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EAN : 9782371000810
Éditeur : NOUVEL ATTILA (23/08/2019)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Une grève éclate dans une scierie du Lac St Jean, dans le nord canadien. Derrière une apparente solidarité ouvrière, l’ennui et la dureté de la lutte, que seules rompent les nuits dans les bowlings et karaokés, révèlent les intérêts plus personnels de chacun.

Parmi ces ouvriers, il y a Querelle, magnifique colosse venu de la capitale, et Jézabel, issue d’une lignée rebelle de mère en fille. Doux et charnels, ces héros incarnent la liberté, la jouissan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
EvlyneLeraut
  08 octobre 2019
Percutant, viril, un ciel zébré d'éclairs, « Querelle » de Kévin Lambert est un roman sombre, emblématique, au souffle rare. En plongée directe dans une histoire d'une émouvante contemporanéité où tout vole en éclats. La trame resserre ses griffes acérées sur les peaux tendres de ces jeunes garçons (tous). Ces êtres égarés, violentés, ivres de sexe et de douleurs morales. Endurcis par les affres de la vie. Des hommes perdus dans la débauche, les caresses abolies, tableau cauchemardesque d'une jeunesse qui se meurt. L'auteur délivre un fleuve gorgé de boue à l'encontre des diktats sociétaux, des inégalités criantes, des habitus étranglés par les marginalités, tranchées de guerre sociologique. L'écriture est soyeuse, écharpe de laine pour les hôtes des pages. « Et les grévistes, 7h30 le matin, le soleil à peine sorti pour venir crever le gris froid de l'hiver, pris entre la route régionale et la grille d'entrée, ils ont le lac dans les yeux, un feu qui brûle timidement dans une vielle cuve, et pas grand-chose d'autre. » L'histoire est encerclée dans le grand nord canadien, éloignée du consumérisme, en étau dans un chômage irrévocable, en toile de fond, un lac à perte de vue inspirant mais piégeant où ces oubliés d'un XXIème siècle s'entredéchirent. Le néant affiche le carton rouge. Une scierie aux rouages d'une idiosyncrasie en perte de vitesse, des travailleurs en grève suicidaire. Ce récit à visée syndicale et politique est sans compromission. Des hommes, dont Querelle fragile, offrant son corps en délivrance aux jeunes garçons aux abois, est un miroir d'honneur de sensualité. Gestuelle devenant un sapin de noël vacillant. Une femme, Jézabel dont le prénom colorie une Babel en furie, mi-déesse mi-démon, battante, va se frayer un chemin dans cet antre où le masculin est une chape de plomb. Ce récit est une plongée dans ce paroxysme de violence, de jouissance, une noyade prévisible, radeau de Géricault, mais d'une beauté infinie. Querelle au nom parabolique, emblème des oubliés, des mains écorchées vives, échardes d'une scierie de sang et de larmes. Il est le héros de ces gavroches des temps modernes, de ces révoltés, enfants écrasés d'un coup de pied sociétal. Nécessaire, percutant, lire « Querelle » est un devoir. Son sombre est une espérance, sa force, l'authenticité. Les émotions attisent les larmes. Ce récit tremblant de vérité confirme que toute lutte doit être constante et implacable. J'ai aimé ces garçons de la nuit. Dans les passages sublimes de lecture où tous étaient les soldats emblématiques, gerbes de ténacité pour un monde meilleur. A l'instar du murmure d'une quatrième de couverture donnante « Querelle se repose, content. Il est persuadé, pendant un très court instant, d'être utile à quelque chose et, d'une manière étrange, se sauver le monde juste un peu. » Publié par Les Editions le Nouvel Attila, qui viennent de mettre au monde un récit des plus engagés et bénéfiques.
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LettresItBe
  11 septembre 2019
Quand un auteur québécois débarque en pleine rentrée littéraire hexagonale, il y a de quoi être confiant. Kevin Lambert et Querelle publié chez le Nouvel Attila confirment-ils cela ? Lettres it be vous dit tout !
# La bande-annonce
Une grève éclate dans une scierie du Lac-Saint-Jean, dans le nord canadien. Derrière une apparente solidarité ouvrière, l'ennui et la dureté de la lutte, que seules rompent les nuits dans les bars et karaokés, révèlent les intérêts plus personnels de chacun.
Parmi ces ouvriers, il y a Querelle, magnifique colosse venu de la métropole, et Jézabel, issue d'une lignée rebelle de mère en fille. Doux et charnels, ces héros incarnent la liberté, la jouissance et la joie sauvages, hors des lois du marché et de l'aliénation familiale ou sexuelle.
Au gré des sabotages, des duels et des ivresses, la colère s'empare des grévistes et les événements se conjuguent dans un conflit généralisé aux allures de vengeance sociale, qui rappelle le Siegneur des porcheries, Jean Genet ou Kathy Acker.
# L'avis de Lettres it be
À croire que le mouvement ouvrier et ses spasmes de lutte, que toutes ces couches de population qui s'amoncellent dans les territoires reculés d'ici et d'ailleurs, à croire que tout ça constitue la matière littéraire la plus intéressante en ce moment. On avait eu le livre de Joseph PonthusÀ la ligne : Feuillets d'usine en janvier dernier, un livre qui semblait (déjà) faire écho à Leurs enfants après eux, le Goncourt 2018 signé Nicolas Mathieu. D'un écho l'autre, Querelle, nouveau roman de Kevin Lambert publié en France un an après sa sortie québécoise, semble être le fils illégitime de cette tendance littéraire. Et de fils illégitime à grand espoir de la famille, il n'y a qu'un pas…
L'usine et le lit. Chambre à coucher du capitalisme et chambre à coucher… tout court. Kevin Lambert donne à Querelle (Querelle de Roberval dans son titre original) ce cadre-là avec la ferme intention de sonder ce monde ouvrier, ses grèves et ses revendications par le prisme du quotidien et du banal. Des karaokés, des bouteilles et encore des bouteilles, des amourettes, des échecs et des fiertés discrètes, la plongée du lecteur est réussie, sans accroc. Mais tout aurait été trop « normal » si l'auteur s'était arrêté là. Et Querelle peut entrer en scène : ce personnage jouera, au gré des pages, le fil rouge d'une histoire bien plus forte qu'elle en a l'air. Quand seule la sexualité se débride dans une existence vouée au cadenas.
« C'est Noël et, dans les sous-sols, les cousins et les cousines se font tripoter par des monsieurs pendant que les autres jouent avec leurs nouveaux Lego. Demain, ils pleureront d'avoir mêlangé les briques. »
Pas un dialogue pour rompre le rythme, pas une étincelle d'espoir ou de lumière. de son fond à sa forme, Querelle est une surprise permanente. Mention spéciale, d'ailleurs, à ce chapitre page 149 où l'auteur s'invite dans son récit, entre sans toquer pour une parenthèse claire et nette. Ou comment assumer et justifier de tout l'intérêt d'un doctorat en création littéraire obtenu par l'auteur. On adhère. En plus, on croirait croiser Vernon Subutex ou Neal Cassady dans ce livre, des personnages qui auraient pris la voie de la lutte finale dans un monde aux fausses allures de fin du monde. C'est n'importe quoi ? C'est précisément pour cela que l'on adore.
Querelle est un roman sale, brut, un roman qui gêne aux entournures. Les premières lignes coupent le souffle, et les autres cassent la gueule. On a envie d'arrêter, on se dit que c'est quand même un peu n'importe quoi, puis on continue, le thorax noué, compressé… On arrive à bon port sans trop savoir où nous sommes et d'où nous sommes partis. Manifeste ouvrier et/ou sexuel ? Critique de la lutte ? Aucune idée… Mais ce qui est certain, c'est que l'on vient de parcourir quelques 240 pages de littérature en barre. Et si c'était précisément cela la marque des grands livres ?
Retrouvez la chronique en intégralité sur Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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Lexx54000
  27 août 2019
« Querelle » est un prénom, celui du personnage principal, le petit nouveau venu de Québec qui débarque à la scierie du Lac de Roberval, en pleine grève. Même si le syndicalisme ne l'intéresse absolument pas, il s'ajoute aux grévistes de la scierie.
Querelle, c'est aussi un beau jeune homme, musclé, belle gueule, qui rend dingues tous les autres garçons de la région, qu'il fait défiler dans son lit, sans aucun sentiment.
Querelle observe de ses yeux l'étrange culture et le comportement des hétérosexuels, qui peuplent ce petit village reculé du Canada et représentent le monde en deux : les hommes et les femmes, le bien et le mal, les pauvres et les riches, le bleu et le rose. Tout cela sur fond d'exploitation ouvrière, d'affrontement entre les travailleurs et les patrons. Cette lutte ouvrière et puissante débouchera sur une bataille à coups de batte de baseball sur un terrain de sport.
"Querelle" de Kevin Lambert est présenté comme une « fiction syndicale », ce qui peut faire peur au premier abord. Mais l'auteur traite d'un sujet connu dans le monde, "le syndicalisme' d'un manière novatrice : sur fond de grève, l'auteur met en scène des histoires individuelles, sans pour autant en faire un roman choral, qui bousculent les discours de la normalisation, du capitaliste et du chauvinisme qui régentent les normes sociales du monde. On se laisse vite happer par le récit des différents personnages, attachants, drôles et authentiques.
Le texte est cru, brutal, bouleversant. Il y a une sorte d'oralité très puissante car l'auteur écrit son livre comme s'il nous le contait à voix haute, jusque dans les fautes d'orthographe des revendications des grévistes, et surtout dans le vocabulaire canadien.
Un roman ultra puissant et d'actualité, qui ne laisse pas indifférent. Un roman choc tel un ovni dans cette rentrée littéraire !
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Melicee
  27 août 2019
Merci à Lecteurs.com et aux éditions NOUVEL ATTILA pour cette lecture !
L'étape de la page 100 :
Ma première impression est plutôt mauvaise : le début du livre se découvre sur la couverture et ne laisse aucun doute sur le langage très cru de ce roman, ni sur son contenu. Je me traîne sur chaque page, ayant du mal à entrer dans l'histoire.
Après avoir refermé ce livre, je suis perplexe, assez déconcertée par ma lecture. C'est sans doute un ovni. J'ai du mal à mettre des mots sur ce que je viens de lire. C'est trash, c'est « débridé », c'est violent. 
Apparemment très inspiré de « Querelle de Brest » de Jean Genet, on y retrouve un homme, Querelle de Roberval, presque un Dieu, assouvissant sans frontière ses pulsions sexuelles, tel un ogre mangeur de jeunes garçons en fleur. Remplie de descriptions crues magnifiant la masculinité, l'histoire s'axe néanmoins autour d'une lutte syndicale. Difficile de faire le lien entre ces sujets divergents...  
Une grève éclate au coeur d'une scierie du Nord Canadien. Nous suivons les syndicalistes durant pratiquement un an de protestation. Querelle est l'un d'eux. On analyse la vision sociétale de ces travailleurs oubliés à travers une écriture fraîche et piquante comme seul les Québécois savent l'inventer.  le narrateur dit ouvertement être pour le patronat, ne pas soutenir la paresse et la bassesse des grévistes.  « De nos jours, la corruption et la paresse sont les deux seules choses que le monde a en tête quand on prononce le mot « syndicat » [...] » 
Notre vision du texte change donc à partir de là et nous repensons aux précédents faits avec un oeil neuf. La montée inexplicable de violence qui clôture cette grève et ce récit est une illustration rocambolesque de sa vision syndicale. Nécrophilie, infanticides, empalement et méchoui. Vous voilà prévenus.  Avec le recul, et malgré le fait que j'ai eu énormément de mal à le terminer, ce livre et sa vision sont intéressants. Même s'il était parfois difficile de trouver un sens à ce que je lisais, l'histoire syndicale me reste en tête.  Néanmoins, je trouve que le rythme est gâché par la profusion de détails crus et trash.
Alors oui, on pointe du doigt, en filigrane, entre deux piquets de grève, les conservateurs et les rétrogrades, les pensées d'un autre âge sur la sexualité débridé de certains. C'est bien, mais c'était peut être de trop.  
Je suis soulagée de l'avoir enfin refermé. Ce livre n'est pas à placer entre toutes les mains mais ceux qui aiment les récits « agressifs » et incongrus, ceux là sûrement, le trouveront novateur ! Pour ma part, je reste perplexe.
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avislitterairedetheoetgaultier
  15 avril 2020
Écrivain québécois né en 1992, Kevin Lambert a passé son enfance à Chicoutimi, petite ville située dans la région du lac Saint-Jean. En 2017, il publie son premier roman, intitulé Tu aimeras ce que tu as tué. Querelle de Roberval, rebaptisé Querelle pour le marché franco-européen, est son deuxième roman.

Les 21 employés de l'usine de la Scierie du Lac, la dernière scierie indépendante de la région du lac Saint-Jean, sont en grève depuis plusieurs mois. Querelle, 27 ans, homosexuel et fraichement venu de Montréal, est le dernier journalier arrivé. Comme dans le Germinal de Emile Zola, on s'immerge dans le quotidien des employés de la scierie engagés dans une lutte syndicale contre le patronat pour améliorer les conditions de travail. Héritier du Querelle de Brest de Jean Genet, véritable fantasme ambulant, Querelle donne à voir son quotidien sexuel avec les jeunes hommes en fleur de Roberval, rendant fou de rage et de vice leurs pères trompés.

Dans un style cru, pornographique, rappelant Guillaume Dustan, et suivant une construction digne d'une tragédie grecque (prologue, parodos, stasimon, kommos, exodos, épilogue), la lutte atteint des sommets de cruautés inattendus... et rimbaldiens.

La lecture est dure, les repères sont bousculés, les héritages littéraires sont empruntés pour mieux les tordre. Ce texte ne s'excuse pas (“je ne demande pas pardon aux poètes que j'ai pillés”) et met son lecteur au contact avec ses instincts les plus primaires. Je peux dire que je n'ai pas aimé lire Querelle, mais j'ai adoré y réfléchir !

Gaultier
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critiques presse (2)
Telerama   08 octobre 2019
A 27 ans, ce jeune auteur canadien signe “une fiction syndicale” militante et crue. Un roman fort où la critique sociopolitique vient interroger le désir et les questions de genre.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeMonde   05 septembre 2019
Autour du récit d’une grève dans une scierie du Saguenay, l’écrivain québécois de 27 ans signe un roman exploitant magnifiquement la puissance subversive du plaisir cru.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ledevorateurledevorateur   16 septembre 2019
Il faut maintenant dire le vrai. Faire le récit des aléas d’une lutte syndicale a pu donner à madame la lectrice ou à monsieur le lecteur l’impression d’un parti pris du texte en raison d’une empathie trop grande envers la paresse et les grévistes. Or la position défendue par ce livre se veut claire : l’entrepreneuriat est le génie de notre époque. Je – Kevin Lambert, auteur de cette bien modeste fantaisie – prends ici même, en page 179, position sans ambiguïté pour le patronat et contre la bassesse des grévistes, que je me suis efforcé de décrire le plus fidèlement possible dans les pages précédentes et dans celles qui suivent.
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avislitterairedetheoetgaultieravislitterairedetheoetgaultier   15 avril 2020
Roberval est une petite flaque sale de bungalows et d’unités commerciales de deux étages qui ronge une portion de rivage du Lac Saint-Jean.
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Retrouvez aussi tous les contenus publiés en octobre et novembre 2019 sur Babelio liés aux littératures de l?imaginaire, ainsi que la dernière partie de nos interviews d?auteurs de la rentrée littéraire d?automne.
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L?événement : https://www.bnf.fr/fr/agenda/tolkien-voyage-en-terre-du-milieu
Notre reportage complet : https://www.youtube.com/watch?v=FyIt92Pcg2o
JRR Tolkien sur Babelio : https://www.babelio.com/auteur/JRR-Tolkien/3993
5:56 Mois de l?Imaginaire : nos articles et vidéos
5 romans de l?imaginaire conseillés par un libraire : https://babelio.wordpress.com/2019/10/01/5-romans-dimaginaire-pour-retourner-vers-le-futur/
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5 livres jeunesse d?imaginaire conseillés par une libraire : https://babelio.wordpress.com/2019/10/30/5-livres-jeunesse-a-decouvrir-pour-le-mois-de-limaginaire/
Notre interview d?Eric Marcelin des éditions Critic : https://babelio.wordpress.com/2019/10/11/quand-babelio-rencontre-les-editions-critic/
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5 livres qui vont vous faire aimer la SFFF : https://www.youtube.com/watch?v=DJcuitpqQMI
8:23 Dernière partie de nos interviews d?auteurs de la rentrée littéraire d?automne 2019
Sofia Aouine : https://www.babelio.com/auteur/Sofia-Aouine/513957#itw
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