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ISBN : 2234063914
Éditeur : Stock (03/11/2010)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :

L’élection de Barack Obama a profondément modifié l’image de l’Amérique dans le monde légué par George W. Bush. Mais est-ce que le changement d’homme entraînera forcément un changement de politique ? Est-ce que la superpuissance américaine dont George W. Bush a démontré combien elle pouvait être agressive peut se révéler aujourd’hui plus douce ? C ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
YvesParis
  30 août 2012
A lors que Obama brigue un second mandat, le livre de Zaki Laïi est l'occasion d'un bilan de son premier. Deux sentiments avaient accompagné, en Europe, sa victoire il y a quatre ans. le premier fut une soudaine poussée d'Obamania : tout allait changer, dans la gestion américaine des affaires du monde, après le double mandat de George W Bush et des néoconservateurs honnis. le second, exactement symétrique, fut un appel à la prudence : il ne fallait pas trop attendre de Barack Obama, un président peu familier des questions diplomatiques, guère enclin à se rapprocher de l'Europe et prisonnier d'un système américain de décision qui rend impossible un revirement radical.
Zaki Laidi évite ces deux postures excessives et nous invite à une appréciation apaisée de l'action diplomatique d'Obama. Il le décrit comme un « réaliste à sang froid » peu enclin à poursuivre le messianisme démocratique de ses prédécesseurs immédiats. Conscient de l'antipathie croissante que son pays suscite à travers le monde, il a affirmé dans des discours importants, au Caire, à Moscou et à Shanghai, qu'il ne revenait pas aux États-Unis d'imposer à la planète entière son modèle politique. Au prosélytisme démocratique, il préfère des enjeux de sécurité plus classique : le désarmement nucléaire, la non-prolifération.
Le réalisme d'Obama l'a conduit à désidéologiser la « guerre contre la terreur » et à lui substituer un combat plus pragmatique contre un adversaire clairement désigné : al Qaida. Il s'est employé à montrer que le combat contre ce groupe terroriste n'en recouvrait pas un autre, plus large, dirigé contre l'Islam. Il a hérité de l'administration deux conflits interminables en Irak et en Afghanistan, « deux guerres qui, par leur nature asymétrique, ne pouvaient et ne peuvent ni être totalement gagnées ni totalement perdues ». Sur ces deux théâtres, auxquels Zaki Laidi consacre deux longs chapitres très fouillés, il faut « partir sans s'enfuir », trouver un plan de sortie.
En réaliste qu'il est, Obama n'entend pas renoncer au leadership de la puissance américaine. Mais l'exercice de cette puissance n'est plus le même depuis la fin de la Guerre froide. Zaki Laidi dessine les contours d'une multipolarité complexe organisée autour de sept pôles de puissance : la « Triade » et les quatre BRICs. Tout porte à penser que, avant vingt ans au moins, les États-Unis resteront la première puissance mondiale. Cela ne signifie pas pour autant que le monde soit unipolaire : les États-Unis ne souhaitent ni ne peuvent intervenir partout. Que l'émergence de la Chine conduise demain à un duopole sino-américain ne signifie pas non plus qu'on renouera avec les heures glorieuses de la bipolarité américano-soviétique : cela signifiera simplement qu'aucun enjeu global ne se règlera sans l'intervention de ces deux acteurs principaux – sans malheureusement garantir que leur intervention conjointe garantisse son règlement.
Cette multipolarité complexe explique le minilatéralisme prôné par l'Amérique d'Obama. Les puissances étant inégales, les problèmes nombreux, les intérêts disparates, l'hyperpuissance américaine adopte une approche sélective. En Afghanistan ou dans le conflit israélo-palestinien, les États-Unis ont opté pour l'unilatéralisme. Dans la crise coréenne, ils sont obligés d'associer la Chine. Sur les autres dossiers (Iran, désarmement nucléaire, régulation financière), les partenariats sont plus larges mais repose toujours sur une forte sélectivité des partenaires. « Autant de multilatéralisme que possible, autant d'unilatéralisme que nécessaire » : la formule n'est pas neuve et avait été forgée par Madeleine Albright.
Et l'Europe ? Elle n'est pas un problème pour Barack Obama qui a plus d'égard avec elle que n'en avait George W Bush. Mais, tant qu'elle ne proposera pas de solutions, elle ne l'intéressera guère.
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Acerola13
  25 avril 2018
Intéressante analyse de la politique de l'ancien président des États-Unis, qui permet de relativiser et de mieux comprendre ses agissements réels au-delà du capital sympathie dont il a souvent été crédité. J'ai toutefois regretté l'absence d'informations voire de mentions de sa politique vis-à-vis de l'Amérique du Sud, et particulièrement de son ouverture envers par exemple les présidents vénézuélien et cubain.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Acerola13Acerola13   23 mai 2018
Dans le premier chapitre du livre, nous mettrons en évidence l'héritage légué par l'administration Bush au président Obama. Car tout président est un président contraint par l'action de son prédécesseur. Par le jeu institutionnel et bureaucratique américain, par la stabilité des intérêts de l'État américain à travers le temps et indépendamment de ceux qui en ont la charge, par les atouts et les faiblesses de la puissance économique américaine ainsi que par la nature des rapports de force à l'échelle mondiale. Or les contraintes que Barack Obama a héritées de sont considérables [...].
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Les Matins de France Culture - Obama a-t-il vraiment changé la donne ?
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