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ISBN : 2707198668
Éditeur : La Découverte (08/01/2018)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Le rêve peut-il être appréhendé par les sciences sociales ? Objet devenu indissociable de la psychanalyse, étudié par la psychologie et les neurosciences, il était jusqu’à ce jour largement ignoré des sociologues. Certes, quelques chercheurs ont pu s’interroger sur la manière dont le rêve a été perçu selon les époques et les milieux. Mais ce que propose Bernard Lahire ici, c’est d’entrer dans la logique même de sa fabrication et de relier les rêves aux expériences q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Colchik
  09 mai 2018
Est-il possible d'avoir une interprétation des rêves qui ne soit pas psychanalytique, psychologique ou encore étroitement assujettie aux fonctions du sommeil appréhendées par les neurosciences ? Telle est la question que se pose le sociologue Bernard Lahire. Autrement dit, la production des rêves peut-elle être un objet des sciences sociales ? Avant d'y répondre, l'auteur s'attache à recenser l'ensemble des approches qui ont été faites dans la science des rêves. Il ne s'agit pas pour lui d'opposer ou de privilégier, par exemple, une approche à une autre mais de comprendre tous les progrès qui ont été accomplis dans la connaissance de cette science. À partir de là, il peut proposer sa propre interprétation sociologique des rêves. Celle-ci se veut scientifique et ne consiste donc pas à chercher une clé des songes qui permettrait à chacun de décrypter ses rêves.
Bien entendu, Lahire rattache sa démarche à celle – plus générale – à laquelle il est attaché en sciences sociales, une démarche de type dispositionnaliste-contextualiste : Comprendre la manière dont l'individu intègre un ensemble de dispositions au cours de ses expériences de vie en société et est amené à les utiliser dans certains contextes. Il est nécessaire de le préciser pour appréhender, notamment, sa manière d'égratigner au passage le concept d'habitus chez Bourdieu. Par ailleurs, il s'appuie, entre autres, sur les travaux de Piaget pour montrer que les schèmes de comportement intériorisés par l'individu au cours de sa vie vont organiser des schèmes oniriques, ce qui établit le pont entre les comportements sociaux et les rêves.
La dernière partie de l'ouvrage est consacrée aux éléments méthodologiques mis en oeuvre par le sociologue pour bâtir son interprétation. Indispensable aux chercheurs et critiques – le champ des sciences sociales est un lieu de redoutables combats –, elle retiendra moins le lecteur lambda en raison de sa technicité.
La lecture de cet ouvrage est parfois ardue, non pas parce que ce que nous explique Bernard Lahire serait difficile d'accès en soi, mais parce qu'il jongle avec un matériau touffu, de multiples références, citations, commentaires qui nous demandent de le comprendre lui comme de nombreux autres auteurs.
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critiques presse (1)
LaViedesIdees   10 septembre 2018
Depuis l’ouvrage de Sigmund Freud, le rêve a longtemps été considéré comme le monopole de la psychanalyse. Le sociologue Bernard Lahire le théorise comme un objet éminemment social. Compte rendu suivi d’une réponse de l’auteur.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ColchikColchik   09 mai 2018
Quelques décennies plus tard, en 1964, les psychanalystes états-uniens Thomas Morton French et Erika Fromm mus par de solides intentions scientifiques ont, par exemple, œuvré pour faire de l’interprétation un pratique plus contrôlée qu’elle ne l’est ordinairement. Les auteurs partent déjà du constat que les concepts de la psychanalyse sont trop souvent stéréotypés (érotisme oral, érotisme anal, érotisme phallique, complexe d’Oedipe, culpabilité, etc.) et que le matériau recueilli tombe, du même coup, un peu trop rapidement dans les mailles d’une grille d’interprétation préconçue, en présupposition notamment d’expériences (enfantines ou plus récentes) insuffisamment connues. Il faut donc éviter le forçage théorique qui plaque des schèmes d’interprétation sur un matériau empirique défaillant ou malmené. Par ailleurs, cet usage stéréotypé des concepts freudiens ou postfreudiens s’accompagne souvent d’une interprétation intuitive, spontanée qui ne prend pas le temps de recueillir suffisamment des données ou qui ne s’appuie que sur une partie des données à disposition.
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ColchikColchik   09 mai 2018
Plus on apprend à connaître la vie d’un rêveur, plus on a de chances de saisir les correspondances, les analogies entre personnages de rêves et personnes réelles, lieux ou objets rêvés et lieux ou objets réels, et, in fine, entre situations et intrigues rêvées et situations ou intrigues réelles. En procédant à des entretiens biographiques, partiels (sur des dimensions particulières de l’expérience ou pour saisir la sociogenèse de tel problème particulier ou de telle disposition spécifique), le sociologue se donne les moyens de montrer que les rêves, qui n’apparaissent qu’à partir du moment où le rêveur a acquis le langage, sont structurés par les schèmes ou dispositions socialement constitués du rêveur, ainsi que par les éléments de sa problématique existentielle. (…) Mieux on connaît la vie d’un rêveur, mieux on aperçoit les correspondances et les déformations entre la situation réelle et la situation rêvée.
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ColchikColchik   09 mai 2018
Ce dont nous avons besoin désormais, c’est une théorie du rêve scientifiquement plus juste, plus rigoureuse et plus cohérente que celle de Freud ; une théorie qui s’appuie sur ses acquis, tout en tenant compte de certaines avancées scientifiques accomplies depuis (en linguistique, en psychologie cognitive ou en neurobiologie comme en sociologie). C’est une telle théorie que je soumettrai à l’examen, une théorie de type dispositionnaliste-contextualiste qui permet de penser le rêve comme une forme d’expression (ou de production symbolique) particulière dans l’ensemble des formes d’expression humaine.
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ColchikColchik   27 avril 2018
Le présent ouvrage repose sur le pari - théoriquement et empiriquement fondé - qu'un interprétation scientifique des rêves est possible. Cela suppose tout d'abord d'écarter l'idée selon laquelle le rêve pourrait n'être qu'un flux aléatoire et incohérent d'images, de sons ou de sensations dont la production ne répondrait d'aucun cadre régulateur ni d'aucune logique organisatrice. Cette représentation du rêve a été le fait de nombreux savants, réagissant parfois aux vieilles croyances de l'oniromancie qui attribuait de la cohérence au rêve mais en en faisant une sorte de message prémonitoire.
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ColchikColchik   09 mai 2018
Débarrasser la psychanalyse de certaines erreurs et de certaines généralisations, mais préserver ce qu’elle nous a appris, voilà l’esprit avec lequel je me suis efforcé de lire Freud ou d’autres psychanalystes et ai élaboré un modèle sociologique d’interprétation du rêve.
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