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Martine Céleste Desoille (Traducteur)
EAN : 9782266098892
596 pages
Éditeur : Pocket (04/05/2000)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 191 notes)
Résumé :
Le corps blessé, l'âme meurtrie, Dolorès n'a que faire de la vie. Elle n'a que onze ans quand ses parents divorcent, et treize quand elle se fait violer. Les seuls réconforts de cette adolescente fragile sont les séries télévisées et la nourriture. Gâteaux, confiseries... Elle s'empiffre et devient "la grosse" du quartier, la risée des jeunes de son âge.
Qu'importe... Dolorès décide de ne plus sortir. Elle reste cloîtrée dans sa chambre, dans la maison de sa ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
latina
  26 février 2016
Il me semble que cela fait un temps infini que j'ai passé toutes mes soirées attachée à Dolores Price.
Mon Dieu que cette lecture m'a semblé longue, longue, longue.
Les critiques enthousiastes m'y avaient pourtant préparée favorablement : une analyse féminine sans tabou sur les difficultés rencontrées par une enfant, jeune fille, jeune femme ; la psychologie, le combat pendant et après l'épreuve, la condition féminine, son positionnement face à l'homme...Tout ça m'intéresse beaucoup.
Oui ? Eh bien non, pas ici.
Et pourtant, elle en connait, des épreuves, Dolorès : l'abandon du père, la dépression de la mère, le viol à 13 ans, un détour par l'obésité, qui dure et qui dure, le rejet des autres...Et ce n'est pas fini ! Heureusement que vers 30 ans, Dolores se recentre sur elle-même, avec humour, aussi. le quatrième quart du livre me semble plus digeste.
Car je viens de mettre le doigt sur le mot juste : « indigestion ». J'ai souffert d'une trop grosse dose de coups durs. J'ai mal encaissé.
J'avais besoin de littérature plus légère, et je ne sais pourquoi je me suis lancée dans l'écoute de ce chant de Dolores, sirène du malheur. le style, en outre, ne m'a pas semblé spécial.
Loin de moi l'idée de décourager les futurs lecteurs ! Il s'agit d'une lecture entamée au mauvais moment. Je salue quand même l'analyse fine que Wally Lamb a faite de la femme.
Si vous avez envie d'accompagner Dolores, armez-vous de courage ou munissez-vous tout simplement d'un bon morceau de chocolat qui vous permettra de passer le cap sans danger.
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Nastie92
  13 janvier 2015
Hélas pour elle, Dolorès porte bien son nom. Wally Lamb a créé là un sacré personnage : une écorchée vive, meurtrie par la vie, qui ne peut pas laisser le lecteur indifférent.
Si le début du roman m'a semblé assez lent, voire un peu poussif par moments, je me suis petit à petit attachée à Dolorès, jusqu'à ne plus pouvoir m'en détacher.
Des parents défaillants (chacun à sa façon), une agression subie alors qu'elle a treize ans : Dolorès part dans la vie avec un handicap certain. Pourra-t-elle s'en sortir, comment, avec qui, et surtout, en aura-t-elle la volonté ?
Wally Lamb explore dans ce roman la capacité d'un être humain à faire face (ou non), à avancer (ou non) malgré les obstacles, et j'ai trouvé l'ensemble vraiment réussi.
Ce que j'ai apprécié est le fait qu'en dépit de tous les malheurs qui s'abattent sur elle, Dolorès n'est jamais réduite à une simple victime sur laquelle le lecteur devrait s'apitoyer, devrait pleurer. Non, Dolorès est bien plus que cela, et c'est tant mieux.
Il y a dans son parcours de petits moments de bonheur, comme de petites éclaircies, et même des moments franchement heureux. Quelques petites touches de fantaisie judicieusement distillées dans le récit, sans oublier de l'humour : Dolorès est plus vraie que nature et c'est pour cela qu'on peut croire à son histoire, et que cette héroïne malgré elle nous émeut.
Un coup de chapeau à l'auteur, qui a si bien su se glisser dans la peau de ce personnage féminin, partager ses pensées, ses sentiments, nous la faire comprendre et finalement aimer.
Lorsqu'elle était lycéenne, dans le "carnet d'appréciations" dans lequel les camarades de classe écrivent de petits mots les unes sur les autres, Dolorès avait marqué sur sa page : "Gagne à être connue". Voilà qui résume parfaitement ce que je pense d'elle : Dolorès gagne à être connue.
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Symphonie
  06 janvier 2014
Je l'ai vue nager et voler. Elle m'a aspergée et je suis couverte d'écume.
Baptisée. Je ris, je pleure en léchant mes lèvres salées.
- Je l'ai vue Thayer ! Je l'ai vue !
Dolorès est la première à l'apercevoir dans l'océan gris bleu. Mais au fond, comment aurait-il pu en être autrement ? Il fallait qu'elle voie celle dont elle a tant de fois porté le nom : une baleine !
Dolorès est grosse certes, mais il n'en n'a pas toujours été ainsi. Abandonnée par son père à onze, violée par le locataire de sa grand mère à treize ans, la jeune Dolorès Price se réfégie dans la nourriture. En quelques mois, elle pèse cent soixante cinq kilos pour son mètre soixante deux, ingurgitant encore et encore des kilos de détresse. Sa vie se résume à deux choses : la nourriture et la télévision.
Son entrée à l'université ne fait qu'accentuer son mal être. Face à la répulsion de Kippy à devoir partager sa chambre avec une grosse, au fil des jours, Dolorès devient le souffre douleur de cette dernière et de sa bande. Lors d'une soirée, incapable de supporter davantage leurs moqueries, après avoir été la risée de tous, traitée de Mongole Fière et de baleine, Dolorès s'enfuit dans la nuit, décidée à mettre fin à son calvaire. Et quel endroit plus significatif pour se noyer que celui où viennent mourir des baleines depuis quelque temps, sans que l'on n'en connaisse la raison ? Sauvée in extrémis, la jeune fille va mener un rude combat. Celui de s'accepter telle qu'elle est, mais aussi et surtout, renouer avec le goût de vivre.
Durant sept années, avec le soutien de son mentor, le Docteur Shaw, Dolorès va se battre pour retrouver son identité et accepter ce qu'elle refusait d'admettre: l'amour que lui portait sa mère, cette mère qui n'est plus de ce monde. Sa rencontre avec Dante, dont l' autorité se dévoile peu à peu, se soldera par une rupture, accentuant sa méfiance envers les hommes. Mais l'amour, le vrai n'est jamais loin et se trouve souvent là où on ne l'attend pas. le jeune Thayer mettra tout en oeuvre pour recoller les morceaux de ce coeur brisé en mille éclats.
Le chant de Dolorès, terriblement poignant et réaliste est un véritable hymme à la vie, une renaissance à part entière que Wally Lamb nous décrit magnifiquement. Ce parcours exceptionnel d'une jeune femme en devenir, meurtrie au plus profond d'elle même, conquit et révolte tour à tour le lecteur par le courage dont elle fait preuve et le mépris qu'elle inspire à cause de son poids.
Parceque l'on ne guérit jamais d'un viol, ce récit traite intelligemment, sans faux semblants, la souffrance vécue après un tel fait, les conséquences qui en résultent et le regard d'une société méprisante sur l'obésité, plus particulièrement. Rien n'est omis dans cet ouvrage efficace et bouleversant : La douleur physique et morale d'un corps et d'un coeur maltraité depuis l'enfance. Un récit où les mots justes nous décrivent les blessures profondes d'une Dolorès dont le chant, croyez moi, nous trottera très longtemps dans la tête...
Un véritable coup de coeur pour ce roman qui aurait pu s'intituler " le chant de la douleur " ( Dolorès signifiant douleur )
Merci à Verdorie pour ce conseil de lecture avisé. Merci également à tous les membres de Babelio qui m'ont orientés vers des ouvrages enrichissants.

Bonne année à tous pour ma première critique 2014 !

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Allantvers
  03 mai 2020
Mon coup de coeur surprise du confinement! Un de ces moments de lecture, assez rares finalement et donc chers, où l'on tombe littéralement dans le livre que l'on ne peut plus lâcher, où les personnages et les scènes s'animent dans votre esprit comme dans la réalité, mieux en fait, car débarrassés des scories du quotidien.
Je connaissais pourtant Wally Lamb, son talent mais aussi ses limites, et n'étais qu'à moitié décidée à découvrir les affres d'une ado en souffrance. Or avec le chant de Dolorès j'ai découvert un nouveau talent à l'auteur, celui, rare, de savoir se mettre dans la peau d'une femme, et avant elle d'une enfant et d'une adolescente. Les malheurs s'abattent sur la jeune Dolorès comme la vérole sur l'honnête homme mais son personnage reste toujours parfaitement crédible dans ses réactions, tout comme son chemin de vie qui ne tombe jamais dans l'outrance que je craignais. Il y a bien sûr quelques scènes climax où le pathos déborde un peu: c'es Wally Lamb quand même, mais que ce soit dans l'évocation des blessures de l'enfance, l'enfermement sous des kilos agressifs face à la violence de l'adolescence, la lente et douloureuse remontée à la surface et la redécouverte de la vie sociale et amoureuse avec ses hauts et ses bas, tout fonctionne, Dolorès ressent et parle juste.
On n'est certes pas dans la grande littérature mais pas dans la soupe commerciale non plus, et je suis ravie finalement de me redécouvrir ce petit côté fleur bleue qui m'a fait regretter que ce pavé ne compte pas 700 pages de plus.
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Ziliz
  06 février 2015
Les adolescents en grande souffrance qui tyrannisent leurs proches et leur font vivre un enfer, ça existait déjà dans les années 60. La preuve avec Dolorès Price, malmenée par la vie, à la fois odieuse, injuste et cruelle avec sa mère et sa grand-mère, et terriblement touchante vue de l'extérieur.
Wally Lamb retrace vingt années de la vie de cette jeune femme, entre profond mal-être, comportements auto-destructeurs, rémissions et rechutes, entre mesquineries et cruautés d'étudiantes, univers psychiatrique, difficultés conjugales. Avec, pour décor, les Etats-Unis des années 1960 à 1980.
J'ai dévoré ce roman intense et bouleversant la gorge serrée, très étonnée de découvrir à mi-parcours que son auteur était un homme et non une femme à qui la gente masculine en aurait fait baver : les portraits virils y sont vraiment sans complaisance, on croise des violeurs, des menteurs, des monstres d'égoïsme, des maris/amants volages, mais peu de types bien au final.
Il est dommage que les éditions Pocket aient choisi une couverture grotesque qui laisse attendre de l'humour et/ou de la légèreté ; le visage féminin de celle du Livre de Poche me semble plus adapté au ton du récit.
Trois autres romans de Wally Lamb sont disponibles en VF, je suis curieuse et impatiente de les découvrir, a fortiori s'ils sont de cette envergure, comme les avis de lecteurs le laissent présager.
/!\ Attention à la quatrième de couverture : on y apprend dès la première phrase un événement qui ne survient qu'après plus de cent cinquante pages.
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Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   13 janvier 2015
Un soir, alors que j'étais en train de repasser la nappe, j'ai commis l'acte le plus audacieux de tous. À la télé, il y avait un spot publicitaire pour Revlon. Juste au moment où le spot allait me convaincre d'essayer leur nouveau fond de teint - juste au moment où j'allais me mettre à fredonner le jingle et regretter de ne pas ressembler à la femme qui passait à la télé -, je me suis approchée du poste et j'ai jeté la nappe par-dessus. Le résultat m'a stupéfiée. Sans l'image pour vous séduire, la télé n'était plus qu'un fantôme, une voix inoffensive.
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colimassoncolimasson   31 juillet 2012
« Dans quelle mesure le dilemme de Hamlet nous renvoie-t-il à la condition de l’homme moderne ? » a demandé ma prof de littérature. Devant moi, les autres élèves toussaient et soupiraient, ne s’arrêtant d’écrire que pour secouer leur main engourdie. Je savais ce qu’elle attendait : elle voulait qu’on lui parle d’aliénation –du sentiment de solitude et d’abandon. Elle voulait qu’assise à ma table sur mesures –parce que j’étais trop grosse pour les pupitres normaux- je m’apitoie sur Hamlet. Tout au long de l’année ses yeux m’avaient évitée, comme si je n’existais pas. J’étais le monstre invisible. Mais moi, je me fichais royalement de ce connard de Hamlet et de son dilemme à la con. Celui qui me faisait pitié, c’était le vieux roi, le fantôme, celui qui avait bu le poison et était mort alors que les autres continuaient à vivre comme si de rien n’était.
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ZilizZiliz   05 février 2015
- Ça n'est pas une mince affaire de préparer un dîner de famille. Les tartes, les pommes de terre. Il faut commencer à préparer la dinde dès le matin. Faire la farce la veille.
- Ne t'inquiète pas pour ça, grand-mère, je te donnerai un coup de main. Et de toute façon D. est végétarien.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Il ne mange pas de viande. Alors inutile d'acheter une dinde.
- Je croyais qu'il était prof ?
- Il l'est.
- Dis-moi si je me trompe, mais je croyais que les végétariens étaient des hippies ou un truc comme ça. J'espère que tu ne t'es pas entichée d'un drogué, après tout ce que tu as vécu, Dolores. Tu sais ce qui est arrivé à la fille de ce pauvre Art Linkletter, n'est-ce pas ? Elle a fumé du LSD ou je ne sais quoi, et elle s'est jetée par la fenêtre !
(p. 490-491)
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colimassoncolimasson   22 août 2012
- Tu ne me connais pas ? Bien sûr que si. Je ne comprends pas où tu veux en venir.
- Je veux dire qu’il y a des choses que je ne sais pas sur toi, comme… Par exemple, je ne sais pas comment grand-père et toit vous vous êtes rencontrés. Quel genre de vie vous avez eue.
Elle a soupiré, écœurée.
- Bon, je sais bien que tous tes psycho-machinchoses t’ont fait du bien. Ils t’ont aidée à oublier ce que ce tordu du second t’avait fait. Et la mort de ta mère… Mais ton grand-père et moi on a travaillé dur toute notre vie, et rien d’autre. On n’avait pas le temps de se poser des questions à cette époque-là. De couper les cheveux en quatre. Il y a de l’eau qui a coulé sous les ponts depuis. J’en ai oublié les trois quarts.
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colimassoncolimasson   20 août 2012
Ignorant mes propres emplettes, j’ai sorti les trois bières laissées par le précédent locataire ; j’en ai ouvert une et je l’ai versée dans la tasse à la danseuse hawaïenne. […]
La danseuse hawaïenne fermait les yeux, et elle souriait d’un air timide. Je lui ai secoué les seins. C’était un homme, à tous les coups, qui avait fabriqué cette tasse. Un homme qui s’imaginait qu’il lui donnait du plaisir en lui secouant les seins.
- Ne les laisse pas t’humilier comme ça, j’ai dit.
J’ai vidé la tasse, je l’ai retournée, et à l’aide d’une fourchette j’ai arraché le fil de fer. Puis j’ai ôté les seins en céramique. Au labo, c’était toujours moi qui gueulais quand ils voulaient refiler le sale boulot aux nanas.
[…] A présent la danseuse avait des trous à la place des seins. Une mastectomie. Son sourire s’est transformé en autre chose : le sourire d’une femme courageuse et avisée, une femme que la douleur avait rendue sage.
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Videos de Wally Lamb (9) Voir plusAjouter une vidéo
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