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Zariel (Autre)Hermine Hemon (Traducteur)
EAN : 9782376864950
400 pages
Editions ActuSF (23/09/2022)
4.09/5   33 notes
Résumé :
Les écosystèmes de la Terre sont en train de s'effondrer. L'avenir de l'humanité est en jeu. Mais une équipe de femmes se prépare à la sauver, même si elles doivent voler un vaisseau spatial pour y parvenir.

Malgré les restrictions croissantes des libertés des femmes sur Terre, Valerie Black est le fer de lance de cette première mission entièrement féminine vers une planète de la zone Goldilocks, où les conditions sont idéales pour l'établissement de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Depuis que j'ai lu Lady Astronaute et ses suites, dès qu'on me parle d'un roman avec des femmes partant dans l'espace, je suis partante moi aussi. Mais tous n'ont pas la même force que le texte de Mary Robinette Kowal et bien que très entraînant, La lumière lointaines des étoiles fut plus un joli divertissement qu'un livre choc.

Autrice de romance, de young adult et de fantasy, Laura Lam nous livre ici un premier roman de SF très influencé par l'état et l'histoire présente de notre planète. Avec un mélange singulier de thriller, de huis clos et de SF d'anticipation engagé, elle propose une aventure prenante qu'on a du mal à lâcher malgré plusieurs facilités et tic d'écriture provenant du Y.A.

Avec son projet de suivre un groupe de cinq femmes qui ont, en quelque sorte, braqué un vaisseau spatial pour se rendre sur la seule planète habitable rapidement afin de sauver une Terre mourante, l'autrice a de suite attirée mon attention. Il y avait des relents de Lady Astronaute dans ce monde où la Terre est au bord de l'extinction mais où les femmes sont de plus en plus isolées et reléguées au second plan, les hommes allant même jusqu'à leur enlever des droits et opportunités durement gagnés.

Pour nous conter cela, l'autrice se propose de suivre Naomi, une jeune biologiste spécialisée dans la culture des algues, qui est la fille adoptive d'une magnat de l'espace : Valérie Black, une femme d'affaire visionnaire qui est aux commandes de ce vaisseau volé. de tout temps sous la coupe de sa mère adoptive, Naomi va tout de même noter au cours de ce voyage et des échanges secrets qu'elle aura avec son pseudo "frère" par alliance des choses qui clochent et qui vont lui faire remettre en question ce voyage, ses aspirations et sa foi en sa mère.

J'ai trouvé la plume de Laura Lam particulièrement addictive dans cette lecture. C'est pourtant une histoire assez classique de space opera avec vie en huis clos à bord d'un vaisseau où les choses vont dérailler. C'est aussi une vision assez classique d'une Terre dans le futur où tout va mal et où cela va empirer notamment à cause d'un virus mortel ravageur. Il n'y a rien d'innovateur ici et pourtant cela fonctionne.

Ça fonctionne bien parce que le monde imaginé et malheureusement les choix des puissants sont tout à fait crédibles. Oui, on est dans un monde où les droits des femmes régressent, alors pourquoi pas imaginer un retour en arrière avec des femmes réduites à l'état ou presque de femme au foyer comme après la guerre. Oui, on est dans un monde où le réchauffement climatique s'emballe un peu plus chaque jour, alors pourquoi pas un monde où ça va tellement mal qu'il ne lui reste plus que quelques décennies et dans lequel on a limité les naissances à cause de cela. C'est crédible. de même que la recherche de solution ailleurs, Lune, Mars et pourquoi pas plus loin, comme l'exoplanète Cavendish découverte pour cette fiction, tant qu'on a les moyens pour y aller, comme c'est le cas ici grâce à la nouvelle propulsion inventée.

L'aventure en plus est prenante car l'autrice tisse très bien sa toile, avec d'abord la vie à bord de ce vaisseau que les filles ont dérobé et qui vole en direction de Mars pour ensuite faire un bond vers Cavendish. Elles vivent sous la crainte des représailles de la Terre. Elles vivent aussi en vase clos entre elles et elles ne sont que cinq. Quand leur chef déraille, tout déraille. Quand des secrets sont dévoilés, la confiance est perdue et la suspicion est partout. L'ambiance est donc bien travaillée, de même que la narration, avec les échanges avec Evan resté sur Terre qui informe discrètement Naomi, en plus d'ajouter une dimension plus personnelle et romantique à l'histoire et de questionner ainsi celle-ci sur la vie et l'avenir qu'elle souhaite.

Le problème, c'est que tout ça reste assez prévisible et superficiel. L'histoire n'arrive pas à passer à la vitesse supérieure et l'autrice ne parvient pas à donner suffisamment de matière à l'intrigue et à ses personnages pour qu'on ait le sentiment qu'ils soient incarnés. On reste en surface. A part Naomi qui est notre interlocutrice privilégiée, aucun autre personnage, à part peut-être Valérie, sa nemesis, ne parvient à prendre réellement corps. On ne sait pas au final qui sont vraiment ses collègues astronautes en fuite avec elle, qu'elles sont leurs aspirations, leur vie ou même leur caractère. Même Evan, son interlocuteur privilégié à elle, reste assez lointain et évanescent, cliché de l'homme quasi parfait qui n'a pas osé se déclarer. Valérie, elle, est un peu le cliché de la méchante patronne d'entreprise manipulatrice et trop intelligente pour son bien. Elle rappelle l'antagoniste de la saga jeunesse Phobos. Bref, il manque quelque chose aux personnages.

Il en va de même pour l'intrigue. Au final, on sait concrètement bien peu de choses de la vie à bord, celle-ci se concentrant trop vite sur les petites histoires perso de Naomi, plutôt que sur ce cadre qu'il aurait fallu faire vivre. Même la dimension scientifique du voyage est passée assez rapidement et ne permet pas d'avoir le sense of wonder qu'on est légitime d'attendre de cette nouvelle façon de voyager et d'échanger. Il y a même des passages qui font perdre sa crédibilité à l'oeuvre, comme tout ce qui tourne aux enfants nés et grandissant dans l'espace puis retournant sur Terre... L'autrice dit s'être nourrie de conseils de gens s'y connaissant en la matière, je suis un peu sceptique. Quant à l'intrigue, elle ne dit pas grand-chose et surtout la dimension space opera au final n'est pas exploitée puisque c'est ce qui se passe sur Terre qui conditionne tout. C'est franchement décevant. J'ai toujours du mal quand on me vend du voyage spatial et que celui-ci est réduit à portion congrue au profit de quelque chose de bien plus terre et à terre qu'une guéguerre autour de l'extinction de la Terre et sa population...

La lumière lointaine des étoiles sera un bon divertissement pour qui souhaite lire un récit d'anticipation sur une Terre qui part à la dérive et sur des femmes cherchant à la sauver malgré le patriarcat qu'elles ont contre elles. Pour le lecteur amateur de space opera comme semblait le vendre le résumé, ce sera peut-être une autre histoire. J'ai aimé le divertissement, moins la sous-exploitation du cadre spatial et l'absence d'écriture de la majorité des personnages. C'est un joli coup d'essai mais pas encore une réussite.
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Accrochez-vous, positionnez votre curseur de suspension d'incrédulité sur le maximum et alors seulement vous pourrez lire le premier chapitre du roman de Laura Lam, La lumière lointaine des étoiles, sans tomber à la renverse... Imaginez cinq astronautes s'élançant d'un pas de tir "clandestin", rejoignant une navette prête à partir à la conquête des étoiles et mettant les gaz direction l'espace interstellaire sans rencontrer de réelles difficultés.

Un peu de contexte. Dans un futur proche, la Terre se meurt. La pollution est telle qu'il est impossible de rester à l'extérieur sans porter de masque filtrant, les forêts sont en feu et les pôles ont perdu toute leur glace... A la crise écologique, s'associe une crise économique et politique, les Etats se referment sur eux-mêmes, les conservatismes refont surface et les inégalités sociales s'accentuent. Dans ce marasme, une lueur d'espoir vient des étoiles avec la découverte d'une exoplanète habitable, Cavendish. Les progrès scientifiques ont permis de dompter le voyage interstellaire supraluminique : la propulsion Alcubierre a vu le jour. le premier vol habité utilisant cette technologie est programmé. Un nouveau départ pour l'humanité se dessine mais un nouveau départ sans les femmes. Depuis quelques années, celles-ci sont évincées de tous les programmes spatiaux et de recherches. Valérie Black, une riche femme d'affaires visionnaire qui a participé et financé certains d'entre eux ne l'entend pas de cette oreille. Elle a constitué une équipe exclusivement féminine autour d'elle et programmé un plan B pour damner le pion à la NASA et s'emparer de leur navette. Une fois parties vers les étoiles, les tensions et les divergences entre les cinq astronautes apparaissent...

Passé l'écueil du premier chapitre, Laura Lam nous propose alors un huis clos spatial très efficace, difficile à lâcher. Un véritable page-turner avec de l'action, du suspense, de la réflexion et surtout, du rêve et de l'espoir. Elle alterne les chapitres situés dans l'espace décrivant minutieusement la vie à bord de la navette - comme par exemple la culture des plantes pour fournir aussi bien l'oxygène que la nourriture - avec les épisodes se passant sur Terre dans les années et les mois précédents le vol pendant lesquelles elle construit ses personnages avec leurs secrets, leurs fêlures et leurs espoirs.

Comme elle le dit dans ses remerciements, Laura Lam n'est pas une scientifique mais elle s'est beaucoup documentée en interrogeant de nombreux spécialistes dans divers domaines, de la virologie à l'astrophysique, de la chimie à la botanique, pour rendre son histoire possible. La lumière lointaine des étoiles est également un roman féministe et militant doublé d'une utopie où le leitmotiv d'un monde meilleur, d'une seconde chance, se confronte violemment à la réalité. L'autrice ne tombe jamais dans le manichéisme outrancier et garde toujours foi en l'humanité, un optimisme mesuré mais salvateur.

La lumière lointaine des étoiles est donc un roman loin d'être parfait mais avec une qualité rare, il fait rêver, voyager et espérer et c'est déjà beaucoup.



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Je dois avouer que c'était mal parti. Les premières pages consacrées au vol du vaisseau m'ont paru complètement ahurissantes tant je n'y ai trouvé aucune crédibilité. Je trouvais qu'on était davantage dans le côté roman d'aventures un peu loufoques, dans lesquelles on me demandait d'y croire les yeux fermés (le willing suspension of disbelief : vous mettez votre scepticisme de côté et vous croyez à ce qu'on vous raconte les yeux fermés).

Heureusement, on rentre rapidement dans quelque chose de beaucoup plus solide. L'autrice n'a pas de formation scientifique académique mais son travail de recherches préparatoires a payé, car elle offre un récit passionnant et convaincant. Je n'ai pas trouvé la plume extraordinaire; mais je n'ai pas lu la VO. En revanche, je me suis éclatée sur deux plans :
- celui de l'intrigue. Une traîtresse à bord, des cachotteries, des dangers, le tout dans un huis-clos spatial. J'ai beaucoup aimé suivre ce quotidien et me sentir intégrée à cet équipage féminin très diversifié. le récit m'a semblé équilibré, sans longueurs excessives, ni rebondissements précipités en cascade. Evidemment, le dernier cinquième s'emballe un peu, mais j'ai été très agréablement surprise par le chemin choisi par l'autrice. Finalement, cette fin de roman donne un autre aperçu sur toute l'épopée vécue par ces femmes et le sens de leur voyage.
- et le plan scientifique. On suit davantage Naomi, biologiste et botaniste de talent. C'est déjà ce que j'avais aimé dans Retour sur Titan. Je ne comprends pas grand chose en physique, mais tout ce qui est génétique, botanique, biochimie et géologie me passionne et me parle. Les séquences d'horticulture spatiale m'ont donc forcément ravie.

Le roman propose également des réflexions tout aussi passionnantes sur l'utopie. Reconstruire une société oui, mais à partir de quel substrat initial ? Pour aller où ? Comment éviter que l'utopie d'untel devienne une dystopie pour l'autre ? Une utopie est-elle réaliste, et peut-elle se construire sur des cendres ? Jusqu'où peut-on aller pour s'arracher à la tyrannie, sans risquer d'en proposer une nouvelle ? Autant de propos qui sont abordés selon moi dans ce roman avec force et pertinence.
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Avant de donner mon avis, je souhaite préciser que pour moi, la véritable héroïne est Valérie Black. Il en est de mème du Dr Peters dans l'Armée des douze singes, dans un sens plus extrémiste, mais qui se justifie . L'être humain est le virus qui détruit la Terre.

Valérie Black symbolise le Syndrome Magneto théorisé par Benjamin Patinaud. « Certains méchants ne veulent pas juste détruire le monde : ils veulent le changer. Radicalement. » Valérie Black a le but de coloniser l'exo-planète Canvendish ( Pourquoi ce nom aux accents anglo-saxon et colonialiste?) en y envoyant des embryons humains et des femmes ayant fait appel à un utérus artificiel. Pour se faire, elle vole un vaisseau spatial accompagnée de quatre autres femmes aux compétences indéniables mais mises de côté par une société phallocratique qui fait penser aux prémisses de la Servante écarlate. Son but est d'y construire une société meilleure, de
de lutter contre les injustices sociale, économique et de genre. Je suis beaucoup plus en phase avec son personnage qu'avec celui de Naomi, que je considère comme une enfant gâtée sortant d'un roman à l'eau de rose. Valérie se bat pour que les hommes, avec un petit "h", ne renouvèlent pas sur Cavendish les sociétés phallocratiques, esclavagistes et capitalistes fondées sur Terre depuis que l'homo-sapiens (il faut le dire vite) est sorti de la forêt pour détruire GaÏa.

J'ai entendu beaucoup de bien du roman de Laura Lam dans différents medias. Aussi, c'est avec joie que j'ai débuté la lecture. Je suis enclin à dire que mes attentes étaient trop hautes. C'est un bon roman d'anticipation qui surfe sur le contexte actuel: péril écologique, montée des extrêmes... L'autrice mélange différents genres: le thriller, le huis clos et la science-fiction.

Le contexte: nous sommes quelques décennies dans l'avenir et la Terre est mourante (comme si elle ne l'était pas déjà). Une exo-planète a été découverte et pourrait constituer une planète B. pour l'espèce humaine.

L'autrice prend le parti de Naomi, une jeune biologiste spécialisée dans la culture des algues, fille adoptive de Valérie Black, une femme ressemblant étrangement à certains milliardaires actuels qui regardent vers les étoiles en opprimant la masse. Mais elle a pour elle d'être utopiste. A l'inverse, Naomi est irritante par plus d'un aspects: retour dans les jupons de sa mère adoptive à chaque déception professionnelle ou sentimentale et attachement au propre fils biologique de Valérie Black, Evan, qui n'a aucune aspérité.

Laura Lam est une excellente autrice. Elle sait captiver son lectorat. le huis-clos spatial est bien écrit. Il est crédible. Elles décrit une société dystopique, la nôtre: régression des droits des femmes vouées à n'être plus que des ventres pour engendrer les "réarmement démographique" prôné par la Bête immonde; réchauffement climatique découvert récemment par le personnage ignoble alors que cela fait plus de 50 ans que l'on en parle avec le le rapport Meadows (il a la seule excuse d'être inculte); recherche d'une planète B... par un milliardaire mégalomane...

Les astronautes décrites dans ce roman, dont certaines sont des vétérans de l'espace, ont volé un vaisseau spatial pour se rendre à proximité de Mars et ensuite faire un "bond" par un trou de ver en direction de Cavendish. Leur mission: prendre possession de cette dernière au nom de la Res communis (« chose commune »). Expression latine utilisée en ius publicum (droit public) qui désigne une chose (res) ou un bien commun, c'est-à-dire qui ne peut pas être appropriée, de par sa nature. Elle appartient à tout le monde, à tous les citoyens, et elle est de ce fait accessible et utilisable par tous. .


On sent que l'autrice s'est comme auto-censurée, sans le ressentir. Elle est Américaine même si elle vit aujourd'hui en Ecosse. Elle est dominée par une idéologie individualiste et ultra-libérale. Elle décrit le monde des nantis sans le dénoncer . Il n'y a aucune remise en cause du système capitaliste. Ainsi, Naomi n'est pas très loin de l'image de l'archétype de la femme américaine des années 1950 dans la description de ses sentiments. N'est pas Becky Chambers qui veut. J'aurais préféré que l'autrice se focalise sur le personnage de Valérie Black, véritable Némésis.

La lumière lointaine des étoiles est un bon roman qui prend le parti des femmes, loin de l'image de la nymphette de la Planète interdite. Mais il manque la force du lieutenant Rippley incarné admirablement par Sigourney Weaver. le personnage de Naomi est bien fade.
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Ce bouquin je l'avais repéré aux dernières Utopiales, et puis finalement, les bras déjà trop chargés de romans, je l'avais laissé à sa place sur le stand bien comme il faut. Mais grâce à l'#opallstars2023 le méfait est dorénavant réparé.

Premier bon point et pas des moindres, j'ai adoré cette bouffée de nostalgie rapportée par des lieux pas tout à fait inconnus pour moi puisque j'ai eu l'immense privilège de visiter en 2015 la base de lancement et le centre de contrôle de la NASA aux USA.

Dans ce roman, la société futuriste dépeinte n'est pas sans rappeler celle de la Servante Écarlate; les femmes ont peu à peu été privées de leurs libertés individuelles et écartées du monde du travail. de nouveau réduites à leur condition stricte de femmes, elles sont soumises aux hommes et font office d'objet sexuel et de procréation.

Bien évidemment, cela n'est pas au goût de nos cinq talentueuses astronautes, qui, pour le bien de l'humanité, volent une navette spatiale afin d'honorer la mission initialement promise : débuter l'installation d'une colonie sur une toute nouvelle planète.

Point de hard science ici, le récit est tout à fait accessible et ce même pour le.a plus néophyte des lecteurices. le côté scientifique s'estompe d'ailleurs assez rapidement au profit d'un huis clos palpitant où les questions sociétales, environnementales et la place des femmes deviennent finalement l'enjeu premier du bouquin. Un space opera féministe et écolo donc, qui s'intéresse de près aux conséquences de l'industrialisation sur l'environnement et interroge la capacité de l'humain à changer et à ne pas réitérer ses erreurs passées. On questionne l'ingérence des gouvernements et leur part de responsabilité en matière de gestion de la crise climatique tant sur le plan économique que social.

Dans cette toute nouvelle société régit d'une main de fer par un gouvernement autoritaire pro capitaliste, le rôle de la femme est revu et corrigé. Les naissances sont régulées, la femme devient épouse, mère puis femme au foyer; se pose alors la question du choix qui leur revient dans cette collectivité où elles doivent une obéissance totale.

Et si j'ai particulièrement apprécié l'ambiance du roman et les aspects scientifiques telles que l'astrobotanique, l'astrophysique, la mécanique spatiale… je ne me suis, en revanche, aucunement attachée aux personnages. Étonnamment ce manque d'empathie n'a en rien impacté mon attrait pour cette lecture car j'étais surtout très intéressée par le dénouement de l'histoire et les réflexions sociétales et féministes soulevées.
 
Cependant au ¾ du roman, l'histoire prend une tournure surprenante à laquelle je n'ai que peu adhéré et qui m'a rappelé les (mauvais) blockbusters américains. Certaines situations deviennent grotesques et la fin est abracadabrante. Alors oui ça ajoute du drama mais ça retire aussi le réalisme science-fictionnel qui me plaisait tant. le récit n'en est certes, que plus prenant et sensationnel, un véritable page turner, mais les dialogues s'étiolent, deviennent pour certains niais ou convenus et les comportements, attitudes et interactions simplistes et formatées perdent en crédibilité.

Pour autant, donner voix aux femmes dans cette aventure, c'est véhiculer un message fort, qui devrait être entendu (lu) par toustes. Et c'est finalement tout ce qui compte.
 
En bref, une bien belle lecture en perspective pour les amateurices de space opera et rêveur.euse.s utopistes.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Combien de femmes n'avaient jamais rien dit de leurs avortements ? Des femmes de fermiers sachant qu'un bébé de plus signifierait que leurs autres enfants mourraient de faim. Une autre aux hanches étroites dont la première naissance avait pratiquement été synonyme de trépas. Des femmes qui pouvaient a peine se permettre de se nourrir et de se payer un toit, et encore moins de soccuper de quelqu'un d'autre. Celles qui avaient subi des traumatismes ou qui vivaient avec des partenaires violents qui emploieraient un enfant comme une arme. Un homme trans qui trouverait la grossesse extrêmement dysphorique. Une femme qui avait senti ce mouvement à l'intérieur d'elle s'arrêter, même si techniquement il y avait encore un rythme cardiaque. Ou des femmes qui, purement et simplement, ne voulaient pas d'un enfant et connaissaient mieux que quiconque leur propre corps, leur propre esprit.
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Les utopies n’existent pas. Les gens foutent toujours tout par terre. Ou l’utopie de quelqu’un est souvent la dystopie d’un autre.
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En vérité, les femmes les effrayaient. Ou ils les haïssaient. Mais n'étaient ce pas sensiblement la même chose ?
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Le mantra des astronautes se fraya un chemin jusque dans son esprit : espérer le mieux mais se préparer au pire.
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Vidéo de Laura Lam
A l'occasion des Utopiales 2022, nous avons pu rencontrer Laura Lam avec qui nous sommes revenus sur La lumière lointaine des étoiles, un roman paru aux éditions Actusf.
La rencontre est traduite par Marie Demay.
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