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Marguerite Gay (Traducteur)Gerd de Mautort (Traducteur)Diane de Margerie (Préfacier, etc.)
ISBN : 2234061741
Éditeur : Stock (08/10/2008)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Barabbas apparaît dans les évangiles comme un personnage trouble du 1er siècle après J.-C. Résistant à l'oppression romaine, ou simple bandit, il sera jugé en même temps que le Christ, et quand Ponce Pilate demande au peuple de choisir entre ces deux hommes, c'est Barabbas que le peuple graciera.

Le roman de Pär Lagerkvist restitue la vie mouvementée et la conscience inquiète de Barabbas après qu'il a vu exécuté celui que les premiers Chrétiens annonc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
mesrives
  20 avril 2017
« Tout le monde sait qu'on le crucifia en même temps que deux autres; on sait quelles personnes se tenaient groupées autour de lui: Marie, sa mère, et Marie de Magdala, Véronique et Simon de Cyrène, qui avait porté la croix, et Joseph d'Arimathie, qui devait l'ensevelir. Mais un peu plus bas sur le versant, à l'écart, un homme observa sans arrêt celui qui était cloué là-haut sur la croix et suivit l'agonie du commencement à la fin. Il s'appelait Barabbas. C'est de lui qu'il s'agit dans ce livre. »
Barabbas, l'homme gracié et libéré par Ponce Pilate à la place de Jésus de Nazaret …
Pär Lagerkvist nous entraîne sur les pas de Barabbas, dans les ruelles de la Jérusalem antique de la porte de David (Porte de Sion) à celle du Fumier (Porte des Maures) jusqu'au Mont Golgotha, lieu du supplice où notre brigand se repaît du spectacle de la crucifixion de Jésus et des prodiges qui en découlent.
Les interrogations de Barabbas sont immédiates : « Dès qu'il l'avait aperçu dans le prétoire du palais, il avait senti qu'il y avait quelque chose d'extraordinaire en lui. Ce que c'était, il n'aurait pu le dire, il le sentait seulement. »
Evénement et incidents qui le marqueront à tout jamais, déchaînant des sentiments profonds et contraires, provoquant des agissements paradoxaux, Barabbas s'aventure dans les perspectives amenées par la foi au contact et à la fréquentation des premiers disciples de la communauté chrétienne.
Mais le doute sera l'expression dominante de son ressenti, lui le brigand des montagnes, sans foi ni loi, lui, l'esclave déporté dans les mines de cuivre de Chypre, n'aura de cesse de comprendre ce dont il a été témoin et ce jusqu'à son dernier soupir sur une énième croix.
« Au crépuscule les spectateurs étaient déjà partis, fatigués de rester là debout. Et d'ailleurs tous les condamnés étaient morts.
Seul Barabbas vivait encore. Quand il sentit venir la mort, dont il avait toujours eu si peur, il dit dans les ténèbres, comme s'il s'adressait à la nuit:
« A toi je remets mon âme. »
Et il rendit l'esprit. »
Entre les premières lignes de l'incipit et les dernières lignes de la fin du récit (recopiés tous deux ici), une plongée plus que réaliste, humaine, dans le coeur, le corps et l'âme de Barabbas.
Dans cette exploration universelle et intemporelle de la pensée humaine, nous sommes ballotés dans les affres existentielles et émotionnelles, les turpitudes physiques et les vicissitudes quotidiennes de Barabbas.
Les méditations de Barabbas semblent le conduire malgré tout vers une ouverture spirituelle, un reveil philosophique.
Une écriture fluide, précise et efficace sert la narration.
Magnifique.
Un très beau moment de lecture et surprise d'avoir été captivée!
Par ailleurs ce récit romancé de la vie de Barabbas, qui reste encore trouble pour les historiens, a aiguisé ma curiosité: en effet Barabbas qui signifie fils du père en araméen aurait désigné Jésus lui – même, ce qui revient à dire que devant Ponce Pilate la foule demandait en vérité la libération de Jésus, fils du père!
Très intéressant, c'est le sujet d'un autre livre, Jésus dit Barabbas de Gérald Messadié que je lirai à l'occasion.
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Commenter  J’apprécie          561
joedi
  23 août 2013
L'histoire de Barabbas est si bien contée qu'elle donne l'impression que l'auteur y était physiquement ! Qui est Barabbas ? Pär Lagerkvist le décrit comme un gaillard d'une trentaine d'années, solidement bâti, avec un teint blême, une barbe rousse, des cheveux noirs. Les sourcils de même étaient noirs ; les yeux s'enfonçaient dans les orbites, comme si le regard avait voulu se cacher. Barabbas c'est le brigand gracié par la foule au détriment de Jésus de Nazareth qui se prétend fils de Dieu, un dieu unique sur le ciel et la terre. Au pied de la croix, se tenaient Marie, sa mère, Marie de Magdala, Véronique et Simon de Cyrène, qui avait porté la croix, et Joseph d'Arimathie, qui devait l'ensevelir ; et un homme caché, Barabbas, qui suivit l'agonie du commencement à la fin.
À partir de cet événement, Barabbas épie les disciples du Sauveur, ceux qui se réunissent en secret, ceux qui parlent de Jésus, fils de Dieu, le ressuscité. Il ne sait que penser, son caractère change, mais tel Judas, il niera une quelconque appartenance ou accointance avec les chrétiens. Pär Lagerkvist décrit la vie de Barabbas dès le jugement par Pilate et la crucifixion de Jésus, jusqu'à la fin de sa propre vie. Il évoque avec force les inquiétudes et les tourments qui assaillent Barabbas.
Un très beau et noble moment de lecture !
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litolff
  10 décembre 2011
Dans ce court roman réédité en 2008 on découvre avec intérêt comment Barabbas, après avoir été libéré à la place de Jésus-Christ, assiste à sa crucifixion, médusé par ce pauvre type que l'on prétend fils de Dieu... Et commence alors pour lui un long cheminement au sein des premières communautés chrétiennes qu'il croise de loin en loin et qui le fascinent sans qu'il puisse le comprendre (lui, Barabbas, un bandit respecté !). Animé par un vague sentiment de culpabilité, mais surtout de curiosité, Barabbas essaie de comprendre ces disciples fervents du soi-disant Dieu qu'il a vu périr sur la croix et qu'il ne cesse de croiser sur la route qui le conduira de Jérusalem à Rome, en passant par Chypre. Sceptique, mais aussi confondu par tant de ferveur jamais il ne redeviendra l'homme qu'il était, tourmenté par les hommes qu'il a rencontrés et la foi qu'il a lue en eux.
Un petit roman court mais saisissant qui m'a fait penser à "L'évangile selon Pilate" d'Eric Emmanuel Schmitt mais aussi à "Catholique anonyme" de Thierry Bizot.
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monito
  27 septembre 2009
Ce roman valut le prix Nobel de littérature à l'auteur, il donne à lire l'histoire de Barabbas le libéré, celui qui échappa à la crucifixion aux dépens de Jésus Christ.
Aux commencements du Christianisme, ce Barabbas nous laisse aussi percevoir la création d'une foi et l'aura (pour ne pas dire l'aspect légendaire) qui l'accompagne aussi.
Barabbas sera marqué, à vie et à mort, d'avoir été libéré bien sûr mais aussi d'avoir assisté à l'agonie et à la passion du Christ sur la croix.
Nous donnant « sa » version, il sera confronté aux crédules qui firent les croyants et non content d'avoir été celui en faveur duquel le Christ perdit la vie, Barabbas ne sera jamais vraiment convaincu par la foi et le prosélytisme qui l'environneront jusqu'au jour de son trépas.
Barabbas peut être devenu fou de cette simple loterie qui modifia considérablement la face de l'humanité par le développement et l'essor du christianisme ; il peut aussi, mais l'on n'y croit guère, avoir émis ces doutes, ces questionnements qui ne sont jamais de bon aloi quand doit naître ou grandir une foi, ces doutes et ces questionnements qui font pourtant que s'il fallait un berger nous n'avons pas tous des vocations de mouton.
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Alienor
  23 janvier 2009
Barabbas est l'homme qui fut jugé en même temps que le Christ, mais que le peuple décida de gracier, condamnant du même coup Jésus à la crucifixion. Voilàpour les faits. Et ce que nous narre Pär Lagerkvist dans ce roman, c'est l'histoire fictive de Barabbas après qu'il eut assisté au calvaire du Christ sur la croix. Cet homme, bandit jusqu'alors sans la moindre conscience, va s'intéresser de près à la vie de cet homme mort à sa place. Il va se rapprocher des disciples de Jésus, essayer de comprendre comment cet homme qu'il a vu mourir comme un simple esclave, a pu susciter une telle ferveur. Comment pourrait-il être le fils de Dieu, et s'être laissé ainsi exécuter ?
Petit à petit, à force d'entendre tous ces témoignages passionnés et de constater l'immense douleur de ces hommes et femmes orphelins de leur guide, la culpabilité va ronger Barabbas, qui ne sera plus jamais le même et qui aimerait tant croire à son tour. Mais c'est un sceptique, et tous les actes accomplis par le soi-disant Sauveur en qui il n'a rien vu d'extraordinaire, il ne les a pas constatés lui-même. Tout repose sur des rumeurs, des histoires qui se racontent et sont certainement magnifiées. Pourtant, cette culpabilité et cette mort obsédante finiront par lui faire épouser le destin de celui qui rendit l'âme sous ses yeux sur le mont Golgotha.
André Gide avait dit de ce livre, que son éditeur lui avait fait découvrir : « n'en doutons pas : le Barabbas de Pär Lagerkvist est un livre remarquable (…) ». Il l'est effectivement, d'abord car il dépeint admirablement les tourments intérieurs de cet homme. Ensuite car il nous montre à quel point il est difficile de croire, tant les faits fondateurs du Christianisme semblent impossibles, si l'on se place sur un plan uniquement cartésien. Et malgré cela il est remarquable enfin, tant il nous restitue la foi immense et absolue des hommes et femmes prêts à tout - y compris perdre la vie - pour suivre Jésus et propager son commandement : « aimez-vous les uns les autres ».

Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   11 avril 2017
Son regard contempla le paysage désertique qui s'ouvrait devant lui, désolé, sans vie, éclairé par la lueur morte de la lune. Il savait que de tous les côtés c'était la même chose. Il en avait conscience sans avoir besoin de regarder ailleurs.
S'aimer les uns les autres...
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joedijoedi   23 août 2013
Le surveillant songeait à ce dieu inconnu qui devenait de plus en plus incompréhensible au fur et à mesure qu'il en entendait parler. Pensez donc, si c'était vraiment le seul dieu ? Si c'était lui qu'on devait adorer et aucun autre ? Pensez donc, s'il n'y avait qu'un seul dieu puissant, régnant sur le ciel et sur la terre, prêchant sa doctrine partout, même ici dans le royaume des ombres ? Une doctrine qui était si étrange et si peu claire. "Aimez-vous les uns les autres ... Aimez-vous les uns les autres ..." Non, qui pourrait concevoir cela ?
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joedijoedi   23 août 2013
Ces gens étaient liés étroitement par leur foi commune et prenaient soin de ne pas laisser pénétrer dans leur groupe qui ne la partageait pas. Ils avaient leur confrérie et leurs agapes, où ils rompaient le pain ensemble comme s'ils avaient formé une grande famille. Cela faisait partie de leur doctrine, de leur "Aimez-vous les uns les autres".
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NanneNanne   22 octobre 2009
Tout le monde sait qu'on le crucifia en même temps que deux autres ; on sait quelles personnes se tenaient groupées autour de lui : Marie, sa mère, et Marie de Magdala, Véronique et Simon de Cyrène, qui avait porté la croix, et Joseph d'Arimathie, qui devait l'ensevelir. Mais un peu plus bas sur le versant, à l'écart, un homme observa sans arrêt celui qui était cloué là-haut sur la croix et suivit l'agonie du commencement à la fin. Il s'appelait Barabbas. C'est de lui qu'il s'agit dans ce livre.
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luis1952luis1952   22 juin 2013
La grosse femme retourna se recroqueviller au fond de la pièce sur un bout de natte qui couvrait le sol, mais elle continua de fixer Barabbas de ses yeux brillants. Puis , elle alla, pieds nus, chercher de la nouriture pour lui, car la pensée lui était venue qu'il devait mourir de faim ; on ne vous donne pas grand-chose à manger dans ces maudites prisons. Elle plaça devant lui du pain, du sel et un morceau d'agneau séché. Il ne mangea guerre et passa bientôt les aliments au bec-de-lièvre. Elle se jetta dessus et les engloutit à la façon d'un animal, puis se précipita hors de la maison, et disparut dans la nuit.
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