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Stephanie Land (Autre)Barbara Ehrenreich (Autre)Christel Paris (Traducteur)
EAN : 9782211305075
320 pages
Globe (07/10/2020)
3.92/5   46 notes
Résumé :
Il est arrivé qu'un écrivain devienne femme de ménage. Pour vivre de l'intérieur une condition sociale qui n'était pas la sienne, et pouvoir témoigner, dénoncer les conditions de travail indignes, les horaires inhumains, mettre sa plume au service de celles que personne n'écoute. Ce fut le cas de Florence Aubenas, et de Barbara Ehrenreich qui signe la préface de ce livre. Mais il arrive – plus rarement – que ce soit l'inverse.
Qu'une femme de ménage devienne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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[ "Maid " est un mot élégant en anglais pour désigner les domestiques et évoque les uniformes amidonnés ] .
Cette phrase provient de l'avant-propos qui ouvre ce livre. Témoignage coup de point d'une autre Amérique, celle des pauvres, celles des précaires.
"Maid", donc, avec en sous-titre "Le journal d'une mère célibataire".

Stéphanie, à la suite d'un geste violent de son copain, décide de foutre le camp en pleine nuit , avec leur fille. Elle atterrira dans un foyer de sans-abris, et commencera une descente dans les enfers de la précarité. Devenue femme de ménage pour une boîte ( le seul boulot qu'elle ait pu décrocher), elle découvrira le monde merveilleux des aides et allocations, devant sans cesse justifier de ses revenus. Trop , elle n'obtient, rien, mais pas assez et elle ne peut nourrir sa fille, le tout étant d'une logique absurde qui rappelle le sublime film de Ken Loach " Moi, Daniel Blake "., qui, lui,se passe en Angleterre , ( mais les systèmes pour que "les gens qui ne sont rien " se sentent encore plus "rien" sont les mêmes ...). de logements insalubres, en amour inconditionnel pour sa petite Mia, elle raconte, les disputes avec son ex (manipulateur), sa famille qui ne l'aide pas, sa solitude abyssale, ses envies d'amour, le mépris de classe, le calcul permanent pour ne pas être dans le rouge, l'inquiétude , la honte et ses clients, qu'elle apprend à connaître à travers leurs maisons.
♫ Nettoyer, balayer, astiquer
Kaz la toujou penpan♫
Parce que c'est un peu (que ça ) sa vie... Tous les jours , passer un temps infini en voiture (calculer le prix de l'essence...), nettoyer les maisons des autres, ne récupérer sa fille que le soir.
Avant d'avoir sa fille, Stephanie voulait aller à la fac, et devenir écrivain. Alors tous les soirs , elle étudie.

Contrairement à ce que le titre dit, ce n'est pas écrit sous la forme d'un journal. Je n'ai pas trouvé de talent spécial dans l'écriture (poésie, humour ou autre). Stéphanie raconte ses pensées, les faits, en essayant de respecter la chronologie sans fioritures ; elle n'en a pas le temps...
C'est juste un témoignage précieux sur la vie d'une femme précaire, qui essaie d'élever sa fille dignement. Elle a commencé par un blog, qui parait-il était "plein de verve" et qui a attiré l'attention de journaux , puis d'un éditeur et désormais Netflix a adapté son histoire. J'ai commencé la série, tout a l'air d'être plus "glamour" que dans le livre.
Il y a des journalistes (dont Florence Aubenas) qui ont exercé ce métier, dans l'idée d'un article, d'un livre, mais qui pouvaient retourner à leur ( "jolie") vie en cas de "craquage", et puis il y a les Stephanie Land...
Elle aimerait que son livre soit lu par chaque membre du Congrés américain, pour que les mères célibataires soient davantage comprises, et donc aidées.
Il vous suffit de traverser la rue pour trouver ... ce livre, qui parle des invisibles.. J'aurai aimé qu'il continue un peu pour raconter sa remontada , puisque ce n'est pas spoiler que de dire qu'il se termine sur un happy end, savoir tout le bien qui arrive (après) à Stephanie Land , parce qu'on s'attache drôlement. Mais c'est un autre sujet, Maid ne raconte que la vie d'une "invisible" .

A lire, parce qu' imaginer la précarité n'est pas pareil que de la vivre (par procuration ) de l'intérieur, même si cette histoire ne se passe pas en France...
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Fidèle à sa ligne éditoriale, Globe nous propose avec le récit de Stéphanie Land un texte qui « explore les problématiques de notre temps et de nos existences, pense notre société et éclaire notre époque ».

« Maid » est une plongée dans l'Amérique pauvre à travers la propre expérience de l'auteur.
Stéphanie a travaillé pendant de nombreuses années comme femme de ménage, passant de longues heures à récurer les toilettes d'Américains aisés tout en luttant en tant que mère célibataire pour garder un toit sur la tête de sa fille. Passant d'un poste à l'autre, jonglant entre les études supérieures qu'elle veut mener, la recherche d'un logement décent et se bagarrant avec le labyrinthe des aides gouvernementales, elle nous raconte l'histoire de nombreux Américains surmenés et sous-payés.

On est impressionné par la force qu'elle déploie pour survivre dans cette société inéquitable. Toujours budgétiser, réfléchir chaque dépense, ne pas manger à sa faim malgré le système d'aides gouvernementales qui ne couvrent que le strict minimum. Elle nous montre aussi comment la précarité ne fait pas bon ménage (pardon pour ce jeu de mot) avec la santé, comment un enfant élevé dans un appartement insalubre est constamment malade. Et puis surtout elle nous parle de la honte d'être pauvre, du regard de ses concitoyens sur « ces gens qui profitent des aides ».

Alors oui bien sûr, tout ça on le sait, tout ça est valable en France comme aux Etats-Unis mais le lire ne fera de mal à personne pour ne pas s'égarer un jour ou l'autre dans des pensées nauséabondes du type «ils n'ont qu'à bosser ». Je ne vous cacherai pas que du point de vue du style j'ai carrément été sur ma faim mais ici la valeur est le témoignage et l'honnêteté brute de l'auteur est admirable.

Traduit par Christel Gaillard-Paris
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Très partagée sur ce livre dont la lecture a été poussive me concernant.

Stephanie Land décrit avec beaucoup de vérité la situation de milliers de femmes célibataires et maman solo, tributaires des aides sociales et aspirées dans le cercle vicieux de la misère sociale : obligées de travailler pour subvenir aux besoins de leurs enfants, elles ne peuvent étudier pour espérer une situation meilleure. Pour travailler, elles sont obligées de faire garder leur enfant. Comme cette garde a un coût, elles travaillent plus. Comme elles travaillent plus, elles touchent moins d'aide. Tout est compté, recompté, rationné. Et si un grain de sable s'immisce dans cette mécanique fragile, tout s'écroule.
Stéphanie Land parle également du regard de l'autre sur la misère sociale, de la honte ressentie face à ses regards méprisants. de l'anonymat dans lequel elle se trouve, avec les personnes qui l'embauchent pour faire le ménage chez elle, alors que paradoxalement, elle rentre dans leur intimité à un point peu imaginable.

Cette immersion dans la misère sociale est saisissante. Vraie. Utile aussi.

Pour autant, le livre traîne en longueur. L'organisation n'est ni chronologique, ni thématique, c'est brouillon. de nombreuses descriptions des maisons dans lesquelles Stephanie fait le ménage s'empilent, n'apportant finalement pas grand chose au témoignage : j'avais déjà bien ressenti l'anonymat, l'absence de considération, les conditions de travail difficiles, l'humiliation de devoir nettoyer les toilettes des autres, les kilomètres, la solitude. Et tout cela, pour quelques malheureux dollars qui ne permettent que de survivre jusqu'au mois suivant, pour recommencer, encore et encore.

Stephanie Land est admirable dans le courage dont elle a fait preuve pour se sortir de cette situation paraissant inéluctable. Pour autant, j'ai fini ce livre avec difficultés : trop de longueurs, trop de redites.
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C'est difficile de "critiquer" un témoignage. Aller, je me lance ! Sous les conseils avisés de ma fille, je commence à regarder la série Maid sur Netflix. Et je m'aperçois que c'est adapté d'un livre. Vite, je le réserve dans ma médiathèque préférée. Evidemment, le livre est mieux. C'est simple, comme l'auteure de cette autobiographie. La vie de galère d'une mère célibataire aux Etats-Unis. L'humiliation, le mépris voire la haine mais aussi la solidarité, les petits gestes qui font du bien.
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Un récit coup de poing sur la précarité et la pauvreté aux Etats-Unis. Pour tout vous dire, le bandeau mentionnant la lecture de ce livre par Obama m'a tout de suite interpellée.

Cette plongée dans l'Amérique des classes sociales les plus défavorisées qui luttent au jour le jour pour survivre est poignante! Stéphanie Land, qui est la narratrice de sa propre histoire, se sépare du père de sa fille, sa situation bancale va alors la plonger dans la pauvreté, et nous allons la suivre dans ses difficultés du quotidien à obtenir des aides sociales, à se loger, se nourrir, se faire soigner, elle qui vit de son travail de femme de ménage, mais aussi de bons alimentaires et d'aides sociales. Sept en tout et même comme cela, elle peine à joindre les deux bouts.

Et pourtant, ce qui m'a le plus frappée, c'est la volonté et la force de cette femme qui va se surpasser pour atteindre son rêve de devenir écrivaine, elle va potasser ses cours pendant tous ses moments libres pour obtenir ce précieux sésame de l'Université de Missoula et s'offrir, une nouvelle perspective de vie amplement méritée.

Tout cela nous est dépeint dans un style tout en pudeur, sans lamentations, c'est émouvant mais aussi révoltant! J'ai adoré cette lecture que je vous recommande absolument.
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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critiques presse (1)
LeSoir
23 novembre 2020
Le témoignage de Stephanie Land emmène dans les recoins les plus crasseux des Etats-Unis, sur les traces d’une femme de ménage qui lutte pour sa survie.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Mon travail consistait à épousseter, laver la saleté et faire des lignes droites sur les moquettes pour que mon travail reste invisible. Il me semblait presque mieux connaître mes clients que leur plus proches parents. Je savais ce qu'ils mangeaient au petit-déjeuner, ce qu'ils regardaient à la télé, s'ils avaient été malades et pendant combien de temps. Je les voyais, même quand ils n'étaient pas là, à travers l'empreinte qu'ils laissaient dans leurs lits et aux mouchoirs en papier sur leurs tables de chevet. Je les connaissais comme peu de gens les connaissaient ou ne les connaîtraient jamais.
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J'avais presque trente ans. La plupart de mes amis se mariaient, achetaient des maisons, et construisaient une famille. Ils faisaient tout comme il faut. J'ai complétement arrêté de les appeler, trop gênée d'avouer à quel point ça allait mal pour moi. Si je faisais le compte, entre la bourse Pell Grant, le SNAP, l'allocation TBRA, l'allocation LIHEAD, les bons alimentaires, la couverture médicale universelle et la pension alimentaire, j'avais recours à sept programmes différents d'aide sociale pour survivre.
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Quand j'ai commencé, ça m'a paru bizarre qu'aucun de mes clients du mercredi ne sache qu'ils avaient une nouvelle femme de ménage ; (...). Dans la mesure où nous étions invisibles, je pense que Lonnie n'avait pas besoin de les informer du changement. D'autant plus qu'il n'aurait pas été bon pour l'entreprise que les clients se rendent compte que le personnel se renouvelait souvent. Ils n'auraient peut-être pas aimé savoir que tant d'inconnues rentraient chez eux.
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J'avais de plus en plus le sentiment que les gens qui avaient besoin des services de l'aide sociale étaient considérés comme une bande de demeurés et étaient donc traités en conséquence. Qu'on doive m'apprendre comment réduire ma consommation d'électricité, de fioul, d'eau, puisque j' étais dans le besoin, était humiliant.
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Avant que je monte dans ma voiture, elle a failli me prendre dans ses bras ; finalement, elle m'a tendu la main en me disant au revoir. Même si nous avions instauré une relation de confiance, nous n'appartenions pas au même monde. Elle était propriétaire d'une maison. J'étais sa femme de ménage.
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Vidéo de Stephanie Land
Maid | Bande-annonce officielle VF | Netflix France
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