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ISBN : 2729121145
Éditeur : Editions de La Différence (28/08/2014)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Maarten Seebregs, un homosexuel dans la cinquantaine, malade, fauché et sans travail, ne peut oublier Gaëtan, l’amour de sa vie, mort quelque temps auparavant. Cynique, mais avec le sourire, il vivote de ses derniers centimes, sans aucun horizon. C’est alors qu’un inconnu lui fait une proposition avantageuse : épouser sa fiancée africaine, car après deux mariages avec des étrangères, l’homme est tenu à l’œil par la Police des Étrangers. Aussitôt que la jeune femme a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
latina
  07 octobre 2014
J'adore être violentée intellectuellement.
Et Tom Lanoye, l'auteur de « Troisièmes noces », l'a deviné, au-delà de toute espérance.
Fichtre ! Quel écrivain ! Si j'avais su que j'allais m'aventurer dans ses parages...je m'y serais précipitée quand même.
Oui, il m'a violentée. Moi qui adore les univers de tendresse, de douceur, de compréhension, j'ai été confrontée dès la première page à un être cynique, désabusé, profondément dépressif, qui proclame : « Rien n'est pire que l'espoir. L'humanité s'en porterait bien mieux si elle voulait bien enfin s'en rendre compte. Il faut apprendre à nous foutre la paix les uns aux autres. A part cette certitude, je ne possède rien. Personne ne possède rien. »
Cet homosexuel dont le compagnon est mort d'une longue et pénible maladie touche le fond de la décrépitude émotionnelle. Lui, l'amateur d'art (sa maison d'Anvers est d'ailleurs classée, car symbole de l'Art Nouveau), le chantre de la lumière (il travaillait dans l'industrie cinématographique et a recensé mille décors fulgurants), considère ses semblables comme des primates, et entre autres les écoliers comme de la racaille, les nourrissons au sein comme des têtards. Bref, la négation absolue de la bienveillance.
J'étais à deux doigts de jeter le livre, de l'écraser, de le mordre. Mais quelque chose me disait que je ne DEVAIS pas.
En effet, ce malotru à la puissance mille « accueille » (ses motivations sont toutes financières) une jeune déesse noire en mal d'intégration. le mariage blanc se profile, et déjà les employés du contrôle de l'immigration s'immiscent dans leur intimité. Je ne raconterai pas plus, car les tribulations de ce duo improbable m'ont secouée, qu'elles me jettent dans un tram où une bande de 5 jeunes fait la loi, ou au « Centre fermé » en bord de la mer du Nord où les immigrants en demande d'asile sont parqués.
Décrépitude émotionnelle, ai-je dit ? Eh bien, non ! Cet homme improbable m'a attirée dans les replis ultimes de son âme, en décortiquant avec voracité les sursauts de son corps (ouh là là les descriptions sexuelles très crues), de ses sentiments et de notre société malade. le tout servi dans une langue à croquer.
Merci aux éditions de la Différence de m'avoir offert ce roman publié dans la section « Littérature étrangère », même si pour moi c'est la littérature de mon pays. Et j'en suis fière !
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Satyasaibaba
  30 octobre 2014
J'ai pris du temps à lire ce livre. Non par ennui, mais plutôt par besoin. Pour en pénétrer tous les arcanes, pour éprouver sa densité, pour vivre chaque ligne. Il y a des moments de grâce que l'on veut prolonger, de magnifiques millésimes que l'on déguste jusqu'à la lie. “Troisièmes noces” en fait partie.
Star en Flandre, dramaturge étranger le plus joué en Allemagne et aux Pays-Bas, Tom Lanoye était jusqu'il y a peu complètement inconnu au sud de son pays (la Belgique). Tout simplement parce que rien de son impressionnante bibliographie (poésie, théâtre, critiques, romans, essais) n'avait jamais été traduit en français. Flamands et Wallons vivent côte à côte, mais la barrière de la langue dresse entre eux un mur de Berlin savamment entretenu de part et d'autre par quelques relents communautaristes nauséabonds qui compliquent depuis toujours l'histoire de mon pays. Grâce à la ténacité et au talent de l'écrivain et traducteur Alain van Crugten, nous (les francophones) avons enfin accès à l'une des plus belles perles de notre belgitude. Lire Tom Lanoye, c'est un voyage sans fard dans la Flandre profonde d'hier et d'aujourd'hui. N'en déplaise à certains revendiquant un régionalisme exacerbé, c'est aussi un voyage sans fard dans les tripes de la Belgique.
Des trois livres de Tom Lanoye qui sont entrés dans ma bibliothèque, celui-ci est le premier à ne pas être autobiographique. le pitch l'est pourtant. Homosexuel notoire, Tom Lanoye a un jour été contacté, probablement vu son homosexualité rassurante dans ce cas précis, par quelqu'un d'un peu louche qui lui a demandé, contre une importante somme d'argent, de faire un mariage blanc avec sa copine africaine, histoire de permettre sa régularisation : “Vous vous mariez avec elle, vous habitez avec elle, vous vivez avec elle, mais touchez un cheveu de sa tête et je vous massacre”. Cette première phrase du livre est, aux dires de l'auteur, tout à fait authentique. Dans les faits, l'homme Lanoye a refusé la proposition. Mais pas l'écrivain ! Troisièmes noces est ce qu'en a fait son incroyable imagination.
Marteen Seebregs qui, s'en trop savoir pourquoi, accepte le mariage blanc - avec une noire (la langue a parfois de ces étrangetés !) – est un quinquagénaire homosexuel revenu de tout. Son compagnon, Gaétan, est mort quelques années plus tôt; sa mère est morte en le mettant au monde et il n'a plus vraiment de contact avec ce père maladroit qui n'a jamais accepté son homosexualité. Malade, au chômage, pas trop à l'aise financièrement (mais tout de même propriétaire d'une maison classée art déco à Anvers), il a tout du misanthrope.
Mini-jupe, talons aiguilles, cheveu court et moue boudeuse, la Tamara qui débarque dans la maison et dans la vie de Marteen est quant à elle l'incarnation insolente de la jeunesse, de la force et de la beauté africaine. Son arrivée signe le début de fiançailles improbables : celles de la jeunesse et de la vieillesse, de la naïveté et du cynisme, de l'espoir et du désespoir, de l'Afrique battante et de la vieille Europe usée jusqu'à la corde. L'évolution de cette confrontation nourrira toutes les pages du livre, tantôt vive, tantôt touchante, tantôt burlesque. Comme deux êtres qui lentement s'apprivoisent.
Le récit s'articule autour d'une succession de longs plans-séquences. Chaque chapitre est une scène d'une incroyable précision narrative qui prend le temps de donner à lire tout ce qu'elle recèle. de page en page, le lecteur navigue en quelque sorte entre cinéma (pour le décor, les tableaux, les introspections) et théâtre (pour les dialogues). Et tous les thèmes y passent : la maladie, la mort, le sexe (consenti, payant ou solitaire), l'amour qui s'étiole, le temps qui fout le camp, les familles qui n'en sont plus, les étrangers parqués dans des centres fermés, la violence verbale et physique, la sordidité de la bureaucratie sociale, le regard des autres. le phrasé est percutant – Tom Lanoye a l'habitude d'appeler un chat un chat – aussi fluide et éblouissant qu'une lumière en plein midi. La lumière justement ! Tom Lanoye en fait un personnage à part entière de son roman. Et pour cause. Ce fut autrefois le métier de Marteen lorsqu'il travaillait encore dans l'industrie nationale du cinéma. C'est lui qui composait la lumière sur les plateaux. En tant que narrateur, toutes les scènes qu'il décrit le sont donc sous ce prisme lumineux qui rend si bien hommage aux ambiances et atmosphères des villes et campagnes du nord de la Belgique.
Quelques très belles pages du livre sont consacrées aux poètes des pierres japonais auxquels Marteen s'identifie par la quête des lieux de tournage qui fut la sienne tout au long de son parcours professionnel. Les poètes des pierres, maîtres des cailloux parcouraient tout le Japon à la recherche de pierres aptes à orner le petit jardin de rocaille de leur souverain. Leur talent consistait à voir la beauté là où d'autres voyaient des morceaux de roche et à trouver la pierre qui n'allait pas mettre en péril l'harmonie du jardin en question. S'ils trouvaient dix pierres dignes d'une place d'honneur dans ce fameux jardin, ils considéraient leur vie comme réussie. Je conclurais en disant que Troisièmes noces est probablement à la littérature belge ce que furent ces pierres parfaites dans les jardins des empereurs japonais.
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michfred
  01 mars 2015
Disons-le d'emblée: Troisièmes noces est un traitement de choc.
Voilà un auteur qui ne mâche pas ses mots, qu'il s'agisse de sexe, de bagarres, de décrépitude ou de douleurs physiques. Ni pudibonderie, donc, ni sensiblerie: Maarten, le narrateur, est un homosexuel cynique qui jette sur le monde et sur lui-même un regard sans complaisance et ne se dore jamais la pilule.Et il en prend beaucoup, au propre et au figuré, des pilules....
Malade- le Sida, sans doute, qui achève son travail de sape sur son corps épuisé- il sait que ses jours sont comptés, son compagnon de toute une vie, Gaétan, est mort depuis quatre ans, sans qu'il ait eu le courage de l'aider à abréger ses douleurs, son vieux père qu'il déteste cordialement, est dans une maison de retraite - alors plus rien ne le retient vraiment d'évaluer les autres à l'aune de ce qu'il pense de lui-même: pas grand' chose de bon..
Il s'embarque pourtant sans trop savoir pourquoi (l'argent? le jeu? un visage qui brusquement retient son regard blasé?) dans une affaire de mariage blanc ...avec une "négresse", la belle Tamara, débordante d'envie de vivre. Une Warrior, elle.
Tracasseries héroï-comiques de l'administration, soucieuse de dépister une arnaque aux lois de l'immigration, mariage -après un intermède primesautier avec un giton plein de piercings- visite au père, agression dans un tram, passage dans une ancienne colonie de vacances devenue centre fermé pour les immigrés illégaux...
Le mariage blanc avec une Black sexy a finalement un grand pouvoir de divertissement sur notre héros en bout de course. Un grand pouvoir sur les réminiscences de sa vie passée, aussi, qui se tisse avec justesse dans cette trame nouvelle.
Et le ton ironique, les aphorismes cyniques cachent de plus en plus mal une sorte de grâce toute laïque : avec Tamara, Maarten accède à sa propre humanité, il l'accepte et s'en trouve sinon changé du moins apaisé.
Il peut aller au devant de ce qui lui reste à vivre.
Un livre étonnant, qui fait rire, grincer des dents, qui peut aussi choquer certaines sensibilités ou certaines pudeurs, un livre talentueux et marquant, en tous les cas!
Je ne l'ai, pour ma part, jamais trouvé vulgaire ou heurtant, tant il est bien écrit-et bien traduit.
C'est surtout un livre d'une grande pudeur, où la crudité - celle des scènes finales, en particulier- la désinvolture du ton, le cynisme de la pensée , sont des défenses qui masquent -de plus en plus mal- une empathie vraie pour les laissés pour compte, les exclus, les vieux, les immigrés, les malades, hommes et femmes, victimes et bourreaux, jetés dans un jeu cruel qui les broie avec une sorte de délectation et qui s'appelle la vie.

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yv1
  27 septembre 2014
Maarten est un homme revenu de tout, désabusé qui n'a plus foi en rien et qui ne se remet pas de la mort de Gaëtan qu'il a accompagné jusqu'au bout. Ce livre est le récit de sa nouvelle vie avec Tamara, avec de très nombreux retours sur sa vie avec Gaëtan. Ce n'est pas un livre fondamentalement joyeux, mais Tom Lanoye manie autant et aussi bien le cynisme que la mélancolie, ou encore le réalisme et l'humour : "Ils [les voisins mormons] nous regardaient avec mépris, Gaëtan et moi, ils tenaient leur chien étroitement en laisse et ils se plaignaient quotidiennement chez l'épicier de la présence d'un dangereux pédophile à côté de leur porte. Ou plutôt, de deux pédophiles. Jusqu'au jour où ils ont vu l'épicier faire un French kiss à son petit ami derrière le comptoir des primeurs. Ce n'est pas pour rien que j'habite le quartier le plus hype de la ville. La hypetitude d'un quartier se mesure à l'aune des préférences sexuelles de ses épiciers." (p. 51/52). A noter également que la scène du "oui" à l'église et du baiser après l'échange des consentements est irrésistible de drôlerie : les hésitations du futur marié entrecoupées de souvenirs et l'impatience de la jeune épousée.
Malgré sa misanthropie, Maarten va devoir habiter avec Tamara qui abandonne sa timidité pour s'imposer dans la maison. Petit à petit, en des pages magnifiques, chacun s'apprivoise, découvre l'autre et se dévoile, pudique ou impudique, met à nu ses peurs, ses faiblesses, ses angoisses, ses forces. Dans un premier temps, c'est Maarten qui se montre, puis il apprend à découvrir Tamara, peut-être pas si faible et victime qu'elle veut bien le montrer.
Ce qu'il y a de formidable dans ce livre, c'est que Tom Lanoye ne se censure pas, il aborde toutes les questions existentielles : la naissance -la mère de Maarten est morte en couches-, la filiation, l'homosexualité -la vie au quotidien la perception par les hétéros-, l'amour, la mort, très présente par celle de Gaëtan et la maladie de Maarten. Il parle aussi de racisme, d'acceptation d'autrui, du repli sur soi, de la recherche d'identité, de la culture et de sa globalisation, de son étêtement à cause des émissions ou séries télévisées dont on nous abreuve : "Le tissu de saloperies les plus prévisibles sorti des fabriques à fables des faiseurs de fric anglo-saxons, qui exterminent tout talent comme un éleveur de volaille éradique à titre préventif, avec des tonnes d'antibiotiques, la pneumonie aviaire chez son gagne-pain caquetant. Toute vie doit en être éliminée ! Tout ce qui n'est pas naturel, peu agréable, inexorablement tragique, fragmentaire, fantastique, désespérément compliqué ou sortant de l'ordinaire -disons carrément toute authenticité et tout risque- doit être noyé dans le sirupeux et le pleurnichard, en formats fixes rassurants et en schémas sans aucun fond de spiritualité." (p. 226) Un extrait qui me fait penser à certaines tirades de Pierre Desproges, dans le ton et le fond.

Je découvre avec ce roman formidable (écrit en 2006) l'écriture de Tom Lanoye, qui peut être légère, poétique, violente et crue ; il varie les niveaux de langage, alterne de belles phrases travaillées avec des plus courtes, plus punchies, qui peuvent choquer ; certains propos sont bruts, mais toujours magistralement écrits (donc traduits). L'auteur ne fait pas dans le politiquement correct, et ça fait un bien fou, il critique la société belge, puisqu'il est Flamand, mais, en tant que proches voisins, on peut se sentir concernés à raison. Lire Tom Lanoye n'est pas un acte de tout repos, ça remue et ça interpelle. Ses personnages sont attachants, fort bien décrits, profonds et tourmentés, réalistes ; ils sont de ceux qui restent un peu –ou beaucoup- en nous lecteurs pendant de longs moments après les avoir quittés à regret.
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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lys
  12 octobre 2014
Tout d'abord merci aux éditions de la Différence. Une vraie bonne surprise. On aurait pu s'attendre à une histoire ennuyeuse tant le sujet aura été abordé, mais ce n'est sans compter sur le talent de Lanoye et surtout son humour. Son roman m'a fait penser bien des fois au style de Maupin et ses chroniques de san Francisco que j'affectionne tant. On pourrait résumer ce roman comme ceci: c'est l'histoire d'un mec qui a aimé un autre mec, qui a souffert de sa mort, qui est aujourd'hui malade et qui trouve une dernière bouffée d'air frais en Elle, la sublime et inattendue Tamara. C'est l'histoire de la vie et de ses rebondissements, c'est l'histoire de Maarten Seebregs, une histoire de cinéma comme il nous la fait voir.
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critiques presse (2)
Chro   09 décembre 2014
Dans son élan, il étire sur près de 450 pages un scénario qui n’en justifie pas tant, d’où des creux où l’intensité chute. Mais la générosité débordante de l’ensemble, qui ne recule ni devant le burlesque le plus outrageux, ni devant la crudité extrême, fait tout de même son petit effet.
Lire la critique sur le site : Chro
LeSoir   05 septembre 2014
«Troisièmes noces» de Tom Lanoye est viril, tendre et surtout jouissif.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
SatyasaibabaSatyasaibaba   12 octobre 2014
De nous deux, c'était Gaétan qui préparait le petit-déjeuner. Même quand notre relation était au plus bas. Même quand cette relation ne connaissait plus de hauts et de bas, plus rien que des bas. Un Vietnam privé, une guerre menée à coups de défoliants verbaux. Une lutte pour la propriété indivisible d'une maison qu'aucun ne voulait abandonner. A la longue, il ne s'agissait plus tant de la maison que du fait qu'en cas de défaite, elle tomberait aux mains de l'autre. Ca, jamais ! on ne renonce pas à une maison. Le lieu que vous habitez, c'est vous.
(...)
Au début je l'appréciais, ce petit déjeuner. Dans les moments de bas, même. J'y voyais la preuve que Gaétan voulait se battre pour préserver de la pourriture totale les derniers petits restes de "nous". Le matin tôt, on est mieux disposé à l'espoir.
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latinalatina   07 octobre 2014
La lumière peut faire de quelques paroles banales un dialogue inoubliable. Le plus grand acteur, avec une réplique immortelle aux lèvres n’est qu’un amateur si la lumière n’est pas correcte.
Et de toutes les lumières de film, la lumière rasante est la reine. Parce qu’on ne peut pas la fabriquer ni la mettre en scène. Avec les longues ombres paresseuses elle dévoile le tragique des choses les plus ordinaires. Un parc public, un mur de briques, des pores ou des pustules...Dans son étreinte royale, nous nous montrons tous tels que nous sommes. Nous laissons voir notre combat solitaire et fragile.
La lumière rasante confère même à une plante grasse quelque chose d’héroïque.
Mon dieu est lumière.
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latinalatina   07 octobre 2014
Je ne connais pas de symbole plus consternant de notre époque. Des centaines de milliers de gens qui restent à la maison, les rideaux baissés, accrochés à leur boîte à images, crevant de trouille du monde extérieur.
L'homme capsulaire dans ce qu'il a de plus solitaire.
Et qu'est-ce qu'il regarde? Un groupe de ses semblables qui sont coincés eux aussi dans une maison, cloîtrés devant une série de caméras et avec une seule peur au ventre : celle d'être foutus à la porte, un par un, par une meute de télévotants. Parce qu'ils ont enfreint les règles de la sympathie, de l'esthétique populaire ou des convenances bourgeoises.
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SatyasaibabaSatyasaibaba   22 octobre 2014
Contexte : le narrateur (blanc, la cinquantaine) et sa jeune femme africaine sont dans le tram et se font insulter par une bande de jeunes.

Dans ce tramway idiot et banal s'expose la caricature et le fondement de tout pouvoir. Un sachet de soupe en poudre comparé à un container de bouillon, voilà ce qu'est cette petite attaque comparée à l'offensive d'une armée agressive. Oubliez le casus belli, la sainte indignation. L'histoire est bâtie sur la soif de sang en mouvement. Et il se dégage de cela quelque chose d'horriblement attirant, qu'il s'agisse d'un phénomène bien organisé - une armée - ou d'une forme ordinaire et quotidienne - une bande de jeunes. Attirant, en tout cas, pour qui peut participer à l'assaut. Pour qui la violence et la menace sont la nouvelle drogue qui fait fureur, consommée en bande de copains. La violence collective est à la mode, intense est savoureuse, encore meilleure que le sexe, elle forge des liens pour la vie et est une source de joie sans fin pour celui qui ne sait pas tuer le temps autrement.
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latinalatina   07 octobre 2014
La dictature de la rigolade.

Je ne sais pas ce qui se passe dans le journalisme, la pub et le cinoche, mais on ne peut plus rien raconter, ou simplement communiquer, sans que ça ne doive se faire au moyen d'une blague. La plupart du temps foireuse. Mais ça ne fait rien. C'est en foirant qu'on devient foirgeron et c'est le geste qui compte. On veut à tout prix préserver ses clients et ses collègues des pièges du sérieux. C'est une tendance qui a quelque chose d'extrêmement aimable, quelque chose de très triste et quelque chose de profondément lâche.
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Videos de Tom Lanoye (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tom Lanoye
Tom Lanoye présente le livre Curzio Malaparte, "Kaputt", Denoël Kaputt est un livre cruel et gai. Sa gaîté cruelle est la plus extraordinaire expérience que j'aie tirée du spectacle de l'Europe au cours de ces années de guerre. Parmi les protagonistes de ce livre, la guerre n'en joue pas moins le rôle d''un personnage secondaire. Si les prétextes inévitables, n'appartenaient pas à l'ordre de la fatalité, on pourrait dire qu'elle n'a de valeur que de prétexte. Dans KAPUTT la guerre vaut don comme fatalié. Elle n'y entre pas autrement. Je puis dire qu'elle n'y entre pas comme protagoniste, mais comme spectatrice, dans le sens où un paysage est spectateur. La guerre c'est le paysage objectif de ce livre. (extrait de la préface)
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