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EAN : 9782930582566
Éditeur : du Basson (05/02/2018)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :

La cinquantaine passée, Marcel, chômeur longue
durée, glandeur et combinard vit chez sa vieille maman. C'est pratique, elle assure l'intendance et lui glisse la pièce avec le sourire.
Il déambule et dérive dans toute la banlieue de
Charleroi sans jamais se départir d'une bonne humeur
inébranlable.Une nuit de beuverie, il étrangle une partenaire en l'envoyant au septième ciel. Il vient de se découvrir une vocation ! P... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
titodupret
  28 avril 2018
Comment dit-on un page turner en français ? L'histoire des Bienheureuses commence pourtant en douceur et sans profondeur. Marcel Douby est un cinquantenaire et un fils modèle. Tellement attentif à sa mère qu'il préfère rester chômeur. Ainsi permet-il à maman de le dorloter tout son soûl. « Mercredi, c'est le jour des boulettes sauce tomate, frites. Elle les prépare super bien et je ne veux pas rater ça. »
Je dis « son soûl » parce que le soir Marcel raconte qu'avec ses potes, « On éclusait des Jups avant d'aller draguer des grognasses dans les dancings des environs. » « J'ai pris de l'âge comme ça, à la douce, en baisant des tordues de plus en plus âgées. Moi non plus, je n'allais pas en rajeunissant. »
Quel drôle d'auteur, André Lalieux ! Ses Bienheureuses ouvrent une nouvelle collection aux éditions du Basson : « Basson Rouge ». Et le plus comique de son texte, c'est qu'on n'est pas sûr qu'il le soit. « À l'époque, fille-mère, ça faisait mauvais genre, même dans une zone de merde comme la banlieue ouvrière de Charleroi. » Ambigu, n'est-ce pas ?
Toujours est-il que Marcel se met à serrer ses prises un peu trop ; de parfaites inconnues d'un soir. « Ce n'est pas rien, une femme qui vous mène au septième ciel en moins d'une demi-heure chrono et qui, elle, y reste, y plane pour l'éternité. Trop bon, trop fort : trop quoi. »
Elle a eu bien plus que ce qu'elle attendait : vingt secondes de félicité absolue, le Nirvana, l'absence totale de contrôle, le corps transcendé, l'esprit itou. Je l'ai vue partir dans un bonheur complet. Je me suis écroulé dans ses draps roses en la regardant. Elle était souriante, heureuse, apaisée et complètement morte. Je me suis endormi aussitôt.
Quand il ne strangule pas de gentils boudins, Marcel pense. Il développe des idées de bistrosophe et de poète du zinc. À force de cumuler, il observe qu'il est devenu le premier serial killer carolo de l'histoire de l'humanité. À un moment donné, il est même capable de vous expliquer pourquoi il fait ce qu'il fait. C'est hyper simple et basique comme un clip d'Orelsan.
Autour de lui gravite un nombre coloré de personnages bien débiles vivant en harmonie dans une ville bien pourrie. le traitement des déchets y est apparemment aussi fructueux que corrompu. Mais c'est une ville dont il est fier comme un bar-tabac, comme dirait l'autre, là. « Toi et moi, ma blonde, on est des vrais Carolos, purs et durs. Mais pour comprendre ça, faut y avoir vécu assez pour s'y accrocher comme le chiendent sur les pentes des terrils. »
Enfin, quand il ne magouille pas, Marcel aime sa Cricri. Il ne s'est jamais rien passé dans sa vie, il n'a jamais aimé personne et voilà qu'à cinquante-cinq ans, il tombe amoureux. Un vrai conte de fée et de fesses. Et pas con, Marcel qui devient Marco à la ville parce que c'est plus classe dans le milieu du foot et des poubelles, fort de bien y avoir réfléchi, trouve judicieux de ne pas confronter la jalousie maternelle à celle de sa nouvelle.
Alors, comment dit-on un page turner en français ? Un capti-livre ? Un recto-verseur ? Un Titre à Grande Vitesse ? En tout cas, il ne faut pas plus de temps pour lire Marcel que pour écrire sa chronique. Dont j'aimerais qu'elle soit aussi drôle et bienheureuse que lui. Ou pas. le Douby vous le dira.
Lien : https://le-carnet-et-les-ins..
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Ullman
  13 mai 2018
Ce premier roman d'André Lalieux vous prend et ne vous lâche plus jusqu'à la fin. Hypnotisante, la trajectoire de Marcel nous emmène derrière les décors de la ville de Charleroi, sans qu'on doive la connaître: elle devient le symbole de tant de villes européennes de taille moyenne sinistrées par une reconversion industrielle manquée. Combines, déchéance, corruption, veulerie émaillent le quotidien de Marcel.
André Lalieux colle avec brio au plus près de cet oublié de la société qui tente de survivre et dérape, dérape... nous entraînant dans sa course d'une bienheureuse à la suivante...
Commenter  J’apprécie          32
redmary
  04 janvier 2019
Un auteur belge qui, pour son premier roman, commence sur les chapeaux de roue !
L'histoire se passe principalement dans Charleroi (tristement célèbre au delà des frontières du plat pays) et débute fort. le lecteur suit, pour son plus grand plaisir, les truculentes aventures de Marcel, notre héros qui se découvre une âme de Sérial Killer dès les premières pages, à l'âge respectable de 40 ans.
C'est déjanté et bien coloré (un peu à la manière de Nadine Monfils) mais aussi délicat et recherché (on s'approche par instant du style de Paul Cleave) tout en réinventant la chose, à la manière propre de l'auteur.
Le tout donne un roman court mais intense, attachant et assez jubilatoire que ne devrait pas déprécier Benoit Poolvoerde.
Une belle découverte et j'ai hâte de lire le second opus de ce nouvel auteur qui lui aussi, semble s'être découvert une nouvelle vie.
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cathroq
  13 mai 2018
On finit par le trouver sympathique "le Marcel" et regretter que ce petit polar décalé se lise si vite...Un roman bonne humeur et bien écrit ! A quand le deuxième ?
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laurencekleinberger
  14 mai 2018
Un chef-d'oeuvre d'humour et un bijou littéraire. Ne manquez pas Les Bienheureuses....
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
LalieuxLalieux   15 mai 2018
J'ai pris un super pied d'enfer, comme je n'en avais jamais pris. Elle aussi je crois bien. Je me suis endormi comme un bienheureux.Quand je me suis réveillé, en regardant son cadavre étendu à mes côtés, en train de refoidir, j'ai pensé que je ne baiserais plus jamais une bonne femme autrement .
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