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Anne Colin Du Terrail (Traducteur)
ISBN : 2742762736
Éditeur : Actes Sud (07/08/2006)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 15 notes)
Résumé :
En 1918, pendant la guerre civile finlandaise, une clinique d'aliénés a été transformée en tribunal militaire. C'est là qu'arrivent un soldat de la garde blanche et une prisonnière rouge, retrouvés sur une île où ils ont survécu dans des conditions difficiles. Le juge - écrivain imbu de son intelligence autant que de son pouvoir - s'évertue à faire avouer à la femme ce qui s'est passé dans l'île, ainsi que les crimes qu'elle aurait commis dans les rangs des communis... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
tynn
  01 août 2016
Je m'étonne souvent de mon gout immodéré pour des ouvrages sombres et tourmentés comme la littérature nordique est capable d'en produire.
Cet "Obéir" qui claque comme un ordre, à la figure de femme pale et émaciée a immédiatement attiré mon oeil (ou ma petite névrose!). J'en suis ressortie rincée mais admirative.
Voici donc une histoire de quelques personnages sur toile de fond de guerre civile finlandaise. La grande Russie a viré casaque en 1917 et les pays sous influence ont été confrontés à des choix de ralliement communiste ou d'indépendance. La Finlande n'y a pas échappé avec une guerre interne entre Rouges et Garde Blanche.
Dans un huis clos à quatre, se joue la tête d'une femme rouge, vaincue et silencieuse, face à un juge intransigeant, un soldat "blanc" indécis, et un pauvre idiot du village dont l'esprit bat la campagne. Tous ont des secrets, des désirs de reconnaissance ou de rédemption, des fragilités cachées.
Thriller sans action, aux dialogues ciselés, livre difficile, introspectif, âpre qui interroge sur la barbarie, la toute-puissance vanité masculine et la résistance, qu'elle soit idéologique ou féminine. La jaquette est très bien choisie avec ce noir et blanc cinématographique, dont on imagine les visages apparaître et disparaître tout à tour.
Amateurs de douceur s'abstenir...
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christinebeausson
  21 septembre 2015
Le titre de ce roman en finlandais est "käsky", ce qui d'après Me Google traduction doit vouloir dire "commandement".
Commandement, obéir, pourquoi remplacer un nom par un verbe?
À mon simple avis, ce n'est pas du tout la même chose.
On reçoit un commandement,
Et on choisit ou pas d'obéir !
Il y a une différence importante entre subir... (Un commandement) et agir... (Obéir ou désobéir).
Une petite nuance qui a son importance dans la lecture de ce livre.
Des hommes et des femmes ont vécu L Histoire (celle de la Finlande vers 1918, avec un grand H en subissant à la fois la première guerre mondiale et la vague révolutionnaire européenne).
Des hommes et des femmes qui ont participé à ce qu'on a appelé au choix :
"guerre de la liberté", "guerre civile", "guerre des classes", "rébellion rouge", "rébellion des métayers", "révolution", "la guerre entre les frères".
Des hommes et des femmes marqués par une guerre qui a opposé les blancs, forces commandées par le sénat conservateur et bénéficiant de l'assistance militaire de l'empire allemand et les rouges, sociaux démocrates soutenus par la Russie soviétique.
Des hommes et des femmes ont tenté de vivre pendant ce conflit.
Si on comptabilise les pertes sur les fronts, les décès causés par les campagnes de terreur politique et la forte mortalité dans les camps de rétention, on doit atteindre les 37 000 morts !
Des hommes et des femmes ont tenté de survivre à ce conflit.
Les troubles ont détruit l'économie du pays, coupé en deux sa classe politique et durablement divisé la nation finlandaise.
Des hommes et des femmes ont tenté de reconstruire leur pays grâce aux compromis passés par les partis politiques modérés aussi bien à gauche qu'à droite de l'échiquier politique.
Leena Lander nous raconte cette tragédie, en émaillant la narration de faits qui ont pu être réels.
Les intervenants de ce livre ont subi des commandements, ils n'ont jamais renoncé à certains idéaux, certaines valeurs, qu'ils ont choisi de porter au péril de leurs vies.
Merci à Miina, à Aaro de ne pas avoir obéi, d'avoir résisté et de nous avoir permis de découvrir l'histoire d'Euno.
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Woland
  24 décembre 2007
Käsky
Traduction : Anne Colin du Terrail
Pendant la guerre civile qui opposa, après la Grande guerre, les bolcheviques et les Blancs finnois, une jeune femme aux sympathies "rouges", Miina, se retrouve prisonnière des Blancs. Si elle n'échappe pas au viol, elle parvient à éviter la mort grâce à l'intercession d'un jäger blanc, Aaro Harjula. Celui-ci l'emmène dans un ancien asile psychiatrique, transformé en maison de détention sous le patronnage du juge Emil Hallenberg, lequel, avant-guerre, était également écrivain. S'ensuit une curieuse et longue opposition entre les trois personnages, avec de nombreux retours en arrière pour chacun d'entre eux, tous les trois cherchant en fait à se retrouver eux-mêmes.
Selon moi, ce livre exigeant mérite une seconde lecture car, pour peu qu'on n'ait pas l'esprit tout à fait disponible - ce qui, j'en ai bien peur fut mon cas - on risque fort de s'y embrouiller très vite. Car tout, ici, est dans le souvenir, dans le reflet, dans le non-dit voire dans l'invention ou le mensonge pur et simple. En outre, les trois personnages principaux sont rongés par un mal-être profond (le jäger un peu moins que les deux autres cependant, il paraît plus stable) qui, en les déstabilisant, déstabilise également le lecteur, si attentif qu'il puisse être.
Il s'agit d'un roman contemplatif, introverti. L'action n'y est que prétexte à la confrontation de trois entités au parcours et aux choix tout à fait opposés et eux-mêmes contradictoires. Et cela est donc susceptible de brouiller les cartes du lecteur.
Malgré cela, j'ai apprécié "Obéir" et je le relirai certainement pour voir si cette première impression, somme toute positive sans être enthousiaste, subsistera. ;o)
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Bagherra
  01 février 2019
Depuis quelques temps je m'intéresse à la littérature finlandaise et plus particulièrement à histoire du pays. Celle que l'on veut cacher, ensevelir à tout jamais ..
Le passé douloureux de ce petit pays qui gagna son indépendance en profitant du soulèvement de la révolution d'octobre en Russie. Ce pays se divisa en deux.. les pro-rouges et les blancs. La répression contre les rouges s'avéra impitoyable et Mannerheim n'hésita pas a faire fusiller toute personne soupçonnées peu ou prou d'être pro-rouges. S'ensuivi comme c'est bien souvent le cas l'occasion de laver son linge sale en famille, les vengeances, la délation et l'opportunisme à saisir pour s'enrichir. A la suite de la révolution, la Russie connue des émeutes impitoyablement réprimées. le gouvernement finlandais d'alors, ne souhaitant pas connaitre la même chose réprima de manière au moins aussi impitoyable toute ligue pro-rouge qui se dressait, ce qui occasionna le massacre d'environ 70 000 personnes. L'auteure, dans cette oeuvre nous ramène à cette période difficile que connu la Finlande et dont les descendants ont de nos jours encore des difficultés à exprimer leur ressentie
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Nina
  16 octobre 2010
Obéir - Leena Lander
Actes Sud - 2006 - 360 pages
Suite à la révolution russe 1917, la Finlande qui était un territoire russe proclame son indépendance. le pays se divise entre socialistes, partisans du régime soviétique et conservateurs, partisans de l'indépendance. Ce récit se déroule en 1918, à la suite de ces bouleversements, la Finlande subit une guerre civile où s'entredéchirent les partisans du régime soviétique et les conservateurs.
Le roman est un huit clos qui va se dérouler sur une île, une clinique d'aliénés a été transformée en tribunal militaire.
A la tombée de la nuit arrive un soldat de la garde blanche Aaro Harju, il emmène une prisonnière rouge Miina qui doit être jugée.
Sur cette île, on va voir évoluer trois personnages qui vont illustrer à eux seuls ce terrible conflit.
Il y a le juge Emil Hallenberg qui est écrivain dans la vie civile. Il est conscient de son pouvoir, il en est fier pourtant il a besoin de sa dose quotidienne d'alcool pour interroger les prisonniers et faire appliquer les sentences.
La prisonnière Miina qui refuse de parler et relève le défi de ne rien dire au risque de le payer de sa vie.
La violence fait partie de son univers depuis l'enfance, elle a ni peur de mourir, ni peur de tuer pour survivre.
Et le soldat « Aaro Harjula » qui est profondément humain, son respect de l'être humain le rendra tout au long du livre profondément attachant et séduisant.
Dans ce roman il n'y a pas de héros, la guerre demande à tous ces êtres humains de jouer un rôle qu'ils vont avoir du mal à interpréter. Et comme pour nous convaincre un peu plus de l'horreur de la guerre, à chaque début de chapitre, l'auteur nous fait un résumé de la vie des loups et de la difficulté des chasseurs à les traquer.
Dans ce décor de forêts et d'anches rocheuses de la côte finlandaise, en 1918 l'homme était un loup pour l'homme.
Ce livre fait une analyse au vitriol des rapports humains pendant la guerre, l'auteur nous démontre qu'elle ne fabrique pas de héros, mais de pauvres gens qui luttent pour survivre.

Lien : http://de-page-en-page.over-..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
christinebeaussonchristinebeausson   17 septembre 2015
Je n'avais aucun appétit pour la guerre, a continué Aaro en écartant théâtralement les bras. Ni pour celle ci ni pour aucune autre. Je ne voulais pas être soldat. J'avais besoin d'argent, mais ce que j'espérais vraiment, c'était autre chose. Je voulais voir les torrents dévaler les montagnes. Chasser le cerf à courre dans des forêts de hêtres. Tu peux rire, mais voilà comme j'étais puéril. Je n'imaginais pas les chevaux gelés, les jambes amputées, le froid, la souffrance.
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christinebeaussonchristinebeausson   18 septembre 2015
Quand on n'a pas les moyens de prendre le dessus sur ceux qui vous dictent votre conduite, on se réfugie dans l'indifférence.
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christinebeaussonchristinebeausson   16 septembre 2015
-Alors ? C'était comment ?
La femme s'assied, ramène ses jupes sur ses jambes nues, remet de l'ordre dans sa coiffure tout en prenant bien garde de s'essuyer les yeux.
-Un coup de bite est un coup de bite, dit elle d'un ton neutre.
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christinebeaussonchristinebeausson   19 septembre 2015
Quelques gouttes éclaboussent le tapis. Il cherche en vain dans sa poche un mouchoir pour essuyer la tâche, puis renonce.
Qu'elle y reste. J'aurai au moins laissé une trace de ma présence ici !
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