AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de enjie77


enjie77
  17 juillet 2019
Le livre est dédié à :

Mademoiselle l'Ephémère et Monsieur le Perfide qui m'ont donné vie
A la Merveilleuse et au Repère qui m'ont donné un avenir.

Les jeux de mots en disent long sur la plume de Vincent Lahouze !

La qualité de ce livre tient au fait que cette autofiction est écrite avec une plume trempée dans l'encre des émotions, dès la première page, la gorge se noue. L'authenticité du récit qui se ressent en fait sa particularité et sa noblesse.

L'art de traduire ses sentiments, ses états d'âme, sa détresse, n'est pas aisée mais Vincent Lahouze nous plonge dans le tréfonds de son coeur, il se met à nu et cela sonne juste.

Je n'ai pas compris de suite le titre du livre avec ce S entre parenthèse. C'est à la lumière de la lecture que j'en ai découvert « la substantifique moelle ». Rubiel est cette part de Vincent restée en Colombie et Vincent est cette part de Rubiel adoptée par un couple de français. le récit alterne entre l'histoire romancée de Rubiel et l'autobiographie de Vincent.

Avec Rubiel, nous découvrons la Colombie : Medellin et sa violence, les narcotrafiquants, la misère de ces enfants de la rue, la vie dans les orphelinats aux murs gris, le désir de la liberté, une destinée qu'aurait pu connaître Vincent s'il n'avait pas été adopté.

Avec Vincent, nous apprenons que ses parents adoptifs ont préféré le prénommer Vincent plutôt que Rubiel, qu'il a été abandonné à la naissance, puis placé en orphelinat jusqu'à son adoption à l'âge de quatre ans. Cette adoption est à la fois une chance et une malchance. Son récit démontre qu'il est comme coupé en deux, qu'il est difficile de se construire avec ces deux identités qui cohabitent mais qui le déchirent aussi.

Vincent n'hésite pas à se dévoiler, il rend compte de la complexité de l'adoption et sans masque, il nous livre ses incohérences, son besoin de s'autodétruire, son instabilité émotionnelle, sa peur de ne pas être aimé et d'être abandonné, son besoin de reconnaissance. C'est un excessif Vincent, il préfère tuer le bonheur avant qu'il ne lui échappe. C'est tellement compréhensible !

Que ce soit Rubiel où Vincent, tous les deux vivent un isolement psychologique bien qu'entourés mais l'amour des mots et de la littérature se retrouvent tant dans la fiction avec Rubiel qu'avec l'autobiographie de Vincent. Ces passages soulignent la vertu et la force de la littérature.

Cet être « écorché vif » manie parfaitement la poésie mais au fur et à mesure de l'avancée du récit, il y a une montée en puissance de l'écriture qui m'a subjuguée.

Ce livre se termine sur une note extrêmement positive et je souhaite de tout coeur un long chemin à Rubiel/Vincent, parsemé de fleurs même si « Nul ne guérit de son enfance » comme le chante si bien Jean Ferrat, avec le Temps, l'individu apprend à accepter.
Commenter  J’apprécie          507



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (49)voir plus