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Bernard Cohen (Traducteur)
EAN : 9782221100646
360 pages
Éditeur : Robert Laffont (26/01/2006)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 28 notes)
Résumé :
À travers l'histoire d'un jeune Américain d'origine indienne rejetant le prénom bengali qu'on lui a donné, Jumpa Lahiri offre une évocation sensible du déracinement et des conflits intimes liés à la double culture.

À la naissance de leur fils, Ashoke et Ashima attendent une lettre de la grand-mère qui doit, c'est la coutume en Inde, choisir son prénom. Mais la lettre n'arrive pas à Cambridge (Massachussets). Ashoke est contraint d'improviser et choisi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
cuisineetlectures
  27 novembre 2013
Née à Londres de parents bengalis en 1967, Jhumpa Lahiri a grandi à Rhode Island et vit aujourd'hui à New York. Elle a obtenu le Prix Pulitzer en 2000 pour «L'Interprète des maladies ». Publié en 2003, «Un nom pour un autre » traduit magistralement la difficulté d'exister entre deux cultures pour la première et la deuxième génération d'une famille de bengalis aux Etats Unis.
Ashoke et Ashima attendent leur premier enfant à Boston. Une lettre de la grand-mère qui doit, c'est la coutume en Inde, choisir son prénom, n'arrive pas. Contraint de choisir un nom qu'il pense être provisoire, Ashoke, passionné de littérature russe, choisit d'appeler son fils Nikhil, pour des raisons bouleversantes que l'on découvrira plus tard… et de le surnommer Gogol. Lorsqu'il va à l'école pour la première fois, l'enfant demande à ce qu'on continue à l'appeler Gogol. Mais arrivé à l'adolescence, ce choix va lui peser durement.
On suit sur une trentaine d'années la destinée de cette famille attachante, le père est un modeste universitaire. Ils habitent un petit pavillon et sur la boîte aux lettres, on peut lire en lettre dorées, Ganguli. Jhumpa Lahiri met l'accent sur des petits détails de la vie quotidienne, si révélateurs … Ashima remplissant ses différents carnets d'adresses, l'habillement, la décoration d'une habitation, les repas, les coutumes de deuil, tout ramène Gogol à sa double culture, son milieu social, son éducation. Jhumpa Lahiri ne juge pas ses personnages, peu expansifs, mais le ton est de bout en bout, d'une grande authenticité.
Gogol est un beau garçon, intelligent, sociable et pourtant un malaise persistant empêche ce jeune étudiant en architecture d'être complètement épanoui. le poids des traditions imposé par ses parents ainsi que son prénom qu'il juge ridicule arrivé à l'adolescence, le pousse un jour à choisir celui de Nikhil. Double prénom, double identité. Indien pour les américains, touriste pour les indiens, il traine les pieds pour la corvée des visites à sa famille, parlant la langue maternelle sans savoir la lire. Mais le décès soudain de son père va bouleverser sa vision des choses et le pousser à voir la trajectoire de sa famille sous un angle différent. Il veut se détacher de sa culture indienne mais ne supporte pas qu'on la critique tandis que ses parents s'approprient lentement un part de la culture américaine.
Jhumpa Lahiri restitue avec finesse la grande complexité des sentiments contradictoires qui envahissent Gogol, coincé entre tradition et modernité, pour trouver son identité.
J'avais déjà beaucoup aimé "Sur une terre étrangère" et la lecture de ce roman délicat, le caractère universel de cette histoire, confortent mon enthousiasme pour l'écriture de Jhumpa Lahiri.
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peneloppe277
  18 octobre 2019
C'est l'Inde dans toute sa splendeur avec toutes ses contradictions également.
Cette culture nous est tellement étrangère mais combien enrichissante.
Famille et religion sont pour moi les deux qualificatifs de ce pays même pour ceux qui ont émigré
C'est un magnifique livre plein de sensibilité et de réalisme pour décrire l'immigration, l'entre-deux cultures tant pour les immigrés que pour leurs enfants qui évoluent entre deux mondes.
C'est juste une histoire racontée...
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jwpack
  03 avril 2012
Qu'est-ce qu'un nom? Imaginez que vous changiez de prénom du jour au lendemain. Est-ce que ça ferait de vous quelqu'un de différent? Combien de temps vos amis prendraient-ils à s'y familiariser ? Ce sont des questions intéressantes à se poser. La société d'aujourd'hui nous identifie-t-elle seulement sur un nom de baptême?
En fait, il ne s'agit là que d'un vague aspect du roman de Jumpa Lahiri « Un nom pour un autre ». Nous suivons Ashima et son mari, Ashoke Ganguli dans leur vie quotidienne, passant par l'arrivée de leurs enfants et se rendant jusqu'à la mort. Ils ne sont pas les personnages principaux, car celui-ci s'appelle Gogol, leur premier fils. Ce nom, il le détestera et en viendra même à le changer officiellement et légalement.
Lorsque je prends un certain recul pour analyser mon appréciation du livre, je suis perplexe. La raison est tout simplement qu'il ne s'agit pas d'un roman philosophique ni d'un drame extraordinaire et encore moins de fantastique. C'est la vie d'une famille d'immigrés bengalis. C'est tout de même intéressant comme écriture, j'en conviens, mais l'histoire l'est, peut-être, un peu moins.
Comprenez-moi bien, il y réside des chapitres très prenants et il y en a même un d'entre eux, concernant l'infidélité, qui m'a fait rager. J'assume. Je suis incapable de tolérer toute notion de trahison. Ça me met en colère! Alors, dans ces pages, on repère des émotions, des bouleversements tels la mort, la tristesse, mais aussi des bonheurs et des naissances. Par contre, il ne possède rien d'extrêmement fort ou de jouissif. Je n'ai pas retrouvé cette intensité qui nous laisse un bouquin en tête pendant des années. Sans être fade, c'est un peu ennuyeux, mais ce n'est pas, non plus, endormant.
L‘histoire se veut un questionnement sur le multiculturalisme américain, des sentiments des gens venus s'installer ici pour une vie meilleure. C'est surtout un roman sur l'identité individuelle, religieuse, amoureuse et même nominale. Étant québécois de souche, je n'ai jamais vécu, pour ma part, ce genre de déracinement. Je me suis alors interrogé sur ce qui se produirait si je me plongeais dans une civilisation totalement différente, quelle émotion aurais-je?
L‘un des points forts, ce sont les personnages. On s'y attache et tandis qu'on ferme le livre, à la dernière page, nous sommes un peu tristes. Nous le sommes également alors qu'Ashoke Ganguli décède. Nous nous y lions, donc. Nous aurions peut-être apprécié… En fait, je ne sais pas ce qui aurait pu être dit de plus, sincèrement. Ce genre d'histoire est relativement bien dans sa sobriété. Elle n'aurait probablement pas pu être écrite différemment.
Une note de 6 sur 10. Assez neutre comme résultat, car entre mon besoin d'intensité, d'émotions fortes ou de questionnements et l'attachement aux personnages dans la simplicité et le quotidien, je reste indécis. Il obtient la « note de passage » tout en me laissant un peu froid.
Lien : http://www.sergeleonard.net/..
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Hanta
  14 mars 2016
Voici un livre peu connu dans la sphère francophone mais qui est un petit trésor découvert au hasard de mes pérégrinations dans une librairie (eh oui, heureusement qu'il en existe une même au bout du monde !).
Il s'agit de l'histoire d'une famille bengali installée en Amérique.
Il y a tout d'abord la première génération, celle de Ashoke et Ashima, qui viennent de débarquer dans un pays qu'ils connaissent à peine. On découvre leur vie quotidienne, les efforts qu'ils font pour s'adapter à leur pays d'accueil tout en gardant leurs racines bengalis et leurs traditions ancestrales et religieuses. Tout au long du livre, on sent leur tentative de concilier ces deux mondes et ces deux cultures et ce sentiment d'exil permanent qui pèse sur eux.
La deuxième génération, contrairement à la première, a adopté la culture américaine, au grand désarroi des parents qui tentent à tout prix de les inculquer aussi les coutumes bengalis.
Nous allons suivre particulièrement la vie de Gogol, depuis sa plus tendre enfance jusqu'à sa vie d'adulte. En réalité, il n'aurait pas dû s'appeler ainsi mais la lettre qui devait décider de son prénom n'arriva jamais et ce surnom est resté. Plus tard, il trouvera ce prénom ridicule et il le changera par Nikhil.
C'est un personnage attachant, sociable mais qui est parfois mal à l'aise par rapport aux deux cultures qui cohabitent en lui. J'ai compris et partagé les doutes qui le taraudent, peut-être parce que j'ai vécu aussi dans un autre pays auparavant et que j'ai été confronté à ce choc de cultures et d'incompréhension.
J'ai aussi adoré les Ratliff, leur façon de vivre et je comprends la féérie qu'éprouve Gogol devant leur mode de vie insouciant, intellectuel et bohème.
L'auteur aborde plusieurs sujets : les relations familiales parents/enfants, les détails de la vie quotidienne qui façonnent une personnalité, la construction de son identité dans un pays d'où on n'est pas forcément originaire etc.
Elle a un style d'écriture fluide, simple mais très sensible. Son ton est authentique et sincère comme si elle racontait quelque chose de vécu.
Pour conclure, une bonne lecture à déguster !
Lien : http://leslecturesdehanta.co..
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LadyOsoleil
  14 janvier 2015
J'ai hélas vu le film avant de lire le livre, je vous épargne donc le sentiment habituel que l'on ressent quand cela se produit.
Tout d'abord, je remercie Jhumpa Lahiri de m'avoir fait découvrir Gogol.
Une écriture tranquille, qui apaise et se laisse lire.
J'ai apprécié l'évolution du personnage principal, on sent qu'au fur et à mesure, il se forge une nouvelle identité. Je pense que ce qui lui arrive est assez commun chez les enfants de parents ayant la culture de leur pays d'origine. Il y a une sorte de respect mais aussi un certain mépris de cette culture autre dans laquelle les parents veulent s'enfermer. Parfois, je lui en ai voulu de traiter son père de cette façon, et puis après, j'ai réalisé que c'était normal.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 mars 2007
Lecture jeune, n°121 - Boston, fin des années soixante. Ashoke et Ashima Ganguli, un jeune couple d’immigrés indiens, donnent naissance à leur premier enfant. Comme le veut la tradition, la grand-mère d’Ashima choisira son prénom. Mais les jours passent et le courrier n’arrive pas. Sommés par l’administration américaine de lui trouver un prénom, les parents le baptisent Gogol, en hommage à l’auteur russe et en écho à une histoire douloureuse, longtemps tue par Ashoke. Gogol grandit comme un jeune Américain. Peu à peu ce prénom l’embarrasse, tout comme lui pèsent la culture de ses parents, leurs traditions et leurs attentes. Ce très beau roman d’apprentissage dit la difficulté à être et à se construire dans une double culture. Le récit, qui se déroule de 1968 à 2000, nous permet d’accompagner intimement Gogol-Nikhil et d’appréhender les conflits et les doutes qui l’envahissent face à son identité. On est touché par l’évocation des relations entre un fils et ses parents, qu’il ne parvient pas toujours à aimer et comprendre. L’auteur pose en filigrane la question de l’intégration dans une Amérique sûre d’elle. Ce destin trouvera un écho certain auprès de nombreux jeunes lecteurs. Mise en réseau : Sur une thématique proche on pourra voir le film de Ken Loach, Just a kiss, qui met en scène la communauté pakistanaise à Glasgow. ndlr Hélène Sagnet
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
PiatkaPiatka   03 juin 2016
Il se demande comment ses parents ont pu assumer cette coupure, laisser leurs familles respectives derrière eux, entamer une autre vie presque sans contact avec l'ancienne, choisir cet état de perpétuelle attente, de nostalgie permanente. Tous ces voyages à Calcutta auxquels il a participé de mauvaise grâce, était-ce suffisant ? Bien sûr que non. Gogol comprend que ses parents ont inventé une vie en Amérique envers et contre ce qui leur manquait, avec une énergie et une confiance qu'il a peur de ne pas avoir lui-même. Il a passé des années à marquer la distance avec ses origines, eux à tenter de la combler autant qu'ils le pouvaient.
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PiatkaPiatka   02 juin 2016
Ashima signifie "celle qui est sans limite, sans frontière."
Ashoke, le nom d'un ancien empereur, veut dire "celui qui surmonte le chagrin."
Les petits noms n'ont pas ces ambitions. Ils ne sont jamais inscrits et enregistrés, seulement prononcés et mémorisés. Contrairement aux prénoms, ils n'ont souvent aucun sens, ou bien ils sont délibérément niais, ironiques. Ils peuvent s'apparenter à l'onomatopée, même. Enfant, chacun peut se voir affubler de douzaines d'entre eux jusqu'à ce qu'un seul finisse par "tenir".
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AtasiAtasi   13 mars 2016
Cela ne devait pas arriver, et pourtant il a survécu. Il est né deux fois en Inde et une troisième encore ici, en Amérique. Trois vies à trente ans. Il en est reconnaissant à ses parents, et aux parents de ses parents, et à leurs parents. Il ne remercie pas Dieu, non. Il voue un culte ouvert à Marx et rejette toute religion. Mais il y a encore un être disparu qu'il tient à saluer. Il ne peut pas dire merci au livre, certes. Le livre a péri par un matin d'octobre, dans le même destin auquel il a échappé de justesse, réduit en pièces dans un champ à deux cent neuf kilomètres de Calcutta. Alors, au lieu de remercier Dieu, il remercie Gogol, l'écrivain russe qui lui a sauvé la vie.
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Jean-DanielJean-Daniel   04 janvier 2020
Une infirmière offre de plier le sari, mais exaspérée par les six mètres de tissu glissant, elle finit par le bourrer dans la valise bleu ardoise d'Ashima.
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Un nom pour un autre (The Namesake) - Bande Annonce
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