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Marius-François Guyard (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070322009
Éditeur : Gallimard (03/02/1981)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 137 notes)
Résumé :
En 1849, à près de soixante ans, alors que sa figure déjà s'efface et que son récent échec à la présidence de la République vient d'écorner sa gloire, Lamartine, dans une préface aux Méditations poétiques, confie sans gloriole inutile: 'je suis le premier qui ai fait descendre la poésie du Parnasse, et qui ai donné à ce qu'on nommait la muse, au lieu d'une lyre à sept cordes de convention, les fibres mêmes du coeur de l'homme, touchées et émues par les innombrables ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Fabinou7
  09 mars 2018
« Au temps suspend ton vol ». Oui, Lamartine a l'art (et la manière) de la langueur.
Dans ces Méditations Poétiques (et Nouvelles Méditations Poétiques), le lecteur est convié, comme dans toute méditation, à éprouver le temps qui dure. Mais Il y a aussi une dimension spatiale, comme un goût d'immensité.

Le souffle est tantôt épique, les vagues grondent, la houle fouette les visages, tantôt mélancolique, la brise dessine une onde délicate sur l'azur du lac, les feuilles humides dans la brume bruissent vaguement sous le zéphyr.
La lyre du poète convoque les mythes et la nature dans une lyrique osmose.
Puis, sa foi le pousse à s'adresser au Divin et, entre suppliques éperdues et soumission incrédule, Lamartine questionne, au-delà de la mise en scène de son intimité, les sentiments humains.
L'entourage du poète joue un rôle prépondérant dans une oeuvre influencée tant par les mentors qui l'ont inspiré que par les muses (Elvire) qui ont guidé sa plume (à titre d'éclairage sur ce point, la préface de 1849, rédigée par le poète lui-même).
Et l'amour, jusqu'à la lie. Pour le meilleur, la pureté du sentiment, et pour le pire, une conception de la passion désincarnée, que lui reprocheront ses contemporains, à l'image de Flaubert qui, sarcastique, prédit qu'il « ne restera pas de Lamartine de quoi faire un demi-volume. C'est un esprit eunuque, la couille lui manque, il n'a jamais pissé que dans de l'eau claire ».
Si la lecture De Lamartine peut être de longue haleine c'est que la théâtralité de ses vers invite à la déclamation. Sa poésie se réchauffe, jusqu'à l'embrasement parfois, lorsqu'elle est ostensible. Elle a besoin de cet écho des contreforts du mâconnais où elle naquit, sur une mousse liquoreuse, à l'ombre des charmes.
Maintes fois raillé et caricaturé, la lyre à la main en pleine Révolution de Juillet, cet éphémère adversaire de Napoléon III à la présidence de la Seconde République reste incontestablement une lecture majeure de l'aventure romantique et finalement, de quoi peut-on lui en vouloir ?
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aouatef79
  08 juin 2016
" Méditations poétiques " est le premier recueil poétique De Lamartine, publié en 1820. L' auteur est un poète romantique. Lors de sa publication,un critique
a dit :" On fut surpris et charmés d' entendre un poète osant être à la fois ému et sincère, faisant preuve d' une profonde mélancolie, élégiaque et douce ".
Ce recueil est marqué par par les soupirs de l' âme du poète. Il y évoque les souvenirs et les regrets, les espérances et les désespoirs, l' angoisse face à la mort. Le poète est un ami de la nature à laquelle il confie ses peines et ses joies.
L' évocation des paysages naturels reflètent l' état d' âme du poète lui-même.
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petch
  15 mars 2013
Lamartine, le poète de l'establishment de la première moitié du XIXème siècle. Dans les arcanes du pouvoir, maire du petit village de Milly dès 22 ans, député de Mâcon, à l'académie française en 1829. Ses méditations poétiques et ses nouvelles méditations poétiques constituent le socle principal de son oeuvre littéraire, recueils dans lesquels on trouve certains de ses textes majeurs. Ce livre de chez Gallimard est complété par les Harmonies poétiques et religieuses (au style souvent ampoulé et abscons), les Odes politiques (la fameuse Ode contre la peine de mort (1830), politiquement très en avance, mais au style vieillot et très difficile à lire aujourd'hui) et des Poésies diverses, remarquables entre autre par l'oeuvre posthume « Les Voiles ».
Les poésiesDe Lamartine fourmillent de pépites intemporelles, perdues au milieu de longs poèmes désuets. On y appréciera leur profonde mélancolie, leur romantisme (avec un « R » majuscule) et les chants à l'automne et au temps qui passe.
Ainsi les fameux « le Lac » (Ô temps ! suspends ton vol), « L'automne », « L'isolement » (Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m'assieds) « le Vallon ». Mais comme beaucoup d'ouvrages poétiques, en fonction de l'état d'esprit du lecteur l'essentiel se situe ailleurs. Pour ma part, je suis toujours touché par « le Papillon » (en citation), et « Pensée des morts » dont on connait la version expurgée et très efficace mise en musique par l'ami Georges Brassens.
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vincentf
  01 juillet 2010
Faut-il jeter tout Lamartine sous prétexte qu'il s'engonce bien souvent dans le vieux style barbant de la longue poésie classique ? Il faut élaguer, certes, mais le bébé, dans l'eau du bain, surnage parfois, quand le poète ne se prend pas trop pour un poète, quand il dit, tout simplement, que le temps passe, sans chichi. Certes, le temps qui passe, les morts qui ne reviendront pas plus que la passé, âge d'or que le vieillard en pleurs (factices ?) regrette, ça lasse vite, Lamartine étant, comme tous les poètes sans génie mais avec un vrai talent, forcé de ressasser toujours les mêmes rengaines.
Aurais-je du sélectionner un peu avant de me taper des heures de lecture souvent inattentives, bercées par le rythme tantôt monotono-pompier tantôt charmeur de serpent de l'alexandrin (trop) classique et (trop) régulier ? Non, il faut sucer l'os jusqu'à la moelle, parce que quand même, au détour d'un vers, d'une réflexion sur Dieu ou sur le passé, on se dit que c'est quand même bien beau, ce qu'il dit, soudain, notre Lamartine trop bavard.
Ce qui charme chez Lamartine, c'est la simplicité, celle de ces vers connus, qu'il serait bien d'apprendre par coeur même s'ils énoncent une banalité : "Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive, / Hâtons-nous, jouissons ! / L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ; / Il coule, et nous passons !" Ne dire rien tout en disant tout, n'est-ce pas là précisément ce que l'on attend de la poésie ? D'autres le feront mieux que Lamartine, mais parfois, chez lui, on sent l'envie de se taire, si nécessaire à la parole poétique.
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Enroute
  18 août 2015
Le romantisme poétique à la française sans doute : des plaintes, des plaintes, et... des plaintes... le temps qui passe et qui mène à la mort à cause du temps qui passe qui mène à la mort à cause... Répétitif, oui, sans doute, mais c'est si beau ! D'ailleurs il est surprenant qu'un homme qui avait l'esprit somme toute assez pratique - assez pour écrire une monumentale histoire des Girondins, se faire élire député et se présenter contre Bonaparte aux présidentielles de 1848 - ait pu se laisser entraîner dans des pensées aussi sombres, et si complaisamment... Mais elles sont soutenues par des alexandrins réguliers, ces pensées, avec césure à l'hémistiche, qu'il aura bien fallu puiser dans un esprit structuré et travailleur : La régularité de ces alexandrins ne forment-elle pas comme un support rigide à la légèreté des sentiments morbides qui pénètrent l'âme, qui se déploient sans fin ?...
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Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
SEcritureSEcriture   10 avril 2010
La lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?
Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.
Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence,
On entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.
Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots :
"Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
"Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.
"Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.
"Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons !"
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?
Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !
Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?
Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !
Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.
Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.
Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !
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OrpheaOrphea   12 juillet 2010
L'isolement

Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs ;
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante :
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
Et je dis : Nulle part le bonheur ne m’attend.

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un œil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire ;
Je ne demande rien à l’immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux.

Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour.

Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes vœux, m’élancer jusqu’à toi !
Sur la terre d’exil pourquoi resté-je encore ?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
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Mangara57Mangara57   23 avril 2018
Adieu

Oui, j'ai quitté ce port tranquille,
Ce port si longtemps appelé,
Où loin des ennuis de la ville,
Dans un loisir doux et facile,
Sans bruit mes jours auraient coulé.
J'ai quitté l'obscure vallée,
Le toit champêtre d'un ami ;
Loin des bocages de Bissy,
Ma muse, à regret exilée,
S'éloigne triste et désolée
Du séjour qu'elle avait choisi.
Nous n'irons plus dans les prairies,
Au premier rayon du matin,
Egarer, d'un pas incertain,
Nos poétiques rêveries.
Nous ne verrons plus le soleil,
Du haut des cimes d'Italie
Précipitant son char vermeil,
Semblable au père de la vie,
Rendre à la nature assoupie
Le premier éclat du réveil.
Nous ne goûterons plus votre ombre,
Vieux pins, l'honneur de ces forêts,
Vous n'entendrez plus nos secrets ;
Sous cette grotte humide et sombre
Nous ne chercherons plus le frais,
Et le soir, au temple rustique,
Quand la cloche mélancolique
Appellera tout le hameau,
Nous n'irons plus, à la prière,
Nous courber sur la simple pierre
Qui couvre un rustique tombeau.
Adieu, vallons; adieu, bocages ;
Lac azuré, rochers sauvages,
Bois touffus, tranquille séjour,
Séjour des heureux et des sages,
Je vous ai quittés sans retour.

Déjà ma barque fugitive
Au souffle des zéphyrs trompeurs,
S'éloigne à regret de la rive
Que n'offraient des dieux protecteurs.
J'affronte de nouveaux orages ;
Sans doute à de nouveaux naufrages
Mon frêle esquif est dévoué ,
Et pourtant à la fleur de l'âge,
Sur quels écueils, sur quels rivages
N'ai-je déjà pas échoué ?
Mais d'une plainte téméraire
Pourquoi fatiguer le destin ?
A peine au milieu du chemin,
Faut-il regarder en arrière ?
Mes lèvres à peine ont. goûté
Le calice amer de la vie,
Loin de moi je l'ai rejeté ;
Mais l'arrêt cruel est porté,
Il faut boire jusqu'à la lie !
Lorsque mes pas auront franchi
Les deux tiers de notre carrière,
Sous le poids d'une vie entière
Quand mes cheveux auront blanchi,
Je reviendrai du vieux Bissy
Visiter le toit solitaire
Où le ciel me garde un ami.
Dans quelque retraite profonde,
Sous les arbres par lui plantés,
Nous verrons couler comme l'onde
La fin de nos jours agités.
Là, sans crainte et sans espérance,
Sur notre orageuse existence,
Ramenés par le souvenir,
Jetant nos regards en arrière,
Nous mesurerons la carrière,
Qu'il aura fallu parcourir.

Tel un pilote octogénaire,
Du haut d'un rocher solitaire,
Le soir, tranquillement assis,
Laisse au loin égarer sa vue
Et contemple encor l'étendue
Des mers qu'il sillonna jadis.
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SEcritureSEcriture   10 avril 2010
L'automne

Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours; Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards.

Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire ;
J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois.

Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,
À ses regards voilés je trouve plus d’attraits :
C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais.

Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d’un regard d’envie
Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui.

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau !
L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel :
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel !

Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu !
Peut-être dans la foule une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu !…

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyre ;
À la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs ; et mon âme, au moment qu’elle expire,
S’exhale comme un son triste et mélodieux.
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aouatef79aouatef79   25 octobre 2016
Mes à ces doux tableaux mon âme indifférente
N' éprouve devant eux ni charme, ni transports ,
Je contemple la terre , ainsi qu' une ombre errante :
Le soleil des vivants n' échauffe plus les morts

De colline en colline en vain portant ma vue ,
Du sud à l' aquilon, de l' aurore au couchant ,
Je parcours tous les points de l' immense étendue
Et je dis : Nulle part le bonheur ne m' attend .

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières ,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ;
Fleuves, rochers, forêts solitude si chères ,
Un seul être vous manque , et tout est dépeuplé .
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Videos de Alphonse de Lamartine (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alphonse de Lamartine
Un reportage, réalisé par Benoît Renard, extrait de l'émission "Invitation au voyage" diffusée sur Arte le 23 octobre 2017. Notice : Blotti dans son écrin de roche, Aix-les-Bains est une porte d’entrée sur le plus grand lac naturel de France. Au début du XIXe siècle, Alphonse de Lamartine, jeune poète tourmenté, vécut ici une histoire d’amour tragique. Elle lui inspira les « Méditations poétiques », recueil de poèmes dans lequel les sentiments fusionnent avec la nature.
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