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Critique de Capridegh


Capridegh
  29 novembre 2019
C'est grâce à l'auteure Cindy van Wilder que j'ai connu Les Ombres d'Esver ; elle avait en effet adoré sa lecture et elle avait beaucoup parlé d'elle sur Instagram. Un jour, le roman est apparu sur Babelio lors d'une édition Masse Critique dédiée aux "mauvais genres" (ici, le fantastique) et j'avais alors postulé pour lui avec joie. C'est ensuite avec grand plaisir que j'ai reçu le livre à la maison et que je l'ai rapidement entamé. Cindy ne se trompait pas : Les ombres d'Esver est tout simplement exceptionnel...
Avec ses bases solides dans une ambiance froide et gothique empreinte de mystique, Les ombres d'Esver brille par une certaine richesse qui permet au lecteur d'être envoûté au fil des pages dès la première d'entre elles. L'univers est très visuel et peu commun, et bien que le décor soit relativement sombre voire parfois délabré, il fait bon y passer du temps aux côtés d'Amaryllis, jeune femme tiraillé entre réel et imaginaire, et Gersande, la mère cruelle de celle-ci. Les situations savent pourtant se faire oppressantes parfois, l'auteure créant une ambiance pesante et stressante avec habilité. Les leçons intéressantes mais sévères de botanique rythment la vie quotidienne des deux femmes enfermées dans le manoir et c'est comme si la première était prisonnière pas seulement du domaine familial mais aussi des enseignements autoritaires de la seconde. Cependant, chapitre après chapitre, la relation entre les deux personnages, toujours placée au cœur de l'intrigue sous diverses formes et ce, même entre les lignes, va évoluer pour notre plus grand bonheur de lecteur...

Les valeurs de la famille sont alors constantes dans le texte. Une mère omniprésente, pesante, têtue mais qui ne souhaite malgré tout que le bonheur de sa fille, un père peu scrupuleux et manipulateur, dont l'absence n'a d'égale que la tyrannie... Amaryllis n'a pas une vie facile, d'autant plus qu'elle est promise au prochain propriétaire du domaine mis en vente par son père qui a bien d'autres projets choquants pour sa propre femme. Les personnages féminins sont injustement traitées dans ce roman qui reflète alors les destins cruels mais bien réels des femmes des siècles passés.

Si la réalité que vit Amaryllis est dure, l'imaginaire qui prend forme dans le roman en est d'autant plus fantastique. A travers des ombres aussi mystérieuses qu'effrayantes, un monde étrange voire quasi parallèle vient de plus en plus se manifester à la jeune femme que sa mère assomme tous les soirs à coup de potions de sa composition aux effets soporifiques. La frontière entre réel et imaginaire est constamment questionnée et questionnable et il est alors très très appréciable pour le lecteur de se poser de nombreuses questions au fil des pages, certaines en entraînant de nouvelles toujours plus intrigantes. Autant la réalité est noire et brutale, autant le fantastique qui se dessine derrière la porte d'Esver, véritable frontière matérialisée entre les deux mondes, est féerique et coloré. Créatures fantastiques, objets magiques, légendes et destinées, le monde magique d'Esver est envoûtant. Amaryllis lui rendra visite tous les soirs, chargée d'une certaine quête digne des plus grands romans du genre. Les ombres d'Esver contient alors deux trames différentes qui finissent par s'entrelacer avec soin et intelligence.

Le roman atteint son apogée avec un final époustouflant qui arrive comme une grande claque sur la joue du lecteur abasourdi. La lumière jubilatoire se fait alors sur chacune des pages précédentes, sur la vraie signification des personnages, sur le véritable passé de Gersande mais aussi d'Amaryllis elle-même, sur le moindre petit détail comme le son de l'horloge, incantatoire, et le repas inachevé sur la table du grand salon... L'auteure montre alors qu'elle a su maîtriser son histoire à la perfection pour semer, ligne après ligne, les pièces d'un puzzle géant qu'elle finit par reconstituer sous nos propres yeux lors des dernières pages de son ouvrage.

J'accorde ★ ★ ★ ★ ★ à Les ombres d'Esver. Il est impossible d'imaginer une seule seconde ce qu'il se cache véritablement derrière les événements qui se trament au sein du domaine familial et la qualité du roman réside surtout dans la capacité qu'a eu l'auteure à nous surprendre autant, même après tant de chapitres qui questionnent toujours de plus en plus le lecteur en quête de vérité. Avec son ambiance peu commune, à la fois jolie et sombre, captivante et froide, son écriture très soignée et son histoire alors époustouflante, Les ombres d'Esver est un petit bijou du fantastique gothique maîtrisé de bout en bout, jusqu'aux tout derniers chapitres toujours de plus en plus jubilatoires et qui apportent tour à tour des réponses que l'on n'aurait jamais imaginé une seule seconde. Il est sans doute difficile de distinguer le réel de l'imaginaire au sein d'Esver mais la qualité du roman est, elle, bien réelle !

J'ai lu Les ombres d'Esver dans le cadre de l'édition Masse Critique "mauvais genres" du mois d'octobre (si j'ai bonne mémoire). Je souhaitais vivement remporter ce roman acclamé par des auteurs sur les réseaux sociaux et je suis très heureuse de l'avoir reçu, lu et autant aimé. Je sais que je prendrai autant de plaisir à le relire à l'avenir. Merci à Babelio et aux éditions ActuSF pour l'envoi de cette pépite inoubliable !
Lien : https://lirecestboireetmange..
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