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Critique de JCanonne


JCanonne
  02 avril 2018
Par tous les saints (euh, par tous les diables), cela fait bien longtemps que je ne me suis pas mis derrière mon écran pour écrire un article. Trop de choses à faire, trop de choses à penser. Et surtout penser un peu à soi. C'est égoïste, je sais. Mais comme j'ai quelques romans sur le feu à écrire, j'essaye de ne pas brûler ses pages, toutes aussi mauvaises seront-elles.
Qu'est-ce qui m'a donc fait sortir de mon train-train (tchoutchou) quotidien ? Bah un nouveau roman de Catherine Lang dont je ne rate que rarement les sorties. Désolé pour son confrère Antony Altman que je ne connais que très peu (j'ai encore DRAM, un de ses romans, dans ma Pal, mais faute de temps...) mais j'ai toujours une certaine préférence (et une préférence certaine) pour les Dames. Mais pas de quoi damner le pion de cet auteur (dames...pions...ah ah). Après tout, et chose assez originale pour être remarquée, “Le Dernier Roman” a été écrit à quatre mains. Alors, roman à quatre mains, roman de vilains ? Que nenni !
Le dernier roman (re ah ah) que j'ai lu, ainsi écrit, cela remonte à pfffff...je ne sais plus...mais c'était “ de Bons Présages” concocté par les deux génies que sont (enfin, était pour l'un des deux) Terry Pratchett et Neil Gaiman. Est-ce que ce “Dernier Roman” est de “bons présages” également ( re ah ah bis le retour) pour la lecture ? Ouais, carrément ouais.



Une bien jolie couverture. Mystérieuse et légère.

Un petit résumé des deux auteurs ? Allez, c'est parti : Antony Rivoire, auteur en quête de reconnaissance, vient de recevoir le mail de sa vie : un concours littéraire d'un nouveau genre est lancé par un géant du web, la finale surmédiatisée aura lieu lors du prochain Salon International des Écrivains. « le principe est on ne peut plus simple : douze auteurs contraints dans l'espace ont quatre-vingt-seize heures pour écrire le prochain best-seller. Qui sera le vainqueur ? »
Les présélections font rage, des milliers de candidats venant d'horizons différents postulent pour être élu par le jury de Christophe Nigel, le représentant français de la multinationale.
« Ces douze auteurs vont vivre une expérience unique, ils vont devenir créateurs d'une histoire, mais cette histoire, vous pourrez y participer, car c'est vous lecteurs qui, à tous moments, pourrez la promouvoir. Comment ? Nous y reviendrons plus longuement dans la soirée, mais sachez d'ores et déjà que la technologie d'Antiope n'a pas fini de vous surprendre. »
Déjà l'idée de base est excellente. En parfaite adéquation avec l'air du temps. Un étrange mélange entre un concours littéraire “classique” et une mise en avant via les émissions de télé-réalité. Donc, un vision originale qui aurait pu se perdre en route. Mais c'est sans compter le talent des deux auteurs qui mènent l'histoire tambour battant. Je connaissais l'écriture aérienne et distillée sans heurt de Catherine Lang, et je l'ai retrouvée tout au long de cet ouvrage. Mais il y avait un petit truc en plus, des références supplémentaires, des passages un tantinet plus énergiques que d'ordinaire. Et là, j'avais la preuve vivante qu' Antony Altman était de la partie. Ce qui est surprenant et pour ainsi dire extraordinaire c'est de voir que leur écriture est complémentaire à crever, forte d'une unicité réfléchie. Pas facile tout ça, mais réussi.
Et l'histoire, de quoi est-elle faite ? Bon, déjà, relisez le résumé, ça plante bien le décor. Cependant, ce serait un tantinet trop simpliste car il y a de tout dans ce roman. de toute, de tout et encore de tout, sans perdre néanmoins ce tout. Car à force de mettre du tout, certains se seraient perdus en route. Certainement pas les auteurs. Ils ont fait de ce tout un tout. Les personnages sont bien ancrés (avec des histoires dans l'histoire correspondant à leurs manières respectives d'écrire). La pression qu'ils subissent demeure constante (imaginez-vous dans une telle situation). Les critiques sociales et réseaux-sociales (oui, c'est nouveau, ça vient de sortir) sont pertinentes. Les relations entre les différents auteurs sont bien construites avec un petit doigt (sans arrière-pensée, calmez-vous) d'amour et d'affection tout en conservant une espèce de rivalité saine. L'aspect télé-réalité ainsi que ses références sont parfaitement rendus. Et, pour finir, on retrouve un brin d'humour pas malvenu du tout. Oui, il en faut car la réalité est presque effrayante. Bref, du tout bon (comme dirait mon ami Jacques...oui, je la fais souvent celle-là).
On pourrait penser à un roman d'anticipation. Ce ne serait pas faux dans l'absolu, sauf que l'on est déjà rentré dans cette nouvelle ère où les machines sont capables de tout, même de sortir des best-sellers. Nous y verrons plutôt un roman melting-pot, d'une grande intelligence, très pertinent dans le fond et dans la forme. Un roman difficilement classable à mes yeux, peut-être dans la catégorie “suspens”. Mais, avec le recul, ce ne serait pas rendre hommage à sa qualité ainsi qu'à sa pluralité.
La très bonne surprise de ce début de printemps, c'est bien “Le Dernier Roman”. On va dire que je m'emporte. C'est peut-être vrai. Mais, le lecteur et le modeste auteur que je suis ne peut qu'applaudir des deux mains (j'ai prévu un voyage à Tchernobyl pour en avoir quatre et faire comme eux). Comme quoi on peut créer une histoire originale, intéressante sans se compromettre, tout en restant fidèle à son idée de départ et sans faire de concessions. Un modèle à suivre en quelque sorte. J'ai appris qu'il a été présenté au speed-dating organisé par Amazon. Et, en toute franchise, je ne comprends pas comment il n'a pas été sélectionné...Il n'empêche que les débuts prometteurs de “Le Dernier Roman” en terme de popularité me laisse espérer qu'enfin on sortira des sentiers battus (et abattus) de la littérature présentée sur la plateforme.
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