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ISBN : 2330008902
Éditeur : Actes Sud (02/06/2012)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Chargé de démasquer un réseau terroriste dans le cadre de l'opération « Little Cairo ». Christian Mazzari, paisible interprète de l'arabe, quitte son identité sicilienne pour prendre celle d'Issa, Tunisien fraîchement débarqué à Rome. Alors qu'il goûte les joies de la colocation à douze, sa route croise celle de Sofia (en réalité Sofia) jeune mère égyptienne dont les rêves d'accomplissement se heurtent à la dévotion religieuse de son mari. Les réflexions de Sofia/So... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
nilebeh
  30 août 2015
Viale Marconi à Rome se trouve un immeuble où des propriétaires louent des « lits » à des étrangers qu'ils soient en situation légale ou non, Dans un de ces appartements vivent douze musulmans, la moitié sont Égyptiens et font la loi, les autres sont Maghrébins, Bengalis, Sénégalais, Et on découvre qu'une hiérarchie s'instaure dans cette petite société, loi de la majorité d'abord : les Égyptiens s'imposent, loi de la pratique religieuse ensuite:les pratiquants occupent en priorité la salle de bains (ablutions obligent) : là où une solidarité de pauvres pourrait s'instaurer coexistent toutes sortes de tentatives de prises de pouvoir sur les autres, Amer constat,
Mais le sujet n'est pas sociologique, car parmi ces musulmans migrants en Italie se cache un homme, Issa, qui n'est pas plus Égyptien ni musulman que sa radine de propriétaire : c'est un « infiltré », mandaté par les services secrets italiens pour entrer dans le circuit de la viale Marconi où sévit, dan sa boutique de téléphone vers l'étranger, un certain Akram, probablement membre ou complice de terroristes, le but de l'affaire est là : protéger l'Italie d'un horrible attentat comme ceux du 11 septembre à New-York ou du 11 mars à Madrid,
Avec drôlerie, justesse de ton et d'analyse, l'auteur porte un regard sans concession sur les deux « partis », migrants musulmans et Occidentaux, Il dénonce les inégalités homme-femme en Égypte (et dans d'autres pays arabes) par la voix de Sofia, jeune épouse égyptienne contrainte de subir les exigences de son mari et qui cherche à gagner un peu de liberté, Il dénonce les préjugés, l'ignorance, la stupidité et la mauvaise foi des Italiens (pas de souci, on peut élargir aux Occidentaux dans leur ensemble),
Du côté d'  « Issa », on voit avec intérêt ce jeune spécialiste de l'arabe découvrir la réalité de la vie des migrants à Rome, La peur permanente, l'humiliation, le manque (de femme, de confort, de la famille, d'espoir), Un passage instructif sur ce qu'il faut dire à ceux qui sont restés « là-bas », sous peine de passer pour un raté : à quel point tout est bien, facile, sans vexations ni chagrins, Passer pour un richard, Ce qui implique qu'on ne peut pas rentrer au pays, même pour une visite, car les billets coûtent cher et les cadeaux sont obligatoires !
On ne tombe jamais dans le pathos, pas de bateaux qui coulent avec des centaines de gens à bord, pas de « passeurs » cupides et assassins (quand même : un passage sur les façons d'attirer les jeunes Albanaises pour en faire de la chair à consommer),
De nombreuses pistes de lecture pour ce roman qui doit malheureusement plutôt bien refléter la réalité, Et un dénouement totalement inattendu !
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sarahorchani
  04 août 2015
C'est la rencontre entre le sicilien Christian Mazzari recruté pour débusquer une filière terroriste et une égyptienne Safia/Sofia.
Par Issa/Christian Mazzari nous avons une photographie de l'immigration en Italie.

Par Safia/Sofia nous entrons dans l'univers d'une femme rêvant d'émancipation mais entravée par son mari. Une égyptienne pour qui l'Italie est synonyme de liberté mais se rend compte qu'elle en est exclue car enfermée par son mari. Cette femme garde sa curiosité. Elle veut s'intégrer en Italie. Ce qui l'intéresse c'est d'en apprendre davantage du pays où elle vit. C'est même une priorité au dessus de suivre Al Jazira et compagnie.
Les histoires de ces personnages sont aussi un prétexte pour l'auteur de faire des mise au point pour défaire les préjugés, les fausses idées du monde arabo-musulman. Les préjugés sont plus difficiles à défaire qu'un atome selon Einstein. Mais l'auteur y parvient avec beaucoup de subtilité, d'humour, et d'érudition. C'est un roman de genre populaire qui parvient à faire passer des informations . Un autre regard sur des sujets qui occupent quotidiennement l'actualité. Mais vraiment pas ennuyeux. Au contraire, la narration est captivante. L'écriture est fluide. On rit parfois, on a des frissons d'autres fois. On y apprend. Le livre n'est pas très gros mais il est rempli d'idées sur l'immigration, l'islam;, le monde arabe, les femmes; l'Italie, l'Occident mais avec un regard terriblement amoureux de la liberté et jetant à bord les bêtises d'où qu'elles viennent. Un très bon moment de lecture. Il me donne envie de lire son premier livre Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio. De l'intelligence et de l'humour qui nous offre une belle pause au milieu de cet époque de discours simplistes voulant monter les uns contre les autres.
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Thaliie
  22 mai 2017
Double narration pour ce roman avec d'un côté un italien spécialiste de langue arabe qui se retrouve entraîné dans une mission anti-terroriste en plein coeur de la ville éternelle en se faisant passer pour un immigré tunisien. Et de l'autre côté une jeune égyptienne, mère de famille, émigrée, musulmane pratiquante ET féministe par certains aspects. Combo gagnant pour ce roman court mais très drôle qui parle d'immigration, des difficultés à s'integrer dans un pays qui n'est pas le sien,des droits de la femme dans l'islam, de la montée des idées radicales et racistes ( chez les italiens comme chez les immigrés ). Une réflexion de société que j'ai trouvée assez juste et bien équilibrée. Pas de jugement de valeur, seulement des constats. Mais ces constats sont déjà édifiants.
Une belle lecture, inattendue mais marquante.
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jfponge
  10 mars 2018
Une exquise pantalonnade romaine, par un Amara Lakhous en verve, habile à travestir son message antiraciste sous les habits d'Arlequin. Dans un quartier "ethnique" de Rome où vivent de nombreux musulmans, une opération est montée par les services secrets, destinée à déjouer une préparation d'attentat kamikaze. Nom de code de l'opération : "Little Cairo". Un italien de pure souche, fort connaisseur de la langue et de la culture arabe, est infiltré au sein du quartier, où il se fera passer pour un Tunisien prénommé Issa. Il va se faire embaucher comme "pizzaiolo" et se fera rapidement des amis mais Issa va tarder à voir le moindre signe d'une quelconque opération clandestine. le temps passe et ses tribulations, dans ce quartier où il coule des jours tranquilles, lui font oublier petit à petit sa mission d'origine. Il va (presque) finir par rencontrer l'amour, sous la forme de la belle Sofia, jusqu'au jour où l'auteur décide, dans une pirouette finale qui laisse le lecteur pantois, de l'exfiltrer et de sa mission et du roman. Mais ne soyez pas déçus à l'avance, car tout l'intérêt de ce petit livre ne réside pas dans le scénario à la James Bond, où l'auteur lui-même s'est empêtré, mais dans la description au quotidien des mille et une avanies auxquelles les immigrés de fraîche date ont à faire face dans une métropole moderne. On rit, car la cocasserie est omniprésente tout au long de l'ouvrage, mais on réfléchit aussi, et en profondeur, à la complexité des rapports humains dès lors que religion et loi se mêlent de les régir.
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Marie987654321
  25 novembre 2017
Christian, italien et arabophone, est recruté par les services secrets italiens pour infiltrer un repaire de terroristes islamistes supposés et déjouer leur plan. Sofia est une jeune femme égyptienne à l'esprit libre et indépendant, venue se marier à un compatriote établi en Italie, Viale Marconi. le récit alterne les chapitres racontés par Issa-Christian et ceux racontés par Sofia.
Le ton est léger et ironique. Les narrateurs savent faire ressortir le ridicule et les incohérences de ceux qui les entourent. Issa découvre la vie quotidienne des immigrés réguliers ou pas. La logeuse amatrice de voyage et de jeunes hommes, le boucher-imam autoproclamé à la bouche emplie de fatwa et sa femme convertie, le tenancier de taxiphone polygame souterrain... Sofia nous parle de sa vie de femme obligée de se voiler, du regard des autres, de sa façon de gérer ses rapports avec un mari qu'elle n'aime pas, de son travail caché de coiffeuse et de la façon de divorcer dans la religion musulmane.. mais toujours avec humour et sens de la dérision. Tout cela donne un petit livre rapide à lire mais qui aborde, avec intelligence et drôlerie, le racisme, les préjugés, la condition des femmes et celles des immigrés... et les méthodes des services secrets.
La fin est tout à fait surprenante : au fur et à mesure, on s'attend à un certain dénouement qui parait cousu de fil blanc mais finalement pas du tout ... tout à fait autre chose...


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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
sarahorchanisarahorchani   01 août 2015
J'écoute une émission très intéressante sur une antenne de la Rai. On y parle de la violence domestique faite aux femmes. C'est vraiment incroyable: les femmes ne subissent pas de violences psychologiques, physiques et sexuelles seulement dans la rue, en rentrant du travail la nuit ou dans les parkings souterrains, mais aussi et surtout à la maison. Oui, à la maison! Qui l'aurait dit? Les coupables se nomment maris, compagnons, fiancés, pères, frères ou fils. Les invitées de cette émission sont pour la plupart des femmes engagées dans cette bataille.
Mais ce qui me choque le plus, ce sont les statistiques données par l'animateur: En Italie, plus de six millions et demi de femmes ont subi, au moins une fois dans leur vie, une forme de violence physique ou sexuelle. Plus de soixante pour cent des femmes sont victimes de maltraitance de la part de leur conjoint ou d'une personne de leur entourage, et plus de quatre vingt quinze pour cent ne dénoncent pas la violence subie, probablement par peur de conséquences"

A dire vrai, cette discussion radiophonique sur la violence domestique me laisse sans voix. Pourquoi? Je pensais que les femmes étaient victimes de violences dans des pays en guerre comme l'Afghanistan ou l'Irak, là où sévit la haine raciale comme dans certains pays africains et musulmans et dans les régions où règnent la pauvreté et l'ignorance. Mais pas en Italie: l'Italie est quand même un pays européen, occidental, qui fait partie du G8, et cetera et certa ou je me trompe?
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sarahorchanisarahorchani   02 août 2015
Je regarde ma fille jouer avec deux autres petites filles . Elle est sereine et tranquille. Je sais que son enfance sera différente de la mienne et de celle de mes soeurs. Je ne sais pas si elle sera heureuse. Je le souhaite.(...)En tout cas,je suis certaine d'une chose, elle n'aura pas à subir la pire des violences domestiques dans l'absolu, l'excision. Ce n'est pas une promesse, c'est un serment que je tiendrai à n'importe quel prix. Ma petite, ta maman ne permettra à personne de te faire du mal
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sarahorchanisarahorchani   31 juillet 2015
Quand à mon ironie, ou plutôt mon sens de la satire, je pense qu elle me libère de tout ce qui me pèse, m opprime, m offense et me met mal à l aise dans la société.
Ennio FLAIANO
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sarahorchanisarahorchani   03 août 2015
Pour Teresa; le vrai clandestin n'est pas celui qui ne détient pas de permis de séjour, mais celui qui ne lui paie pas le loyer.
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sarahorchanisarahorchani   03 août 2015
L'immigration ne serait-elle pas, en fin de compte, une forme de loterie? Gagner le gros lot, ou tout perdre?
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Videos de Amara Lakhous (3) Voir plusAjouter une vidéo
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MP 2014-12-09-455-003048BDD2D9.mp4
Payot - Marque Page - Amara Lakhous - Querelle autour d'un petit cochon italianissime à San Salvario.
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