captiver. Très bien documenté, il nous plonge dans les années 50, ces années d'après-guerre et aussi de guerre froide. La peur du communisme. L'intolérance. L'homophobie. David Lagercrantz met en lumière l'injustice qu'a subie Turing. Un bel hommage a cet homme considéré comme l'un des pères de l'informatique et de l'ordinateur. Un très bon roman historique.
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sweetie
  19 juin 2019
À la suite du visionnement du film le jeu de l'imitation, j'ai voulu en savoir un peu plus sur Alan Turing et j'ai opté pour le roman dont le titre, Indécence manifeste, réfère au Code pénal britannique datant de 1885.
David Lagercrantz tente de cerner la personnalité de Turing dans ce polar historique. Au lendemain de la mort de Turing à à son domicile en juin 1954, un jeune inspecteur, Leonard Corell, est dépêché sur les lieux en vue d'une investigation approfondie. Au fil de ses recherches et au long des entretiens avec d'ex-collègues et des proches du mathématicien, Corell se sent de plus en plus impliqué et en vient à outrepasser son mandat.
La lecture d'un tel roman, à notre XXIe siècle branché, ouvert et planétaire, est une expérience fascinante et déroutante. En pleine guerre froide, espionné par les services secrets britanniques, harcelé pour son orientation sexuelle dont on craignait une potentielle faiblesse humaine, Turing n'a pas bien vécu l'après-guerre, lui qui avait réussi à décrypter la machine allemande Enigma, réduisant par cet exploit la durée du conflit. « Il demeurait la fragile araignée au centre de la toile, sur lequel on lançait sans arrêt des regards vigilants. »
J'ai beaucoup apprécié la construction du roman ainsi que l'écriture de David Lagercrantz; ses personnages sont crédibles, conséquents avec leurs actes et amènent une dimension terre-à-terre au génie d'Alan Turing, figure centrale du récit.
Turing, lui-même qualifié de « code inviolable », « fasciné par l'imitation de l'humain » dont le « grand rêve était de mécaniser la pensée, pour ainsi dire de matérialiser la logique. » J'aurais aimé qu'il vive plus longtemps…
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ISK
  23 avril 2016
Quel drôle de roman.
À ne pas savoir par où commencer. Ce titre que j'ai du mal à qualifier de polar est une énorme surprise, et des meilleures.
Polar, sans doute, puisqu'après tout il débute sur une mort mystérieuse et met en scène un inspecteur de police de Wilmslow qui ne se satisfait pas de l'évidence du suicide du mathématicien homosexuel Alan Turing dans les années 50. Un drôle de roman historique de ce Suédois qui raconte comme un Russe une histoire bien anglaise…
Surprise donc, d'abord par cet éclatement des genres et des tons. Parce que si les ficelles du polar sont bien là, le traitement que lui réserve Lagercrantz est très intellectuel et transcende le genre. Amateurs de frissons et d'action s'abstenir, il s'agit d'un ouvrage hautement littéraire, polymorphe et contemplatif, qui réfléchit plus qu'il n'avance –et quelle réflexion : mathématiques, philosophie, théorie littéraire, communisme, intelligence artificielle, poésie, l'ouvrage survole paradoxes scientifiques et remises en cause morales et académiques sur fond d'espionnage et d'évolution des moeurs sociales et sexuelles post-Seconde Guerre Mondiale, sans lourdeurs mais avec finesse.
Surprise également par la qualité de l'écriture et de la narration, avec une langue ciselée, précise, et des personnages très nuancés. Deux figures majeures, le mort et le vivant, le personnage historique et le personnage de roman, le premier qui se dessine petit à petit, fantasque, imprudent, génial, le second étonnamment humain dans sa petitesse, ses failles, sa vanité, sa faiblesse, pas de héros, pas d'antihéros non plus, tous deux tour à tour attendrissants, agaçants, pathétiques ou furieusement antipathiques. Des personnages secondaires qui ne manquent pas non plus de substance, jamais bâclés ni convenus.
Surprise enfin par la cohérence entre la forme et le fond du roman, et par les mille petits échos et clins d'oeil littéraires qui le parsèment, par sa pudeur et son intelligence, et par cet auteur que je découvre et qui ne prend le lecteur de polar ni pour un imbécile ni pour un paresseux. La fin toutefois, même si satisfaisante, est à mon sens un peu « facile », et un peu expédiée après la montée en puissance et l'exigence du reste du roman. Mais elle ne gâche rien, et "boucle la boucle" si l'on a été attentif aux premières pages de cet ovni...
Bref, il y aurait beaucoup à dire de ce polar littéraire comme on aimerait en dénicher plus souvent. Lisez-le.
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Lampyre
  27 septembre 2017
J'ai trouvé ce roman un peu déroutant au début , sachant que je m'attendais à une enquête policière .
Au final , sur les pas de l'inspecteur Leonard Corell , on enquête sur la personnalité d'Alan Turing , célèbre mathématicien sans lequel l'issue de la seconde guerre mondiale aurait pu être toute autre et que l'on retrouve mort en 1954 à son domicile , suite à ce qui semble être un suicide .
Au fur et à mesure du récit , s'affine également le portrait de Léonard Corell , à travers ses certitudes , ses doutes et ses interrogations au sujet de cette mort . Avec lui , le lecteur se plonge dans l'histoire de ce mathématicien , du cryptage /décryptage , de la machine Enigma , de l'espionnage et du sort fait aux homosexuels dans l'Angleterre des années cinquante.
Ce livre m'a donné envie de relire "Enigma" de Robert Harris , lu il y a déjà longtemps .
J'ai vraiment aimé la manière dont cette histoire , "prenante", est menée.
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Rodin_Marcel
  19 avril 2018
Lagercrantz David – "Indécence manifeste" – Actes Sud, 2016 (ISBN 978-2-330-06073-2) ; 382p. - copyright 2009 pour l'original en suédois

L'auteur produit ici une biographie romancée d'Alan Turing (1912-1954), mathématicien anglais qui fut l'un des principaux concepteurs de ce qui deviendra l'informatique et les ordinateurs.
Mieux encore, pendant la Seconde Guerre Mondiale 1939-1945, il appartint à l'unité intellectuelle d'élite réunit dans le secret absolu à Bletchley Park et ayant pour mission de casser le code secret "Enigma" mis au point par l'état-major allemand pour communiquer avec ses armées disséminées un peu partout, et surtout avec ses sous-marins qui infligeaient des pertes sévères à l'armada navale britannique. Selon certains historiens, l'aboutissement réussi de ce décryptage aurait permis d'avancer d'au moins deux années la fin victorieuse de cette guerre mondiale et la débâcle des troupes nazies.

Malheureusement, il faut attendre la page 163 et le chapitre 19 pour que l'auteur consacre à cet aspect de la carrière de Tuning à peu près autant de place qu'à l'autre versant, à savoir les quelques poursuites qu'il eut à subir du fait de son homosexualité.
Les dix-huit premiers chapitres ne traitent que de cet aspect, et par la suite, ce thème revient constamment, car l'auteur tient à faire passer sa thèse principale : c'est en raison de sa "différence" que Tuning aurait été en état de projeter ce qui deviendra l'informatique et la mise au point des ordinateurs.

Personnellement, je reste fort sceptique à ce sujet : de nombreuses autres personnes ont contribué à l'émergence de l'informatique de façon tout aussi décisive, et les homosexuels représentaient sans doute dans ce secteur la même proportion (relativement minime) que dans toute autre activité humaine, ni plus ni moins. Attacher une telle importance à cet aspect de la vie privée des gens revient vite à les faire passer pour des sortes d'animaux de cirque, ce qu'elles et ils ne souhaitent pas forcément, surtout dans ces générations où l'on distinguait encore radicalement entre la vie privée et la vie publique (ce qui n'est hélas plus le cas aujourd'hui, où tout un chacun se croit obligé d'étaler sa vie privée dans de grands élans nombrilistes).

L'auteur reste tout de même prudent sur les causes de la mort de Turing, même s'il la relie pesamment aux tracas judiciaires dont il fut l'objet en 1952 : l'un des biographes autorisés de Turing, Jack Copeland, penche de son côté plutôt pour un accident...

C'est bien écrit, c'est intéressant, ça se lit bien, mais je n'apprécie pas qu'un auteur se serve d'un sujet pour illustrer une thèse quelle qu'elle soit – surtout lorsqu'elle rencontre "par hasard" une thématique très à la mode...

Dans une tentative analogue, je trouve que le roman de Jérôme Ferrari intitulé "Le principe : roman" publié en 2015 (ISBN 978-2-330-06556-0 – voir recension) et consacré à la vie de Werner Heisenberg est bien plus convaincant.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   06 juillet 2016
Les mathématiciens n’aiment pas songer à des trivialités comme l’utilité de leurs équations. Ils trouvent cela parfaitement vulgaire. Tu connais l’histoire du garçon qui étudiait chez Euclide ? Non ? Un jour, le garçon a demandé au grand mathématicien à quoi servaient ses formules. Euclide a répondu qu’on pouvait donner une pièce au gamin, pour qu’il trouve une utilité à ses calculs. Puis il a mis le gosse à la porte. Non, des idioties comme l’utilité, on ne doit pas s’en soucier. La beauté des mathématiques réside justement dans cette clôture sur soi : elles ne servent qu’à elles-mêmes.
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rkhettaouirkhettaoui   17 avril 2016
Les homosexuels font de parfaites victimes de chantage. Ils sont pour ainsi dire prêts à tout pour que leurs penchants ne soient pas étalés au grand jour. Nos amis du FBI ont aussi constaté que les Russes cherchent tout particulièrement à recruter des pédales. Mais ce n’est pas là toute la vérité, pas même l’explication première. Non, non, la raison décisive est que ceux qui se livrent à des actes pervers manquent de caractère. Ils n’ont pas la hauteur morale requise pour occuper des postes de responsabilité, et je ne dis pas cela à la légère : il y a des preuves à foison.
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alainmartinezalainmartinez   23 juillet 2016
Personne n’est plus stupide que des gens qui suivent un chef cinglé et s’excitent au lynchage. Ou comme Thomas Carlyle l’a dit : la folie est l’exception pour les individus, mais la règle pour les foules.
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sweetiesweetie   19 juin 2019
« Le mystère vaut toujours plus que la solution du mystère. » Est-ce pour ça que je trouve toujours les romans policiers amusants au début, mais toujours si tristes et prévisibles vers la fin?
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6L206L20   05 mars 2018
L'inspecteur Rimmer avait en tout cas griffonné dans son rapport ces lignes qui avaient tellement captivé Corell, ces termes curieux connus comme le PARADOXE DU MENTEUR : "Je mens ! Si cet énoncé est vrai, il est faux puisque la personne ment, mais alors elle dit la vérité, puisqu'elle ment, etc.", avait écrit Rimmer, ajoutant que des contradictions comme celle-ci avaient provoqué une crise de la logique mathématique, qui avait à son tour conduit Alan Turing à jetter les bases d'une machine d'un genre nouveau.
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Vidéo de David Lagercrantz
Rencontre avec David Lagercrantz à la librairie La Galerne, pour la parution de "Millénium 6 - La fille qui devait mourir".
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