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Lori Saint-Martin (Traducteur)Paul Gagné (Traducteur)
EAN : 9782809802528
360 pages
Éditeur : L'Archipel (13/01/2010)
3.81/5   91 notes
Résumé :
Je n'ai jamais regardé ma soeur dans les yeux. Je n'ai jamais pris mon bain toute seule. Je n'ai jamais tendu les bras vers une lune ensorceleuse, la nuit, les pieds dans l'herbe. On ne m'a jamais embrassée comme ça. Et pourtant j'ai été aimée, ô combien aimée... " Tels sont les premiers mots du journal intime que Rose entreprend à vingt-neuf ans, sachant ses jours et ceux de Ruby comptés. Qu'elles aient atteint cet âge relève déjà du miracle. Dans le comté de Baldo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
3,81

sur 91 notes

Yumiko
  15 juillet 2012
Voilà un livre que j'ai reçu il y a un moment et que je n'avais toujours pas ouvert. Pourtant le résumé me plaisait bien, de part le côté inattendu et humain du récit. C'est donc avec plaisir et curiosité que j'ai plongé dans cette histoire, mais malheureusement ce récit n'aura pas réussi à me toucher autant que prévu…
Rose et Ruby sont différentes, elles sont siamoises et accrochées par leur crâne. Etant donné le partage de certains vaisseaux sanguins et d'autres parties vitales, leur séparation est impossible. Alors que tout les destinait à une mort jeune et rapide, elles sont toujours en vie à bientôt 30 ans. Mais cette fois, leur fin approche et Rose décide d'écrire leur histoire si incroyable et de raconter leur vie si différente et pourtant si ordinaire, et ce à quatre mains.
Les deux soeurs, les filles comme tout le monde les appelle, m'ont beaucoup touchée de part le lien corporel qui les unit et de part leurs caractères si différents et pourtant très complémentaires. J'ai aimé les suivre, en apprendre plus sur elles, découvrir leurs vies. L'auteur nous offre un récit touchant et humain, sans dramatisme ou voyeurisme, de coup le lecteur garde le sourire durant toute l'histoire.
Pourtant, malgré le style magnifique et la justesse des mots, je n'ai pas réussi à entrer pleinement dans le récit. Je l'ai trouvé long, peu intéressant à plusieurs moments et Rose m'a beaucoup plus touchée que Ruby. J'ai trouvé cette dernière un peu trop passive et geignarde, alors que Rose est plus forte et plus combative. Par contre, le fait que nous changions plusieurs fois de narratrice (Rose ou Ruby) était intéressant et amenait un peu de piment à l'histoire.
Le couple qui les a recueillies à leur naissance est attachant de part leurs différences culturelles et linguistiques. Oncle Stash est drôle avec son anglais imparfait et son passé slovaque fort et prenant. Tante Lovey fait du mieux qu'elle peut pour les filles et l'amour qu'elle leur porte est puissant et émouvant. Elles ont vraiment eu beaucoup de chance de tomber sur un couple aussi bon, c'est grâce à eux si elles s'en sortent aussi bien.
Elles vivront des moments durs de part le regard des autres, mais jusqu'au bout elles resteront unies et soudées bien au-delà du lien de la chair. Il est difficile de rester indifférent à leur vie et à leurs douleurs et de ne pas réagir face à leur handicap et l'injustice de leur condition. Pourtant elles gardent la tête haute et nous donnent une magnifique leçon de vie.
Un livre qui plaira aux fans du genre et que je n'ai peut-être pas lu au bon moment pour l'apprécier à sa juste valeur.
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Shan_Ze
  17 février 2014
Rose et Ruby sont deux soeurs siamoises craniopages, ça veut dire qu'elles sont unies par le tête. Elles ont 29 ans. Elles sont jumelles mais très différentes, Rose aime la littérature et le base-ball, Ruby les objets amérindiens. C'est Rose qui décide d'écrire leur autobiographie mais elle demande à Ruby d'écrire quelques chapitres pour avoir un autre point de vue.
Ce qui m'a embêté (un peu) en lisant ce livre, c'est que je n'arrivais pas à imaginer comment elles étaient physiquement l'une par rapport l'autre, j'ai eu du mal à m'imaginer certaines situations. Mais Lori Lansens réussit à très bien les descrire, tellement bien que j'avais l'impression qu'elles avaient vraiment existé.
J'ai bien aimé l'alternance entre les chapitres de Rose, qui s'éloignait dans les souvenirs avec des belles tournures et les chapitres de Ruby, qui décrit le présent avec sa perception des choses. Je crois d'ailleurs que j'ai légèrement préféré ceux-ci, assez spontanés et parfois même, un peu naifs. Elles partagent tant de choses mais elles ont des "petits" secrets. Leurs petites manies, par exemple, le fait de se pincer, m'ont fait sourire. En fait, elles ont chacune leur vie, même si elles ont jumelles conjointes. A travers leur témoignage, on découvre le regard des autres qui s'attarde sur ce qui est différent.
Une très belle lecture, on découvre deux vies et même beaucoup plus parce qu'on entrevoit aussi celle de leur entourage, leur univers. J'aurais aimé en savoir plus mais rien à redire sur la fin en y repensant. Vraiment à découvrir !
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Melopee
  11 juin 2011
Rose et Ruby Darlen sont deux soeurs jumelles mais elles ne sont pas que cela, elles sont craniopages c'est-à-dire qu'elles sont reliées par la tête depuis leur naissance. Dans ce livre, Rose entreprend de livrer l'autobiographie de leur vie à toutes deux. Nées un jour de tornade à l'hôpital de St. Jude's de Leaford, les deux petites filles sont recueillies par tante Lovey et oncle Stash. Elles grandissent et développent des personnalités à part entière. Distinctes de par bien des manières, elles ont des centres d'intérêt différents : Rose aime le sport, écrire et la littérature en général et Ruby se passionne pour la télévision et la culture amérindienne.
Si c'est bien entendu Rose qui se lance dans la grande entreprise d'écrire le roman de leur vie, Ruby vient au fil de la narration livrer son expérience, apporter son émotivité, ses craintes et ses espoirs. On oublie au fur et à mesure que les filles sont reliées irrémédiablement et ne peuvent être séparées (elles partagent une veine essentielle). On s'attache à ces petits bouts de femmes qui sont bien loin d'être la bête curieuse à laquelle on s'attendrait avoir affaire.
Ainsi, on est touché par le récit de cette enfance heureuse, entourées d'une famille aimante, les soeurs siamoises sont pleines de projets, de rêves. Elles mordent la vie à pleines dents : font des bêtises, découvrent l'amour, l'injustice du regard des autres. Elles n'oublient rien et compatissent aux opinions contraires : à la mère qui ne les a pas élevées, à Madame Merkel (la voisine) qui les craint, au prêtre qui refuse de les baptiser...
Au fil du récit on se dit que, même s'il est difficile de comprendre et d'accepter ces êtres qui sortent de la "norme", les deux soeurs mériteraient d'être appréciées et écoutées.
Puis la détérioration de leur état de santé laisse clairement à penser que Rose et Ruby sont menacées dans leur corps. Pleines de vie, elles profitent des instants de bonheur, elles voyagent, travaillent et rencontrent des gens. On croise donc les doigts pour qu'elles puissent continuer à croquer la vie doublement !
Voilà un livre qui m'a profondément ému et marqué. J'en avais déjà entendu parler dans son édition canadienne mais cette parution française a achevé de me convaincre. Déjà, et même si cela peut paraître accessoire, j'ai adoré la couverture française que je trouve très belle et suggestive. Ensuite, j'ai particulièrement aimé la construction du roman avec l'alternance des points de vue (Rose/Ruby) qui accentue cette impression de deux personnalités bien affirmées.
De plus j'ai trouvé que l'histoire gagnait en intensité grâce aux nombreux flash-bashs, grâce aux analogies des souvenirs racontés (le passé d'oncle Stash et de tante Lovey ont ainsi un fort écho dans la construction des filles).
Pour moi, ce livre est un coup de coeur ! Et il s'est imposé d'emblée car le style de l'auteur m'interpelle et la narration et si rondement menée qu'on ne peut qu'y trouver une résonance dans sa propre histoire individuelle.
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MarianneRichard
  17 mai 2018
Il y a bien longtemps j'avais lu La ballade des adieux de cette auteure canadienne et j'avais bien aimé même si le livre m'apparaissait un peu trop « fifille » pour que j'adore. Comme je l'ai dit, les années ont passées, j'ai vieillie et le sujet du roman Les filles m'a accroché, ainsi que la très jolie couverture que la maison d'édition québécoise (Alto) à choisie. Et cette fois, le coeur à chaviré.
Les filles de Lori Lansens raconte l'histoire la vie des plus vieilles jumelles conjointe par la boite crânienne, anciennement appelés jumelles siamoise. le roman est écrit au « je », Rose et Ruby Darlen écrivant son point de vue sur leurs vie hors du commun. Pourquoi écrire leur histoire? Parce qu'au moment ou débute l'histoire, les filles viennent d'apprendre que l'une d'elle est malade (et que par conséquence sa jumelle l'est également) et aussi l'approche de la date qui ferait d'elles les plus vieilles jumelles craniopage du monde. Alors, pourquoi pas immortaliser leurs histoire!
J'ai beaucoup aimée l'histoire de ces deux filles attachantes, très différentes l'une de l'autre et qui ont du faire des sacrifices leurs vies durante! Et ayant eu une conditions médicales particulière également, je m'identifiait souvent dans ces anecdotes ou les médecins nous examines sous toutes nos couture et ou, même pour le corps médical, nous sommes presque jugés comme une bête de foire. Des filles très attachantes qui deviennent des amis et qu'ont est triste de quittés à la fin de ce très beau roman canadiens.
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Des_potron_minet
  15 mai 2017
Un magnifique roman, Lori LANSENS a réussi à se mettre dans la peau de ses jumelles très attachantes, je me suis souvent demandée comment avait elle fait pour en savoir autant sur les siamois et retranscrire ainsi leur façon de vivre et leur condition de vie.
J'ai très vite oublié leur lien tellement elles sont différentes.
Oncle Stash et Tant Lovey sont aussi des personnages que j'ai très vite aimé, on sent vraiment l'amour qu'ils portant aux filles.
La construction de roman m'a plu avec les flashback et les passages où c'est Ruby qui écrit, elle m'a beaucoup fait rire. A aucun moment je n'ai été perdu dans le récit.
Je conseille ce roman à tout le monde qui ne fait pas dans le voyeurisme ni dans le patho.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina   15 novembre 2011
Je n’ai jamais regardé ma sœur dans les yeux. Je n’ai jamais pris mon bain toute seule. Je n’ai jamais tendu les bras vers une lune ensorceleuse, la nuit, les pieds dans l’herbe. Je ne suis jamais allée aux toilettes dans un avion. Je n’ai jamais porté de chapeau. On ne m’a jamais embrassée comme ça. Je n’ai jamais conduit une voiture. Ni dormi d’une seule traite du soir au matin. Je n’ai jamais eu un entretien en privé. Je n’ai jamais marché en solitaire. Jamais grimpé dans un arbre. Je ne me suis jamais perdue dans une foule. Tant de choses ne me sont pas arrivées et pourtant j’ai été aimée, ô combien aimée. Et si l’occasion m’en était donnée, je vivrais mille vies comme celle que j’ai vécue pour être aimée de façon aussi absolue
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latinalatina   15 novembre 2011
Un jour, après la messe, tante Lovey demanda au père Pardo, comme elle l’avait déjà fait à maintes reprises, de fixer la date de notre baptême.
Le vieux prêtre hésita, mécontent d’avoir à souligner ce qui sautait pourtant aux yeux.
- Il ne m’appartient pas de juger. Mais certains paroissiens plus âgés … Quelques paroissiens plus âgés sont d’avis qu’elle…
Il nous jeta un coup d’œil, à Ruby et à moi, en train de gigoter dans le landau surdimensionné.
- …est…Il vaudrait mieux attendre l’intervention chirurgicale, dit-il en tapotant le bras de tante Lovey.
Tante Lovey informa le père Pardo qu’il n’y aurait pas d’intervention, qu’il n’y avait pas d’intervention possible, peu importe ce qu’il pouvait penser ou les rumeurs qu’il avait entendues.
- Nous en reparlerons, mon père. Je suis convaincue que vous verrez que mes filles sont parfaites. Après tout, c’est Dieu qui les a faites.
- Les défécations sont aussi l’œuvre de Dieu, mais il ne me viendrait pas à l’idée d’en baptiser une.
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latinalatina   15 novembre 2011
Elle a voulu savoir quel regard je posais sur ma vie. La voyais-je comme une succession de drames mineurs, de récits à l’intérieur d’une histoire plus vaste, ou comme un long récit continu, soutenu par une intrigue pleine de suspense ? Je n’ai jamais considéré ma vie dans son ensemble. En tout cas, je ne la conçois pas comme une succession de petits récits. Ni comme un suspense, même si, en un sens, elle en est un, j’imagine. Comme celle de tout le monde, en réalité. Je vis ma vie, c’est tout. J’évite de m’appesantir sur le passé. Je ne m’en fais pas pour l’avenir. J’essaie juste d’être en paix avec moi-même à chaque instant qui passe.
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latinalatina   15 novembre 2011
Ma sœur et moi avions l’habitude de la partie de ping-pong que jouaient les yeux de ceux qui nous voient pour la première fois : certaines personnes fixent l’endroit où nos têtes sont soudées, mais la plupart vont d’un visage à l’autre. La première fois, les plus raffinés – nous en avons rencontré très peu, et toujours à Toronto – font comme si notre situation n’était ni choquante ni même très surprenante. Comme s’ils connaissaient des dizaines de jumeaux craniopages et qu’ils avaient eu leur dentiste craniopage à dîner le week-end précédent. Ils établissent aussitôt le contact visuel avec nous. Et ils ne posent jamais de questions personnelles. (Les personnes raffinées sont les pires).
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latinalatina   15 novembre 2011
Le professeur de sciences avait affirmé que l'énergie ne pouvait être ni créée ni détruite. J'en avais eu la chair de poule. Et j'ai encore la chair de poule quand je pense à l'énergie parce que, à mon avis, c'est la définition même de la réincarnation. Je pense que nos âmes sont faites d'énergie et que notre mort ne les détruit pas. Elles gardent des souvenirs d'autres vies, mais les souvenirs sont verrouillés dans une armoire. De temps en temps, par accident, on ouvre cette armoire et des objets en tombent - les visions et les impressions de déjà-vu.
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