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EAN : 9782268107783
232 pages
Les Editions du Rocher (24/08/2022)
3.79/5   19 notes
Résumé :
Margot, 17 ans, souffre depuis plusieurs mois de malaises fréquents et peine à se rendre en classe. Divers médecins ont échoué à la guérir. Jusqu'au jour où elle atterrit chez un psychiatre, le docteur Donnelheur. Face à lui, chaque semaine, pendant quarante-cinq minutes, Margot se heurte au silence des mots qu'elle ne trouve pas. Heureusement, le docteur Donnelheur se révèle être un très bon psy. Libérée de son secret, Margot reprend pied. Donnelheur devient un sau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Kittiwake
  24 août 2022
Margot va mal. Son corps exprime une souffrance que rien ne parvient à apaiser. A dix-sept ans, elle a la chance de rencontrer un médecin de l'âme qui peu à peu parvient à faire parler la jeune fille et mettre au jour les indicibles souvenirs douloureux de son enfance. Avec les mots, s'envolent les maux. La thérapie se prolongera longtemps, jusqu'à une autonomie relative de la patiente.
Cependant, des années plus tard, une rechute, des choix contestables amèneront Margot à revoir celui qui l'avait sauvée. Curieusement, l'homme semble différent, et l'empathie évolue en agressivité, tandis que les conventions strictes de la thérapie se perdent dans d'étranges comportements.
Analyse minutieuse du processus de la prise en charge psychologique, dans ses différentes modalités, tout y est : les résistances, le rejet, le transfert, la dépendance, la distance à respecter…Toutes les règles qui gouvernent la pratique sont présentes, du moins au départ.
Mais ce qui pourrait être un simple témoignage dérape. Après la bonne conduite, les écarts, inacceptables et délétères.
Traumatismes enfouis, pathologies de la personnalité, on retrouve dans ce roman un ensemble de données relatives au champ de la psychiatrie, présenté avec une excellence dans l'art de la narration. Tout y est et fort bien dit. L'évolution parallèle des deux personnages principaux est intéressante et originale.
Premier roman malin et maitrisé, autrice à suivre
232 pages Rocher 24 Août 2022
#nousenresteronslà #NetGalleyFrance
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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marine__bouquine
  01 octobre 2022
Margot est une enfant que l'on accuse de sensualité lorsqu'elle est victime d'inceste par son oncle de dix ans son aîné dans le secret du foyer des grands-parents, qui couvrent les abus sexuels de leur fils. Elle grandit pour devenir une adolescente traumatisée, les organes en vrac, en quête de réponses et de guérison, et, là où tous les médecins du corps ne savaient trouver de solution, Achille Donnelheur a réussi à mettre des mots sur les maux qui agitaient son coeur. Il l'aide à se souvenir, à accepter, et à se définir dans son passé. Margot reprend pied, ressemble de plus en plus à l'enfant qu'elle était, elle devient une jeune adulte idéaliste et curieuse. Tout cela grâce à son bon docteur, sans qui elle ne s'imagine plus vivre.
La thérapie s'arrête un jour pourtant ; pour mieux reprendre quelques années plus tard alors que Margot s'effondre sur elle-même. Toutefois le gentil psychiatre, le bon docteur qui l'avait guérie, n'est plus tout à fait le même. Achille est devenu capricieux, colérique, extrêmement sévère et se montre de plus en plus insatisfait par le développement de Margot. Elle essaie pourtant de suivre toutes les règles de l'exercice, mais il joue les girouettes avec les opinions émises lors de sa première thérapie et elle ne sait plus quoi faire des réponses qu'elle avait trouvées à l'époque. Margot finit même par se prêter au jeu de la psychanalyse pour faire plaisir à Donnelheur, qui voue un culte à la science de Freud. Allongée sur son divan, elle doit le voir trois fois plus souvent, elle doit l'écouter parler derrière sa tête de sujets qui la mettent mal à l'aise et le surprend même à mettre en place des contacts physiques, qu'elle considérait depuis des années comme un interdit tacite entre eux. Elle sent bien que la thérapie ne lui fait plus autant de bien, et elle se doute que son docteur n'est pas aussi sain qu'elle aimerait. Elle voit les signes d'une pente glissante, mais l'idée de perdre son psychiatre la terrifie et elle s'y engage les yeux bandés, isolée dans son admiration pour lui et la dépendance aux bons remèdes qu'il lui prescrit. Après avoir grandi et appris à s'épanouir en thérapie, Margot mûrit pour devenir une adulte dépendante, brisée par la trahison d'un être en laquelle elle plaçait toute sa confiance.

[Critique - Attention spoilers]
Les thèmes abordés
On ne va pas se mentir, les sujets traités par ce roman sont durs et la lecture s'en trouve parfois difficile : entre inceste, abus sexuel, emprise psychique, rapport au corps, pensées suicidaires et dépendance, Margot et le lecteur en voient de toutes les couleurs. Mais Chloé Lambert traite des sujets importants avec des mots choisis avec justesse et sensibilise son lecteur avec brio.
Je pense tout d'abord au sujet de la santé mentale. Margot l'écrit elle-même, la santé mentale, les troubles psychiques, tous ces problèmes qu'on ne peut pas saisir et guérir avec la médecine traditionnelle ou une bonne dose de magnésium ; dans sa famille, on préfère les passer sous silence. Margot se trouve donc seul face à ses démons, et c'est seulement lorsqu'un médecin spécialisé dans les troubles de l'adolescent la rencontre qu'elle trouve enfin l'aide et le suivi nécessaires pour oser effleurer des espoirs de guérison. Chloé Lambert décortique le processus de thérapie, présente les différentes étapes, la tactique et les règles établies par le psychiatre pour aider son patient à aller mieux. Elle décrit un métier difficile ; celui d'obtenir la confiance absolue de quelqu'un, d'obtenir qu'un inconnu vous ouvre son âme et que vous ayez la responsabilité de démêler tous les noeuds de sa psyché. Que ce soit pendant la thérapie plus traditionnelle, ou pendant le processus de psychanalyse, j'ai trouvé très intéressant la façon de décrire le déroulé des rendez-vous chez le psychiatre, de la phase de découverte dans la salle d'attente où Margot se sent comme une étrangère à la phase où la thérapie prend tout son sens, lorsque le patient se livre et que le docteur peut l'aider à comprendre. L'ensemble dédramatise un peu ce que l'on peut imaginer autour des maux de la santé mentale, il n'y pas besoin d'être « fou » pour avoir besoin d'un thérapeute et libérer la parole peut libérer le patient d'un fardeau lourd.
Ensuite j'ai trouvé que Chloé Lambert abordait les abus sexuels en général, et plus en particulier dans le cadre familial, avec des mots adaptés. Elle place sa protagoniste dans une situation complexe : elle cède aux avances d'Éric, cet oncle qu'elle adore de toute sa tendresse d'enfant, jusqu'à coucher avec lui. Elle se surprend à chercher ensuite ces rendez-vous avec lui, cette sensualité qu'elle trouve dans ses bras. À cette époque, personne ne la comprend. Quand, après son premier rapport avec Éric, elle craint d'être enceinte et que sa famille apprend qu'elle a couché avec un garçon, elle se trouve isolée. Seul Éric lui témoigne encore de la tendresse, de l'affection. Elle devient dépendante de tout cet amour qu'elle trouve chez lui, cette sympathie qu'on lui refuse désormais ailleurs. Quelques années plus tard, pendant sa thérapie, est traité le sujet de la culpabilité et de la responsabilité. Margot se demande : « Est-il nécessaire d'être responsable de quelque chose pour susciter des comportements ambivalents ou des réactions agressives et incompréhensibles ? ». Quand Achille Donnelheur est en colère, il s'amuse à ramener le sujet de l'inceste sur la table : il lui rappelle qu'elle n'a jamais refusé, peut-être voulait-elle consentir ? Elle s'est prêtée au jeu, alors peut-elle vraiment attribuer toute la responsabilité de l'affaire à Éric ? Est-elle vraiment victime ou a-t-elle participé à ce jeu malsain et interdit avec son oncle ? Margot s'interroge, remet en question son statut de victime. Son entourage la fait culpabiliser pour lui faire porter le chapeau, la mère d'Éric la dépeint comme une enfant perverse qui tournait autour de son fils dès l'âge de six ans. le psychiatre lui dit que finalement, elle a peut-être détruit sa famille volontairement en se tournant vers l'oncle Éric parce qu'elle détestait avoir un frère. Alors qu'elle était sous l'emprise de l'homme en lequel elle avait placé toute sa confiance et sa tendresse, il a profité de son influence pour abuser d'elle, mais elle hésite encore sur son statut de victime. Dans le cas d'agressions sexuelles, les victimes sont souvent culpabilisées, sur leur comportement, leur tenue, leur attitude, comme si elles étaient forcément responsables des déviances de leur agresseur. le sujet est remis sur la table et retourné dans tous les sens à travers l'histoire de Margot et j'ai trouvé cela très intéressant et accessible.
Pour en revenir sur le sujet de l'emprise, il était également très présent dans ce livre. C'est certainement, avec la thérapie et les abus sexuels, un de trois piliers du roman. Chloé Lambert y parle de l'emprise que peut avoir une figure, qui inspire tant confiance, à laquelle on se livre sans aucune méfiance. Dans les relations asymétriques qu'elle entretient, avec Éric, puis avec Achille, Margot se retrouve sous l'emprise de figures masculines plus âgées qui lui inspirent confiance et à qui elle a le sentiment de pouvoir tout dire. Puisqu'elle les aime, ils lui veulent forcément du bien aussi. Pourtant, ils finiront tous deux par la trahir de la même façon et elle en ressortira brisée. Dans le cadre pervers de la famille, puis dans celui confiné du petit cabinet où elle a passé son adolescence et sa vie de jeune adulte – dans des cadres de confiance – Margot est brisée par des hommes qu'elle aimait et admirait.

Les choix de narration/rythme
On se place dans la peau de Margot de par la narration à la première personne. Par son écriture dynamique et ses mots justement choisis, à travers ce personnage au langage souvent poétique et parfois fleuri, Chloé Lambert nous fait suivre facilement tout le fil de son roman : les stades de la guérison, de la rechute, les quêtes de réponses, les pertes de raison ; on découvre les doutes de Margot, ô combien reconnaissante et dépendante envers son docteur mais qui se doute que tout ne tourne pas toujours rond avec Achille Donnelheur. On a finalement l'impression de se plonger dans les notes que prend Margot en permanence, et par les tons employés aux différentes périodes, il est facile de se situer dans la temporalité de la vie de la patiente.
J'ai trouvé la dernière partie, « Répétition », particulièrement fortes. Toute la mesure, le respect éprouvé par Margot pour son docteur laissent place au mépris, à la colère inspirée par cet homme qui a profité de son ascendant pour faire d'elle ce qu'il voulait, forgeant son esprit selon ses propres convictions, alimentant la fascination paternelle qu'elle lui vouait, lui faisant revivre le drame incestueux de son adolescence alors qu'il devait l'en protéger. Dans cette partie, elle s'adresse directement à lui, elle l'apostrophe, lui donne des noms d'oiseaux et peste contre lui. Tout ce qu'elle n'avait jamais réussi à lui dire, elle s'en libère, avec violence. On sent sa colère, on déteste le docteur avec elle et on ressent toute l'ampleur de sa trahison.
C'est ainsi un livre extrêmement fluide, qui se lit très rapidement, ce qui est agréable.

Les personnages
Le roman tourne autour de la relation patient-docteur, on se trouve donc à beaucoup se concentrer sur le tandem Margot-Achille !
Margot, j'ai eu envie de la prendre dans mes bras plusieurs fois pendant ce roman. Peut-être que c'est parce qu'elle abordait la vie avec le langage psychique des enfants face à des gens qui en savent plus qu'eux. Peut-être que c'est parce qu'elle avait vécu suffisamment de choses horribles pour plusieurs vies. Peut-être que c'est parce qu'on la voit grandir, essayer tant bien que mal de sortir de sa douleur, pour tomber toujours sur de sombres individus qui la refont tomber. Margot est malheureusement le miroir de tant de femmes. Combien vivent des abus sexuels ? Combien tombent sous l'emprise d'un homme ? Combien s'engagent dans des relations toxiques qui les isolent ?
Le sujet du miroir revient plusieurs fois dans le roman. Margot n'arrive pas à affronter son reflet, elle fuit les miroirs, mais s'assure de saisir son existence en les croisant. Elle est victime de son propre corps, le déteste de tout son coeur. C'est le vaisseau de ces maux, c'est ce qui attire ces hommes qui l'ont touchée sans qu'elle le veuille, que ce soit l'oncle, le guide touristique ou le dermato de son adolescence, ou le psychiatre. J'ai eu beaucoup d'empathie pour Margot, parce qu'on voit qu'elle essaie de se démêler de l'emprise du psychiatre, qu'elle remet en question certaines de ses décisions, de ses analyses. Mais elle est seule au monde, elle n'a que lui ; si elle le perdait, elle le dit elle-même, elle n'aurait plus de raison de vivre. Cette jeune fille perdue m'a beaucoup touchée.
Concernant Achille, je l'ai détesté assez vite. Derrière ses manières mesurées et ses grands principes éthiques, il est aussi malade que sa patiente. Mais là où Margot ne fait du mal qu'à elle-même, il projette sur elle toutes ses craintes, lui fait du mal, la manipule. Il lui crée des problèmes pour pouvoir mieux les guérir, il la rend dépendante de lui et crée un cadre toxique. Alors qu'elle est terriblement mal à l'aise avec son corps et sa sexualité, il prend un malin plaisir à en parler, à en discuter plus fort que tous les autres sujets. Il fait d'elle son cobaye de psychanalyse. Il franchit souvent les limites.
Il évoque à Margot des grands-pères responsables pour l'acte incestueux sacrificiel qu'elle a subi comme une façon d'expier toute la haine familiale. C'est amusant qu'il insiste autant sur la responsabilité des papis quand on sait que lui-même pense être le fruit d'une relation incestueuse entre sa mère et son grand-père. Il semble transférer tout son passif familial sur Margot. Il n'a pas obtenu de réponse à ses questions, alors il fait douter Margot de toutes les certitudes qu'elle avait réussi à construire.
Puis un beau jour, il transgresse l'interdit. Il lui fait revivre l'expérience de l'abus sexuel, mais aussi quelque part de l'inceste, elle qui le considérait comme un deuxième père et qui lui portait un amour d'enfant admiratif. Dans ce cabinet où elle a appris à vivre de nouveau et à aimer, il s'impose à elle, la viole. Moi aussi, j'étais bien contente qu'il soit mort ce psychiatre abusif. Mais j'aurais préféré qu'il soit confronté à son crime, lui qui savait très bien quelles ficelles tirer pour manipuler le coeur de Margot. Pendant dix-sept ans de thérapie, il instille le doute sur sa responsabilité de l'inceste, insinuant que qui ne dit mot consent. Avec lui, elle a pourtant bien exprimé son refus, mais cela ne l'a pas empêché de passer à l'acte. J'ai détesté de tout mon coeur de lectrice cet infâme personnage abusant de tous ses pouvoirs ; et je suppose que c'est synonyme d'un roman bien écrit quand on hait à tel point un personnage fictif.
Les autres personnages, beaucoup plus absents, sont aussi intéressants. On s'interroge sur ce grand-père Alfred qui est témoin des abus de son fils sur sa petite-fille mais qui ne dit rien. On a de la peine pour les parents de Margot qui font tout pour aider leur fille sans comprendre ce qu'elle a subi, qui la soutiennent et l'épaulent quand elle a besoin de leur aide pour confronter les complices de l'inceste. Il y a aussi l'ours, et puis Pénélope, qui a leur façon jouent un rôle très important dans la vie de Margot, même si on ne les voit que très par rapport à Achille.

Pour conclure :
« Nous en resterons là » était donc pour moi un beau roman, touchant, bien ficelé, abordant des sujets marquants. C'est une lecture que je recommande, pour les âmes averties qui se sentent capables d'aborder les sujets évoqués précédemment. Bonne lecture à tous !

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Eve-Yeshe
  19 juillet 2022
Margot est une jeune fille de dix sept ans à peine quand elle croise la route du docteur Donnelheur : elle souffre de troubles variés, étiquetés psychosomatiques. Un jour elle se confie davantage à un des médecins qu'elle rencontre au hasard des symptômes du moment et celle-ci l'envoie chez ce psychiatre qu'elle connaît, en faisant comprendre au passage aux parents de Margot qu'ils sont déficients sinon aveugles…
Dans la famille de son père, les problèmes psychiques sont passés sous silence, on ne peut parler en fait que de la pluie et du beau temps pendant les repas. du côté maternel, tout s'explique de manière rationnelle : mauvaise alimentation, manque de magnésium… Donc même dialogue de sourds.
Les séances commencent, mais elle a du mal à entrer dans le cabinet, à trouver les mots, devant cet homme impassible qui fume la pipe sans vergogne. (Mimétisme de Freud : son divan, sa pipe…)
Peu à peu, elle évoque l'inceste dont elle a été victime de la part de son oncle, qu'elle aimait beaucoup, dès l'âge de 14 ans, et la complicité des grands-parents, notamment la grand-mère : son fils ne peut pas être coupable, c'est forcément Margot qui l'a aguiché !
Peu à peu, le psy sort de ce qui devrait être la neutralité bienveillante (a-t-il jamais été neutre d'ailleurs ?) commence à parler de lui, de ses lectures, qu'elle prend pour des conseils au départ, se permet d'arriver en retard sans s'excuser,
Quand le « bon docteur » de vient un peu trop lourd en sexualisant beaucoup en termes fleuris, Margot lui trouve des excuses, ne sent pas l'attitude limite. « Il faut bien qu'il ait quelques défauts, ce grand homme » pense-t-elle.
L'auteure décrit très bien les séances, leur déroulement, la manière dont Margot idéalise le psychiatre, lui trouvant toujours une excuse. Il se réfugie derrière les notions de transferts, contre-transferts, vocabulaire psychanalytique pour établir son emprise. Il lui propose de changer de méthode, en plein milieu du travail : on ne passe pas la psychothérapie en face à face au divan avec le même analyste… mais il n'est pas à une manipulation près.
L'inceste est plutôt bien évoqué, même si j'aurais aimé une réaction de type « Festen » film que j'adore, quand Margot profite d'une réunion familiale pour le révéler enfin.
J'ai bien aimé ce livre, même si j'ai senti très vite que la thérapie dérapait, j'ai adoré détester le docteur Donnelheur, mais j'ai fini par retenir tout ce que je considérais comme des « fautes », c'est-à-dire, réquisitoire à charge, me transformant en procureur… Freud a dû se retourner dans sa tombe ! donc exercice réussi pour Chloé Lambert car le lecteur s'investit, participe.
Un grand merci à NetGalley et à Elidia, éditions du Rocher qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteure
#nousenresteronslà #NetGalleyFrance !
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Verdure35
  04 juillet 2022
Je terminais ce roman qu'une page complète sur son auteur paraissait dans Le Figaro
J'ai donc appris que cette jolie femme brune avait plusieurs cordes à son arc et que ce roman n'avait (peut-être)pas eu besoin de trop d'imagination pour être écrit.
Il s'agit d'un texte sur l'emprise, mais de l'emprise exercée par un psychiatre sur sa patiente. Ils se seront vus pendant 17ans, 17 ans de consultations analytiques c'est peu dire. La jeune fille s'éloigne de sa famille , de ses amours pour soigner une grave blessure d'enfance, mais en fait son « gourou » va se transformer en Minotaure, il y aura là un contre-transfert malsain de la part de cet homme . Heureusement si j'ose dire , la Grande Faucheuse peut parfois contribuer à réparer des dégâts.
Un roman très intéressant qui fait froid dans le dos il y a dans la société des pervers , même chez les thérapeutes
Merci aux #Edts du Rocher pour cette lecture .
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Zazaboum
  20 juillet 2022
Je suis totalement passée à côté de ce livre ! Je l'ai fini pour une unique raison, pour ce que j'estime être un engagement envers l'éditeur via NetGalley ! Et ce n'est pas une motivation suffisante pour apprécier une lecture !
Bien que j'aie été touchée par ce qu'a vécue Margot dans son enfance je n'ai pas réussi à ressentir d'empathie pour elle et seul le mépris a été mon sentiment envers le psychiatre !
Les faits sont rapportés par Margot à la fin de son analyse et après la prise de conscience de tout ce qui s'est passé pendant 17 ans. Malgré cela j'ai trouvé que sa manière de s'exprimer était totalement déconnectée de la réalité ou du temps présent, très mécanique dans ses descriptions et d'une froideur qui m'a rebutée, le tout assez pompeusement exprimé !
Un rendez-vous raté !
#nousenresteronslà #NetGalleyFrance #rentreelitteraire2022
Challenge 50 Objets 2022/2023
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
marine__bouquinemarine__bouquine   01 octobre 2022
Est-il nécessaire d’être responsable de quelque chose pour susciter des comportements ambivalents ou des réactions agressives et incompréhensibles ?
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marine__bouquinemarine__bouquine   01 octobre 2022
Un cœur à sec transforme aisément des faits en petits pois de princesse.
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Eve-YesheEve-Yeshe   19 juillet 2022
Donnelheur affirme que la culture est le seul moyen de transformer ou de supporter la barbarie humaine. La connaissance qu’il recommande, dont il connaît les vertus, n’est pourtant pas préétablie. Elle n’a pas d’autre origine que la quête d’une âme tourmentée ou réjouie. Grâce à elle, se déploient des manières infinies devoir le monde, de survivre, de créer de partager.
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NewsorleanswebradioNewsorleanswebradio   10 septembre 2022
p. 151 :
Dieu existe-t-il ? Je ne crois pas. Achille Donnelheur a-t-il deviné à travers mon silence le petit soliloque intérieur que je poursuis ? Mystère et boule de gomme. Je sors de son immeuble avec la sensation d’avoir été battue. Mon reflet dans le miroir me souffle et me fait des grimaces… Un pied marche sur ma tête. Les couleurs n’en sont plus. Ni fait, ni à faire comme image. Je me laisse tomber sur le banc… 
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KittiwakeKittiwake   24 août 2022
Si le métier de psychanalyste consistait à avoir raison, les cures psychanalytiques seraient rapides et le métier d’analyste moins difficile.
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A l'occasion de la présentation de la rentrée littéraire 2022 des éditions du Rocher, Chloé Lambert a lu un extrait de son roman. "Nous en resterons là" paraît le 24 août 2022. Une lecture fascinante et dérangeante qui nous plonge dans les arcanes de ce qui ne doit pas se raconter, selon la loi établie par Freud lui-même : une psychanalyse. Mais de nombreuses règles seront bafouées… Un roman qui raconte la tragique répétition d'un mal et se lit en apnée jusqu'à la fin monstrueuse, lorsque la bête surgit.
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