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EAN : 9782100558353
296 pages
Éditeur : Dunod (06/04/2011)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
La crise finanicière et économique qui a frappé le monde en 2008 a ébranlé le modèle capitaliste. Certains la considèrent comme consubstancielle au fonctionnement de l'économie de marché. Et d'appeler, si ce n'est sa disparition, du moins son évolution. L'objectif de l'ouvrage de Jean-Jacques Lambin est de revenir sur les différents courants de pensée qui se sont exprimés et d'analyser la pertinence de leurs critiques. Après avoir présenté un panorama des capitalism... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
thomas141
  28 mai 2011
« Quel avenir pour le capitalisme ? » est un ouvrage de Jean-Jacques Lambin, spécialiste du marketing et professeur à Louvain et Milan. Ce livre se présente comme une étude, une « analyse et synthèse des débats actuels ». La quatrième de couverture va dans ce sens mais pas le livre qui suit aussi une direction très écologique et social, interventionniste et particulièrement critique (parfois sans fondement) sur certaines branches du capitalisme. En somme ce livre est double : une véritable revue de littérature concernant différents pans de notre économie d'une part et un engagement politique et moral d'autre part.
Les aspects positifs de ce livre sont nombreux mais ne se dévoilent que tard dans l'ouvrage dus à une faiblesse de l'étude de l'économie politique qui se ressent à la lecture et que l'on constate dans la bibliographie. Ces aspects positifs se retrouvent donc dans la partie III avec l'économie dématérialisée, le capitalisme cognitif, les évolutions apportées par Internet ou encore le chapitre sur la collaboration. On voit alors à la lecture le professeur-chercheur, outre par sa présentation des études, des choix bibliographiques et du vocabulaire, par sa forte capacité de synthèse. Ces chapitres-là sont par moment passionnants et les connaissances transcrites sont importantes, cela grâce à une littérature universitaire.
Mais le livre pèche aussi par cette « bibliographie d'articles » dans le sens où, lorsque que l'on prône ou critique une idéologie, il faut d'abord la connaître un minimum et s'intéresser à des ouvrages plus conséquents non présents dans les magazines scientifiques. Prenons le cas de « l'ultralibéralisme » tant critiqué par Monsieur Lambin. Pour un livre écrit par un universitaire, le choix de ce terme est étonnant puisque cette idéologie n'existe pas. L'ultralibéralisme est un terme de journaliste, pas d'universitaire. Outre son absence de logique « il est ultra pour la liberté et lui il est un peu pour, l'autre méga pour... », il est, par sa construction extrémiste « ultra » à la fois une catégorisation sans fondement mais aussi une limite dans la théorie libérale. Or, monsieur Lambin qui ne connait visiblement pas ce sujet, évoque M. Friedman et F. Hayek comme étant des « ultralibéraux ». Ayn Rand, David Friedman, Gustave de Molinari, Murray Rothbard, Lysander Spooner sont dans quelles positions vis-à-vis de cela, alors ? Ce sont des « megaultragigalibéraux » ? Non, ceci manque de sérieux et cela se voit dans la bibliographie où l'on cite le très moyen Stiglitz et où le seul livre d'Hayek cité est « La route de la servitude » alors qu'il n'est que mineur sur ce sujet (il s'agissait plus de « l'effort de guerre » que de l'oeuvre du Prix Nobel qu'il fut) alors qu'il a publié « Droit, Législation et Liberté » ou encore que les Belles Lettres ont republiées certains de ses essais. A côté de cela, la philosophie politique et l'économie politique sont les grandes absentes malgré les incursions de Jean-Jacques Lambin dans ce domaine. A la place, pour critiquer ce fameux « ultralibéralisme » en tentant de le définir, il nous cite un article du Time Magazine...
Outre ce manque important pour une critique constructive du libertarianisme et du monétarisme - ce qui nuit à l'aspect « synthèse » des débats (puisqu'un seul point de vue est étudié), ce sont les passages sur la crise financière de 2008 qui souffrent du même manque d'objectivité. En effet, on part du principe « c'est la faute des banques » alors même qu'Alexandre Lamfalussy, régulateur devant l'Eternel, met de l'eau dans son vin. Où sont passés les aléas de moralité dus à la politique du Too Big to Fail ? Où sont passés Fanny Mae et Freddy Mac, ces government sponsored enterprises, les rôles des lois contre la discrimination sous Clinton, les manipulations des taux d'intérêts par la Fed, etc. ?
Il est en somme facile de tirer une conclusion sur un débat si l'on ne prend en compte que l'aspect avec lequel on est d'accord. Et rapprocher les erreurs des banques avec la malhonnêteté de l'affaire Enron, ce n'est justement pas très honnête.
La critique des institutions financières est une mode que suit l'auteur en tapant également sur les traders. Mais cette « passion » éloigne de la raison par moment comme en affirmant p.86 que le capitalisme « n'a pas besoin de la spéculation financière ». Or, force est de constater qu'en soi, la spéculation financière, malgré ses nombreux défauts, permet d'anticiper le prix futur d'un bien donné et a permis de stabiliser les prix, notamment de la nourriture par rapport aux fluctuations impressionnantes des siècles passés (voir les travaux de Naudet sur le sujet). Elle sert donc l'entrepreneur et le consommateur, donc le marché.
Pour revenir à l'économie politique et la philosophie politique, elles ont le mérite de se placer au-dessus du chiffrage classique pour étudier les principes que l'on souhaite voir appliquer. Comme je l'ai noté plus haut, je trouve dommage que Jean-Jacques Lambin n'ait pas étudié cette discipline avant d'écrire cet ouvrage car certains de ses arguments, notamment contre la décroissance pourraient être renforcés et certains des siens balayés. Jean-Jacques Lambin parle peu de la liberté individuelle et le simple fait de parler de « simplicité volontaire » exclut toute forme de législation coercitive en faveur de cette philosophie de vie. de même, l'auteur oppose liberté et propriété alors qu'il est évident et reconnu que les deux sont étroitement liées (la propriété est la plus importante des libertés avec la sûreté). Peut-être monsieur Lambin voulait-il signifier autre chose ? Mais si ce n'est pas expliqué, cela devient compliqué à saisir tout comme la notion « d'extérieur » p.236. A cette page, l'auteur nous affirme que la « limite économique à l'économie » ne peut venir que de « l'extérieur », c'est-à-dire de l'Etat et du peuple souverain mais qui peuvent être injustes, ce qui fait que limite ne peut venir « que de l'extérieur ». Là, je n'ai pas compris de quel extérieur on parlait. Lambin prône la démocratie comme absolument nécessaire à l'Etat de droit et à la liberté (ce qui est fortement contestable, par ailleurs), mais comme il le fait remarquer, il y a des limites à cette démocratie, ce que Tocqueville appelait la « tyrannie de la majorité » où comment une majorité peut anéantir les droits légitimes d'une minorité. Par conséquent, en laissant s'exciter les passions sur l'économie, un Etat démocratique qui peut être populiste (il l'est souvent en partie) conduit nécessairement à une régulation néfaste pour l'économie et pour la liberté individuelle au nom du principe d'électoralisme. L'on est dans une opposition légal contre légitime et non dans du légal contre illégal. C'est pour cela que la philosophie et l'économie politique propose des « métarègles » (cf. Hayek) que l'on retrouve en partie dans la DDHC de 1789, autre partie négligée par Jean-Jacques Lambin.
De même, son étude de l'égoïsme chez Smith et Amartya Sen (p.230-231) dont il retient que l'altruisme existe bel et bien manque d'arguments contraires que l'on retrouve dans la théorie objectiviste de Ayn Rand (publié aux Belles Lettres dans le recueil « La Vertu d'Égoïsme ») ou encore chez Kant.
Au final, je regrette l'absence de l'étude fondamentale de la philosophie politique, base essentielle lorsque l'on ambitionne de proposer des changements conséquents dans notre société. Ces lacunes dont découlent de nombreuses faussetés n'empêchent pourtant pas Lambin de souvent viser juste notamment dans le chapitre 5 sur l'entreprenariat social, chapitre que j'ai beaucoup apprécié et où j'ai été très sensible aux arguments de l'auteur et à ses exemples. Une belle preuve de l'initiative individuelle que je soutiendrai toujours et qu'un auteur a enfin l'audace de mettre en avant. Un livre qui reste en demi-teinte, mais qui peut promettre de très bons ouvrages de Jean-Jacques Lambin à l'avenir s'il accepte de voir les faiblesses de celui-ci et de les corriger. Je lui souhaite courage et persévérance.
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Kepherton
  18 mai 2011
Dans le contexte de la crise financière, cet ouvrage expose de manière pédagogique les tenants et aboutissants du débat concernant le capitalisme.
Dans une première partie, l'auteur présente les divers aspects du capitalisme : ses principes de base (les axiomes du capitalisme traditionnel, le développement du capitalisme entrepreneurial, la nécessité d'un marché régulé, le rôle du marché), la diversité des capitalismes dans le monde (distinction entre économie de marché libérale/coordonnée, capitalisme anglo-saxon/rhénan, capitalisme européen, capitalisme démocratique/d'Etat, le capitalisme asiatique), le capitalisme entrepreneurial durable.
Il présente ensuite les dérives du système financier international à partir d'une approche historique : le développement d'une sphère financière autonome, le développement d'un ultra-libéralisme puis dans les années 2008 le retour en force de l'Etat dont il expose les divers aspects (impacts de la déreglementation du marché, débat sur la taxe tobin, enjeux de régulation).
L'auteur examine ensuite l'entrepreneurial social.
L'auteur consacre une deuxième partie à examiner les critiques du capitalisme.
Face à l'idée un peu simple que le capitalisme créé les besoins, il examine d'abord la diversité des besoins existants pour conclure que le capitalisme ne peut stimuler que certains types de besoins.
Il examine ensuite les effets pervers du capitalisme. Il examine pourquoi les courants politiques encouragent l'idée que la sortie de crise passera par la croissance, idée qu'il relativise au regard de la nécessaire prise en compte de l'environnement. Il examine enfin les avantages et périls de la mondialisation, proposant une vision de la délocalisation mais aussi du localisme.
Dans une troisième partie, il présente les transformations nécessaires du capitalisme entrepreneurial pour arriver à une croissance qualitative compatible avec des objectifs de développement durable. Il promeut d'abord une économie dématérialisée remettant en cause la notion de propriété au profit d'une logique de commercialisation de fonctionnalités. Il promeut ensuite une économie circulaire, capable de recyclage. Face à l'incompatibilité de la logique de croissance pure au regard de la préservation de l'environnement, il examine l'idée d'une décroissance conviviale, réaliste, un nouvel équilibre dans la consommation (refondant le modèle de consommation actuel), une gestion du changement écologique.
Enfin, il analyse les conséquences de l'arrivée des nouvelles technologies et d'Internet. Il prône en outre une économie responsable. Enfin, se demandant si le capitalisme est juste, il examine les débats de l'égalité et de l'égalitarisme, la discrimination positive.
Etoffé et dense, cet ouvrage se révèle un guide précieux qui offre un ensemble de clés pour comprendre les grands enjeux liés à la crise et aux débats sur le capitalisme. L'ouvrage est approfondi et permet d'avoir une vision globale, ce qui n'empêchera pas de prolonger les recherches pour avoir une compréhension plus fine de chaque point évoqué dans ce livre.
Cela reste une très bonne lecture, tout à fait passionnante pour comprendre le monde dans lequel nous vivons.
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famillepiao
  18 mai 2011
L'auteur Jean-Jacques Lambin se lance ici dans une analyse intéressante et relativement poussée des courants de pensée économiques emergeants suite à la crise de 2008. Il n'hésite pas à aborder les limites du capitalisme au niveau mondial sur les thèmes de l'entreprise, de l'écologie, du développement durable et de la croissance.
Ce livre intéressera les amateurs d'économie. Il se lit facilement, et est en phase avec l'actualité politique, économique et environnementale actuelle. Un bon livre qui démocratise et rend accessible l'économie et le capitalisme à chacun !
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