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ISBN : 2918541044
Éditeur : Homme Sans Nom (17/03/2012)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 127 notes)
Résumé :
France, fin du XVIème siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d'Artus de Janlys.... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
Allison
  28 août 2013
Bon, j'aime bien raconter ma vie avant de parler d'un roman. J'aime me dire que c'est une mise en situation, mais ne vous y trompez pas : je raconte vraiment ma vie. Pour Rose Morte, je vais donc le faire aussi !

J'envisageais de lire ce roman, sans plus. Peut être plus tard, peut être jamais. Ce n'est pas du tout, du tout mon style de prédilection. Et puis ça fait quelques temps que j'ai délaissé les vampires, devant une avalanche de déceptions. Alors je me suis dit on verra. La couverture du roman signée Magali Villeneuve a fait pencher la balance. Puis toutes les critiques positives de la blogosphère m'ont à leur tour donné un peu plus envie de le lire. Mais je n'ai vraiment décidé de me lancer qu'au moment où je suis arrivée sur le stand de l'Homme sans Nom, au Comic Con. J'y ai été accueillie par Céline Landressie avec tant d'entrain, de gentillesse et d'humour que je n'ai même pas hésité, comme si j'avais toujours eu l'intention de prendre son roman. Et je ne le regrette pas du tout.

Comme je l'ai dit ce n'est absolument pas un genre que j'affectionne. Il en est même loin. J'ai eu peur de me lancer et de me retrouver face à un roman que je n'arriverais pas à finir. Et en fait, je n'ai pas pu le lâcher. J'en ai été la première surprise ! Rien que ça, ça devrait vous convaincre, non ?

En quelque mot, Rose Morte est un roman fantastique où le fantastique apparaît tardivement. L'histoire débute à la toute fin du XVIIIe siècle, et suit le personnage de Lady Rose, « jeune » fille de 28 ans au caractère bien trempé. Cette dernière est une jeune anglaise vivant en France, je vous laisse découvrir pourquoi. Son père désespère de la marier un jour, et encore plus de « bien » la marier. Une grande partie du début du roman se concentre sur les efforts de Rose, aidée par sa meilleure amie Charlotte, pour refroidir le dernier prétendant trouvé par son père. On découvre ainsi une jeune femme intelligente, pour qui rien n'importe plus que la liberté, ainsi que l'ambiance dans laquelle elle a l'habitude d'évoluer. On s'habitue à son quotidien, sa façon de parler et de s'exprimer, et on apprend à l'apprécier. Ce début qui peut sembler un peu longuet ne m'a pas dérangée, au contraire. N'ayant pas du tout l'habitude de ce genre d'univers, j'ai ainsi pu prendre mes marques tout en découvrant Rose et son entourage.

Comme je l'ai dit, Rose a son caractère. Elle répond à ses parents, s'affirme en société, fait part de ses avis et elle est drôle ! Même quand les évènements tournent au dramatique, elle ne devient pas une demoiselle en détresse comme on a l'habitude d'en voir. Non, Rose est au coeur de l'action, et pour cause, c'est l'héroïne après tout ! Cela m'a rassuré pendant ma lecture, j'en ai tellement marre des jeunes niaises qui attendent que tout leur tombent dessus ! Rose sait ce qu'elle veut et surtout ce qu'elle ne veut pas. Et elle ne veut pas d'un mariage arrangé. Et elle veut des réponses, elle veut la vérité, elle veut se venger. Mais je vous laisse découvrir par vous-même...

Le coté fantastique de l'histoire se fait attendre à tel point qu'on ne l'attend plus. Et je dis ça positivement parce qu'étonnamment, cela ne m'a dérangé. Ça aussi, ce n'est pas habituel, je suis une gourmande des littératures de l'imaginaire, je me suis surprise à être passionnée par ces histoires qui se focalisaient tant sur les gens. Ça peut sembler bête, dit comme ça, mais Céline Landressie parle bien des gens. Dans ce roman, elle a mis en avant les caractères et les relations entre les protagonistes et le fait brillamment. En plus de Rose, on découvre donc ses parents, leurs amis, leurs domestiques. Chacun trouve son importance et aucun n'est un simple figurant sans impact sur le récit. On suit Rose, même si le roman est à la troisième personne, et on ne sait que ce qu'elle-même sait, on découvre les nouveaux visages en même temps qu'elle.

Et donc, partageant le devant de la scène avec Rose, il y a le mystérieux Artus de Janlys. Mystérieux c'est le mot, vraiment, car si on en sait très peu sur le jeune homme au début, on n'en sait pas beaucoup plus à la fin ! Je trouverais dommage de trop vous parler de lui, alors je dirais juste que c'est un personnage que j'ai eu du mal à cerner mais que j'ai quand même beaucoup apprécié. On comprend assez vite son rôle dans l'intrigue mais c'est très bien fait, et on a envie d'en lire plus sur lui.

Avant qu'on s'en rende compte, le rythme accélère et on se retrouve avec une intrigue mêlant romance, meurtres étranges, fantastique et mystère. À partir du drame (et vous saurez de quoi je parle quand vous le lirez) on plonge définitivement dans la part fantastique du roman et là, vous ne pourrez plus le lâcher. Je ne m'attendais pas à tout ce qui se passe dans la deuxième partie du roman et j'en ai été ravie ! On découvre alors que tout est lié depuis le début du livre, alors je vous conseille vraiment de ne pas lire trop distraitement la première partie. On suit le début d'une romance mais on découvre aussi un univers fantastique dans une époque bien définie, le tout jonglant avec des évènements étranges que l'on découvre en même temps que l'héroïne. Rose Morte, ce sont des histoires rassemblées en une seule, des histoires gravitant autour de Rose.

Et puis il y a le mythe du vampire, dont je n'ose pas trop parler. Premièrement, parce que Céline Landressie elle même n'en parle pas vraiment. Comme elle l'explique sur son site, elle n'allait pas utiliser un terme qui n'existait pas à l'époque du récit, un terme qui aurait été complétement anachronique. Et deuxièmement, parce que c'est ce qui m'a fait le plus plaisir. le mythe comme on l'apprécie (enfin, comme je l'apprécie) pas édulcoré, pas idéalisé. La Floraison m'aura réconciliée avec les vampires, et ça faisait longtemps qu'on était fâché.

Et puis Céline Landressie écrit bien. Son style est des plus agréables et elle arrive à vous faire apprécier chaque description, chaque dialogue. En bref, elle est douée, elle rend chaque action fluide et utile et les pages s'enchainent sans difficultés. Enfin, peut-être un peu si vous n'êtes pas habitués à un certain niveau de langue, mais rassurez-vous, ce n'est pas pour autant que c'est indigeste, bien au contraire ! J'ai adoré le style du roman, en parfait accord avec l'époque et l'intrigue. Un sans faute ! Alors voilà, je me retrouve avec une folle envie de me jeter sur le second tome, et je n'aurais pas parié là dessus. Je pense que quel que soit votre style de prédilection, vous pourriez trouver en Rose Morte quelque chose qui vous plaira ! La Floraison est donc un très bon premier tome qui m'a convaincu, et auquel je mets une excellente note sans hésitation. Laissez vous tenter !
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TheWind
  14 août 2015
Comme il est bon parfois de lâcher complètement prise ! de se laisser envoûter par l'histoire sans chercher à en tirer un quelconque enseignement. de lire jusqu'à plus soif ! de lire sans arrière-pensée, sans chercher à comprendre le pourquoi du comment, de lire tout simplement !

Il y a bien une petite voix qui me murmurait à l'oreille : «  Mais ce n'est pas un livre pour toi, ça ! Tu sais où il est rangé ce livre en librairie ? Dans le coin jeunesse au rayon « littérature mordante » juste à côté de Twilight ! Depuis quand tu aimes ce genre de lecture ? Non, mais, ça va pas mieux.. Conseille le plutôt à ton adolescente de fille .. 
- Chut, la petite voix ! Tu dis n'importe quoi...C'est un roman historique ! Ça se passe au XVIème siècle en pleine guerre de religion entre catholiques et protestants.
- Oui, enfin, ça c'est la toile de fond. Mais t'avoueras tout de même qu'à partir de la moitié du livre, on plonge dans un univers bien plus fantastique qu'historique !
- Et alors ?! J'aime bien la littérature fantastique. J'ai adoré « Le Trône de Fer ».
- ça n'a vraiment rien à voir ! Avoue que « Le trône de Fer » c'est pas de la lecture pour midinette. Tandis que là...Franchement, tu veux que j'te dise ?
- Non, tais-toi, je lis ! C'est le moment où Rose tombe sous l'emprise d'Artus, comte de Janlys. Ténébreux, mystérieux...Wouaouh !
- Moui...nous y voilà ! En pleine romance ! Pffiouu..tu changeras pas...
- Ouh la la...Il est beau ce passage..il y a même des loups..
- Ben voyons...Trop facile le rêve avec les loups...Si c'est pas un truc pour appeler la meute, ça...
- Non, mais attends..Tu ne sais pas ce que fait Artus à Rose ?? Ouh la la..la pauvre..ça va complètement bouleverser sa vie !
- C'est pas ce qu'elle voulait justement ? Echapper à son carcan de jeune fille noble en âge de se marier avec un affreux barbon ? Se libérer de la bienséance et de l'hypocrisie de son milieu ?
- Si, si...mais chutt ! Je lis ! "
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Elamia
  20 avril 2015
Un roman d'une élégance rare, une très belle découverte pour le premier tome de cette saga en cinq volumes.
C'est avec beaucoup de retard que je commence cette série écrite par la talentueuse Céline Landressie. Pour ma défense, j'ai réussi à attendre la sortie poche chez Milady de ce premier opus alors même que les deux premiers tomes étaient d'ores et déjà disponibles chez L'homme sans nom.
Comme lors de chaque nouvelle acquisition, je me renseigne un minimum sur le livre, et celui-ci ne réunissait exceptionnellement que des avis positifs. Il me tardait donc de découvrir à mon tour ce récit mainte fois encensé sur la toile mais bien trop absent des librairies à mon goût.
Je n'ai trouvé presque aucun point négatif à cette lecture, hormis quelques petits détails qui me chiffonnent un peu mais c'est une série qui a déjà sa place dans ma bibliothèque.
C'est un roman vraiment très bien écrit, le style est soigné et exceptionnellement poétique. On est très loin de l'écriture simpliste dont font souvent les frais beaucoup trop de livres. A la frontière entre romance et roman d'action historique, Céline Landressie apporte une touche de raffinement et de délicatesse à son ouvrage. A moins que ce ne soit l'influence du très distingué Comte de Janlys qui ait inspiré sa plume...
L'auteure nous plonge à merveille dans un univers raffiné, une ambiance mystique et avec une noirceur admirablement dosée. Il s'agit de Bit-Lit, avec une part d'ombre évidente, mais rien qui ne soit insupportable aux âmes les plus sensibles. Comme je le disais, rien de sanglant ou de macabre, ici tout est en subtilité et en distinction.
Le décor de cette France du XVIème est retranscrit méticuleusement, si bien que l'on se croirait revêtir de magnifiques atours et devenir un convive privilégié dans un bal de l'époque. le contexte religieux et politique est détaillé et mis en avant avec brio et offre un récit approfondi et abouti. Sous le règne d'Henri IV, l'opposition catholicisme/protestantisme est encore un sujet de préoccupation et de conflits malgré la proclamation toute proche de l'Édit de Nantes. Il va de soi que ce contexte riche en tensions politiques s'avère être un décor de choix pour l'intrigue du roman.
La première moitié du récit est vraiment divertissante, les personnages arrivent au fur et à mesure et se distinguent par leur personnalités tour à tour touchante, cocasse ou impérieuse. Les dialogues percutants et les descriptions très lyriques constituent une entrée en matière des plus enthousiasmantes.
Céline Landressie emploie un vocabulaire très riche, elle n'hésite pas à piocher dans des termes de l'époque, certains désuets, mais dont la définition est donnée dans le glossaire en fin d'ouvrage. Pas besoin de se munir d'un dictionnaire donc, tout est réfléchi et pensé pour que l'univers créé soit tangible et non désagréable à la lecture. Nous sommes directement happés dans l'ambiance et l'atmosphère de l'époque.
Au delà de l'aspect historique très précis et recherché, on plonge dans une intrigue elle-même prenante et exaltante. le récit est mené par une héroïne à la personnalité affirmée, et charismatique. A 28 ans, et au grand dam de ses parents, Rose n'est toujours pas mariée. Or le temps presse, étant fille unique, il n'y a pas d'autre héritier pour se charger des bien familiaux, et puis à cette époque, son âge représente un handicap non négligeable. Rose est donc en perpétuel conflit avec ses parents, et se sent souvent incomprise, sauf par sa meilleure amie, Charlotte (et là on pense d'emblée à Orgueil et Préjugés). Mais alors que Rose tente de repousser un énième prétendant, elle rencontre l'énigmatique et étonnant comte Artus de Janlys. Ce dernier lui porte secours à mainte reprise et sait lui prêter une oreille attentive. Peu habituée à autant d'égard et d'attention, la jeune fille tombe indubitablement sous le charme. Plus qu'un protecteur, il va devenir un véritable allié pour Rose, mais sa nature secrète va bientôt être dévoilée et la jeune fille en paiera le prix...
Les relations entre les personnages sont pour le moins assez incongrues et j'ai vraiment apprécié le petit flashback au début du récit. Cette mise en bouche est assez déroutante, mais elle amène parfaitement la suite des évènements.
La relation entre Rose et son père est à la fois touchante, mais aussi explosive. Les différends qui les oppose sont souvent source de disputes, mais leur affection réciproque contribue à calmer les foudres. En revanche, entre Rose et sa mère, les sentiments sont quasiment absents, et lorsqu'elles ne se querellent pas, ce sont presque des étrangères l'une pour l'autre.
Concernant le personnage de Rose, je n'ai absolument rien à lui reprocher. C'est un caractère bien trempé, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et sait ce qu'elle veut. Elle sait aussi faire preuve de sensibilité et de douceur lorsque c'est nécessaire. L'histoire est donc brillamment portée par une héroïne vraiment agréable à suivre, qui ne tombe pas dans des clichés mainte fois réutilisés. En revanche, je suis un peu plus mitigée sur les figures masculines de ce récit. le ténébreux et mystérieux comte de Janlys incarne un personnage beaucoup plus typique. Fort d'une autorité et d'un charme naturel, ses pouvoirs sont quasi-illimités et il prend en main la moindre décision. Finalement, c'est un personnage assez convenu et prévisible qui ne m'a pas vraiment emballée.
Le jeune Adelphe m'a davantage charmée. Il est plus doux, a des airs moins supérieurs et paraît plus honnête et humain. le cadet des frères d'Holival a d'emblée eu toute ma sympathie et j'espère qu'on le verra davantage dans le second tome.
J'ai vraiment aimé le fait que l'auteure limite son intrigue à un panel assez réduit de personnages. En effet, tout ce petit monde gravite autour d'une cour centrale, où interviennent toujours plus ou moins les mêmes protagonistes et dans ce flot de marquis, comtes, vicomtes, et barons il aurait été très facile de se perdre, or ce n'est pas le cas. L'intrigue prend des allures d'enquête et une fois n'est pas coutume, j'aurais été incapable de deviner quels étaient les coupables. le mystère est donc resté entier du début à la fin et l'effet de surprise a bien marché sur moi.
Celine Landressie mêle avec brio aspect historique et action. Si dans la première partie du livre, elle prend le temps d'installer le contexte politico-religieux, de nous plonger royalement dans le XVIème, tant au niveau des décors, que des costumes et du mode de vie, la seconde partie s'avère plus rythmée et pleine d'action. Personnellement j'ai vraiment aimé la première partie et suis restée un peu mitigée sur la suite, et sur les agissements d'Artus de Janlys. En revanche, l'aspect romantique est assez ténu, bien dosé et ne tombe jamais dans la mièvrerie, ce qui est un grand point positif, qui rattrape un peu le côté prévisible du ténébreux comte.
Finalement, moi qui ne suis absolument pas une mordue de bit-lit, me voilà pourtant conquise par La floraison. C'est un roman d'exception qui prend le temps de se savourer (surtout si comme moi, vous attendez le mois de septembre pour la sortie du tome 2 en poche).
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florencem
  16 août 2015
J'ai adoré ! Et pourtant, c'était plutôt mal parti car les deux premiers chapitres m'ont ennuyée au plus au point… Oui, je sais, c'est rude, mais étant donné que le roman avait été un coup de coeur pour une amie blogueuse, j'ai poursuivi. Et bien m'en a pris ! le chapitre trois a été un délice et la suite n'a été qu'en s'améliorant. Comme quoi, il est bon de persévérer.
Une fois passé ce chapitre trois, l'intrigue du roman ne nous est pas révélée, il faut attendre la moitié du roman pour être réellement sûr de quoi il en retourne. Il n'en reste pas moins qu'avec l'arrivée d'Artus, un personnage masculin qui nous charme tout autant que notre héroïne Rose, les choses prennent une tout autre tournure. Sans compter que la curiosité de Rose la pousse à découvrir certaines intrigues très mystérieuses qui donnent au récit un élan que j'attendais depuis le début. Et étrangement, même si la suite des événements vient petit à petit je n'ai perdu aucun intérêt. J'ai englouti le roman en deux jours à peine. La troisième partie du roman est juste impossible à lâcher. J'ai réellement apprécié le fait que Céline Landressie ait réussi à mélanger surnaturel, intrigues « politiques » et romance. Découvrir sa version du folklore qu'elle a choisi d'exploiter était très plaisant. le choix de l'époque n'était pas évident, mais là encore, c'était très juste. Quant aux intrigues, elles ne prennent pas tellement de place mais elles restent bien présentes donnant un peu plus de suspens à l'histoire, et permettent de garder un fil conducteur.
Côté personnage, Artus, Rose et Adelphe sont bien entendus ceux qui m'ont le plus charmée. Honneur aux dames. Rose a été un personnage que j'ai tantôt beaucoup aimé et tantôt beaucoup moins… Elle est franche et directe, impétueuse, réfléchie, curieuse… Beaucoup de qualité qui n'étaient pas appréciées à l'époque… Et c'est un fort atout pour la jeune femme, cependant, elle reste une jeune femme de son époque. C'est difficile à expliquer, mais malgré son caractère « moderne », si je puis dire, certaines des actions ou de ses attitudes laissent entrevoir ce qu'on attend de voir des jeunes femmes de l'époque. Et j'ai eu un peu de mal avec cela, même si ce n'est pas quelque chose de très dérangeant. Mais j'avoue qu'à certain moment, c'était un élément que j'oubliais. le plus flagrant a été quand les indices indiquant du surnaturel étaient juste devant son nez et qu'elle ne voyait rien… Je pestais… Mais il ne fallait pas oublier un point important : elle n'est pas une jeune femme du XXIème siècle lisant du fantastique à la volée ! XD Une fois cette idée bien en tête, on oublie ce manque de clairvoyance. Elle évolue aussi beaucoup dans ce tome, les derniers chapitres sont flagrants. C'est très plaisant, surtout pour un premier tome.
Artus et Adelphe, maintenant. Les deux frères sont un peu comme le jour et la nuit. J'ai ma préférence en Adelphe, plus lumineux, plus tendre, plus « humain », plus franc. Son frère ainé est bien entendu un personnage qui ne laisse pas de marbre, mais la noirceur et les secrets que couvent ce personnage, lui donnent parfois un côté antipathique. Il n'en reste pas moins qu'il est par moment désarmant, plein d'attention. On en apprend guère sur lui mais j'ose penser que les deux frères ont vécus des choses assez dures et qu'Artus a préféré se forger un masque, jouer de certaines choses pour se protéger. A voir par la suite, mais ces deux-là donnent de toute façon au roman une toute autre dynamique. le trio en lui-même est parfait, et j'ai adoré les voir évoluer ensemble, dans les bons comme dans les mauvais moments.
Le tout est vraiment très plaisant à lire, le style de l'auteur étant fluide et dynamique. On sent aussi que des recherches ont été menées concernant l'époque et c'est un réel plus car on a vraiment l'impression d'être au XVIème siècle. En tout cas, j'ai hâte de pouvoir poursuivre les aventures de Rose, cela ne fait plus aucun doute !
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Melisende
  03 mai 2013
J'avais repéré cette sublime illustration de couverture (signée Magali Villeneuve) lors de la sortie de ce premier tome, il y a un peu plus d'un an. le temps a passé, je ne me suis pas arrêtée sur le stand de l'Homme Sans Nom lors des Imaginales 2012 (j'avais déjà trop acheté en face !), d'autres titres sont venus gonfler ma PAL… mais je n'ai jamais oublié La Floraison. Et puis, dernièrement, les avis de plusieurs blogueuses m'ont remis l'eau à la bouche, j'étais très curieuse de gratter sous la couverture… Et, le fait que Cali n'arrête pas de me répéter que ce livre était fait pour moi, qu'il me plairait c'était sûr… bref. Comment passer à côté ?
Je regrette de ne pas avoir plongé dans ce premier tome pendant une période d'accalmie qui m'aurait permis de vraiment profiter de sa qualité. J'ai dû me contenter de quelques dizaines de minutes de lecture par-ci par-là… ce qui explique que je n'ai pas pu m'immerger complètement dans le texte et donc connaître un beau coup de coeur. C'est malgré tout avec des impressions plus que positives que j'ai tourné la dernière page et avec une très grande impatience que j'attends le deuxième opus… J'espère pouvoir l'acquérir aux Imaginales et prendrai le temps, cette fois, de le savourer !
Rose Morte c'est l'histoire de Rose, de son vrai nom Eileen, jeune anglaise de 28 ans expatriée en France avec ses parents, quelques mois après sa naissance. La demoiselle, bien décidée à ne pas se soumettre au rôle que son époque veut lui faire jouer, refuse toutes les propositions de mariage. En avance sur son temps, Rose veut plus, elle veut être libre de ses choix, libre de vivre à sa convenance… ce qui n'est évidemment pas du tout du goût de ses parents, qui aimeraient bien la voir faire un mariage avantageux avant qu'elle ne soit définitivement cataloguée au rang de vieille fille (28 ans, au XVIe siècle et jusqu'à assez récemment… c'est déjà très vieux pour une demoiselle !). A l'aide de sa meilleure amie Charlotte, la jeune femme met au point un plan qui devrait la sauver des griffes du dernier prétendant déniché par son père.
On m'avait dit qu'il y avait du « Orgueil et préjugés » là-dessous… et effectivement, par bien des aspects, j'ai retrouvé mon oeuvre fétiche de miss Austen. Elizabeth Bennet est elle aussi une héroïne en avance sur son temps, bien décidée à se marier par choix, n'hésitant pas à refuser quelques prétendants gênants, au grand dam de son hystérique de mère. Et, à l'instar de Rose, sa meilleure amie - elle aussi baptisée Charlotte - est moins sujette aux idées d'indépendance de l'héroïne et est tout à fait prête à se marier par confort. J'ai beaucoup aimé ce clin d'oeil (et suis ravie de voir Orgueil et préjugés dans la liste des adaptations préférées de Céline Landressie… par contre, j'espère qu'il s'agit de la version BBC de 1995 et non du film de 2005, sinon je boude !) et remercie l'auteure de nous offrir une héroïne si charismatique et déterminée à gagner sa liberté malgré les contraintes de son époque !
Continuons du côté des personnages en nous attardant sur le deuxième personnage « principal », j'ai nommé le Comte Artus de Janlys. S'il me plaisait énormément au début - mystère oblige - j'avoue que son comportement dans la deuxième moitié du livre m'a un peu déstabilisée. J'ai apprécié apprendre tout ce qui l'entoure, mais sa façon d'être avec Rose ne m'a pas toujours plu, trop dominateur à mon goût. Malgré tout, je comprends ce trait de caractère qui sied parfaitement à sa personnalité… et à sa nature et qui rend sa relation avec notre héroïne assez… particulière. La romance prend ainsi un tournant bien différent de ce à quoi je m'attendais, ce qui a participé à l'effet de surprise générale et à la qualité de ce premier tome.
A côté de ce couple atypique, je me suis surprise, au fil des pages, à prendre beaucoup de plaisir à lire les passages mettant en scène Adelphe. Vous ne rencontrerez ce jeune homme que tardivement dans le texte, mais vous verrez, il est très attachant. J'ai aimé sa retenue, sa discrétion et sa loyauté. J'espère le retrouver dans le tome suivant… ?
Je m'arrête là pour les personnages mais vous signale que les figures secondaires sont nombreuses et ont toutes leur place sur l'échiquier… certaines se retrouvent d'ailleurs là où on ne les attendait pas ! Bien joué !
Tout ce petit monde évolue donc dans la société française de la fin du XVIe siècle, 1598 pour être précise, année de signature de l'édite de Nantes qui permit d'installer une paix toute relative en ces temps troublés par les guerres de religion. C'est dans cette atmosphère tendue que des meurtres sanglants dans la capitale et un vol de statuette, arrivent aux oreilles de Lady Rose. Mais que se passe-t-il donc dans les rues de Paris ? Qui est derrière tout ça ? Y a-t-il un lien avec les affaires de son père ? Ou avec celle du Comte de Janlys ? L'aspect « enquête » prend peu à peu le devant de la scène et entraîne le lecteur sur un chemin qu'il ne soupçonnait guère… en tout cas, je ne le soupçonnais pas. Derrière les affaires du père de Rose et surtout derrière celle de Janlys et de sa famille, Céline Landressie tisse les rouages de quelque chose de plus « gros », quelque chose qui implique beaucoup plus de monde que cette petite société restreinte que le lecteur suit depuis les premières pages de la Floraison…
Ce que j'ai particulièrement apprécié pendant ma lecture, c'est que tout soit intimement lié, tout soit imbriqué… de façon équilibrée. Rose Morte c'est une enquête autour de meurtres et une romance compliquée entre deux héros charismatiques mais c'est aussi et surtout des éléments fantastiques insérés dans une période historique bien particulière. L'époque moderne est un pan de notre histoire que je connais bien trop peu et qu'on aborde rarement d'un point de vue fantastique. Ces dernières années, les créatures de la nuit vivent plutôt leurs aventures dans notre société contemporaine (il n'y a qu'à jeter un oeil sur tous les titres d'urban fantasy ou de « bit-lit » pour s'en convaincre) ; à l'origine du genre, c'était plutôt au XIXe siècle qu'on les retrouvait (Carmilla de Sheridan le Fanu, Dracula de Bram Stoker, La Vénus d'Ille de Prosper Mérimée…)… c'est donc avec une grande surprise que j'ai découvert la date des aventures de Rose. Et c'est avec une surprise encore plus grande que j'ai tourné les pages, me rendant compte que Céline Landressie s'inspirait plutôt des auteurs du XIXe siècle pour l'intégration du surnaturel dans son récit. Et là je dis merci et bravo. Parce que ce qui fait la force de ce premier tome (et ce qui fait également celle des livres précédemment cités), ce n'est pas tellement l'action - souvent moindre - mais bien la mise en place d'un contexte très riche et d'une atmosphère très particulière… Comme dans les premiers romans fantastiques, Céline Landressie prend son temps pour poser son cadre et pour y faire évoluer ses personnages ; elle s'attarde sur des détails historiques, prend le temps de nous décrire les tenues (vous savez, les grosses fraises autour du cou, les corsets très raides et les joues très fardées…) et le décor qui accueille les différentes scènes… et surtout, elle installe autour de son héroïne - et donc du lecteur - un climat bien particulier où se côtoient tensions et doutes. Bien sûr, je n'ai pas été particulièrement surprise par la révélation concernant le Comte de Janlys, mais je salue le chemin pris par l'auteure pour en arriver là.
Enfin, et je m'arrêterai après ce paragraphe, j'aimerais souligner la beauté du style : riche et maîtrisé. Si vous êtes habitués aux romans young adult ou urban fantasy assez simplistes, vous serez peut-être un peu déstabilisés par le registre utilisé dans Rose Morte.
En effet, non seulement Céline Landressie nous plonge parfaitement dans la société du XVIe siècle grâce à ses descriptions précises et très imagées, mais également grâce au langage adopté par ses protagonistes. Il est évident qu'en 1598, on ne s'exprimait pas comme en 2013 (d'ailleurs, j'attire votre attention sur le fait que ce n'est seulement cette année là - 1598 donc - grâce à l'édit de Nantes, que le français « moderne » a été utilisé pour rédiger un document officiel). Personnellement, j'aime tout particulièrement ces lectures qui me permettent de m'accoutumer à un langage un peu désuet et me plongent complètement dans une autre époque. Cela dit, cela demande un minimum de concentration et même si l'auteure maîtrise assez ce style pour le rendre très fluide, j'imagine que cela peut être un petit frein pour les plus jeunes lecteurs peu habitués. Il me semble, de ce fait et de par la place importante faite à l'atmosphère « au détriment » de l'action (ce qui me ravit, personnellement), que Rose Morte s'adresse davantage à des lecteurs aguerris ou tout du moins, à des lecteurs très attirés par la littérature fantastique « originelle ».

La Floraison est un premier tome brillant. Une petite enquête, une pincée de romance, des éléments fantastiques sur fond historique… Rose Morte c'est un peu tout ça à la fois. Ajoutez à cela une plume maîtrisée pour donner vie à une héroïne charismatique qui vit une aventure… qui ne prendra sans doute pas le chemin auquel vous songiez ! Amateurs de romans d'atmosphère à l'instar des premiers romans fantastiques, lancez-vous ! Céline Landressie sera présente sur le stand de l'Homme Sans Nom aux Imaginales… peut-être même avec le deuxième tome en avant-première !
Lien : http://bazardelalitterature...
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Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Milka2bMilka2b   20 décembre 2013
— Votre comportement est intolérable, Eileen ! explosa alors lady Mary. Vous vous conduisez comme une fille de ferme ! Serez-vous jamais digne de votre nom ?

— Je ne prétends pas m'attirer vos grâces, mère, chacun ici sait bien que c'est impossible, riposta Rose sans même poser les yeux sur la marâtre. Je m'adresse au maître de cette maison, puisque lui seul a le pouvoir d'apporter une réponse à ma sollicitation.

Livide de colère, lady Mary se tut néanmoins. Son mari ne s'en inquiéta pas, occupé qu'il était à déchiffrer le sens de tout cela.
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TheWindTheWind   12 août 2015
Ne serait-il pas merveilleux de percer les secrets de la nuit ? Qui en serait maître ne serait-il pas tout puissant ?
Comme ils avançaient, Rose se rêva conquérante de ce royaume occulte. Détentrice d'un savoir oublié depuis l'aube des temps, seule maîtresse de sa destinée, elle serait adulée par les hommes et crainte par les rois...
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Nadou38Nadou38   10 décembre 2016
-Qu'êtes-vous ? demanda-t-elle à mi-voix.
Artus se fendit d'un sourire enjôleur.
-Que voudriez-vous que je sois ?
Plutôt qu'à cela, Rose songea à ce qu'elle redoutait qu'il fût. Tandis qu'elle refoulait dans un frisson cette pensée dérangeante, Artus se détourna. Sans prendre la peine d'attacher leur coursier, il alla actionner le lourd heurtoir suspendu à l'une des portes d'entrée de la résidence.
-Ne me répondrez-vous pas ? s'indigna Rose, restée en retrait.
-Il vous aura fallu des semaines avant de me poser cette question, lady, lança le comte par-dessus son épaule. Je gage que vous saurez patienter quelques heures de plus pour obtenir une réponse.
(P293)
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florencemflorencem   15 août 2015
— Oui, le marquis fait aussi état d'une rumeur au sujet d'une grande mascarade qui serait donnée à la cour cet été. Ce n'est encore qu'un bruit, toutefois il nous demande si nous serions intéressés d'y aller avec lui ?
D'un même mouvement les deux gentilshommes tournèrent la tête vers leurs filles respectives, lesquelles souriaient largement.
— Je pense que l'on peut répondre par l'affirmative, commenta lord Greer, amusé.
— On dirait, admit le baron, plus fraîchement que son comparse.
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HillelHillel   19 avril 2015
Alors que déferlait dans ses veines cet impétueux flot d'extase, son univers intérieur fut tout à coup dépouillé de sa gangue de ténèbres. Une symphonie de formes diaprées, auréolée de parfums capiteux, jaillit du néant. De ce débordement de couleurs naquirent les paysages les plus fous et les plus fascinants. Au comble de la béatitude, Rose voulut se fondre dans leur beauté gracile, mais un voluptueux murmure s’éleva depuis les rives de sa conscience, dominant le récital de ses sens. Envoûtée par ce chant, elle se détourna de l’éden pour le suivre…
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