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EAN : 9782709666251
250 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (29/01/2020)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :
J’ai longtemps pensé que j’étais incapable de lire un livre, d’être touché par un tableau ou une pièce de théâtre. Quand on grandit dans un milieu populaire, on est convaincu que la culture et l’éducation ne nous concernent pas vraiment.
Aujourd’hui, je veux m’adresser à l’enfant qui croyait dur comme fer qu’il ne porterait jamais de costume, à celui qui était persuadé qu’il s’exprimait mal, qu’il était ignorant, qu’il ne ferait pas d’études. Je veux lui dir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
MarcelineBodier
  29 janvier 2020
Attention : livre à lire, à partager, à chroniquer !
Abdelilah Laloui est un auteur de vingt ans, étudiant à Sciences Po. Il y est entré par une « convention éducation prioritaire ». Il fait donc partie de cette minorité qui vit une « transition sociale violente » et fait mentir les statistiques, tout comme, avant lui, Pierre Bourdieu (vous avez lu l'Esquisse pour une auto-analyse ?) ou Annie Ernaux (vous avez lu La place ?). Comme ses illustres prédécesseurs, il décrit le sentiment d'illégitimité que cela éveille et malgré son jeune âge, cela justifie qu'il écrive déjà une autobiographie : car le sentiment d'illégitimité, qu'il aurait pu n'analyser et ne partager que dans plusieurs décennies, est déjà là, forgé dans l'enfance et l'adolescence. Et malgré son très jeune âge, il réussit à faire comprendre de nouveau ce que l'on ressent lorsqu'on est « un bolosse » en banlieue et un jeune de banlieue chez les bolosses parisiens. Il y ajoute la dimension de l'origine : que ce soit en France ou en Algérie, il est considéré comme « immigré ». Sa fratrie et lui, ce sont des « immigrés en France, immigrés en Algérie ».
J'ai entamé ce livre en me demandant quelle part de coup d'éditeur il contenait, je le reconnais. de fait, la couverture du livre attire l'attention sur l'auteur, qui est déjà un personnage médiatique. Mais il y a un aspect qui lui donne vraiment une dimension supplémentaire : l'auteur lui-même va très au-delà de l'autobiographie lorsqu'il montre, exemple à l'appui, ce que c'est que renverser la situation face à deux jeunes hostiles à l'école et à la culture classique. La scène où il raconte sa rencontre avec Bakary et Souleymane, à peine plus jeunes que lui, est une scène clé. Il leur lit un extrait de Terre des hommes et les amène à prendre conscience du fait que l'auteur parle d'eux. Ils se défendent d'abord par le rire, puis disent spontanément qu'ils s'y reconnaissent, mais « qu'en cours de français, quand on parle des livres, on ne nous demande jamais de faire ça ». La scène se termine sur une note inattendue, mais cruciale…
Merci aux éditions JC Lattès et à NetGalley de m'avoir permis de faire cette belle découverte. Je mets aussi le lien vers ma chronique sur 20 minutes car elle contient d'autres références !
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CathyBorie
  27 juillet 2020
Dévoré en une après-midi, ce livre met en avant deux choses qui me donnent envie de le partager autour de moi : on peut être sauvé de tout (ou presque...) grâce à la curiosité et à la littérature ! Et c'est bien ce qui permet à Abdelilah de sortir de sa condition de "bolosse ", qu'il a intériorisée à tel point que même une fois reçu à Sciences Po il ne parvient pas à se sentir légitime. Mais sa curiosité le porte à ne pas baisser les bras, bien qu'il avoue des larmes cachées et des moments de découragement pleins de désespoir, et avouer ces pleurs me le rend encore plus sympathique. Son parcours exceptionnel n'est sans doute pas applicable à chacun, néanmoins sa vision de la culture, comme un objet que tout le monde peut s'approprier, devrait résonner dans la tête de tous les jeunes sans exception et de tous leurs enseignants. Merci Abdelilah pour cette voix qui s'élève pleine de vigueur et d'espoir !
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Sallyrose
  22 juin 2020
C'est le récit d'un jeune homme de 20 ans qui a grandi dans une banlieue pas très chic, entouré de parents aimants, assoiffé de connaissances, doté d'une curiosité sans faille.
Avec beaucoup d'humour mais aussi avec tendresse, il raconte les obstacles qu'il a dû franchir pour entrer finalement à Sciences-Po. Il rapporte toute sa gratitude à ses parents, aux professeurs qui ont cru en lui, en tous les anonymes qui lui ont permis de franchir les barrières de classe.
Un parcours bien raconté qui montre qu'il n'y a pas de miracle : il suffit de travailler.
A bon entendeur, salut 😉
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Laurany
  20 mars 2020
Une autobiographie de plus pour laquelle nous remercions l'auteur de l'avoir écrite, partagée et éditée !
En effet, Abdelilah Laloui nous partage son chemin de vie de son enfance à l'âge adulte. Son chemin a été parsemé d'obstacles et d'auto-dévalorisation suite à ses origines. Comment prétendre à la culture quand on vient d'un quartier où le fait d'adhérer à l'école t'amène à te faire traiter de bolosse? Comment s'intégrer alors qu'on s'exclu avant même d'avoir essayé de partager ? Qu'est ce que la culture finalement?
Dans ce récit, l'auteur interroge et interpelle son lecteur sur le sens de la culture et surtout sur l'importance de la curiosité. Il interpelle également sur les questions des origines, de la place prise et/ou laissée par chaque individu quelque soit son milieu social ou son origine.
Ce récit est un témoignage, un coup de poing sur la table mais aussi une Ode à la persévérance et à la tolérance.
Professeur en collège REP+, je reconnais dans les propos de'Abdelilah bon nombre de mes élèves qui font preuve de curiosité mais qui ne vont pas toujours au bout de leurs idées par peur de ne pas y arriver.
Le style est aisé même si parfois il m'a fallu relire l'un ou l'autre passage ( Merci Proust ou Rilke). Il entraîne avec facilité le lecteur de page en page.
Merci pour les références qui mène le lecteur, en tout cas pour ma part, à aller écouter l'une ou l'autre référence musicale ou à lire l'un ou l'autre ouvrage cité.
Bref, vous l'aurez compris, j'ai apprécié la lecture de ce témoignage, j'ai envie de le partager autour de moi.
Je le recommande aux lecteurs à partir du lycée et je recommande peut être certains passages en collège.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MarcelineBodierMarcelineBodier   29 janvier 2020
Ça y est, c’est officiel, j’y suis. J’étudie dans une grande école. Je suis officiellement déviant. En France, une personne issue de l’immigration qui fait de grandes études révolutionne sa vie, et la société avec. Elle est érigée au rang de modèle. Elle n’a pas le droit à l’erreur. Et moi qui ne sais toujours pas si je dois porter des baskets ou non, quel modèle je fais ?
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LauranyLaurany   20 mars 2020
Inutile de bien parler français dans une France qui ne veut pas de nous. [...] Le langage doit donc être abrupt, familier et violent. Une violence aussi bien de la forme que du fond. Ainsi, l'interjection "wesh" s'est substitué à mon "salut", "bâtard" est devenu mon insulte favorite et la contraction "vasy" ponctue toutes mes phrases, qu'il s'agisse de dire au revoir ou d'exprimer mon mécontentement. On se sent exclu donc on s'exclut de la société. C'est le serpent qui se mord la queue. Peut-on nous le reprocher?
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MarcelineBodierMarcelineBodier   29 janvier 2020
… passer un concours en ayant le sentiment de défier la sociologie et son destin est autre chose. Un parmi des milliers est capable de s’affranchir de son environnement social pour s’élever, mais à quel prix ? Beaucoup de ressentiment et de honte.
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MarcelineBodierMarcelineBodier   29 janvier 2020
Pour lire un livre, la seule chose que tu dois savoir, c’est que tu ne sais rien.
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julien75006julien75006   29 avril 2020
Les personnes qui se disent cultivées doivent se justifier en permanence de leur culture, tandis que les personnes curieuses se contentent de s’en imprégner, sans qu’il ne leur soit jamais rien demandé.
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Videos de Abdelilah Laloui (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Abdelilah Laloui
Abdelilah Laloui - On n'est pas couché 22 février 2020 #ONPC
On n'est pas couché  22 février 2020 Laurent Ruquier sur France 2 #ONPC
Toutes les informations sur les invités et leur actualité https://www.france.tv/france-2/on-n-est-pas-couche/
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