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EAN : 9782890528208
Éditeur : Boréal (02/06/1999)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 20 notes)
Résumé :
« Soudain, dans les eaux grises du lac immobile, c’est l’irruption brutale de la vie, et la truite jaillit. Un bond inconsidéré de plusieurs pieds, une immense envolée vers le ciel. Au moment critique où il se saisit de la mouche, lorsqu’il atteint l’apogée de sa trajectoire, le poisson semble flotter dans l’air, et, tandis qu’il demeure ainsi figé dans l’espace, sur ses flancs ruisselants et cambrés, durant un bref instant, on peut voir se refléter l’image d’un mon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
nuala
  25 avril 2021
Peu de livres, dans une vie, comblent le désir de lecture. Une fois lus, ils ne sont jamais délaissés car ils obsèdent le lecteur : autant de petits papiers multicolores marquent les pages à relire, à retrouver et c'est un signe quand, prenant le livre dans les mains, on se surprend à empoigner un arc-en-ciel.
Ce livre est de ceux-là et peut-être le premier de tous et, aussi, le premier d'une longue série qu'il me faudra désormais lire...

Robert Lalonde convie le lecteur à l'accompagner pendant quatre saisons, à méditer sur l'écriture, sur la nature, sur la vie aussi, finalement. Juste un séjour en compagnie de ce guide, de son chien toujours compagnon, de sa chatte toujours capricieuse, des oiseaux toujours symboles d'évasion et de vastitude, de la nature toujours en mouvement, de ses couleurs et de ses concerts.
Vaste programme quand il s'entoure des écrivains qu'ils admirent – Flannery O'Connor, Annie Dillard, Margaret Laurence, Barry Lopez, Pierre Morency, Emily Dickinson, Jean Giono, Colette... et bien d'autres -, introduit le lecteur auprès d'eux, les traduit, le cas échéant, dans une prose personnelle et imagée. Il les fait s'exprimer, converser tentant de faire des échanges une tentative de définition de ce qu'est "écrire", de ce qu'est la littérature...
Toujours regardant la nature, s'il a des yeux de peintre - comme son père - pour l'observer, c'est en poète qu'il devient naturaliste. S'il décortique la vie et les sentiments qui visitent l'Homme, c'est toujours en approfondissant, en allant au delà des perceptions, qu'il ressent.
" Ecrire, voir, c'est pareil ! Cela exige la même vigilance tranquille. (...) cette espèce de fl ânerie circonspecte, libre et exacte, qu'est la vraie chasse, la lecture enchantée, l'écriture qui transcende."
Ainsi, si Robert Lalonde explique son idée de l'écriture, il ne la sépare pas d'une idée de vie : le talent qu'il met à observer, pressentir et transcrire au mieux ses "visions précises", il le met à choisir un rythme de vie qui lui donne l'autorisation de laisser libre-cours à une liberté d'être, seul état autorisant l'adéquation entre éprouver et écrire, entre percevoir et dire.

Le livre refermé - mais il ne le sera jamais, vous l'avez compris ! - laisse le lecteur orphelin. La compagnie de tous ces écrivains lui manque, le voilà perdu, desoeuvré, la tête bouillonnante d'idées, de questions, de phrases, de mots qu'il faut redire et réciter pour avancer plus loin dans la réflexion et tenter de saisir ce qu'est "écrire".

Un livre donné comme un trésor, un livre qui devient comme un refuge, un livre comme un compagnon évident qui enrichit l'autre de son érudition : un livre qui ne se résume pas puisqu'il n'est jamais lu en totalité tant la profondeur de son propos reste vaste. (Reste à espérer ne pas l'avoir trahi en tentant d'en parler.)
Un livre à garder dans la poche, définitivement...
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Madame_lit
  07 janvier 2017
D'emblée, je peux vous révéler que ce dernier mérite d'être lu par tous les amoureux de la littérature, de l'écriture, de l'acte de création, de la nature…
Dans son chalet à Oka, en compagnie de son chien et de sa chatte, Lalonde partage avec son lecteur ses observations durant les quatre saisons canadiennes sur la nature qui l'entoure et il fait des liens, entre autres, avec les auteurs qu'il aime et il médite sur le processus de création littéraire. Ainsi, au fil des pages, le lecteur découvre des extraits de Jean Giono, de Gabrielle Roy, d'Annie Dillard, de Flannery O'Connor, d'Aubudon, de Gustave Flaubert, de Montaigne, pour ne mentionner que ces derniers et il est amené à réfléchir sur le monde qui l'entoure à travers les pensées de ces grands auteurs. C'est un éveil par rapport à la vie que propose Lalonde. Par exemple, il cite Flannery O'Connnor :
Écrire n'est pas, à mon sens, une simple discipline, encore que c'en soit une ; c'est plutôt une certaine façon de regarder le monde, la réalité, et aussi l'art de faire usage de ses sens afin de déchiffrer le mieux possible la signification des choses…(p. 24)
Il est à noter que Lalonde traduit lui-même les textes de ses auteurs fétiches pour le plus grand plaisir de son lecteur qui retrouve ainsi sa touche personnelle.
Ou encore, comme il le mentionne à propos des oeuvres littéraires :
Dans les livres des autres, tout est rassemblé, réconcilié, unifié, disponible : le passé, les saisons, l'amour, la mort, le monde vaste, les hommes, la vérité, les actions, les voix, la certitude d'un accomplissement possible. (p. 42)
De surcroit, l'auteur va à la rencontre de ses sens pour redécouvrir son rapport aux mots…  Grâce à ses réflexions sur l'écriture, Lalonde ouvre la porte de son instant présent à son lecteur pour l'amener ailleurs, là où la beauté des mots résonne plus fort que le tumulte qui entoure l'être humain.
J'écris pour célébrer l'orage, celui du ciel de ce soir, celui qui grandit en moi, tous les orages du monde dont on espère qu'ils nous délivreront de nos tensions, qu'on dit insoutenables. Mais on soutient tout, toujours, orgueilleux et plus forts que nos tourments. J'écris pour que rien ne se perde, de tous les actes d'une journée, importants, insignifiants, à la fois matière à toucher Dieu, ou bien le vrai, tentatives d'ouvrir l'oeil, parfois le bon. J'écris avec une gravité songeuse, une tendresse inconnue, embusquée, sur le qui-vive, l'espoir d'aimer les hommes, en les comprenant, en les montrant comme je les vois. Il m'arrive d'écrire comme on jette un cri dans la tempête, ou dans la forêt en feu. (p. 86)
Ce livre m'a profondément marquée… Je sors grandie de cette lecture…. Robert Lalonde est un grand écrivain. Sa plume s'avère sublime, ses réflexions sont profondes et empreintes de poésie. J'ai vraiment pris le temps de lire le Monde sur le flanc de la truite. C'est une lecture qu'il faut déguster, savourer, laisser de côté et puis retrouver. Lalonde m'a permis de découvrir encore plus l'acte de création à travers sa perception, mais également à travers celle d'un auteur comme Paoustovski.
Chaque instant, chaque mot, chaque regard jeté au hasard, chaque pensée profonde ou badine, chaque tressaillement à peine perceptible du coeur humain, de même que le duvet aérien des peupliers ou le feu d'une étoile dans une flaque d'eau nocturne, sont des grains de poussière d'or…. Il est étonnant que personne ne se soit donné la peine d'observer comment, de ces grains de poussière, nait le flot vivant de la littérature…  (p. 113)
Donc, il y a des livres pour rire, d'autres pour pleurer, pour frémir et il y en a pour ramener le lecteur à l'essentiel… le Monde sur le flanc de la truite fait partie de cette dernière catégorie… J'ai noté beaucoup de citations dans mon cahier de lecture… Je vous convie à découvrir ce bouquin de Robert Lalonde pour réapprendre à voir, à écrire et à lire….
À partir du moment où l'on cesse d'inventer le monde, être mort ou vivant, c'est presque la même chose. (p.101)
Un autre livre de cet auteur que j'ai adoré est le dernier été des Indiens et je vous le recommande sans hésitation.
https://madamelit.me/2016/12/08/madame-lit-le-monde-sur-le-flanc-de-la-truite/
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Franz
  21 juillet 2016
Repéré dans l'ouvrage le sens de la marche de David le Breton, le monde sur le flanc de la truite de l'écrivain canadien Robert Lalonde est venu s'échouer sur mes étagères sous un torrent de livres. Un jour, j'ai repêché le livre avec sa belle couverture noire et luisante. Transporté dans mon sac à dos comme un viatique, le livre s'est défraîchi, écorné, froissé mais sa laitance a étoilé mes longues marches solitaires. Beaucoup de personnes sont convoquées par Robert Lalonde au fil des 190 pages : Annie Dillard, Gabrielle Roy, Flannery O'Connor, Emily Dickinson, Audubon, Barry Lopez, Rick Bass mais aussi Colette, Giono, Flaubert, Montaigne et tant d'autres. Québécois né en 1947, Robert Lalonde est bilingue et se nourrit littéralement à travers les mots français et anglais pourvu qu'ils fassent sens et aident à voir, lire, écrire et vivre. Quatre saisons au Canada alimentent notes, aphorismes, citations, entretiens imaginaires. « Ca parle d'oiseaux, de livres, de chevreuils… de désir, d'espérance, de lueurs aperçues… Ca parle de moi, en scribouilleur obsédé… » (p. 188). Ca aide aussi le lecteur qui peut laisser infuser des phrases comme : « le mal, c'est peut-être l'impatience, tout simplement » (p. 95) ou encore : « A partir du moment où l'on cesse d'inventer le monde, être mort ou vivant, c'est presque la même chose… » (p. 35).
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ivredelivres
  11 mars 2015
Jolie façon de démarrer un billet non ?
Parmi les livres que l'on lit, que l'on accumule, certains s'imposent par leurs qualités. N'y a t-il pas, parmi les écrivains que vous avez lu, des hommes ou des femmes dont vous voudriez être l'ami ? Robert Lalonde fait partie de ces gens là.
Je l'ai lu pour la première fois en 1997, j'avais par hasard trouvé son livre sur le stand du Québec au Salon du livre.
Je n'ai eu que du bonheur à le lire et cela s'est répété trois fois. Alors je vous fait aujourd'hui un joli cadeau en vous livrant ses trois livres.

Robert Lalonde est un grand lecteur, il livre dans ces trois livres ses amours pour des auteurs, pour la littérature mais pas seulement...
Il est aussi un observateur assidu de son entourage, des paysages, des animaux, voici ce qu'il dit
« Voir, regarder, déceler est une obsession d'écriture, comme celle de faire des liens entre des choses qui ne se touchent pas.»

Liens, correspondances au sens où l'entend Baudelaire, dialogues avec ses écrivains préférés dont il nous livre des citations à profusion nous gratifiant de ses propres traductions.Une véritable orgie de citations.

Ses livres sont des journaux de bord d'un écrivain sensible qui parfois se retire « en ermite » et qui se veut comme le dit Giono « un professeur d'espérance »
Il aime méditer, observer, fidèle en ça à Flaubert qui disait « Pour qu'une chose soit intéressante il faut la regarder longtemps »
Il prend des chemins de traverse, il exerce son oeil, sa patience, sa
modestie.
C'est bon de se plonger dans cet hymne païen à la littérature, d'être un peu submergé par l'avalanche de citations qui sont là pour nous nourrir, pour nous éblouir.
Lui a fait de Proust, de Montaigne, d'Annie Dillard, de Jean Giono, de Rick Bass, d'Emily Dickinson, de Rimbaud, de Rousseau, de Schopenhauer, de Flannery O'Connor et de Gabrielle Roy, ses amis.
Je vous propose de faire de Robert Lalonde votre ami en littérature.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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chagota
  16 septembre 2011
Quiconque ira explorer la signification du titre du livre, dès les premières pages, sera forcé d'élargir ses horizons. L'auteur entraîne le lecteur à travers ses promenades dans la nature, ponctuées de citations choisies parmi certains de ses auteurs favoris. Ce sont véritablement des notes sur l'art de voir, lire et écrire. Un ouvrage pour les amoureux des mots, certes, mais incarnés dans tous les sens.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
nualanuala   24 avril 2021
(...)l'oiseau reste libre, même un coup descendu et gisant sur l'établi, perdant son sang. Tu n'as rien pris de lui, surtout pas sa vie, qui est innombrable, qui n'est pas unique, individuelle, absurdement précieuse, comme la nôtre. Cette conscience-là, que j'ai, qu'ont les humains, de vivre tout seuls, séparés, notre âme irremplaçable, prise dans notre corps originel, isolé, l'oiseau ne l'a pas. Il continue de voler, il ne meurt pas, il est infiniment remplacé, éternel.
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ivredelivresivredelivres   16 janvier 2011
Dans ses notes sur l'art d'écrire Paoustovski dit :
Chaque instant, chaque mot, chaque regard jetés au hasard, chaque pensée profonde ou badine, chaque tresaillement à peine perceptible du coeur humain, de même que le duvet aérien des peupliers ou le feu d'une étoile dans une flaque d'eau nocturne, sont des grains de poussière d'or ... Il est étonnant que personne ne ce soit donné la peine d'observer comment, de ces grains de poussière, naît le flot vivant de la littérature...
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nualanuala   22 avril 2021
J'écris pour VOIR, c'est bien sûr. Pour chasser les mauvais mystères de la nuit, pour faire un printemps du matin. J'écris pour naître, encore, toujours. Par l'attention neuve, m'absenter de moi, de ce fouillis de tentatives d'être dans un absolu qui vous émiette et vous éparpille comme le vent, ce matin, fait avec les vieilles feuilles, les vieilles tiges de l'an passé. (...)
J'écris pour cesser de savoir et pour commencer d'apercevoir et de sentir.
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PasoaPasoa   16 novembre 2019
J'imagine une navigation à peau nue, dans cette eau pâle qui coule dans la nuit sans fin, une descente galactique, bras et jambes écartés, une longue chute de côté, comme dans une rivière avec des cascades et des petits lacs, des remous et de grandes baies d'eau libre. J'écris mon désir d'abandon, mon besoin d'être emporté par une grande bête bienveillante, mon souhait d'enfant et d'adulte encore d'être enlevé dans les étoiles. Mon essentielle envie d'être partie vivante du mythe, de l'histoire inconnue, inconnaissable du monde, mon espérance d'être frôlé par des mystères, attendris par ma toute simple curiosité, comme les monstres apprivoisés des fables, qui vous laissent manger dans leurs paumes.

p.104
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GeraldineBGeraldineB   14 août 2018
Chaque instant d'une vie est "poised for flight". Chacun est cet oiseau perché, qui peut détaler par en haut ou par en bas, animé par un instinct, ou plutôt par un désir qu'il ne comprend pas toujours. Toutes les chances et toutes les malchances sont de notre côté, et si nous agissons aveuglément, à quoi sommes nous donc aveugles? Au passé, à nos traces, à nos certitudes. Nous sommes pour ainsi dire "programmés" pour chercher et trouver. Nous mourons dès que cessent nos fouilles harassantes, dès que la passion de voir plus haut, plus loin, nous déserte.
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Video de Robert Lalonde (1) Voir plusAjouter une vidéo

Robert Lalonde : le vaste monde
Olivier BARROT est à Québec, devant les chutes gelées de Montmorency. Il présente le livre "Le vaste monde", recueil de scènes vécues ou rêvées DDE l'écrivain québécoisRobert LALONDE, chantre de la nature et de l'enfance.
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