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EAN : 9782385770013
304 pages
Editions Récamier (24/08/2023)
3.92/5   25 notes
Résumé :
Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. C’est-à-dire toi. Tu es tout ça. Texture et lumière. Dieu t’a façonnée pour le désir et tu es de plus en plus inerte sous mon corps en rut ; mon désir est ta souffrance. Je n’en finis pas de baiser ta dépouille. Plus je te consomme, plus tu te consumes.

Le dernier amant, c’est celui qui savait mais qui a continué. Il nous raconte son histoire. Celle d’un homme qui, sous prétexte d’aimer sa femme, l’a m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Oscar Lalo propose aux nouvelles éditions Recamier une pérégrination poétique libre sur le thème de la Terre et sa souffrance. En effet, elle n'en finit pas de souffrir de notre inconsistance à changer nos comportements pour la préserver.

Et ce composé magnifique de mots dénonce les ressources qui s'épuisent, en toute conscience, suivant notre égoïsme affiché et même revendiqué.

Comparant la Terre à une femme violentée, Oscar Lalo dénonce, fustige, hurle sa rage de constater que l'Homme se conduit aussi mal avec la planète qu'un homme lors d'un féminicide.

Considérée la Terre sans l'affection et le respect auquel ont droit les gens qu'on aime, c'est pour Oscar Lalo se rabaisser à être la main qui cogne, le pied qui frappe et les insultes qui fusent ! Et, comme l'homme violent, plutôt que de laisser à d'autres l'usage de notre univers, l'humanité préfère détruire plutôt que de permettre à quelques-uns de survivre.

Dans ses paragraphes ciselés à l'aune de sa fureur et de son ironie, Oscar Lalo développe une poésie criante de l'amour qu'il porte à notre monde, qu'il désire protéger et continuer à encenser.

Et cette rage devient chant d'amour, envoûtant, pour célébrer avec la beauté de la littérature, notre belle et diverse Terre.
https://vagabondageautourdesoi.com/2023/08/15/oscar-lalo-le-dernier-amant/


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Dans ce récit très fort, le narrateur va laisser exploser toute sa rage face aux ravages que les hommes font à la Terre. En s'adressant à elle comme à une femme, il va ainsi pouvoir exprimer avec une violence inouïe les outrages inadmissibles à notre planète. D'autre part, cet homme exerce également une violence terrible face à sa femme, pour laquelle il finira en prison.

Décidément, cela devient une habitude pour moi de découvrir un nouveau roman d'Oscar Lalo à chaque rentrée littéraire. Il faut dire que j'aime particulièrement sa manière d'écrire et de traiter des sujets forts avec une verve unique et une rhétorique à toute épreuve.

Ici, dans ce récit que je qualifierais d'engagé au niveau écologique, j'ai d'emblée retrouvé le style si vif de l'auteur. Avec une force inouïe, le narrateur va hurler son indignation et son urgence à prendre soin de notre planète.

Je ne vais pas vous cacher que c'est un roman très exigeant que j'ai découvert ici, et il faudra s'accrocher à plus d'une reprise, surtout s'il s'agit du premier écrit de l'auteur que vous découvrez.

La plume de l'auteur est d'une grande densité. Malgré de tous petits chapitres et des phrases courtes, cela n'en demeure pas moins percutant, bien au contraire. Rien que pour le style incisif de l'auteur, je ne peux que vous conseiller de découvrir tous ses romans. Il réussit à capter l'attention de son lecteur jusqu'à la toute dernière ligne.

Un roman fort et puissant, aux allures de plaidoyer en faveur de l'écologie. Un récit à découvrir sans hésiter.
Lien : https://mavoixauchapitre.hom..
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Lorsque cet homme s'adresse à sa femme pour avouer qu'il l'a malmenée, violée, humiliée, lorsqu‘il parle de son fils révolté en l'appelant le petit prophète et lorsqu'il s'accuse de la mort de sa fille malade, rien n'est vraiment ce que laissent penser ses phrases.
Car ce narrateur n'est pas un simple quidam. Il est le symbole de l'Homme dans son ensemble et sa femme n'est autre que la Terre, pillée et bafouée par ceux qui se la sont appropriée.
Avec le fils et la fille de cet Homme destructeur, l'auteur présente les générations à venir comme des contestataires qui se battront pour tenter de sauver leur Planète, mais aussi comme des victimes qui mourront des conséquences de la destruction de leur environnement.
Ce « Monologue avec une terre battue » est un roman très particulier, qui se joue du sens et des mots, usant à foison de figures de style, dans lequel les nombreuses associations d'idées brouillent notre compréhension de la langue pour nous entraîner dans un discours très différent de ce qu'il a l'air.
Le récit de la vie d'une famille ordinaire, se croyant évoluée et riche de ses libertés, devient alors un dramatique aveu de l'impact destructeur de l'Homme sur la Planète.
De métaphores en allégories, Oscar Lalo nous offre, avec ce roman hors normes, une intéressante réflexion métaphysique qui, si elle n'est pas simple d'accès, enrichit indéniablement notre conscience écologique.
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« Toi, tu prends ton élan. Un jour, pas si lointain, ton colosse de vague me projettera sur un arbre. Pas rancunier, il me sauvera la vie. Quand il se relèvera de ta gifle monumentale, je verrai des débris de maisons, de voitures, des débris de routes à perte de vue. Des corps gonflés de toi, désarticulés, échoués, marionnettes exsangues d'une représentation fulgurante qu'ils ne se représentaient pas. Des couples « Just Married » déchiquetés, des familles démembrées, des orphelins, toujours des orphelins, en quête de leurs parents. Ce jour-là, je serai le dernier amant. »

Le dernier amant, Oscar Lalo @editionsrecamier #rentreelitteraire2023 sortie le 24/08

Uppercut dès les premiers mots ! c'est violent, dur, bestial… une plume sans concessions, des mots sans filtres : c'est brutal mais efficace !

Passé le premier choc, on est happé par le texte que l'on lit, presque en apnée, jusqu'à la dernière ligne…

Dans ce roman, véritable plaidoyer en faveur de l'écologie, l'auteur présente la Terre comme la femme abusée et l'Humain comme le mari rendu fou, vicieux, théâtral, qui tente le tout pour le tout : quitte à tout perdre autant le faire avec morgue et arrogance !

Au-delà de cette confrontation de tribunal, qui n'est pas sans rappeler l'ancien métier de cet écrivain, il y a aussi un cri d'alarme certain, des vérités énoncées, un message qui se veut percutant !

« Chaque année, j'exige de plus en plus tôt que tu me donnes ce dont tu n'as déjà plus. L'an dernier, ton buffet était vide le 5 mai. Alors, j'ai tapé dans ton frigo. »

Plus que percutant, le message est même clair, limpide, direct !

« Arrêter de croire que ce qui tue la vie, dans les champs préemptés par la malnommée entreprise rebaptisée MonSanté, ne nous décimera pas. Ses poisons atteignent la sève même de nos corps exténués : utérus, testicules, seins. Ses perturbateurs endocriniens, mal nommés eux aussi, font autrement plus que nous perturber. Les leucémies aiguës explosent chez les enfants de viticulteurs. MonSanté boira à la leur. »

Par ailleurs, les références de l'auteur sont multiples et enrichissent son texte, lui donnent une dimension supplémentaire, au-delà du côté brutal primaire de son protagoniste. Références littéraires « Fahrenheit 451 », références musicales (un autre univers de cet écrivain)…

« Il n'est plus question que de te confisquer. T'accaparer, seulement t'accaparer. Voleurs d'amphores au fond des criques, la nuit ils mentent. le jour aussi. »

Mais là où il excelle, c'est dans ses jeux de mots, incomparables !

« Sous les stades à usage unique, des milliers de travailleurs à usage inique, payés en espèces, enterrés en liquide, au black, d'or noir. En revanche, les musées achetés à la France se règlent par cheikhs. Tout comme les armes dernier cri, commandées en rafales par des pays qui s'obstinent à construire des immeubles qui ne savent pas nager. »

Un livre criant de vérité qui mérite d'être lu et partagé ! Je pense d'ailleurs qu'il va détonner dans le paysage de la #rentréelittéraire2023
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« Je fais comme si tes réserves étaient pleines.
Je me sers de toi comme d'un buffet. Et toi, mère nourricière, tu n'en finis pas de donner tout ce que tu as.
Tout. Chaque année, j'exige de plus en plus tôt que tu me donnes ce dont tu n'as déjà plus. L'an dernier, ton buffet était vide le 5 mai. Alors, j'ai tapé dans ton frigo. »

Oscar Lalo donne la voix à un narrateur empreint d'une violence frappante envers sa femme et la terre mère. Il explore les coups portés à son épouse, ceux qui l'ont mené à l'hôpital, ceux qui ont déteint sur leurs enfants, ceux qu'il comprend sans vraiment les comprendre. Et puis il y a les coups portés à la Terre, qui s'exprime différemment, par des abus toujours. Les abus de CO2, les abus du consumérisme, les abus des ressources qui s'épuisent et laissent la Terre en souffrance.

Les mots d'Oscar Lalo sont bruts, radicaux, ils frappent et cognent sans relâchent. Ils font mal mais nous hypnotise paradoxalement tellement ils se répercutent entre eux. Il déniche de la poésie dans des contrées insoupçonnables. Il en fait une ode à la littérature parce-que l'écrit reste toujours, l'écriture comme une bouée même en prison, la littérature comme une lumière. Et même si le soleil chauffe exagérément, les rayons de la littérature doivent briller pour mieux stopper l'hémorragie, cesser l'anesthésie.

C'est un livre qui nous laisse dans une tension sourde, les mots s'enchaînent tellement qu'on a besoin de reprendre notre respiration. Heureusement les paragraphes sont courts et occupent une seule page, entre les blancs on peut lever la tête et s'interroger : et moi dans tout ça, dans ce bordel écologique où j'en suis ? Il démonte les décisions prises, il secoue. Je crois qu'il lance un cri, une alerte fracassante.

« Plus tu es délabrée, plus grande sera leur gloire de t'avoir ressuscitée. »
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
La technologie me sauvera. De quoi ? De qui ? De moi ? De ce robot, autrefois très pressé, aujourd’hui trépassé, pendu à son téléphone ? Les anciens mots d’usage, Salut, Ça va ? On s’appelle ? On se voit ? Enrichis d’un sourire, ont laissé place à la gêne de mon regard arraché à l’aimant de ma main qui ne se tend plus. Je suis devenu cet toujours vêtu de peau humaine, qui daigne parfois octroyer quelques miettes d’attention quand quelqu’un s’érige, vivant, tel un obstacle, ou tel un écran venu occulter le seul, le vrai, celui que je mets constamment à jour pour mieux repousser l’importun vers la nuit de son inexistence numérique, pour mieux refouler l’humanoïde gluant que je likerai d’autant plus abondamment que je lui aurai dénié un instant en présentiel. Survivrai-je à mon intoxication digitale, à ma propre narcose ? (32)
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Je me rabats sur notre histoire ancienne pour me réconforter, mais la Grèce aussi m’aura mal éduqué. À force de coucher avec toi, je me suis pris pour un demi dieu.

J’ai fini par croire en ma divinité. Elle rime si bien avec impunité. Plus ça va mal, plus j’ignore ta finitude. Tes limites ? Connais pas ! Mon grand jeu : les dépasser au prix d’hostilités infinies. Je regorge de conflits.
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Artificiellement intelligent, je continue à te persécuter de plus moche. Je te fore, je te fouille, je te broie, je te perquisitionne, je te traque, je te fracture. Je te fracture à l’eau. Je t’injecte. Je t’infiltre les os. Je t’aspire la moelle. Je te vidange la carcasse. Bientôt, grâce au Progrès, je ponctionnerai le fœtus de ton âme, là où je n’aurais jamais dû me hasarder. (31)
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« « Des magiciens disent que je me fais du souci pour rien. Que la technologie va me sauver. Et toi dans la foulée. Après t’avoir macroprocessée, il suffirait de te microprocesser. Mon intelligence m’ayant fait défaut, ils viennent d’en créer de l’artificielle. Elle est censée te surveiller au plus près. Pour l’instant, c’est moi qu’elle surveille. (30)
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Comment dire à ses propres enfants que les parents qui leur ont donné la vie sont leurs assassins? Comment leur expliquer que les milliards de victimes déjà en joue sont elles aussi les milliards de criminelles dont ils sont les victimes ? Qui dénoncer lorsqu'on est réduit à porter plainte contre soi ? Comment construire ce récit insensé où les méchants sont les gentils ?
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Videos de Oscar Lalo (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Oscar Lalo
A l'occasion du Festival "Le livre sur la place" 2022 à Nancy, Oscar Lalo vous présente son ouvrage "Le salon" aux éditions Plon. Rentrée littéraire automne 2022.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2640605/oscar-lalo-le-salon
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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