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Marc de Gouvenain (Traducteur)Lena Grumbach (Traducteur)
ISBN : 2742735305
Éditeur : Actes Sud (06/11/2001)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Telle est la malédiction qui poursuit Sven Elversson: on croit savoir qu'au cours d'une expédition polaire qui a tourné au désastre, il aurait mangé de la chair humaine. De retour dans son île natale, il est livré à la réprobation publique par le pasteur du village. Désormais, quels que soient ses efforts pour se racheter, Sven fera figure de coupable -même aux yeux de la jolie femme du pasteur, qui ne peut démêler les troubles sentimentaux que le "banni" lui inspi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  01 février 2014
En débutant ma lecture, j'ai été heureuse de bien connaître la Suède et particulièrement sa côte ouest, déchiquetée et parsemée d'îlots sur lesquels, tels des champignons, poussent les minuscules cabanes des pêcheurs, enduites du caractéristique rouge de Falun. Cela m'a permis de mieux me représenter l'environnement de cette histoire hors du commun ; si j'avais dû compter sur la seule plume de Selma Lagerlöf pour faire naître dans mon imagination les paysages où évoluent ses protagonistes, je n'aurais peut-être pas été aussi saisie par sa narration tant son style est épuré, concis et direct.
Difficile de résumer ladite histoire d'ailleurs. Dans une atmosphère lourde, aux accents dramatiques, l'auteur, première femme à qui le Nobel de littérature a été décerné (en 1909), nous transporte avant la Première Guerre mondiale dans son pays natal pour nous narrer, à la façon d'un conte philosophique, du moins c'est ainsi que je l'ai ressenti, le long chemin de souffrance d'un jeune homme victime d'une injustice et condamné à quêter auprès de la société une rédemption qui semble totalement inaccessible.
L'auteur nous fait toucher du doigt la spiritualité luthérienne étroitement liée aux moeurs d'un peuple campagnard qui semble avoir enfoui la miséricorde divine sous le confort domestique et les conventions sociale et que seule l'horreur de la guerre ramènera sur la voie de l'amour universel.
Dit comme cela, j'ai conscience que je ne vous apprends pas grand-chose sur l'oeuvre et que je ne vous donne peut-être même pas très envie de tenter l'aventure. Ce serait dommage ; je suis navrée d'échouer à synthétiser un récit à la fois simple et puissant, très complexe derrière un extérieur très humble.
Déjà, un bon point pour l'auteur, son récit ne ressemble à rien de ce que j'ai déjà pu lire. A travers un portrait sans concession et quasi exhaustif des passions humaines, Selma Lagerlöf emmène son lecteur à travers les destinées croisées d'une poignée de personnages que le lecteur s'étonnera de plaindre ou de rejeter avec une singulière violence.
Une très belle surprise dans le cadre du challenge NOBEL.

Challenge NOBEL 2013 - 2014
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bilodoh
  19 janvier 2014
Oeuvre de la première femme à recevoir le Prix Nobel de littérature en 1909, une histoire qui porte à la réflexion et qui transporte dans la campagne suédoise du début du XXe siècle.
Un homme a mangé de la chair humaine pour éviter de mourir de faim lors d'une expédition nordique désastreuse. le dégoût ressenti envers ce « crime » est tel qu'il est complètement rejeté. Pourtant, d'autres dans le village ont volé, sont complices d'infanticides ou infligés de mauvais traitements à leur famille, mais personne n'est traité comme un pestiféré incurable. Comment le « banni » peut-il se comporter? Comment vont réagir ses proches? Et comment nous, lecteurs, réagirions-nous?
Une deuxième partie, très différente, où se mêlent des histoires d'amour et de malédictions familiales, amalgame de sentiments profonds et de surnaturel. Passion et jalousie, générosité et abnégation, exaltation religieuse et légendes, on y trouve des émotions humaines intenses teintées d'imaginaire mystique, dans un décor de petits villages suédois.
Le dernier volet est un véritable réquisitoire contre la guerre, fléau qui fait bien pire que de s'en prendre aux cadavres, car la guerre s'en prend aux vivants. Triste fin, si on songe à la suite des choses. Selma Lagerlöf a écrit ce texte pacifiste en réaction aux horreurs du conflit 14-18, mais les humains n'ont rien compris puisque la mort triomphera encore une vingtaine d'années plus tard.
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IreneAdler
  21 octobre 2013
Challenge Nobel 2013/2014
5/15
C'est une histoire à la fois simple et complexe à résumer sans en dire trop. Disons simplement que c'est un très beau texte d'amour. Il n'est ni explosif ni dramatique. Il est patient, se construit sur des années, par petites touches. Il est presque impossible, dans la Suède très protestante du début du 20è siècle. Mais il existe. Il est parfois possible que l'échelle des valeurs se renverse pour donner du bon, et que ce bon vienne du mal, de la guerre. Les mentalités petit à petit s'ouvrent à la beauté de la vie sur le sacré de la mort, à l'amour véritable sur celui des conventions, au respect mutuel et à la seconde chance. Et surtout, les protagonistes découvriront comment les exprimer, les montrer, sans s'anéantir ni eux ni leurs prochains. Un très beau texte.
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claudialucia
  23 février 2018

Dans le Banni de Selma Lagerlof, au début du XX ième siècle, Sven Elversson est confié par ses parents, pauvres pêcheurs de l'île de Grimön  en Suède, à un couple d'anglais qui l'adopte. Mais après avoir terminé ses études, il part dans une expédition polaire qui se retrouve bloquée par les glaces. Les  savants finissent par manger leurs camarades morts pour survivre. Une fois sauvé, Sven est banni par ses parents adoptifs à qui il fait horreur et retourne chez son père et sa mère qui acceptent de l'accueillir. Mais le pasteur, en révélant en chaire l'acte de Sven, le met à nouveau au ban de la société. Désormais, Sven Elversson, quoi qu'il fasse, n'inspire que dégoût et répulsion même aux plus endurcis des criminels.
La culpabilité et la Rédemption
 Ce récit est pour Selma Lagerlof l'occasion d'explorer le thème de la culpabilité et des ravages qu'elle peut causer à l'âme humaine. Sven Elvesson cherche à se racheter par une conduite exemplaire mais chaque fois la société le rejette avec répugnance. le jeune homme a une tel dégoût de lui-même qu'il adopte une attitude soumise, obséquieuse. A son frère P'tit Joël qui lui reproche de se laisser humilier, il répond en plein désespoir :
"Pourquoi irais-je me défendre … ; quand je me méprise moi-même plus que toi ni aucun autre ne pourrez jamais le faire ? Quand je ressens plus de dégoût pour moi-même que je ne pourrai jamais vous en inspirer ?"
Mais Selma Lagerlof peint aussi la dureté des humains entre eux et l'absence de pardon qui domine dans une société qui se dit pourtant chrétienne. le pasteur lui-même donne l'exemple de cette intolérance.  Même s'il est conscient de manquer d'amour, il participe à l'hypocrisie religieuse générale.
La cruauté des  rapports humains est le propre de tous. Mais les parents de Sven et  deux femmes y  échappent : Sigrun, la jeune épouse du pasteur, douce et bonne, et Rut, la femme que Sven Elversson a épousée et qui fera preuve pour lui d'un amour allant jusqu'à l'abnégation. Mais parce qu'elle est laide et qu'il est amoureux de Sigrun, Sven lui-même aura peu de considération envers elle et restera indifférent à son sort. Seul, l'amour véritable, est capable de tenir en échec les mauvais sentiments, la haine, le mépris, la jalousie.
Au thème de la culpabilité répond celui de la Rédemption. Au cours de la guerre de 14_18, lorsqu'il entreprend une courageuse action pour faire donner une sépulture aux soldats morts en mer, Sven retrouve enfin l'estime de soi. le sermon du pasteur qui le réhabilite lui fait retrouver sa place auprès de ses semblables et le réconcilie avec dieu. C'est aussi une condamnation virulente de la guerre et de ses horreurs que l'écrivain décrit avec force dans des pages hallucinantes.
La Nature
La nature est toujours présente et crée une atmosphère étrange dans le  roman. Elle peut être  effrayante, sauvage et désolée et c'est ainsi que la voit Sigrun, la femme du pasteur, originaire du Nordland couvert de profondes forêts, lorsqu'elle arrive, nouvelle épousée dans le Bohuslän, austère et sauvage.
C'est Sven Elversson qui lui fait découvrir la mer cachée derrières ses barrières rocheuses, la mer qui va redonner vie à la jeune femme transplantée et lui permet de retrouver l'espoir. Ce qui me plaît dans la jeune femme, c'est qu'elle trouvera la force de caractère de se  révolter et de se rendre libre… enfin pour un temps !
Il y a de très belles scènes, de beaux passages dans ce roman de Selma Lagerlof qui oscille entre réalisme et conte, des passages surprenants, magistralement écrits où les animaux deviennent la métaphore du mal, où le surnaturel s'introduit dans l'histoire, où l'invraisemblable prend le pas sur le rationnel comme dans l'échange des mortes, des moments où l'on ne peut croire à la véracité du récit mais où il présente pourtant un charme certain.
J'ai aimé l'ensemble du roman sauf les derniers chapitres et le dénouement. Selma Lagerloff  devient alors trop édifiante. le long sermon du pasteur sur Sven est insupportable,  la rédemption qui ne peut conduire qu'au ciel, le revirement de Sigrun aussi. On dirait que l'écrivaine veut  remettre en ordre cette société perturbée et que la morale doit l'emporter. A mon avis c'est la Selma Lagerlof bien pensante qui reprend le dessus alors qu'elle dénonçait l'hypocrisie sociale. Je pense que cette fin affaiblit le récit, surtout en ce qui concerne le personnage de Sven que l'on découvre innocent comme si la rédemption ne pouvait pas être celle d'un coupable, comme si Selma Lagerlof éprouvait les mêmes préventions que ceux qu'elle dénonçait. Même remarque envers le personnage de Sigrun.
Ce qui n'empêche pas que Selma lagerloff possède un don réel pour peindre les caractères tourmentés, complexes, dénoncer les travers de la société, et créer un univers bien à elle. le livre a donc de grandes qualités malgré mes restrictions très personnelles !

Lien : https://claudialucia-malibra..
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lilicrapota
  11 août 2016
waouh!
Alors le style est un peu daté, hein : phrases super bien construites, vocabulaire châtié à l'extrême, dialogues soignés qui ne se diraient jamais comme ça dans la vraie vie ;-)
Mais je retrouve, comme souvent dans la littérature scandinave : un rapport à la nature fort, et surtout un rapport au "merveilleux" au travers des visions de Lotta, de l'imaginaire qu'elle défend.
Mais surtout, et surtout, le roman est porteur sans être incisif, sans forcer le passage dans l'intimité du lecteur. La thèse soutenue est amenée de façon incroyable, et la conclusion finale est d'une maîtrise incomparable!!!!
Au départ, on suit le retour au pays de Sven, le banni : banni parce qu'au cours d'une expédition et alors que la mort rodait, lui et ses compagnons auraient, pour survivre???? mangé de la chair humaine. de là s'installe le dégoût dans le regard de l'ensemble de la communauté. C'est le thème principal du roman : le dégoût! Sven fait tout pour se racheter, prouve son intelligence, son habileté, il fait en fait tout ce que les autres ne veulent pas faire, il tente de racheter son dégout de lui-même en effectuant les tâches qui dégoûtent les autres en quelque sorte. Ainsi, il s'occupe d'un criminel (qui dégoute tout le monde), des vagabonds, des enfants dont personne ne veut, des malades...
Assez subitement, le roman quitte la trajectoire de Sven pour suivre celle de Lotta...je me demandais assez dans quel objectif, jusqu'à ce que Lotta croise elle-même la vie de Sigrun (l'épouse du pasteur qui a mis Sven au ban de sa paroisse). Donc bien sûr, les trajectoires des uns et des autres vont se recouper pour finalement s'épouser ;-)
L'évolution psychologique des personnages est décrite avec force : on n'est pas dans l'empathie totale, comme avec certains romans plus actuels, je pense à Jeanne Benameur par exemple, mais dans la compréhension parfaite des arcanes des personnages. le thème du dégoût parvient à rejoindre, assez miraculeusement, le thème de la 1ère guerre mondiale qui sous-tend la fin du roman : et le dégoût devient le dégoût de la mort, mais surtout l'amour de la vie, glorifié, emphasé, métamorphosé en quelque chose de céleste (d'autant plus que celui qui tient les paroles finales est un pasteur!!!) ; le thème de la rédemption est lui aussi travaillé à l'extrême, de pair avec le reste. non vraiment, la conduite et la maîtrise du roman m'ont vraiment scotchée!!!! ;-)
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   31 janvier 2014
- [...] je crois que rien n'est plus puissant que le dégoût. Il domine tout le monde. Personne ne peut lui résister. Il vaut mieux savoir cela dès le début. Qui lutte contre le dégoût sera vaincu. [...] Mais le dégoût n'est pas un mal en soi. [...] Et quiconque peut se servir du dégoût pour l'employer à des fins louables doit pouvoir être très utile parmi les hommes.
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Gwen21Gwen21   02 février 2014
L'espace d'un instant, elle n'eut en pensée que l'idée qu'en ce moment elle découvrait un miracle du Seigneur. Elle faisait véritablement connaissance avec la mer. Jamais auparavant elle n'avait soupçonné ce que pouvait signifier la proximité avec cet élément, en sentir la respiration murmurer à son oreille, contempler son visage changeant, s'installer paisiblement dans ses bras et se laisser bercer.
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Gwen21Gwen21   03 février 2014
Car de belles paroles ont été dites déjà contre la guerre, et des hommes de paix ont servi de modèles magnifiques, et les calculs les plus savants ont démontré sa folie, mais la guerre reste toujours aussi vivante.
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Gwen21Gwen21   01 février 2014
- [...] Helas, il ne devrait pas être si rare d'avoir l'occasion d'entendre de la musique céleste. Si tel était le cas, bien des choses seraient différentes, dans ce monde.
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bilodohbilodoh   19 janvier 2014
Rien de ce qu’il venait de dire ne l’étonnait, car elle savait, elle qui était âgée, que jamais personne n’est resté devant la tombe d’un être aimé sans être rongé par les regrets et la culpabilité. (p.244)
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