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ISBN : 1091504032
Éditeur : L'Arbre vengeur (23/08/2013)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Certains romans d’aventures tiennent en quelques pages, mais tellement précieuses qu’on voudrait ne jamais les oublier. Sous la couverture de ce livre se dissimulent huit prénoms de femmes, traces fugaces sur la Carte du Tendre d’un narrateur subjugué et dépaysé par le souvenir de ses amours anciennes. Transfigurés par le rêve et l’écriture, huit lieux s’y rattachent, proches ou lointains, mais toujours réels.
Tout dans l’amour est mouvement, surprise, découv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
philteys
  03 novembre 2013
Thierry Laget est spécialiste de Stendhal et de Proust et cela se sent dans sa prose ample, fluide et évocatrice. Quel plaisir de se laisser porter par son écriture stylée sans être pesante, par ses tournures qui effleurent le plus profond des choses tout en restant précises, ces mots et ses comparaisons choisies pour leur puissance illustratrice et parfois, onirique…
Regardez ce que Thierry Laget fait de la métaphore presque banale de feu du désir :
« Ce regard était fascinant comme la flamme d'une bougie qu'on observe sans se lasser, la lumière ayant le don de concentrer nos pensées, de les aider à s'extraire des limbes. Comme devant la bougie, nous retenions notre respiration, par crainte de souffler l'éclat qui irradiait, nous comblait de tendresse et de lucidité, et en même temps nous nous approchions insensiblement l'un de l'autre, selon la loi de l'attraction universelle, pour approfondir l'instant et nous brûler au feu couvant dans le regard de l'autre, si bien que nous aurions fini par l'éteindre et par nous embrasser si la voix du chauffeur n'avait pas brisé l'enchantement. »
On le comprend, l'auteur est un amoureux de la belle langue et nous fait partager cette passion.
Nous voici donc partis pour un voyage en huit étapes aux références multiples, chacune d'elle portant le prénom évocateur d'une femme. Huit étapes, le mot est erroné : il s'agit plutôt de huit escales, de huit rencontres. En effet, de ces narrateurs voyageurs, on sait bien peu de choses, voire rien du tout, on ne les aborde que lorsqu'ils entrent en résonnance avec l'être aimé. Ils n'existent finalement qu'au moment de l'appel du désir, du basculement des sens. Et chacune de ces amours et chacune de ces femmes est différente : nous voyageons de Paris à l'Inde en passant par les rives du lac Titicaca et ces femmes sont parfois une île que l'on aborde tendrement, une jungle luxuriante ou un véritable tourbillon nocturne… Dans chacune de ces huit nouvelles, on ausculte avec précision mais aussi poésie et tendresse, le moment où deux êtres sont irrésistiblement attirés l'un par l'autre. Amours fugaces enfin, éphémères pour certaines, plus durables pour d'autres mais souvent reliées plus ou moins directement à la mort. Car la camarde rôde en ces pages, rendant les étreintes plus fortes ou les nuits surréalistes.
Pour conclure, je me suis laissé porter, parfois emporter par un style puissant au profit d'histoires peu originales, c'est vrai, mais très agréables à lire. On vogue plus sur des voies poétiques que sur des bitumes populistes : ici, pas cinquante nuances mais seulement huit écrins pour de délicates sculptures où la chair ne se donne que pour élever l'âme. Un grand merci à Mass Critique, aux éditions de l'Arbre Vengeur et à l'auteur.
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tomppa_28
  11 octobre 2013
Thierry Laget est loin d'être un inconnu, à l'opposé de la plupart des auteurs que j'ai l'habitude de faire entrer dans la Bauge littéraire. Romancier, critique littéraire, traducteur, il est présent dans le catalogue de Gallimard et a collaboré à l'édition de référence de la Recherche dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade. Si je parle aujourd'hui de son dernier titre, L'Atlas des amours fugaces, c'est que j'ai participé à l'opération Masse Critique de Babelio, qui a pour but de mobiliser un grand nombre de blogueurs en leur proposant des textes gratuits avec pour seule obligation de publier une critique dans les trente jours qui suivent la réception du titre choisi.
Cet Atlas bien particulier se fait tout d'abord remarquer par l'absence complète de ce qu'on a l'habitude de trouver dans ce genre d'ouvrages, à savoir les cartes avec leurs données comprimées et visualisées. Si la géographie y est pourtant bien présente, c'est sous une forme primordiale qui est, en même temps, d'une richesse plus épanouie que ce que l'on peut trouver dans les deux dimensions de la cartographie : l'expérience. Les textes de ce petit recueil (qui en compte huit) prennent le lecteur par la main et l'invitent à faire le tour du monde, le dépaysant vers des contrées parfois fort éloignées les unes des autres, pour y trouver – des amours fugaces. C'est ainsi qu'il troque les neiges et les fourrures discrètes de la Laponie contre le ciel brûlant et les caresses impudiques de l'Inde, sans se déplacer le moins du monde, juste en feuilletant les pages de ces huit nouvelles qui sont autant de perspectives sur le monde, sur les paysages vus à travers les yeux d'un narrateur qui s'en tient à la première personne – en général celle du singulier, une fois – dans la deuxième nouvelle, Ophélie – celle du pluriel. Huit excursions, à travers l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Sud, ou encore, dans un voyage teinté de surréalisme, sur les océans, dans un paquebot qui
« … était si haut, si large, qu'on avait craint qu'il ne s'ensable à Gibraltar. Lorsqu'il avait franchi les colonnes d'Hercule, on avait eu l'impression qu'un grand couteau séparait d'un coup l'Europe de l'Afrique. [...] le jour, la blancheur de sa coque éblouissait les fonds marins jusqu'aux profondeurs abyssales. » (Circé, p. 61)
Huit nouvelles qui sont aussi et d'abord des rencontres – certes avec les femmes dont elles portent le nom, mais aussi avec la mythologie (Circé), les légendes (Iseut), la littérature (Ophélie), la musique (la Fenice de Venise dans Lavinia), au point de voir défiler devant les horizons des contrées disparates l'héritage et les fantasmes de l'Occident.
Mais il y a une autre présence encore dans tous ces textes, à côté de celle des femmes : celle de la Mort. Annoncée par le titre, dans le cas le plus manifeste (Ophélie), ou juste suggérée dans d'autres, comme par le couvent où la chair est ensevelie (Qiao), par le cadre légendaire qui se termine par la mort des protagonistes (Yseut), par la noyade (Circé), la glace près de craquer sous le traîneau (Mielikki) ou encore par des allusions plus discrètes comme la jouissance féminine qui sournoisement s'apparenterait, de par ses effets, aux trous noirs, ces gouffres insatiables au coeur des galaxies (Caitlin).
Une énième mise en scène de l'éternel duo entre Éros et Thanatos ? Rien de nouveau sous le soleil, dites-vous ? Effectivement, on ne peut pas le nier, mais si les textes de ce petit recueil ne pèchent pas par excès d'originalité, on y trouve par contre des portraits finement ciselés des protagonistes féminins qui non seulement gravent leurs effigies respectives dans la mémoire du lecteur, mais qui donnent envie en plus de partir à la rencontre de cette plume toute en finesse à laquelle suffisent quelques mots bien simplement agencés pour faire surgir un tsunami d'images :
« … et elle me prit sur le carreau, à côté de l'agonisante » (Chandrika, p. 12).
Lien : http://postlucemtenebrae.eu/..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
philteysphilteys   30 octobre 2013
Ce regard était fascinant comme la flamme d’une bougie qu’on observe sans se lasser, la lumière ayant le don de concentrer nos pensées, de les aider à s’extraire des limbes. Comme devant la bougie, nous retenions notre respiration, par crainte de souffler l’éclat qui irradiait, nous comblait de tendresse et de lucidité, et en même temps nous nous approchions insensiblement l’un de l’autre, selon la loi de l’attraction universelle, pour approfondir l’instant et nous brûler au feu couvant dans le regard de l’autre, si bien que nous aurions fini par l’éteindre et par nous embrasser si la voix du chauffeur n’avait pas brisé l’enchantement.
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Videos de Thierry Laget (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thierry Laget
Proust, prix Goncourt : une émeute littéraire Thierry Laget Éditions Gallimard Collection Blanche Avril 2019
En 1919, l'académie Goncourt décerne le prix à Marcel Proust pour "A l'ombre des jeunes filles en fleurs", face à Roland Dorgelès et son roman "Les croix de bois", sur la Première Guerre mondiale. Cette attribution provoque un scandale dans les cercles littéraires entre les tenants du naturalisme, qui saluent le talent de Proust, et ceux qui vilipendent son style et sa personnalité. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/proust-prix-goncourt-emeute-litteraire-thierry-laget/9782072846786.html
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