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EAN : 9782213682471
260 pages
Éditeur : Fayard (24/09/2014)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 19 notes)
Résumé :
"Parce que je l'aime, je veux le laisser partir. Aujourd'hui, Vincent est prisonnier. Prisonnier de son corps, d'abord. Tétraplégique en état végétatif, mon mari vit aujourd'hui alité, les membres raides et immobiles. Vincent ne peut pas s'exprimer, alors tout le monde parle pour lui.
Sur son lit d'hôpital, Vincent est pris en otage entre des injonctions contradictoires. Les médecins ont estimé qu'il est temps d'interrompre son traitement, ses parents ont sai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
SNaumiak
  23 mars 2020
Pour comprendre le point de vue et les motivations de Rachel Lambert, j’ai voulu lire son livre. Je savais que j’y trouverais des réflexions que je ne partage pas mais je m’attendais à un livre sincère : on n’est jamais tout blanc ni tout noir, et je préfère me faire mon propre avis auprès des intéressés.
La couverture me choque : « Parce que je l’aime, je veux le laisser partir ». D’une part, pourquoi s’adresser aux lecteurs et pas à Vincent ? D’autre part, pourquoi dire « le laisser partir » ?
Le laisser partir où ? Vincent n’était pas retenu en vie par une machine, il était nourri par une sonde, ce qui lui permettait de rester vivant, comme le sont aussi les personnes anorexiques au stade grave ou les personnes opérées du bypass qui ont trop maigri : elles portent sur elles une sonde qui relie un flacon de nourriture liquide à leur estomac. Doit-on dire de ces personnes qu’elles sont maintenues en vie artificiellement ? Aucune machine, aucun respirateur, aucun cœur artificiel ne faisait vivre Vincent artificiellement. Je me suis procuré le livre en espérant trouver un point de vue en faveur de l’euthanasie totalement assumé et développé, pour pouvoir comprendre ce point de vue.
Mais ce n’est pas le cas du tout. C’est un livre malhonnête, dans lequel Rachel Lambert emploie des termes soigneusement choisis pour ne pas choquer le lecteur, pour le convaincre subtilement, via les émotions, du bien-fondé de son choix, pour qu’il croie que Vincent était vraiment retenu en vie artificiellement et qu’il n’y avait pas de solution plus sage que l’arrêt des « traitements » (soins et nourriture).
Par exemple, quand ce sont ses adversaires qui s’expriment, elle dit qu’ils s’emportent, qu’ils répètent, qu’ils prétendent, qu’ils osent dire, qu’ils divulguent, qu’ils propagent, qu’ils se déchaînent, qu’ils jugent à l’emporte-pièce, qu’ils se permettent de dire, etc., laissant entendre ainsi que les opposants à l’euthanasie ne peuvent pas s’exprimer posément, ni exprimer un ressenti légitime ou un avis fondé sur des bases solides de réflexion.
En revanche, quand ce sont ses défenseurs qui parlent, ils expliquent, ils rappellent, ils précisent, ils confirment, ils « parlent de manière objective et dépassionnée avec une voix affirmée et des gestes assurés » (p. 193, Editions J’ai lu).
D’autre part, Madame Lambert semble ne surtout pas vouloir que l’on découvre les fondements de la philosophie provie : elle n’aborde jamais cette philosophie, préférant attaquer ses adversaires dans ce qu’ils ont de politiquement incorrect : leurs sites, leurs associations, leur religion (catholique, bien sûr, c’est la seule qu’on puisse attaquer), bêtes noires des grands médias qu’ils sont. J’ai trouvé cela d’une lâcheté sans nom. Comment peut-on vouloir sincèrement être crue et comprise et agir de la sorte ? Comment peut-elle faire ce qu’elle ne voudrait pas qu’on lui fasse ? Cette manière de faire est connue, Staline disait « Traitez-les de fascistes. Pendant qu’ils se justifieront, ils n’argumenteront pas ».
Et puis j’ai trouvé des contradictions, des absurdités, des mensonges.
Par exemple, à la croire, Vincent aurait, avant son accident, « souvent répété » de manière « farouche » et « très claire » que s’il se retrouvait en grande dépendance, il tenait absolument à ce que Rachel mette fin à ses jours, il le lui a tellement fait promettre. Mais en même temps, « il n’a pas jugé utile de rédiger ses directives anticipées ». Curieux.
Aussi, R.L. explique que cette demande de promesse la choquait et la faisait pleurer, montrant ainsi la noblesse de son coeur. Mais par ailleurs, elle explique qu’entre eux, les « nombreuses discussions » sur ce sujet étaient légères, « tout à fait libres et sans aucun tabou », avec des « mots crus » comme « se faire piquer »… il est évident que dans son livre, le sujet de l’euthanasie gagne ou perd en gravité selon le message qu’elle veut faire passer.
Autre exemple : durant sa grande dépendance, quand Vincent avait des réactions qui ne l’arrangeaient pas, comme un sourire, une larme ou son regard qui suivait celui de son visiteur, ce n’étaient que réflexes neurologiques qu’il ne fallait surtout pas interpréter. Mais quand ça l’arrangeait, Vincent manifestait son désir d’en finir, son refus de se laisser soigner. C’est totalement malhonnête !
Alors, au fur et à mesure de ma lecture, j’ai relevé toutes les formules que je jugeais malhonnêtes et je les ai classées dans des catégories :
- des formules d’insistance sur le fait que Vincent souhaitait mourir s’il devenait en grande dépendance ou dans le coma ;
- des formules d’hypocrisie et de mauvaise foi ;
- des absurdités et des non-sens ;
- de la haine anticatholique et de la collaboration au politiquement correct ;
- du mépris envers les opposants à l’euthanasie ;
- des affirmations faciles ;
- du mépris envers les personnes diminuées ;
- de l’auto-admiration et des réflexions totalement compatibles avec la philosophie eugéniste (philosophie non assumée, sinon l’auteur aurait cité le docteur Pierre Simon, grand maître assumé des Loges franc-maçonnes, fondateur du planning familial en France sur le modèle du Planned Parenthood américain, qui notamment explique dans son livre « De la vie avant toute chose » qu’une société réussie est une société que l’on réserve aux individus bien portants et productifs) ;
- des mensonges, des omissions et de la déresponsabilisation ;
- quelques aveux !
- de la victimisation et des scènes théâtrales ;
- de l’auto-valorisation ;
- des formules de manipulation avec des mots bien choisis ;
- de l’égoïsme ;
- et 28 contradictions, que j’ai notées en premier. C’est énorme !
C’est édifiant quand on lit ces expressions ainsi regroupées. Vous trouverez mon document pdf dans le lien ci-dessous.
Madame Lambert préfère faire croire que la « quasi-totalité » des médecins était de son côté. Or 70 médecins étaient opposés à l’euthanasie de Vincent (ils se sont exprimés dans la tribune du Figaro du 18/04/2018).
Donc maintenant, je sais que Vincent était vraiment maintenu volontairement en soins palliatifs pour que le projet soit mené à terme ; alors que sa place était, comme l’expliquaient les médecins opposés à ce projet, en unité EVC-EPR, où les patients sont stimulés et divertis jusqu’à leur mort naturelle, s’accrochant à la vie pour 90% d’entre eux puisque leur choix se situe entre la mort et… leur vie. En effet, quand on n’est pas dépressif, l’instinct naturel veut qu’on s’accroche à notre vie, la seule qu’on ait. Donc on ne peut pas prétendre qu’on voudra mourir quand on sera en grande dépendance. C’est dramatique, le mal que peut faire cette vision des choses comme quoi la vie ne vaut d’être vécue que sous certaines conditions. Et quelles conditions ! La barre est haute dans la bulle de bonheur de Rachel Lambert. C’est ce regard sur la vie qui peut rendre dépressives les personnes diminuées !
On parle quand même avant tout du fait d’être vivant, donc d’être toujours sur Terre. Le contraire, c’est la disparition totale ! De quel « repos bien mérité » parle Madame Lambert ? Comment sait-elle si on peut se reposer après la mort ? A moins qu’elle ne parle du cadavre en décomposition ? Mais dans ce cas, il ne s’agit pas de repos, car le « repos bien mérité » est une récompense qui répare et dont on profite, et pour ça il faut être vivant !
Si mon mari devait se retrouver dans cet état, je lui dirais « parce que je t’aime, je t’accompagnerai, je m’occuperai de toi jusqu’à la fin de notre vie, je ferai en sorte que tu apprécies tout ce que tu peux. Je te ferai voir, entendre, sentir, toucher le maximum de belles et bonnes choses ». Quoi de plus noble et de plus grandissant que s’occuper ainsi de nos proches ? N’est-ce pas cela, Aimer ?
Il semble que le lien ne s'ouvre pas ; donc en attendant que je résolve ce problème, si vous êtes intéressé(e) par le document pdf, envoyez-moi un message svp : sophie.chartrain@orange.fr
Lien : https://uc46b0d0f71da66aab3b..
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Thierrydiegolea
  25 avril 2017

Peut on accepter ou doit on accepter que l''être aimé ou tout simplement un être humain passe d'une vie en mouvement à une existence immobile ? C'est la question que je me suis posée tout au long de la lecture de ce texte. Et j'ai bien peur de ne pas trouver de réponse......En revanche, on reste sous le choc. On est sous pression. On angoisse même. L'angoisse nous cisaille. Cet état d'ultime dépendance est une réalité dure à digérer. Cette situation nous interpelle forcément
Ce récit montre qu'il faut savoir profiter des petits plaisirs de la vie, profiter du bonheur simple du quotidien souvent fait de petits riens, de gestes anodins. Apprendre à devenir des flâneurs contemplatifs avec des aspirations simples, jusqu'au jour où tout bascule. le quotidien vole en éclats.Même lorsque la mort rôde, on ne peut pas l'envisager.........
Vincent Lambert, 32 ans, infirmier en psychiatrie devient handicapé suite à un accident de la route, le29 septembre 2008 :Il , est plongé dans un état de coma profond. Il en sort pour se retrouver en « état-Pauli-relationnel » ou état de « conscience minimale plus ».

Aujourd'hui, encore en 2017, soit 9 ans après le drame,Vincent est prisonnier de son corps,Tétraplégique en état végétatif, alité, il a perdu l'usage de la parole, Tout le monde s'exprime pour lui.. Rachel Lambert, sa femme est dédiée à la cause de son époux. . Elle y dresse, dans ce livre, le portait de son mari, comme pour lui rendre justice Mais également pour faire entendre sa voix face à la justice, aux médecins et aux parents de son époux.
Rachel mène une vie normale, mais pas ordinaire.Elle mène un combat acharné, sans fin . Elle encaisse tout depuis le début. Elle cherche à travers ce récit, à apaiser les souffrances des deuils qui s'imposent à elle. Tant de souffrances bien souvent tues, impossibles à appréhender. Elle voudrait y apposer des mots.Cette histoire est une tragédie moderne qui souligne que malgré les lois, il est difficile en tant qu'être humain de prendre une décision définitive et radicale qui engendre des déchirements au sein d'une même famille. On prend conscience que la souffrance de l'absence est une compagne bien difficile à supporter.
Ce témoignage bouleversant pose le problème de l'euthanasie qui désigne l'acte médical consistant à provoquer intentionnellement la mort d'un patient afin de soulager ses souffrances physiques ou morales considérées comme insupportables, soit en agissant à cette fin, soit en s'abstenant d'agir. On distingue communément à cet égard l'euthanasie active de l'euthanasie passive. L'euthanasie doit enfin être distinguée du « suicide médicalement assisté » qui consiste, pour le corps médical, à donner au patient les moyens de mettre lui-même fin à sa vie.



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cathy13600
  27 juillet 2016
Tout le monde connait l'histoire de Vincent Lambert puisque ce drame qui, pour moi, aurait dû rester dans le domaine du privé est devenu, par des actions judiciaires intentées sans fin et une médiatisation poussée à l'extrême « l'affaire Lambert ».
Alors, pourquoi lire ce livre ? Me diriez-vous.
Parce que malgré tout ce que j'ai pu voir et entendre sur cette tragédie, je ne comprenais pas que des membres d'une même famille puissent s'entre-déchirer sur le sort d'un de leurs proches.
En m'immergeant dans la vie de Rachel Lambert et de son époux, qui quasiment huit ans après son accident de la route, est toujours plongé dans un état de conscience minimal dit « pauci-relationnel » sans espoirs d'améliorations, j'espérais démêler le vrai du faux en quelque sorte.
Ma première évidence à la fin de cette lecture est que ce sont des croyances religieuses qui poussent les parents de Vincent à un tel acharnement pour que leur fils vive « coûte que coûte ».
Quelle n'a pas été ma stupéfaction quand j'ai appris que ces derniers mettaient en avant que leur enfant n'était pas atteint d'un mal incurable mais d'un très lourd handicap avec dépendance totale qui l'excluait de ce fait de la « loi Léonetti ».
Pour être tout à fait honnête, je dois dire également que même si leur belle-fille, Rachel, fait preuve de courage et d'abnégation et qu'elle se bat, par amour, pour faire respecter les volontés de son mari, il y aura, à mon sens, toujours un doute, si infime soit-il sur les désidératas du père de sa fille puisque ce dernier n'a pas laissé de directives anticipées.
Ce témoignage nous pose la question sur la fin de vie et la difficulté des malades à faire respecter leurs désirs ultimes.
En conclusion, à l'inverse du livre de Vincent Humbert Je vous demande le droit de mourir » qui suppliait, lui-même, qu'on l'euthanasie suite à sa tétraplégie, ce récit ne m'a pas bouleversé. Il a éveillé en moi des interrogations sur un sujet délicat mais je pense aussi qu'à travers lui, Rachel Lambert règle un peu ses comptes avec sa belle-famille. Je ne porte aucun jugement mais je suis un peu déçue.
Noter ce livre est inconcevable et inapproprié. Je trouve indécent de quantifier par une ou plusieurs étoiles le malheur qui s'est abattu sur cette famille. Peut-être parce que je suis moi-même handicapée, en fauteuil roulant ?

Lien : https://www.instagram.com/li..
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Sophia68
  05 novembre 2014
Beau témoignage de Rachel Lambert qui raconte son soutien depuis l accident de son mari.
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Mamzelpix
  24 février 2016
Je ne mets pas de notes parce qu'il est difficile de noter ce genre de livres, c'est un récit personnel alors le noter me parait inadéquat. Mais clairement ce livre m'a bouleversé, émue, et j'en passe.
L'histoire de Vincent, dans un état végétatif depuis son accident, m'a totalement anéantie. le combat de sa femme pour respecter ses choix est incroyable, cette femme a une force immense pour affronter tout cela. Je ne sais pas si à sa place, j'aurais su en faire autant.
Malheureusement, ce sujet reste d'actualité pour de nombreuses autres victimes d'accidents (ou autres), le choix de "vie ou de mort" qui n'est jamais facile à prendre. Mais Rachel a voulu et a su, se battre pour que les choix de son mari soit respecté, et rien que pour ça elle a tout mon respect.
Cette lecture ne m'a pas laissé indifférente..

Lien : http://lafemmeparfaitelit.bl..
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