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EAN : 9782070142538
104 pages
Éditeur : Gallimard (30/01/2014)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 14 notes)
Résumé :
«Mes tympans se sont mis à siffler, mon cerveau à bouillir, je ne parvenais plus à penser qu’à une seule chose, qui ne me servait strictement à rien à cet instant. Je me suis souvenue de ce que m’avait dit le commissaire de police qui recueillait ma plainte. Il m'avait posé une question qui m’avait plongée dans la confusion la plus grande. J’avais répondu – on répond toujours à un commissaire – quelque chose que je dirai peut-être un jour. Il m’avait dit alors que j... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Pandorra
  12 janvier 2019
C'est un tout petit livre pour une très vive émotion.
Ce tout petit livre d'une centaine de pages donc, ne laisse pas indemne. Une narratrice dont on ignore l'identité raconte un rêve qui l'emporte dans ses souvenirs et nous glissons avec elle.
Un récit en deux parties.
D'abord le souvenir d'un amour, Davant, qu'elle qualifie de borderline. Lui, il aime faire l'amour, il aime écrire même si cela n'aboutit à rien et elle, elle l'aime lui.
Alors, de nombreuses années de silence, de souffrance. le refus d'admettre cette violence conjugale ne serait-ce qu'à elle-même l'enfonce davantage encore dans cette culpabilité que seules les victimes ressentent et dans l'incompréhension.
Puis, le viol daté d'une vingtaine d'année.
"ça n'avait pas duré longtemps. Juste un petit moment ennuyant comme disait ma mère"
Éphémère moment qui brûle l'esprit autant qu'un corps peut l'être au fer rouge.
De ces quelques pages se dégage une ambiance assez particulière que ce soit dans la première partie ou dans la seconde. L'utilisation du "Je" nous projettes dans les mots de l'auteure et dans la violence de ce qui me semble être écrit au rythme des souvenirs, images qui défilent, pour amener à l'acceptation et peut-être même à la compréhension , si cela est possible. La chronologie, peu importe, c'était avant, c'était après. Et ça forme un tout que la plume de l'auteure rend à la fois puissant et délicat.
Un bilan ou plutôt un monologue douloureux mais nécessaire entre deux "je" : la vivante et la morte.
Une écriture précise, simple mais belle et surtout sans fioritures, sans tomber dans le "mélo-tristounet-ouin-ouin" (je ne savais pas comment l'exprimer autrement, ne m'en voulez pas ).
Des faits et des mots le tout parfaitement ajusté, complémentaire.
Lecture déroutante, bouleversante sur un sujet qui sera toujours, hélas, d'actualité.
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Noopettebooks
  01 février 2014
Il est clair que l'horreur n'as pas besoin de 400 pages pour s'expliquer pourtant l'écriture de l'auteur est tellement belle que j'aurai eu plaisir de plonger dans les profondeurs de la vie de la narratrice. J'aurai voulu savoir plus d'elle, de son présent, du gouffre dans lequel elle était, son quotidien.
Bizarrement j'aurai voulu plus - d'où mes trois étoiles - mais si je prends du recul sur la qualité de l'écriture et la force de ce cours moment de vie, je pourrai facilement mettre quatre étoiles.
Car il faut reconnaître que la violence conjugale est quelque chose qui se vit dans le secret, avec beaucoup de pudeur et de mensonges. On se ment tous les jours et à tout le monde. On refuse de voir la réalité, on se trouve des excuses et surtout on trouve des excuses pour l'autre.
Pourtant dans le miroir, on se rend bien compte que quelque chose à changer, le regard de la personne battue devient vide. La vie n'est plus vraiment la même malgré les très bons moments. C'est là où j'ai été prise à la gorge par les paroles de la narratrice. Tout se lit entre les lignes...La douceur de l'écriture cache derrière une violence rare. Une violence qui ne sera jamais décrite, pas besoin quand le corps se sent déjà mort et l'esprit aussi. On n'a pas besoin de se justifier quand on sent qu'on n'est plus là, présent, vivant.

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Fredbxl
  22 mai 2018
J'ai une tendresse toute particulière tout autant pour Caroline Lamarche que pour son écriture: c'est ciselé comme un zinc de gouttière, à trop y laisser traîner les doigts on finit par s'y couper, par inadvertance. Son écriture porte un rythme qui ne la fait ressembler à aucune autre, légère et vive. C'est remplit d'humanité mais à nouveau plein de froideur et chaleur, la vie quoi !
J'ai eu un vrai coeur de coeur pour ce roman mais aussi pour la femme qu'elle est: affranchie, décidée et qui toujours laisse une place à l'autre, qu'il soit vulnérable ou pas. A lire sans réserve pour ces raisons et bien d'autres encore que vous découvrirez au fil des pages et des romans.
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lecturesober
  18 mai 2020
C'est le deuxième livre que je lis de Caroline Lamarche. J'ai découvert cette autrice belge parce qu'elle a gagné le prix Goncourt de la nouvelle avec son livre « nous sommes à la lisère » ; Si vous n'avez encore jamais lu de livre de cette autrice, je vous le recommande vivement. Caroline Lamarche écrit superbement ! Quel talent ! La mémoire de l'air est une nouvelle très courte mais très intense. L'histoire est narrée par une femme qui décrit la fin de sa relation avec un homme qu'elle a beaucoup aimé, ce faisant un autre pan de sa vie remonte à la lumière. Un roman sur un sujet très dur mais écrit d'une plume sensible. Un condensé de talent. J'adore !
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nathavh
  11 avril 2017
Un court mais dense roman. Riche en émotions. Un roman qui secoue. Les mots sont rares mais tellement bien choisis.
L'écriture est directe, poétique. L'économie de mots nous faire lire l'essentiel entre les lignes.
Tout commence par un rêve. Une morte. Une morte qui ressemble à notre narratrice. Elle a son âge mais l'aspect d'il y a vingt ans.
Notre héroïne n'a pas de nom. Elle nous raconte sa vie, sept ans de sa vie commune, d'un amour borderline avec celui qu'elle nomme Davant.
Il ne pensait qu'à écrire et faire l'amour… Elle raconte dans le première partie cette histoire, la différence d'origine, lui d'un milieu ouvrier à la mine, elle, cultivée venant d'un milieu aisé. le poids de l'éducation, de la religion.
La seconde partie relate un viol, il y a vingt ans; un homme cagoulé brandissant un couteau et hurlant "Si tu cries, je te tue", hante encore sa mémoire.
Ce récit nous parle de la souffrance, de la culpabilité enfouie au fond d'elle, la (sur)vivante.
On y relate la violence conjugale, elle se ment et ne veut pas voir la réalité en face.
Il n'y a aucun pathos, tout se lit entre les lignes. Quelle force dans ce récit. Quel contraste aussi entre la beauté de l'écriture et la violence du récit. le texte est je le répète MAGNIFIQUE, poétique.
Je l'ai lu en apnée. Que d'émotions.
Ma note : 9/10
Lien : https://nathavh49.blogspot.b..
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   11 février 2014
Dialogue entre une (sur)vivante et une morte vue en rêve. Mais au sortir d’un rêve, ne survivons-nous pas aussi au rêve ? Mystère.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
nathavhnathavh   11 avril 2017
On ne porte pas plainte contre l'homme qu'on aime. Et même si j'avais cessé de l'aimer, à supposer que cela fût possible, je ne l'aurais pas fait, on ne porte pas plainte contre un homme fragile, de tout temps les êtres exceptionnellement intelligents et sensibles ont été violents, c'est normal, le drame de l'enfant surdoué, un livre a sûrement été écrit là-dessus, l'enfant surdoué a trop de force pour ce monde étroit, sa force même le fait souffrir, cela arrive sans doute aux filles aussi, mais autrement, d'une manière qui n'a pas été vraiment étudiée.
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nathavhnathavh   11 avril 2017
Qu'il m'ait frappée n'est rien. Mais qu'il m'ait rendue coupable de ce coup sur mon bras à cause de mon viol, tout cela s'annonce, il est temps, qu'il n'y aura plus à l'avenir de débat avec un aussi faux témoin.
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nathavhnathavh   11 avril 2017
Et je lui décris la beauté de sombrer avec un homme, de voyager avec lui très loin, très profond, jusqu'à ce qu'on appelle la petite mort, qui m'a toujours semblé, à moi, très grande, bien plus grande que l'autre qui viendra un jour sournoisement et laissera mon corps rigide. Dans la petite mort je flotte comme dans une eau très pure, très légère, qui se trouverait à des milliers de mètres de la surface.
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nathavhnathavh   11 avril 2017
Or les mots, ses mots, mes mots, ne suffissaient plus dans nos disputes.Les mots ne suffisent jamais, vient un moment où le corps prend pour ainsi dire naturellement le relais. Je me suis levée brusquement, mue comme par un ressort, j'ai marché tout droit vers lui qui me faisait la leçon, je suis venue contre lui, sans le toucher cependant.
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nathavhnathavh   11 avril 2017
Ce viol est le mien. Chaque viol comme chaque accouchement est unique et n'appartient qu'à celle qui l'a vécu.
Pendant la descente je fus le mouton qui soudain comprend que l'abattoir est au bout ; ses pattes se dérobent et il faut - quelle complication- le traîner.
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Videos de Caroline Lamarche (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Caroline Lamarche
22 mars 2010
Mot de l'éditeur : Un pays où la guerre fait rage. Dans une ville préservée, la Barbière rase les hommes. Mira, la narratrice, lassiste dans cette tâche délicate. Car les lames effilées servent aussi à un étrange rituel. Linquiétant capitaine Dragon, passionnément épris de la Barbière, en fera la singulière expérience Un récit étincelant et noir, né de la rencontre entre Caroline Lamarche et Charlotte Mollet, passée avec audace de lillustration jeunesse à lérotisme onirique de ce conte pour adultes.
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